Violence et révolte

Il paraît que la météo des sondages redevient favorable au Pouvoir. Notamment pour ce qui concerne certaines catégories de population ; en particulier, nous apprend-on les retraités.

Au début, les retraités, avec notamment un arrière-goût de CSG dans la gorge ont dit comprendre, voire approuver l’exaspération des gilets jaunes. Mais les « violences », la crainte du désordre et de la désorganisation ont changé tout cela. Le Pouvoir cogne, matraque, blesse, tue, emprisonne juge et condamne, et les vieux, ça les rassure.

Les gilets, d’accord, mais la violence non ! Méchante, insupportable violence ! Un discours de gauche qu’on nous serine tous les jours depuis quarante ans.

La seule violence autorisée est la violence légale, celle du Pouvoir. Le reste de la population a le droit de défiler, de manifester, à condition de demander la permission et de ne déranger personne.

Question incorrecte : où avez-vous vu que sans violence, on puisse jamais obtenir quoi que ce soit ?

Malgré une sciatique carabinée, j’ai marché pour manifester mon hostilité absolue aux dispositions ridicules et grotesques d’un « mariage » entre deux personnes du même sexe. Je n’étais pas tout seul, nous étions au bas mot au moins un million et demi des marcheurs. Très nombreux certes, mais sages et disciplinés, entre nos deux rangées de CRS casqués et menaçants. Rien cassé, rien obtenu ; le mépris.

Vingt ans plus tôt, j’avais marché avec au moins deux millions d’autres pour défendre l’école libre. Deux millions de marcheurs, zéro incident ! Le Pouvoir a certes fait semblant de reculer. Bien déterminé cependant à atteindre ses objectifs, mais par des moyens détournés.

Depuis au moins 15 ans, 80 % de la population française voit ses revenus diminuer de manière continue. Pourtant, nous ne sommes pas en guerre, la conjoncture économique internationale permet à d’autres pays de s’en sortir beaucoup mieux que nous. Où va l’argent qu’on nous prend ? Chacun le sait désormais. Le train de vie exorbitant de nos élites politiques et de leurs petits copains de l’économie de connivence, de nos hauts-fonctionnaires et de tout les comités Théodule aussi ruineux qu’inutiles, les folies d’une immigration totalement non maîtrisée, la poursuite de chimères imbéciles comme celles d’une soi-disant urgence climatique qui n’existe pas…

Maintenant, si quelqu’un s’imagine que cette oligarchie va reculer juste pour faire plaisir à des manifestants pacifiques, si nombreux fussent-ils, bon vent !

Qu’on l’accepte ou qu’on le regrette, les quelques miettes obtenues à ce jour par les gilets jaunes l’ont été parce que pendant quelques heures, le Pouvoir a tremblé ; un Président et un Premier ministre, cachés dans leurs palais bunkérisés, avec des hélicoptères prêts à les exfiltrer. Un ministre qui a couru comme un lapin rejoindre Matignon, parce qu’il avait été attaqué… avec un transpalette ! Quelle fuite, quel héroïsme ! Quel ridicule.

La leçon de tout cela ? Nous ne sommes peut-être plus en 1789. Plus besoin de guillotine pour se faire comprendre. Contrairement à ce que craignent retraités et autres partisans de continuer de nous laisser plumer comme oies, pas besoin de beaucoup de « violence » pour faire comprendre à la classe oligarque que désormais, nous en avons assez.

Et désormais, nous en avons assez.

Comme ça en passant

Article publié sur Témoignage Fiscal : ICI

En une des infos, un Président, en bras de chemise, le micro à la main, ici ou là, fait son show. Un show largement retransmis par des médias au bord de la pâmoison. Comme il beau, comme il est jeune, et surtout, comme il joue bien ! Réponse à tout, la professeure du petit devenu grand et président peut se vanter d’avoir été un excellent professeur. Le comédien joue, nous dit-on, à perfection, sa comédie.

Moi, je veux bien. À mon avis, le plus bel objet de notre monde moderne est la télécommande de ma télévision. Dès que ça me contrarie, clic, je zappe. « Dès que l’enfant paraît », clic, je zappe. Je zappe, donc je ne suis pas.

Non sans me poser tout de même une question : moi je veux bien que le comédien comédie le mieux du monde, et que son parterre l’applaudisse, mais j’ai tout de même une question ; un rôle, mais quel rôle ? Animateur d’un C dans l’air en direct ? Amuseur public ? Maître d’école dans une maternelle ?

Ne me dites pas que le petit monsieur prétend jouer le Président de la République ! Car si tel était le cas, je dirais qu’on ne peut plus mal jouer ! Avec des excuses, c’est vrai, pour le comédien, à l’évidence pas du tout taillé pour le rôle. Vous n’êtes pas de mon avis ? Pas grave, parlons d’autre chose.

« Homme libre, toujours tu chériras la mer. » Suis-je vraiment un homme libre ? Ce qui est sûr, c’est que je le voudrais. Ma femme aussi. Si bien que nous nous retrouvons sur la mer aussi souvent mes activités professionnelles et ses activités affectives (enfants, famille, amis) nous le permettent. Toujours trop selon elle, toujours trop peu selon moi. Ces contraintes ont pour résultat que d’un commun accord, nous ayons choisi de limiter notre bassin de croisière aux Caraïbes, le monde entier dépassant nos capacités de retour en arrière. Peu vous importe, me direz-vous, à juste titre, hâtons-nous vers mon propos : il y a seulement vingt ans, vingt ans, ce n’est rien, n’est-ce pas, pour tous les marins caribéens, les côtés du Vénézuéla étaient une sorte de Paradis. Moins de quelques années de socialisme plus tard, les mêmes côtes étaient celles de tous les dangers, passez au large, très au large, danger mortel de pirates affamés. Aujourd’hui, à peine plus de vingt années de socialisme, et trois millions de Vénézuéliens ont pris la fuite, ceux qui n’ont pas fui ne pensent qu’à cela. Chavez est mort et s’est réincarné en Maduro, qui a tout son peuple contre lui, à l’exception de son armée qu’il gâte et qu’il corrompt et qui donc le soutient inconditionnellement. Le Vénézuéla nous montre comme il est facile d’entrer en socialisme, et comme il est en fait à peu près impossible d’en sortir. Ce que démontrent aussi Cuba, la Corée du Nord, la Chine, la Russie. Français, méfions-nous des copains de Maduro, et donc chez nous de Mélenchon.

Impossible d’en sortir, mais pourquoi ? Dans un pays socialiste, d’une façon ou d’une autre, la presse est aux ordres. Pour ce qui concerne la France, case cochée. Opposition muselée. Encore coché pour la France. Cadres des forces de l’ordre (armée, police) extraordinairement gâtés par le pouvoir. Monsieur Macron vient décider de primes extraordinaires à partager entre nos plus hauts cadres militaires. Coché ? Certains silences ne sont-ils pas une forme d’aveu ? Vous n’êtes pas d’accord ? Parlons d’autre chose.

Vous conviendrez avec moi que les gilets jaunes ne sont que l’écume d’un profond sentiment populaire. D’une façon ou d’une autre, il faudra bien trouver une issue. Mais laquelle ? Et pour le Pouvoir, comment faire ?

Longtemps, les chevaux et la haute école ont occupé une large partie de mes journées. (De mes nuits, en réalité, car je montais mes chevaux avant et après ma journée de travail.)

Cavalier plus ou moins autodidacte, nourri de plus de lectures que de leçons, (oui, oui, je revendique d’avoir appris l’essentiel de l’équitation par « correspondance »), j’ai tout de même eu l’honneur de suivre quelques leçons de grands maîtres écuyers, dont celles de Michel Henriquet.

Un jour, je me trouvais assis auprès du Maître, et nous observions dans son manège un jeune cavalier, en plus en moins grande difficulté, aux prises avec un jeune poulain, en plus ou moins grande révolte, le spectacle produit s’apparentant plus à une partie de rodéo qu’à de la haute école.

Je demandais alors au Maître comment il s’y prendrait, lui, en telle circonstance. La réponse a fusé :

– Comme lui ! Je me cramponnerais du moins mal que je pourrais ! Mais à la vérité, aucune chance que vous ne puissiez jamais observer cela !

– ???

– Tout simplement parce que moi, je ne me serais jamais mis dans une telle situation.

Et de préciser :

– Maintenant, c’est trop tard, il n’y a plus de bonne solution.

Maintenant, c’est trop tard, il n’y a plus de bonne solution.

Vous n’aimez pas ? Tant pis pour vous.

Connaissez-vous cette organisation de marins, les Frères de la côte ? Je vous rassure tout de suite, je n’en suis pas, je ne suis d’ailleurs d’aucune organisation. Mais il y a une chose que j’aime bien chez les Frères. Quand l’un d’entre eux n’est plus d’accord avec les siens, il ne crie ni ne gesticule. Il annonce seulement qu’il « se retire dans la brume ». Pour un temps incertain.

Je me retire dans la brume.

27 janvier 2018

Article publié sur Témoignage Fiscal : ICI !

2 petits billets comme ça…

Et le bon sens !
Voilà, une fois de plus, toute la meute médiatique se déchaîne ! Un boxeur a été filmé, boxant un policier (ou un CRS, je ne sais plus).
Concert d’indignations ! Dénonciation d’une honteuse violence ! Tentative de destruction des remparts même de la République ! Prison, prison ferme réclament à l’unisson des hommes du Pouvoir ! Prison, prison ferme récitent fidèlement l’écho des médias !
Pourtant, la scène a été filmée ! Tout le monde a pu le voir.
D’un côté, un homme seul, seulement armés d’une paire de gants des plus ordinaires, et qui semblaient ne guère tenir.
De l’autre, des policiers casqués, protégés par des combinaisons de cosmonautes et des boucliers de gladiateurs… Quiconque a eu l’occasion de donner ne serait-ce qu’un seul coup de poing dans sa vie le sait avec certitude : le boxeur est le seul à avoir souffert, et ses poings doivent lui brûler aujourd’hui !
La vérité : une attaque d’opérette ! A comparer aux attaques de voyous de banlieue, avec pavés ou même des armes, attaques qui manifestement indignent beaucoup moins les bien-pensants…
7 Janvier 2019

 

Les gilets jaunes ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Que vous soyez pour ou contre les gilets jaunes, vous vous posez presque certainement la même question que moi ? Et maintenant ?
Ce n’est un secret pour personne. Une poignée d’individus vont très bien. Peut-être cinq à dix pour cent. Une minorité, de l’ordre de 20 % va plutôt bien.
Sur le dos d’une vaste majorité, 80 %, dont le pouvoir d’achat, mais aussi l’espace de liberté vont s’amenuisant année après année, mois après mois, mesure après mesure, « réforme » après « réforme », taxe après taxe, augmentation après augmentation, nouvelle réglementation après nouvelle réglementation, nouvelle limitation après nouvelle limitation.
Les 80 %, c’est vrai, ne défilent pas tous. Tous le voudraient peut-être, mais tous ne le peuvent pas. Les uns, parce qu’ils sont trop vieux, les autres parce que déjà écrasés par la vie qu’on leur fait, ils n’en ont pas seulement le temps, mais même plus l’énergie. Ils n’espèrent qu’une seule chose, que ceux qui en ont encore la force, continuent de se dévouer. Mais tous, ils ont en commun le même désespoir.
Si vous faites partie des 20 %, pas de doute, vous n’avez qu’une hâte, que les gilets, retournent à leur place dans le coffre des voitures, que les ronds-points si nombreux dans notre pays, et qui ont tellement enrichis de pouvoirs publics, retournent à leur vocation naturelle, qui est de vous faire tourner en rond.
Pourquoi s’inquiéter ? C’est le bon sens, le Pouvoir a sorti les matraques, les grenades et même les chars, déchaîné ses juges rouges… on blesse, on mutile, parfois même on tue, et en tous cas, on emprisonne à qui mieux mieux… ce que les malheureux Vénézuéliens ne parviennent pas à faire, alors même que l’essentiel des politiques est du côté des opposants, comment nos gilets, qui ont contre eux, non seulement le Pouvoir, mais aussi la totalité des médias, des puissances de l’argent, comment nos gilets arriveraient-ils à quoi que ce soit ? Le destin des gilets, bien sûr, les coffres des voitures.
Le Pouvoir, vainqueur, s’en félicitera. Et ses amis aussi.
Ils auront pourtant peut-être tort.
Le désespoir populaire est un iceberg. Ce que l’on en voit, sa partie émergée, n’en représente que 10 %. Spectaculaire, mais tout compte fait relativement inoffensive.
Le Pouvoir et ses partisans ne le comprennent pas : les gilets ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Mais le vrai danger, ce qui coule irrémédiablement les bateaux et les pouvoirs, c’est ce qu’on ne voit pas ; la partie immergée. 90 % du total.
5 janvier 2019

Le poids du bœuf.

Les gilets jaunes : chacun a son avis, je ne vous donnerai pas le mien, qui n’a aucune raison particulière de valoir plus (ou moins) que le vôtre.

Mais seulement rappeler quelques évidences.

À vrai dire, des explications qui n’auraient absolument pas lieu d’être si deux précédents billets sur ce blogue avaient obtenu le succès qu’ils méritaient  : ICI et ICI

Emmanuel Macron (comme beaucoup d’autres politiques) est un « Young Leader ». Le programme « Young Leaders » est le programme phare d’une association américaine, la « French-American Foundation ».

Que veut la French-American Foudation : pour faire simple, promouvoir une mondialisation à la « Georges Soros ». Quels moyens ? Ceux de « l’économie comportementale », que l’on peut résumer ainsi :

  • Les peuples sont incapables de savoir réellement ce qui est bon pour eux. Il leur faut par conséquent des élites pour décider à leur place.
  • On peut imposer ce qui est bon, mais cela coûte souvent assez cher, en forces de l’ordre, prisons et tous autres moyens de coercition.
  • Un moyen, plus économique est d’agir habilement sur les « comportements » (d’où l’appelllation économie comportementale), en diffusant au bon moment et au bon endroit des nudges (des coups de coude). Cette théorie marchant aussi bien pour les animaux que pour les humains. Pour les animaux, on parle de « leurres ».

Exemple : pour faire asseoir un chien, on lui montre une récompense alimentaire, au-dessus de sa tête. Le chien lève la tête pour voir, ce qui le plus souvent lui fait prendre la position assise. Même pas nécessaire de donner finalement la récompense, puisque le chien leurré est assis.

Pour les humains : on explique qu’on va servir une prime de cent euros, si les gens sont bien sages et s’ils rentrent chez eux. Un nudge, un « coup de coude ». En principe, le peuple devrait rentrer bien sagement chez lui, leurré. Avec un peu de chance, on pourra même plus tard conserver tout ou partie des cent euros.

Maintenant, me direz-vous, n’est-il pas exact que très souvent, confrontées à une situation particulière, les personnes « populaires » ont un mauvais jugement et prennent par suite une mauvaise décision ?

Si, c’est parfaitement exact.

Mais ni plus, ni moins que les « spécialistes » hors peuple, les « sachants », les nantis, qui prétendent décider à la place des ignares.

Avec pourtant deux différences : le populaire se trompe, plutôt souvent, tandis que le « sachant », à l’expérience, se trompe beaucoup plus.

Mais la seconde différence est encore plus intéressante, et elle fait appel à une très étonnante découverte du statisticien britannique Francis Galton, en… 1906 ! C’est ce qu’on appelle le test du poids du bœuf. Test reproduit des milliers de fois, avec les sujets les plus différents, et donnant toujours le même résultat.

Galton s’est rendu dans une foire aux bestiaux, et il a réuni dix bouchers professionnels. Il a choisi un bœuf et demandé aux professionnels d’évaluer le poids de l’animal. Pas un professionnel ne s’est approché de la bonne réponse. Il interroge alors une centaine de quidams, des hommes du peuple, des ignorants donc. Puis il fait la moyenne des réponses données par les ignorants. Et là surprise : à une livre près, la moyenne correspond au poids réel !

La foule possède une capacité d’évaluation statistique dont les spécialistes sont strictement incapables.

Mais jamais aucun Pouvoir n’acceptera cette réalité.

Le Pouvoir n’a en réalité aucune intention d’écouter le peuple. Il entend bien le manipuler. Il est bien possible qu’il y parvienne.

Et pourtant, statistiquement, les Gilets jaunes ont raison.

30 décembre 2018

Gilets jaunes et Exit Taxe

En France, un projet d’augmentation de taxe sur les carburants déjà surtaxés a fait voir rouge à la masse des gueux déguisés en jaune. Exit taxe. Cela dit, le jaune n’est peut-être pas une si bonne couleur de combat que cela, car il se pourrait bien que les gueux ne finissent sinon cocus, du moins proprement roulés dans la farine du Pouvoir. Qui continuera, parce que c’est son métier de faire tourner à plein régime la machine à mensonges. On changera seulement plus ou moins de mensonges, ou seulement la manière de les écrire.

Hier, il fallait augmenter le prix de l’essence pour diminuer le réchauffement de la planète. Pourtant, aucun réchauffement observé ou observable depuis… plus de vingt ans. 1998 – 2018 : courbe de la température plate comme la plus morne des plaines.

La glace arctique a fondu, respectant son cycle connu d’alternance chaud froid de soixante ans. Par contre, et ce n’est pas du tout rassurant (et à l’évidence pas de la faute de sapiens), la glace antarctique se développe tout à fait sérieusement.

Certes, c’est vrai, c’est démontré, l’homme est parfaitement capable de réchauffer la planète. Malheureusement, cette capacité reste strictement limitée à la zone géographique des très grandes villes, sans aucun effet au-delà d’elles. Malheureusement, car tout indique que le soleil ayant l’air d’avoir décidé de prendre quelques vacances et de réduire pour un temps très sérieusement son activité, nous risquons d’aller vers une sérieuse période de refroidissement, ce que l’augmentation de la glace antarctique semble en effet présager.

Température stable, donc, mais augmentation de la teneur en CO2. En un siècle on est passée d’un taux de 0,03 % à… 0,04 % ! Oui, mais… augmentation tout à fait bénéfique, qui a entraîné un verdissement de la planète d’une surface égale à plusieurs fois la France, et un accroissement significatif des rendements agricoles, permettant à sapiens de faire à peu près correctement face à la multiplication par 10 en un seul siècle de sa population, accroissement de la population très supérieur, même à celui des ours blancs, dont le nombre a pourtant au moins triplé au cours de cinquante dernières années (contrairement encore à nombre de pleurnicheries sur le sujet).

Attention, attention, je vous arrête, je vous arrête : inutile d’appeler quelque Samu psychiatrique pour une urgente prise en charge de ma modeste et non moins vagabonde personne, l’ensemble ci-dessus n’est pas du tout de moi (je n’aurais pas de telles prétentions), mais d’un examinateur du rapport AR5 du GIEC, professeur émérite de l’université de Tours, 273 publications scientifiques et tellement bardé d’autres titres, qu’il faudrait au moins doubler la taille de mon article pour les citer tous : François Gervais, qui vient de publier dans un silence médiatique proprement assourdissant un livre qu’il faut absolument lire : « L’urgence climatique est un leurre » ICI !

L’occasion de signaler l’un des plus gros mensonges des hommes de pouvoir, non pas seulement en France, mais presque partout dans le monde (à l’exception notable du président américain) : non, il n’y a aucun consensus scientifique pour soutenir la thèse d’un réchauffement anthropique, c’est même exactement le contraire. ICI et ICI et ICI.

Le problème est que ce réchauffement qui n’existe pas, mais qui réchauffe sérieusement les finances des hommes de pouvoir d’une majorité de pays et de leurs copains canailles, entrepreneurs de connivence, ruine les peuples, toujours plus imposés et taxés, les conduisant lentement mais sûrement vers une misère toujours plus grande, ce dont les hommes de pouvoir se fichent complètement. Jusqu’à ce que les gueux, n’en pouvant plus, ne finissent par se révolter. Les gilets jaunes n’ont été qu’un hoquet. Mais le jour est moins loin qu’on ne pense où l’insatiable cupidité des hommes de pouvoir transformera partout dans le monde les hoquets en fureur et ce jour-là, la question même de l’(in)utilité de ces impitoyables prédateurs sera clairement posée.

Lundi, 17 décembre 2018

nota : pour achever de fâcher (certains de) mes amis : mon article du… 15 juillet 2015, Paris vaut bien une messe !

Un dernier verre de gilet jaune ?

Les gilets jaunes… à quoi bon en dire plus : pour l’instant, on peut conjuguer « avoir un avis » à toutes les personnes de l’indicatif, même du futur. Et puis bientôt, peu à peu, on passera à l’imparfait, au passé (dé)composé, au plus qu’imparfait. Les tempêtes ne durent que le temps des dépressions, lesquelles finissent poussées par les vents…

Moi, au moins sur ce site, je ne donnerai pas mon avis, mais je vous pose une question.

Les hommes du système (politiques, hauts-fonctionnaires, ainsi que l’ensemble médiatique) sont unanimes : quoiqu’il arrive, Monsieur Macron reste « légitime ». J’écoutais l’autre soir cette légende (mort) vivante, ex-maire de Belfort, bégayer avec cette admirable suffisance qui force l’admiration sur « la force de nos institutions » et l’intouchabilité présidentielle.

En somme, si je comprends bien, être président de la République, c’est tout simplement un CDD (contrat de travail à durée déterminée, pratiquement à peu près impossible à rompre avant terme). Tu fais ce que tu veux, rien ou mille sottises, peu importe, tu as ton CDD, tu n’es pas licenciable, emploi protégé. C’est, paraît-il, de Gaulle qui l’a dit. Bon.

Bon, mais premièrement, de Gaulle n’a pas du tout fait ça. Chaque fois qu’il a pensé ne pas avoir derrière lui une large majorité, il a organisé une consultation populaire. Il perdait ? Il partait.

Bon, mais deuxièmement, un président en CDD, ça pose tout de même un fâcheux problème. Pour te faire élire, tu peux mentir autant que tu veux, et surtout plus que les autres. D’ailleurs, pour être élu, il faut bien mentir plus que les autres. Si quelqu’un ment plus que toi, c’est lui qui est élu.

– Bon, je mens tout ce que je peux, je suis donc élu, mais après ?

– Après, rien.

– Comment cela rien ? Si je ne tiens pas mes promesses ?

– Personne ne peut te demander de tenir tes promesses ! Tu as ton CDD ! Pendant quatre ans, invirable ! Et donc en rien lié par tes promesses ! Évidemment, les quatre années passées, il pourrait se trouver un nombre suffisant de petits rancuniers qui ne voteront plus pour toi… Même pas grave, il suffit de rouvrir en grand la boîte à mensonges…

Ma question ? Une lecture que l’on pourra qualifier de Gaullienne de nos institutions pourrait à peu près se transcrire ainsi : un président est légitime aussi longtemps qu’il est présumé avoir une majorité de citoyens pour l’approuver. S’il y a doute, on vote immédiatement et de toute façon, on vote au bout de quatre ans.

Mais avec un président – CDD, elle est où, la démocratie ?

Mon avis personnel sur les gilets jaunes !

Vous ne me demandez pas à mon avis sur les gilets jaunes ? Vous avez le vôtre, et cela vous suffit ?

Donc, je vais vous parler d’autre chose. Quoique ?

Je n’entends faire pleurer aucune Manon, dans aucune chaumière, et je reconnais bien volontiers ne pas (encore) faire partie des retraités dont la situation économique est à faire pitié. Pourtant, il n’empêche : alors que j’ai sans doute passé ma vie à gagner : « toujours plus », je vois depuis une dizaine d’années mes ressources globales aller dans un sens de « toujours moins ».

Ce n’est pas à mon âge que l’on crée une start-up destinée à devenir une multinationale. Mais, remonter une activité artisanale, à partir de ce que je sais très bien faire, pour essayer de mettre un peu de beurre dans les fins de mois, pourquoi pas ?

C’est donc ce que j’ai entrepris à la mi-juin : un petit local très modeste (moins de 30 m²), dans une rue très modeste (la mienne), une offre d’artisan…

Du lundi au vendredi, de neuf heures à 18 heures… mais voilà que je découvre en octobre une situation non prévue : plus de clients que ce que ma solitude et mon âge ne sont en situation de satisfaire. Le hasard ayant l’art de nous donner l’impression que nous guidons nos vies, un contact avec une ancienne collaboratrice, 15 ans de vie (professionnelle) commune, tout de même ! Pas heureuse dans son emploi… Alors pourquoi pas ? Pourquoi pas !

Début novembre, me voilà donc dans la situation de l’artisan qui embauche son premier et seul le salarié.

L’autre soir, Dieu sait pourquoi, je passe en revue les spams de mon ordinateur, et je tombe sur le message suivant, émis par le « Centre National du Droit du Travail » :

« Je vous informe de nouvelles modifications concernant les affichages obligatoires qui doivent être en place, suite à la nouvelle législation (Loi du n°2018-703 du 3 Août 2018).
Voici la liste des affichages obligatoires et de diffusion mis à jour incluant les modifications de 2018 et de 2017 à mettre en place à partir du premier salarié, pour toutes les sociétés, commerces, artisans, associations :

– L’affichage du Code du travail (médecine du travail. inspection du travail, convention collective applicable…). Art.L2262-5, R2262-1 à R2262-3, D4711-1.
– L’affichage Égalité professionnelle hommes / femmes. Art.L3221-1 et suivants.
– L’affichage des consignes de sécurité selon le code du travail. Art. R4227-1, et suivants.
– L’affichage informations sur les numéros d’urgence. Art.D4711-1.
– L’affichage réglementation sur l’interdiction de fumer au travail. Art.R.3511-1 et suivants.
– L’affichage réglementation sur l’interdiction de Vapoter (N°2017-633)
– L’affichage espace fumeur dans l’entreprise. Art.R.3511-1 et suivants.
– L’affichage Planning ordre des départs en congés (Janvier 2019- Décembre 2019). Art. D3141-6.
– L’affichage Modalités d’accès au DUERP Art.R4121-1 et suivants.
– L’affichage du CHSCT (plus de 50 salariés) Art.L4742-1 et suivants.
– Harcèlement moral et sexuel. (obligation de diffusion).
– Lutte contre les discriminations. (obligation de diffusion). »

Donc, plus de surface à afficher que de surface disponible dans mon pauvre petit local. Que faire ?

S’il s’agissait d’une blague ?

Oui, rassurez-vous, une blague en effet : le Centre National du Droit du Travail, sous ses airs officiels, n’a rien d’officiel du tout, c’est un organisme privé, qui « fait son beurre »… En vous proposant un kit affichage complet, réglementaire et tout ce que vous voudrez pour la modique somme de… 98 € tout de même. Ajoutez que pour les 98 €, il vous reste encore de nombreuses heures de travail pour compléter les informations personnalisées de cet affichage.

Bien sûr, j’ai mon âge, et vous l’avouerais-je, la réception d’un tel courriel ne m’a guère réellement ému. Mais je me mets à la place d’un jeune qui commence…

D’autant que, si le centre National du Droit du Travail n’a pas d’existence officielle, la liste des obligations qu’il signale est tout ce qu’il y a de plus exact ! Mieux, la réalité pourrait bien être pire encore ! Du délire ? Du délire bien réel en ce cas.

Et vous vous étonnez après cela que nombreux soient les artisans à… rire jaune ?

(Nota : maintenant, si vous avez des informations qui viendraient à contredire cette liste d’obligations, je suis preneur !)

Décembre 2018

 

 

 

 

La loi du Talion

La Cour suprême israélienne a autorisé cinq malades de la bande de Gaza à venir se faire soigner en Israël. Qui l’a dit ? Qui le sait ? Qui le croit ?

Est-ce que de tels gestes sont l’exception ? Non, ils ne sont pas l’exception. Les exemples d’humanité envers même les pires de terroristes ennemis sont au contraire une sorte d’habitude des autorités israéliennes. Qui le dit ? Qui le sait ? Qui le croit ?

Dans un texte essentiel, Pierre Itshak Lurçat (avocat et auteur de plusieurs livres, dont deux essais sur l’islam radical, Le Sabre et le Coran et Pour Allah jusqu’à la mort) rappelle cette vérité énoncée par les Sages du Talmud : « Celui qui a pitié des méchants finit par se montrer cruel envers les justes ». Pour des raison de conformisme, poursuit-il, les Israéliens croient aujourd’hui nécessaire de pratiquer le pardon des pires offenses, la main tendue même aux plus venimeux des ennemis… Mais cette attitude s’inscrit-elle dans le respect de la tradition juive ? N’est-elle pas une trahison de cette tradition ? Poser la question, c’est sous-entendre la réponse. Or, une telle attitude produit-elle un quelconque effet positif ? Les ennemis d’Israël (terroristes palestiniens et tous leurs soutiens dans le monde entier) lui en ont-ils le moindre sentiment de reconnaissance ?

Une question qui doit nous conduire à nous interroger à notre tour : nous autres occidentaux ne sommes-nous pas tout à notre tour rendus impuissants par les mêmes bons sentiments à contretemps ? Sans sommation, on tue les nôtres avec la dernière férocité. Notre réponse ? Chœur de bêlements « je suis Charlie », et autres « vous n’aurez pas ma haine », honte des « marches blanches », sordide catharsis de ce qui devrait être juste fureur et sainte vengeance.

Et le pardon des offenses, me dites-vous ? Le Christ n’a-t-il pas dit qu’il fallait tendre l’autre joue ? Oui, Il a dit cela, mais Il a dit aussi : « Mon royaume n’est pas de ce monde ! », et dans ce monde, qui n’est donc pas son royaume, II n’a pas hésité à prendre le fouet contre les marchands ! Cessons de nous prendre pour Dieu lui-même, et commençons par rendre à César ce qui est à César, et à César renvient de défendre le faible et protéger la femme et l’enfant, et cela, quel qu’en soit le prix !

Paraphrasant Poutine, disons comme il l’a dit à peu près : pardonner à l’assassin, c’est le rôle de Dieu. Mais dans notre monde, notre travail à nous est d’envoyer le plus vite possible l’assassin s’expliquer avec Dieu !

A propos, si vous ne l’avez pas déjà fait, ne lisez surtout pas le dernier livre d’Eric Zemour (Destin français) ! Oui, ce n’est absolument pas un livre à lire, mais un livre à méditer, à réfléchir page par page, en profondeur !

Pourquoi ce détour par Zemmour ? Parce qu’entre mille autres sujets, il aborde le chemin de mensonge qui a conduit de Victor Hugo à Badinter. Depuis Hugo, le condamné aux galères n’est bien sûr qu’un brave homme affamé injustement condamné par une société toute faite de sordides Thenardier (assoifés de la misère de toutes les Cosettes de la terre), ou autres détestables Javert.

Un chemin de mensonge, avec pour point d’orgue d’avoir fait croire qu’on allait supprimer la peine de mort ! La gauche socialiste n’a pas supprimé la peine de mort, elle a supprimé la peine de mort pour les criminels et les assassins, remplaçant celle-ci par la peine de mort pour les honnêtes gens !

La faute contre l’esprit, c’est d’agir à contretemps. Bien sûr, tous les hommes de bonne volonté tendent vers l’avènement d’un monde messianique au sein duquel le loup pactisera avec l’agneau. Mais se comporter comme si nous étions dans un tel monde, quand nous n’y sommes pas du tout, c’est non seulement se suicider, mais vouer à la mort ou à l’esclavage les personnes que nous aimons, ce qui est proprement criminel. Si ton voisin est un loup sauvage, ton devoir est clair : tu ne dois pas être comme lui, tu dois être pire que lui. Pire que lui ? Notablement insuffisant ! Effroyablement pire que lui ! Le terroriste doit savoir avec certitude que non seulement ce qu’il fait ne sera jamais pardonné, mais sera payé au talion le plus lourd, par lui ou à défaut, par ses proches.

Car il est temps de le rappeler avec force : il est en vérité bien plus difficile de faire payer l’offense que de pardonner. Et la preuve, c’est que personne ne veut plus le faire !

Conclusion : ayons la modestie de laisser à Dieu ce qui revient à Dieu. Pardonner, c’est le rôle de Dieu, et peut-être aussi celui des femmes. Permettre à Dieu de pardonner plus vite reste le rôle des hommes, même si ces derniers n’ont plus tellement bonne presse dans notre société dangereusement efféminée. Mais dans le monde au sein duquel nous avons devoir de vivre avant d’en rejoindre un autre meilleur, la punition sans mollesse reste un indispensable rempart. 

Ce n’est pas l’Evangile contre la Torah. C’est l’Evangile dans la continuité de la Torah.

13 novembre 2018

Les vagues passent, c’est vrai… mais les questions restent.

Voilà ! L’été n’est pas fini, que déjà les vagues (ou vaguelettes selon certains) de ce que l’on a appelé l’affaire « Benalla » sont retombées, rapidement perdues dans les sables brûlants des plages de vacances.

Ce qu’escomptaient tous les macronistes, toutes catégories confondues. Plus personne n’en parlera. Plus personne, sauf moi. Mais rassurez-vous, une seule fois, et vite fait.

Est-ce que j’aurais des révélations à faire, ou quelque chose de nouveau à dire ?

Non, rien. Seulement des questions.

Des questions au sujet desquelles je n’ai trouvé nulle part dans la presse quelque début de réponse que ce soit. Mieux, des questions qu’il ne m’a même pas semblé voir poser.

Les vagues passent, c’est vrai, comme leur remous, mais les questions restent, et c’est là tout l’objet de ce modeste billet…

Question numéro un : en réalité, qui finance ce gentil monsieur, qu’on a vu à la télévision si propre sur lui et s’exprimant avec tant de mesure et de bon sens que toute bonne mère de famille serait tentée de lui donner l’Ena sans confession ? C’est que vous et moi payons déjà scandaleusement cher la protection de notre jeune homme président, et de ses multiples résidences, publiques et privées, il ne manquerait plus que l’on ait mis à notre charge ce genre de supplément ! Notre jeune homme président a certes le droit d’avoir l’avis qu’il veut sur le personnel que nous payons à sa disposition, et souhaiter s’offrir tous les extra qu’il voudra, mais à la stricte condition que ce soit à ses frais ! Si tel n’était pas le cas, dans une entreprise privée, on parlerait sans hésiter d’abus de bien social, et de redressement fiscal !

Deuxième question : quelle que soit l’entité qui a payé cette rémunération, celle-ci correspond, nous dit-on, à un emploi de « garde du corps ». Soit. Mais quel « corps » ce Monsieur prétendait-il garder quand pendant ses horaires de travail, ou à la rigueur de RTT, il s’occupait de soigner sa forme physique en faisant ici ou là le coup de poing en divers endroits chauds de la capitale ? Avec cette question subsidiaire : nous avons tous vu que quand il n’était pas occupé à s’exercer, le musclé garde du corps avait en permanence un appareil de communication comme vissé à son oreille. Avec quel interlocuteur notre ardent pugiliste s’entretenait-il, presque en continu ?

Vient maintenant une série de questions nettement plus sérieuses. De toute évidence, notre homme ne montre pas seulement un goût marqué pour la bagarre, il démontre de sérieuses sympathies avec des individus convaincus d’islamisme, y compris des islamistes fichés S. Ce qui est à l’évidence de notoriété publique, le ou les employeurs de ce gentil jeune homme n’ont pas pu l’ignorer ! Comment comprendre ? Qu’est ce que cela signifie ? Jusqu’où la connivence ?

Vous le dirais-je ? Tant que je n’aurais pas de réponse à cette dernière question, je resterai très, très inquiet !

Nota : ces questions posées, un petit commentaire. Ne comptez pas sur moi pour jouer les effarouchés parce que des manifestants délinquants se sont fait peu ou prou bousculer ! Quand on fréquente certains endroits à de certains moments, on doit s’attendre à tout. Et si en plus on se permet de jeter sur les forces de l’ordre des objets contondants, susceptibles de blesser, voire de tuer, on quitte délibérément l’univers des honnêtes gens. « Fraus omnia corrumpit » : celui qui ne respecte pas l’ordre commun ne peut revendiquer pour son propre cas cet ordre qu’il a trahi. Un sujet à développer, sur lequel je reviendrai peut-être…

Paris, jeudi 16 août 2018

Les trois fléaux de l’apprentissage !

Certains thèmes, on le sait, viennent de manière plus ou moins exaspérante ponctuer l’actualité, quand cette dernière se retrouve en panne de sujets plus intéressants, ou quand par une incise quelconque, elle se rapproche tant soit peu de tel d’entre eux.

À placer dans cette catégorie, le nombre de chiens et de chats en France (toujours « ahurissant »), mais aussi la vitesse sur la route (naturellement « excessive »), la formation professionnelle (toujours « catastrophique »), ou encore l’apprentissage (toujours « insuffisant, surtout si l’on compare avec l’Allemagne »…)

L’apprentissage, justement, parlons-en, puisque précisément c’est aussi, nous apprend-on, un sujet de réformes ou de projets de réformes en cours.

Objectif, nous dit-on : augmenter le nombre des apprentis !

J’ai pour principe de ne jamais parler que de ce que je connais, d’une part, et d’autre part de ne parler que si je crois avoir quelque chose à dire qui n’est pas dit ailleurs.

Ce que je connais sur le sujet : j’ai créé et dirigé un centre de formation d’apprentis, puis, de manière raisonnée et lucide, j’y ai renoncé. Est-ce suffisant pour prétendre à une certaine expertise ? À vous de voir. Si vous pensez que oui, ou seulement oui peut-être, je veux bien vous confier que oui, l’apprentissage, ça ne marche pas vraiment, et que non, les mesures suggérées, fussent-elles macronisées, restent du domaine du bricolage administratif.

Je suis tout à fait conscient que je vais, une fois de plus, contrarier, voire fâcher nombre de mes amis, qui pensent, sinon que « tout est bon dans le macron », du moins qu’« avec Macron, au moins ça va dans le bon sens ».

Bon, évitons les sujets qui fâchent, l’invasion migratoire, le poids écrasant d’un état ventripotent et sa cohorte insupportable de hauts fonctionnaires princiers, la connivence érigée en système habituel de fonctionnement… à quoi bon ergoter, qu’on soit pour ou qu’on soit contre, le pouvoir actuel n’a pas de contre-pouvoir, aucune opposition ne peut ni ne pourra rien contre lui avant longtemps. Alors mon avis et d’ailleurs le vôtre…

Oublions cela et restons-en à notre propos du jour : l’apprentissage, dont j’entends démontrer ici qu’aucune des mesures annoncées n’aura d’effet réellement pertinent, car aucune ne s’attaque à ce qui constitue ses trois handicaps fondamentaux, on pourrait dire intrinsèques.

Trois handicaps ? Voyons cela.

Le premier, c’est la situation fondamentalement monopolistique des centres de formation d’apprentis : sur son territoire, sur son public sur ce territoire, un centre de formation d’apprentis n’est menacé par aucune concurrence. Cela ne veut pas dire que sa situation ne puisse être plus ou moins difficile. Mais cette situation n’est qu’à la marge le résultat de ses performances. En principe, l’organisation est faite en sorte que les centres de formation d’apprentis ne se fassent pas concurrence entre eux, et il n’existe pas réellement d’autre voie concurrente.

Il y a bien eu le « contrat de professionnalisation », un système plus libre, moins contraint, moins rigide. Une piste alternative qui a rencontré très vite un tel succès, notamment au niveau de l’insertion professionnelle que les partenaires sociaux se sont empressés de l’assassiner : désormais, le contrat de professionnalisation souffre de telles mesures de distorsion de concurrence par rapport à l’apprentissage qu’il ne peut plus guère exister qu’à la marge, et de préférence pour les très hauts niveaux de qualification (ce qui n’est pourtant pas réellement le problème !)..

Le second handicap porte un nom barbare : « SAIA » ! Non ce n’est pas une maladie (quoique), mais une administration : « Service académique de l’Inspection de l’Apprentissage ». Autrement dit, l’Éducation Nationale. À laquelle tous les centres de formation d’apprentis sont strictement soumis. Et ce qui ne marche ni dans les écoles primaires, ni dans les collèges ou lycées n’a aucune raison de fonctionner mieux dans les centres de formation d’apprentis, égalité pour tous oblige.

Avec dans le cas du SAIA une caractéristique spécifique, dont personne ne vous parlera, mais moi, je le fais : si beaucoup de hauts fonctionnaires de cette administration sont des hommes à l’intelligence brillante et au commerce agréable, ce qui souvent n’est pas réellement le cas des fonctionnaires de terrain, mais peu importe : les uns et les autres, d’un bout à l’autre de leur hiérarchie, tous, absolument tous, sont strictement formatés selon un logiciel marxiste de la plus stricte obédience. Et pour ces marxistes de conviction, un apprentissage professionnel est d’abord un apprentissage politique marxiste. Si vous ajoutez au lait nourricier marxiste un « pédagogisme » quasi structurel… est-il besoin d’en dire plus ?

Non. Car la réalité est que ces deux premiers handicaps ne sont rien, je dis bien rien, en regard de celui que je vais énoncer maintenant, et que pour simplifier je vais appeler notre « structure sociale nationale ».

Bien sûr, chaque fois qu’un journaliste vient bêler sur un nombre insuffisant de candidats à l’apprentissage, et le fait que non, dans notre pays le travail manuel n’est pas assez considéré, il oublie complètement (ou il ne connaît pas) le principal handicap de cette filière : ses perspectives ! Ou plutôt sa désespérante absence de perspectives !

L’apprentissage prépare à des métiers, c’est vrai, c’est sa vocation. Et qu’il le fasse bien ou mal n’est finalement pas la question. La question, la vraie, est celle des perspectives sociales de ces métiers dans notre pays !

Dans les lotissements des banlieues de Sydney, de Melbourne, de Perth, les villas qui rivalisent d’élégance, sont indifféremment habitées par des médecins, des notaires, des infirmiers, des plombiers ou des électriciens, des charpentiers ou des maçons, qui tous conduisent des voitures qui se ressemblent. Et, dans une moindre mesure, on peut constater la même chose aux États-Unis ou dans nombre de pays du nord de l’Europe.

Il n’en va pas du tout de même chez nous. Le moins que l’on puisse dire est que l’apprentissage mène à des métiers à « rémunération limitée ». Bien sûr, il y a toujours la possibilité de « se mettre à son compte ». Mais les candidats apprentis ne sont pas myopes, ils voient bien quel sort notre société réserve à nos artisans, avec des charges et obligations diverses, toujours en croissance, des réglementations toujours plus contraignantes, le tout assorti de rémunérations toujours plus incertaines. Les faits sont là : nombreux sont les artisans incapables d’assumer ne serait-ce qu’un seul salaire de compagnon, ce dernier fût-il un membre de leur famille.

Je parle de ce que je connais : par exemple, avec sept prestations toilettages journalières, un artisan toiletteur aux États-Unis gagne très bien sa vie (certains d’entre eux ont même des salariés… vétérinaires !) ; en Belgique, ce même professionnel vit très correctement ; en Fance, sept toilettages quotidiens, cela peut ne pas suffire à payer les charges et autres taxes… Au Panama, je peux vous donner, si vous le voulez, des adresses de pizzerias qui font le bonheur et l’aisance de leurs propriétaires, pizzerias qui ne sont pourtant ouvertes que… trois jours par semaine !

Parmi les fumisteries à la mode, il y a la légende des « travailleurs pauvres » dans les pays que je viens de citer. Mais la vérité peut ne pas plaire, mais c’est celle-ci : comme la paille et la poutre, les travailleurs pauvres, c’est d’abord et prioritairement… chez nous !

Plus de candidats pour les métiers de l’apprentissage ? Un seul « vrai » moyen, restructurer notre société ! Le reste, balivernes et bavardages ! Moins de taxes, moins de règlements, moins de contrôles, moins de prélèvements obligatoires, moins de terreur fiscale… c’est à dire, bien sûr, moins d’argent pour nos oligarques, nos politiques, nos fonctionnaires et leurs complices de toutes les connivences, moins d’argent aussi pour leurs alibis divers, que ceux-ci s’appellent redistribution, aides à ceci ou cela…

On pourrait par exemple se fixer comme objectif de ramener ce que ce petit monde coûte aux vrais producteurs de richesses (les entreprises privées) à un pourcentage qui se rapproche de ce qui se fait dans nombre de pays évoqués ci-avant… je ne sais pas, mais j’ai comme l’impression que cette idée ne va pas rencontrer l’assentiment de ceux que je propose d’appauvrir… et comme ce sont les mêmes que ceux qui décident…

Vendée, 7 mai 2018

Au pays des Kunas

Dans un précédent billet, j’ai essayé de montrer que l’on pouvait s’expatrier pour mille et une raisons, par exemple, vouloir échapper au moins en partie, au moins par épisode, à notre carcan administratif national, mais que ces petits bouts de liberté gagnée pouvaient être parfois à payer au prix le plus fort…

Avec en outre une mauvaise nouvelle : partout, dans tous les pays, la gangrène administrative est en progression, et si la France peine à imposer à l’Europe son « modèle économique », elle exporte partout, et avec un succès incontestable, son « modèle administratif » : cela vaut notamment, pour l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.

Un exemple entre 100, nous avons inventé la TVA (taxe à la valeur amputée), mais le monde entier, quasiment, nous l’a copiée !

Je l’ai déjà dit, j’ai eu pour ambition de transformer mon permis de conduire français en un permis étranger, et cela avant que celui-ci ne se trouve confisqué dans mon propre pays. Eh bien, bonne nouvelle, j’y suis parvenu ! Mais quelle galère !

La galère commence en France : le pays étranger ne vous demande pas seulement copie de votre permis, il exige aussi un « relevé d’information restreint ». En principe un document que l’on est censé obtenir en 24 heures, en s’adressant à la préfecture de son domicile. Pour ce qui me concerne, les 24 heures ont duré… deux mois. Mais j’aurais mauvaise grâce à me plaindre, trois mois plus tard, donc cinq mois en tout, mon épouse, qui avait fait la même demande en même temps que moi, attend toujours… Difficile à comprendre, car si mon permis se trouve amputé d’un nombre indéterminé (pour moi en tout cas) de points, ma femme a sauvé tous les siens (semble-t-il tout au moins) !

Ce fameux relevé est délivré gratuitement. C’est d’ailleurs le seul « acte gratuit » de la procédure. Quand vous êtes en possession de ce document, vous avez terminé la partie franco-française de votre aventure, mais vous n’en avez pas terminé pour autant avec la mère patrie : il faut d’abord que l’ambassade française dans le pays concerné authentifie votre permis. Une démarche habituelle, puisqu’il y a même des jours et des heures prévues pour cela. Nous voilà donc à l’ambassade, reçu par un portier qui comprend plus ou moins le français, mais qui parvient tout de même à nous faire comprendre qu’il va nous confisquer nos téléphones portables. Ah bon ! Va donc pour l’abandon provisoire de nos téléphones portables. Nous sommes ensuite reçus par une dame qui parle un excellent français scolaire, et presque sans accent. En moins d’un quart d’heure, nos documents sont prêts, nous avons payé la somme demandée (exigée en monnaie strictement liquide), oui mais… notre charmante interlocutrice nous invite à aller nous promener (sic)… C’est que la dame consul, qui doit signer nos documents, n’est plus disponible ! L’ambassadeur est arrivé, et la dame travaille avec lui. J’ai envie d’expliquer que si je participe à la rémunération de la dame consul, je participe tout autant à celle de l’ambassadeur, et que par conséquent je ne vois pas pourquoi je devrais dépendre plus particulièrement des bonnes dispositions de ce monsieur. Mais je me rends compte que mon argumentation risque de ne pas être comprise, nous refusons d’aller nous promener, et décidons d’attendre. L’attente ne sera pas très longue, à peine deux petites heures… Ce qui nous a laissé le temps de nous rendre compte que l’ambassade regorge de personnes qui semblent tout aussi inoccupées les unes que les autres…

Étape suivante : il faut une traduction certifiée conforme de ce fameux relevé d’information restreinte ! Dix lignes, 20 mots au plus… Mais une traduction que seuls les experts agréés de l’Alliance française peuvent faire… Va donc à la chasse à l’Alliance française… Deux jours de délai et quarante dollars plus tard (presque deux euros le mot traduit !), à régler, toujours et exclusivement, en stricte monnaie liquide, allez comprendre pourquoi, l’affaire est réglée, on peut aborder la partie locale de la procédure… un document émis par un ministère des affaires étrangères, un timbre payé à une banque, un autre à une autre entité, dans un autre endroit, une visite médicale… nous voilà tout heureux aux portes de l’administration chargée de délivrer notre permis de conduire local… une secrétaire charmante (la particularité de tous les fonctionnaires locaux est d’être absolument gentils) compulse notre (épais) dossier, analyse les documents les uns après les autres, tout semble aller bien dans le meilleur de ce pays, quand soudain, patatras ! Nous n’avons pas le certificat attestant de mon groupe sanguin ! Mais si, mais si, pas de soucis, nous l’avons, il est dans le dossier ! Ah mais non, ça ne va pas, c’est un document français, qui atteste d’un examen fait en France ! Ici, il faut un document émanant d’un laboratoire tout autant local qu’agréé ! Et notre charmante interlocutrice de nous offrir avec grâce une liste de plus de cinquante laboratoires locaux et agréés… Lequel est le plus proche ? La charmante n’en a pas la moindre idée… Chasse donc au laboratoire agréé… nous finissons par trouver dans un hôpital américain, plutôt proche, un laboratoire américain, mais non moins agréé, qui veut bien se charger de la détection de mon groupe sanguin, pour quarante euros (là aussi en monnaie liquide), et en moins d’une heure… munis du précieux document, que nous ne prenons même pas le temps de relire, nous nous hâtons vers le lieu précédent… une autre secrétaire recommence pièce par pièce l’analyse du dossier, nous prend quelque monnaie (liquide) pour des « photocopies », et nous fait remarquer qu’on a bien fait de nous demander de refaire mon groupe sanguin : le résultat trouvé par le laboratoire local et agréé est à l’opposé de celui noté sur ma carte française ! J’étais A+, je suis désormais A- ! J’ai changé de groupe sanguin ! Et dire que si je n’avais pas décidé cette validation locale de mon permis de conduire, je serais allé jusqu’au terme de ma vie sans même me douter de cette incroyable particularité de ma petite personne ! C’est que j’ai depuis procédé à quelques recherches ! Tout d’abord, si les A+ sont des gens très répandus, tout au contraire, les A- ne représentent au plus que 5 % de la population mondiale ! Mais surtout, à ce qui se dit ou s’écrit, changer de groupe sanguin, c’est complètement interdit, partout, et dans tous les pays du monde ! Me voilà donc un cas non pas particulier, mais même exceptionnel ! Faut-il croire à une erreur du laboratoire français ? Ou du laboratoire américain ? Ou bien mon récent rendez-vous avec la mortelle physalie serait-il de nature à m’avoir, au sens propre, « fait tourner le sang » ? Peut-on trouver une explication médicale et scientifique à mon anomalie (définitive ou provisoire) ? J’attends, je l’avoue, avec plus ou moins d’impatience, les explications de mes amis médecins !

Mais revenons-en à l’épidémie administrative : vous l’aurez compris, on ne gagne vraiment rien, pour ce genre de procédure, à s’expatrier ! En matière de complexité, nous avons été copiés, et peut-être même dépassés !

Petit détail (presque) amusant, : la quasi-totalité de chacune des étapes de la procédure vous impose chacune son petit péage personnel, dont les montants individuels peuvent certes paraître plus ou moins modestes, mais qui additionnés, finissent par représenter un résultat non négligeable, compte non tenu de votre temps passé (un minimum de quatre jours ouvrables à « temps plein ») et de vos frais de déplacement. Avec ce point commun à toutes les étapes et aux deux administrations : la totalité, je dis bien la totalité, des sommes ainsi rackettées (y compris celle que vous réglez à un organisme bancaire) sont toutes strictement exigées en… monnaie ! L’argent liquide viendra-t-il à disparaître, comme certains l’annoncent, tantôt le souhaitant, tantôt le redoutant ? Mon petit doigt me dit qu’il en serait de cette disparition comme de celle des (soi-disant) « paradis fiscaux » : les premiers marris de ces « disparitions » seraient leurs auteurs, c’est à dire les États eux-mêmes ! Maintenant, ce que j’en dis…

Bon, revenez-vous, mais après tout cela, pourquoi partir ?

Dans le pays dont je vous parle, plus vous allez vers l’est, moins il y a de routes ; c’est est au point qu’à partir d’un certain moment, il n’y a plus de route du tout, et cela sur plusieurs centaines de kilomètres ! Pas de route, pas de chemin carrossable… quant à marcher à pied, c’est à réserver aux spécialistes. Et moins il y a de routes, moins il y a d’administration. Le plus simple pour s’y rendre est donc la mer. Avec cette chance improbable, la présence de plus trois cents îles, avec une petite centaine de mouillages possibles et une petite cinquantaine d’îles habitées, mais exclusivement par des Indiens.

Pas de policiers, pas de gendarmes, et donc pas de voleurs. Mais une région à éviter comme la peste pour les inconditionnels de sécurité sociale. Quelques indications de rencontres possibles : outre les physalies, dont je ne dirai plus rien, quelques autres poissons et autres animaux maritimes plus ou moins venimeux, requins, crocodiles (même à plusieurs kilomètres des côtes), et sur la côte, heureusement presque partout inaccessible, serpents, jaguars, pumas et tous autres moustiques… Tout cela sans le moindre espoir de pompiers, d’un quelconque Samu… Tu ne peux plus compter que sur Dieu et sur ta chance…

Pas pour les inconditionnels de la Sécu, encore moins pour les data-dépendants ! Ici les connexions sont en générales inexistantes, ou alors si lentes qu’elles sont en pratique inutilisables.

Pendant que je vous parle, une pirogue pirogue vers le bateau. Elle accoste. À son bord trois Indiens, aussi polis que fermes. L’un d’entre eux tient un carnet à souches, tout ce qu’il y a de plus administratif. L’impuesto, la pirogue vient pour recouvrir l’impuesto. Serait-il possible que le cauchemar administratif nous poursuive jusque dans ces régions reculées ? Oui, c’est possible. Mieux, il ne nous y a pas suivi, il nous a précédés.

De tout temps, dans cette région d’Amérique centrale, l’Indien qui quittait sa communauté, ici son île, devait d’abord obtenir une autorisation du Sahila, le chef de la communauté. Puis payer à ce dernier une somme correspondant au travail qu’il ne fournirait à la communauté pendant son absence. Et l’impuesto, c’est ce qu’il devait payer pour pénétrer sur le territoire de la communauté où il voulait se rendre. Aujourd’hui, les instituteurs qui enseignent dans les îles, ou les techniciens qui viennent réparer le générateur, continuent de d’abord régler l’impuesto. Et cela vaut donc, tout naturellement pour les bateaux de passage.

L’impuesto n’existe pas partout, et son montant n’est pas partout le même. C’est le Sahila de l’île qui décide. Depuis toujours.

Le hasard veut que sur le rayon numérique de ma tablette informatique voisinent deux ouvrages, que plus de quarante ans séparent cependant : la « Société contre l’État » de Pierre Clastres (1974), et « l’État contre la Société », d’Olivier Babeau (2017). Pour être honnête, en ce qui concerne Olivier Babeau, il s’agit du sous-titre, le vrai titre de livre étant « L’horreur politique ». Il n’empêche, les deux livres côte à côte font un très bel effet.

Le sous-titre d’Olivier Babeau est-il un quelconque clin d’œil à l’immense penseur que fut Pierre Clastres ? Je n’ai rien trouvé dans l’ouvrage qui l’indique clairement.

Le livre de Babeau, un ouvrage également majeur à mon avis, démontre de manière admirable, par l’énoncé de neuf lois incontournables, comment le pouvoir porte en soi-même, et de manière inéluctable, son intrinsèque perversion, perversion portée à son paroxysme dans la France d’aujourd’hui.

Quand je dis que le livre de Babeau est un ouvrage majeur, je veux en réalité parler des quatre-vingts premiers pour cent de l’ouvrage. Les vingt pour cent restants prétendant proposer des solutions et des remèdes, que les premiers quatre-vingts pour cent ont démontrés impossibles à mettre en place, ils sont tout à fait inutiles et superflus. Si Monsieur Babeau, que j’admire beaucoup, me demande mon avis pour une future prochaine édition, je lui proposerai de les retirer.

C’est d’ailleurs une manie de bon nombre d’ouvrages modernes : trouver nécessaire de finir par des recommandations dont tout le reste de leur livre a établi que ces recommandations n’étaient pas applicables.

Pierre Clastres de son côté a tenté de montrer comment les sociétés indiennes (du moins celles que stupidement on qualifie de « primitives », c’est-à-dire celles qui ont échappé aux pouvoirs totalitaires incas, mayas, aztèques) ont érigé une sorte de pouvoir non coercitif, non par hasard, mais avec une volonté consciente et déterminée de ne pas donner prise à la constitution d’un pouvoir coercitif, du pouvoir coercitif d’un État. (L’État, qui revendique par nature le monopole de la violence, est par nature coercitif.)

La société contre l’État, l’État contre la société, les deux versants d’une réalité incontournable : l’incompatibilité d’une société, à tout le moins d’une société de liberté individuelle et d’un État au pouvoir coercitif.

On me dira que ce n’est pas l’État qui est en soi coercitif, mais le fait social par lui-même, comme tenterait de le démontrer l’impuesto de la pirogue qui vient de nous accoster, mais ce serait une formidable erreur de perspective. L’impuesto est en réalité un choix volontaire de ma part : si je ne veux pas le payer, il me suffit d’éviter les îles dirigées par des Sahilas qui en exigent le règlement et c’est d’ailleurs ce que choisissent de faire la plupart des bateaux qui croisent par ici. Ce qui conduit à un équilibre parfait : les communautés qui ne souhaitent pas être visitées maintiennent un impuesto, qui écarte de fait la plupart des visiteurs potentiels. Personne ne se retrouve contraint de payer un impuesto contre son gré.

Nous sommes aujourd’hui rendus à un tournant décisif. Jusqu’à une époque récente, il était possible à la plupart des citoyens de la plupart des États d’échapper à la coercition de leur État en le quittant, pour se rendre dans un État moins coercitif, ou mieux, dans un endroit du monde échappant peu ou prou au pouvoir coercitif de quelque État que ce soit. Mais les zones échappant à tout pouvoir coercitif sont en train de disparaître définitivement ; par exemple, il est possible que d’ici moins de vingt ans, il n’y ait plus aucune population primitive nulle part au monde. Bientôt, les humains épris de liberté ne pourront plus fuir nulle part, et c’est exactement ce que tentent d’organiser aujourd’hui les États, avec des techniques comme l’échange automatique des données, les moyens colossaux pour épier et espionner leurs ressortissants partout et en tout lieu…

Les États se réjouissent de ce totalitarisme mondial qu’ils sont en train de mettre en place ; il n’est pas sûr que ce soit à bon escient, pourtant. L’animal sauvage, tant qu’il peut fuir, choisit le plus souvent la fuite. Ce n’est que lorsqu’il est acculé qu’il se résout au combat. Mais c’est aussi à ce moment qu’il devient extrêmement dangereux.

Certains penseurs « étatistes » sont plus ou moins conscients de ce problème et du fait que les individus vont supporter de moins en moins les pouvoirs coercitifs verticaux des États modernes. C’est le cas de Jeremy Rifkin. Dans son ouvrage, « la Troisième révolution industrielle », l’auteur se rend compte que beaucoup d’individus ne supporteront plus demain la coercition verticale étatique qui est la règle aujourd’hui ; il revendique la mise en place de ce qu’il appelle jusqu’à plus soif, la « troisième révolution industrielle ». De quoi s’agit-il ? Selon lui, le rôle majeur joué par le pétrole à ce jour pour la production énergétique est source de tous les malheurs imaginables, à commencer par le réchauffement de la planète, qu’il considère comme un fait non discutable. Naturellement, il déteste à peu près autant l’énergie nucléaire que le pétrole. Reste les énergies « vertes » ou « propres », comme vous voudrez, mais que ne seraient plus produites par de seuls grands monopoles, mais par une démultiplication des sites de production, pouvant aller jusqu’aux maisons individuelles, toutes recouvertes de panneaux solaires et d’éoliennes… Ne discutons pas la faisabilité d’un tel projet, mais l’idée qu’il en tire que dans un tel univers, les centres de pouvoir seraient beaucoup décentralisés, ou mieux encore, qu’on passerait d’un pouvoir hiérarchique à un « pouvoir latéral », beaucoup plus facilement supportable.

Je note au moins deux points qui fragilisent considérablement les démonstrations de Rifkin. Le premier est celui-ci. L’auteur est un étatiste, nous l’avons dit. Et il le dit, il le répète, sa troisième révolution ne saurait en aucun cas être le fait des individus et de leurs initiatives, mais exclusivement une décision et une mise en œuvre des États. On voit bien que c’est ici que le bât blesse : l’idée que les hommes des États œuvrent volontairement pour une réduction de leurs pouvoirs est parfaitement invraisemblable.

Le second aspect est lié au pétrole, qui a tous les défauts que nous avons dits, et qu’il est d’autant plus urgent de ne plus utiliser, qu’il est voie de disparition : mais Monsieur Rifkin, si le pétrole est appelé à disparaître, ou tout au moins à atteindre à très courts termes des prix astronomiques et donc dissuasifs, il n’y a plus à s’inquiéter de quelque réchauffement que ce soit, puisque, toujours selon vous c’est lui qui en est la cause, et qu’on va donc, de gré ou de force, cesser de l’utiliser ! Et donc toutes les mesures prises pour « lutter contre le réchauffement » sont en fait dépenses inutiles…

Toutes ces réflexions faites, finalement, nous décidons, librement, de payer l’impuesto…

Au pays des Kunas, février 2018

PS : pour compléter les informations concernant la physalie de mon billet précédent, relais de ces conseils d’un ami médecin : « En cas de piqûre commencer par une injection SOUS CUTANÉE d’Adrénaline. C’est un puissant vasoconstricteur.
Il en existe des seringues prêtes à l’emploi en pharmacies
Et aussi faire une injection intramusculaire de Solumédrol ou Soludécadron, des dérivés de Cortisone. »

 

Et surtout, n’oublie pas de prendre garde à la physalie !

La physalie, ce n’est pas une méduse. C’est pire. Bonne année !

Oui, je sais, on va me dire que mon texte est trop long. C’est sans doute vrai. Et surtout, qu’il est décousu, qu’il aborde plusieurs thèmes différents. Mais en fait, non. Qu’il n’est pas réellement un article pour ce blog. Mais en fait, d’une certaine façon, si. Que cela n’a rien à voir avec un message de bons vœux. Pourtant, vous le verrez, je ne peux en trouver de plus sincères…

29 décembre. Sous les palmiers, la plage. Comme sur la carte postale. Nous avons quitté la marina, où sagement, nous attend le bateau, et avons pris vers l’est, direction La Gayra. Tu ne peux pas te tromper, il n’y a qu’une seule route. Une seule route, mais tout de même, quelques chemins de terre, plus ou moins incertains… Nous avons tenté l’un d’entre eux, laissant notre petit 4×4 au carrefour, Michèle marche, et moi je cours, enfin je cours, disons que je trottine, des va-et-vient devant elle… après avoir dépassé un hameau de quelques maisons plus ou moins folkloriques, toutes débordant d’enfants et d’objets hétéroclites comme répartis au hasard ça et là, avec même un cheval tout harnaché, qui semble dormir debout, en attendant devant la porte, le chemin devient pentu, une échappée vers la hauteur, nous voilà happés par une nature aussi sauvage qu’impénétrable, un festival d’émerveillements ! Des arbres, grands comme des montagnes, une débauche de fleurs, et surtout, une cacophonie musicale faite des mille voix de mille animaux que nous ne savons pas voir : des singes sans doute, des singes certainement, mais aussi, toutes sortes d’oiseaux, qui nous accompagnent peut-être, ou plutôt, se préviennent les uns les autres de notre intrusion… Tout en trottinant, il me semble parfois deviner des ombres qui se profilent ici ou là ; à un moment, c’est sûr, un insolent petit animal, qui me dévisage à moins d’un mètre, pas du tout effrayé, du moins semble-t-il, on dirait un écureuil, mais je n’en jurerais pas, et puis, oups, plus personne… Un enchantement exotique qu’il faudrait une plume autrement plus habile que mon modeste clavier tout comme mon esprit quelque peu fatigué, pour en rendre compte seulement d’un millième… Mon esprit fatigué ? Vous croyez que je joue les coquettes ? Patience, vous allez bientôt comprendre qu’il n’en est rien.

Et puis, bien sûr, tous les enchantements, au moins tant qu’ils sont humains, ont une fin, redescendant notre petite ascension, nous sommes revenus à la route et avons repris la voiture. Quelques tours de roue de plus vers l’est (il n’y a qu’une seule route, tu ne peux pas te tromper) et nous voilà sur cette petite plage de cocagne. En face de nous, c’est Isla Grande, et son charme discret. Un peu plus loin sur la droite, deux ou trois familles, quelques adultes, et beaucoup d’enfants, qui jouent dans l’eau, ou sur la plage, autant de peaux naturellement dorées, je veux dire dorées de naissance, encore doucement caressées par un soleil dont on devine qu’il va se coucher bientôt… Nous allons nous baigner, confiant à la mer sereine le soin d’effacer de nos corps les efforts de notre course promenade…

Oui, nous en sommes au début d’une nouvelle alternative caribéenne de notre vie d’alternance, venant de boucler une alternance française, qui nous laisse des sentiments complexes.

Tout d’abord, en un peu plus de trois mois, trois excès de vitesse, trois points en moins sur les 12 de mon permis de conduire. Est-ce que pour autant, je dois passer pour un enragé de vitesse ? Dans les trois cas, j’avançais à… moins de 60 km/h. Ce n’est pas moi qui le dis, mais les trois procès-verbaux d’infraction. Mais 60 km/h, c’est trop, quand la vitesse est limitée, par exemple, à 50 km/h. Il suffit pourtant de faire attention, me dira-t-on ! Faire attention, mais c’est exactement ce que j’ai voulu faire, tout au long de ce dernier séjour en France. Ce n’est pas que soudain, je sois devenu un fervent religieux des réglementations en général, et des réglementations françaises, en particulier, mais c’est que j’ai entamé des démarches pour transformer mon permis français en un permis international, et que ce permis français, ce n’était vraiment pas le moment de le perdre ! Donc, on peut me croire ou non, les panneaux de limitation que je n’ai pas respectés sont des panneaux… que je n’ai pas su voir ! Les méfaits de l’âge, penseront les plus jeunes. Peut-être. Qui pourront aussi bien avoir raison, mais pour d’autres raisons que celles directement liées à la baisse de mes capacités intellectuelles, mais plutôt relatives à une inadaptation aux modes de fonctionnements modernes applicables aux déplacements automobiles, du moins en pays fortement réglementé… C’est que les panneaux, tout le monde en convient, semblent bien, pour beaucoup d’entre eux, avoir été mis en place, pour… ne pas être vus ! Et l’automobiliste (français) à la page, m’a-t-on expliqué, n’envisage plus le moindre déplacement, sans son « Waze » ou autre application de ce type, l’avertissant, visuellement et oralement, de toute variation de vitesse autorisée… Un œil à la recherche des panneaux invisibles, un autre à scruter avec angoisse le niveau du compteur de vitesse, l’attention occupée par l’observation et l’écoute de l’application, on se demande ce qu’il reste pour éviter le piéton imprudent (non signalé par l’application) ou le véhicule devant soi qui vient à freiner de manière inattendue… Mais on va dire encore que c’est là remarque de mauvais esprit !

Si bien qu’à tout prendre, j’en viens à penser qu’en ce qui me concerne, ma méthode pour sauver les neuf points qu’il reste sur mon permis (aller rouler sur des routes étrangères), n’est peut-être pas si sotte que cela.

Des sentiments mitigés ? Cela concerne surtout l’impression qu’on peut avoir des sentiments quotidiens des Français, qui semblent pouvoir être regroupés en deux blocs quasiment inconciliables… Pour faire simple, parlons d’abord, non des individus, mais des entreprises.

Un certain nombre d’entre elles affichent clairement un net niveau de satisfaction, de confiance retrouvée, et d’optimisme concernant l’avenir. Et chez les autres, au contraire, morosité, découragement, pour ne pas dire désespoir.

Et ce qui frappe, c’est qu’entre ces deux extrêmes, et il ne semble pas exister de situations intermédiaires… C’est tout bon, ou tout mauvais, il n’y a pas d’alternative.

Qu’ont de commun entre elles les entreprises « optimistes », en dehors de cet optimisme ? Toutes, elles semblent bien travailler, sinon exclusivement, du moins très majoritairement, pour l’export, ou encore, directement ou indirectement, pour le secteur public. Quant aux pessimistes, leurs clients sont d’abord les Français ordinaires, qui leur paraissent avoir de moins en moins d’argent à leur confier…

Et il apparaît qu’il en est des personnes comme des entreprises : certains Français semblent aller très bien, n’avoir de vrais soucis, ni du présent, ni de l’avenir. Et les autres, tous les autres, on peut résumer en disant que c’est presque le contraire.

Avec cette certitude, c’est que le groupe des heureux est de très loin le moins nombreux…

Les « heureux » se caractérisent par un remarquable niveau de confiance envers nos dirigeants actuels, s’exaspérant volontiers de toute expression du moindre doute à ce sujet. La phrase « leitmotiv » : « il faut laisser sa chance à la nouvelle équipe, il faut laisser sa chance au nouveau président… »

C’est dire que ces heureux ne supporteraient tout simplement pas, s’ils les connaissaient, les sentiments de « l’autre groupe ». Pour ces derniers, la certitude que rien n’est fait pour améliorer leur quotidien ou leur proche avenir, et que c’est peut-être même, exactement, le contraire.

Spectateur épisodique d’une réalité entraperçue, je me garderai de prendre position entre les uns et les autres, et noterai seulement mon interrogation sur la capacité de bon fonctionnement d’une communauté à ce point éclatée. Avec en outre une question non dénuée d’une certaine insolence au groupe des nantis, concernant cette « chance » que d’aucuns voudraient ne pas laisser à leur champion : qui, comment ? C’est en effet seulement du côté précisément des nantis qu’on entend ne se soumettre aux lois du suffrage universel que si les résultats se trouvent conformes à leurs attentes… mais bon, laissons la polémique et revenons à notre plage caribéenne et notre projet de bain.

Pourquoi sommes-nous là ? Pourquoi avons-nous émigré ? Pour mettre à l’abri d’obscurs capitaux ? Que nos héritiers n’espèrent rien de ce côté-là ! Pour réduire le poids fiscal ? Confidence : ce ne serait pas un si bon calcul que cela ! Parce qu’avec les mêmes revenus, on vit mieux (si l’on choisit d’y vivre modestement), dans certains pays, plutôt qu’en France ? C’est vrai, mais au point que cela soit une raison suffisante ? Par simple goût pour un certain exotisme, l’attirance tropicale, par exemple ? Ou encore pour échapper à une ambiance devenue trop pesante, et qui semble vouloir laisser de moins en moins de place à l’individu et à sa liberté ? Un peu de tout cela en même temps ?

L’image que je me fais de la société française, aujourd’hui ? Celle d’un carrefour parisien borné par ses feux rouges, aux heures de pointe : tout est bloqué ! Quand j’ai appris à conduire, vu d’ici, peu après ma naissance, c’était péché grave que de s’engager dans un croisement, même avec la permission du feu vert, sans la certitude d’avoir atteint l’autre rive, avant que le feu ne rougisse, empêchant alors la circulation perpendiculaire. Mais les conducteurs modernes, à l’évidence, ne se posent plus ce genre de questions : tant que c’est vert, ils avancent. Pire, quand le feu passe au rouge, une, deux, parfois jusqu’à trois rangées d’automobiles continuent d’avancer, violant la règle avec la plus complète indifférence. Et si ce n’était que les automobiles ! Mais les plus enragés à ce jeu de triche individualiste, ce sont… ceux-là même qui avaient pour principe autrefois de se conduire en modèles, les… conducteurs d’autobus, y compris quand ces derniers sont au volant d’un de ces véhicules « à soufflet », deux fois plus long que les ordinaires. Une seule incivilité de ce genre, et c’est l’asphyxie générale garantie pour tous, et pour de longs instants. Il est vrai qu’autrefois, un tel comportement était susceptible de vous valoir une sérieuse remontrance de la part d’un « agent de la force publique », de passage, comme il semble qu’il n’y en ait plus aujourd’hui. Que sont donc devenus ces agents, anges gardiens d’une morale collective ? Occupés, me dit-on, à surveiller la villa inoccupée de la femme du Président. Dont acte.

La plage de carte postale ! « Comme vous avez de la chance ! » Voilà bien une phrase qui a le don de nous agacer ! De la chance, quelle chance ? Quelle part de chance dans tout cela ? Qu’y a-t-il dans ce que nous vivons que nous n’ayons pas construit, voulu ? Choisi ? Payé ? Plus de liberté ? Peut-être. Mais sait-on bien que toute liberté à un coût, et combien ce dernier peut peser ? Vous voulez le savoir ? Hé bien, suivez-nous sur notre petite plage !

On entre dans l’eau sans même s’en rendre compte : tout est douceur, on pourrait presque parler de tendresse. On nage, si facilement. La nage pour réparer à bon compte l’effort précédent. On nage encore, longuement, avec délices.

Mais le soir s’annonce, il vient si vite sous les Tropiques. On décide de rentrer. Direction la plage.

Et puis soudain, violence monstrueuse, tout bascule, en un instant, l’horreur absolue ! Une douleur qui dépasse tout ce que l’on peut décrire, ou même imaginer ! Immédiatement, je sais. Je ne me souviens plus de son nom, mais je sais, j’ai déjà lu cela quelque part. La bête ignoble s’est enroulée autour de mon bras gauche, de la main jusqu’au coude. Je sais, j’ai lu, je n’ai pas beaucoup de temps. Je me hâte comme je peux vers la plage. Heureusement, j’ai pied. Mais je n’ai déjà plus de forces. Un peu encore pour me débarrasser d’une part de la bête visqueuse, avec l’autre main. Une part seulement. Puis je m’écroule, hurlant sans doute. Je ne peux déjà plus marcher. Je m’écroule dans moins de dix centimètres d’eau.

Je le sais, je le sens, désormais, je ne pourrai rien de plus. La douleur est intense, effroyable, me laissant complètement impuissant, asphyxié, paralysé. J’ai vaguement conscience qu’on s’agglutine autour de moi, mais pour le moment, personne ne me vient en aide. J’avais la tête hors de l’eau, mais j’ai l’impression que ce ne sera bientôt plus le cas. Un peu de marée ? Peu importe, il faut que j’avance encore. Mais je ne peux pas, même en rampant. Ils finissent par comprendre, on me tire plus ou moins comme la loque que je suis devenu. Je les vois vaguement, au-dessus de moi. J’essaye de leur tendre le bras, où je vois encore de nombreux filaments agglutinés. Moment d’horreur et de désespoir absolus : le groupe marque un net mouvement de recul ! Je comprends, je les effraye, on ne va pas m’aider.

Ce ne sera pas vrai. Une présence d’une incroyable douceur, mais que je ne peux plus voir, me bascule sur le dos, et commence par couvrir l’ensemble de la douleur avec du sable. Puis elle frotte, doucement. Le sable part assez facilement, sans doute avec les filaments, et comme j’ai encore une partie du corps dans l’eau, la mer rince tout cela. Je me souviens avoir lu quelque part que c’est exactement ce qu’il faut faire. Une présence féminine ? Je suis déjà trop loin, je ne peux plus savoir, et puis peut-être que je m’en moque, après tout. Michèle me le confirmera plus tard, c’est bien une femme, qui avec beaucoup d’habileté, m’a prodigué ces premiers soins ! Madame, qui que vous soyez, je n’aurai certainement jamais l’occasion de vous remercier, mais croyez bien que je le regrette.

Mais à ce stade, me direz-vous, quel rapport avec un « prix de la liberté » ? À ce stade, aucun, c’est vrai. L’horrible bête, j’aurais pu la rencontrer dans quantité d’endroits au monde. Par exemple à Sainte Anne, en Martinique : il s’en est vu, je l’ai lu. C’est même à cette occasion que j’ai appris ce que je sais. Et même en Europe, et même en Bretagne. La douleur aurait été la même, pas besoin de venir aux Antilles, pour connaître cela.

Mais à Sainte Anne, ou encore en Europe, des maîtres nageurs, des pompiers, des ambulances, des hôpitaux ; j’ai même lu qu’en Australie, j’aurais droit à un hélicoptère. La différence, le prix de la liberté, ça commence maintenant.

Je sens que je ne vais pas m’en sortir sans assistance médicale. Il me faut une assistance médicale, et le plus tôt sera le mieux ! Une heure, je crois m’en souvenir, dans le cas d’un choc aussi violent, une heure, je ne tiendrai certainement pas beaucoup plus.

Mais je ne peux pas parler. J’essaye de crier : « Doctor ! Doctor ! » Personne ne semble comprendre. Si, Michèle, quelque part autour de moi comprend, elle aussi réclame un docteur ! Heureusement, il y a Michèle. Je sens sa présence active, et c’est le seul élément rassurant dans cet univers monstrueux où je viens de basculer.

Pour l’instant, pas de docteur. Mais Michèle m’explique ; quelqu’un récupère l’urine d’une petite fille.

On va me verser l’urine de la petite fille sur le bras. Absurde, je le sais, je l’ai lu, mais je ne peux pas expliquer. Et puis après tout, si c’est une petite fille… L’histoire de l’urine, ils recommenceront encore, avec une plus grande quantité… Si c’est tout ce qu’on a à m’offrir, je sais bien que je ne vais pas tenir. Je crie encore : « doctor ! » Je sens vaguement qu’on discute autour de moi. Je pense : « c’est Michèle qui s’organise, elle va bien trouver un moyen de me sortir de là ! »

Finalement, on me porte plus ou moins jusqu’à notre voiture. Ici, pas de médecin. Il faut aller jusqu’à Portobelo. Au moins 40 minutes. Comment est-ce que je vais pouvoir tenir 40 minutes ? J’essaie de dire à Michèle que sans médecin, je ne vais pas tenir. Je parviens seulement à articuler : « je vais mourir ». Je voudrais dire que sans médecin, c’est ce qui va se produire. Mais c’est trop compliqué. Comment vais-je entrer dans notre si petite voiture ? Je sais où est la clé, c’est moi qui l’ai mise à l’abri, dans la poche intérieure du sac de plage. La clé, Michèle ne semble pas la trouver. Mais comment lui dire ? Il me semble que je crie, pour la clé, mais personne ne paraît faire attention à moi. De tout façon, comment vont-ils faire pour me faire entrer dans notre si petit 4×4 ?

Maintenant, il y a aussi des policiers, ou des soldats. Dans ce pays, c’est la même chose. Je suis allongé sur le sol, contre notre voiture, la douleur est effroyable, et je ne comprends pas ce qu’on attend. Finalement, Michèle m’explique : il n’y a pas d’ambulance, mais un monsieur propose de m’emmener sur la benne (à ciel ouvert) de son pick-up. Je fais signe que c’est bien. On me hisse sur la benne. Du plastique, c’est tout de même mieux que du fer. Je me demande comment je vais pouvoir tenir une si longue distance. Un policier s’installe dans la benne, à côté de moi. On se met en route. Je suppose que Michèle est à l’avant, dans la partie berline du pick-up, avec les passagers, mais au fond je n’en sais rien. Moi, sur la benne, en maillot de bain, du sable partout sur moi. Personne n’a songé à me jeter une serviette, n’importe quoi ; je commence à avoir froid, très froid, mais on s’est mis en route. Il faudra tenir jusqu’à Portobelo. Où est Michèle ? L’ont-ils emmenée ?

Plus tard, Michèle me le confirmera, elle était bien dans la partie berline du pick-up, assise à l’arrière, à côté des deux enfants, plutôt impressionnés, les pauvres ! En réalité à quelques centimètres… Une famille charmante, m’a t-elle dit. Et en avant du pick-up, une voiture de police nous ouvrait la marche, utilisant son klaxon ! Mais dans le monde où je me trouvais désormais enfermé, je n’ai rien, strictement rien entendu !

C’est à ce moment que je m’en rends compte : la brûlure du bras, elle est insupportable, mais pourtant, ce n’est pas le pire. Le froid non plus. Le pire, c’est une monstrueuse, une effroyable douleur au niveau des reins. Je ne peux, bien sûr, pas m’asseoir. Mais je parviens cependant à rouler d’un côté ou de l’autre. Ou même à lever mes jambes contre le bord de la plate-forme. Mais rien n’y fait. La douleur est toujours aussi monstrueuse.

Maintenant, je tremble : je suis littéralement pris de soubresauts violents, contre lesquels je ne peux rien. La douleur, le froid ? Les deux ? Mais le pire, je bave. Je bave tant que je manque de m’étouffer. Je roule sur le côté, pour dégager ma bouche. Mais la douleur aux reins est trop violente. Il faut revenir sur le dos.

Je ferme les yeux. Je connais la route par cœur. Mais je ne veux pas la reconnaître. Si je sais où nous en sommes, je saurai aussi ce qu’il me reste à subir. Je préfère ne pas savoir.

Le policier me gifle. Il croit que je m’en vais. Parce que j’ai fermé les yeux. J’essaye de lui expliquer. L’histoire de ne pas savoir où nous en sommes. Mais il ne comprend rien. Lui, comme les autres sur la plage, il est très gentil, mais il ne me comprend pas. Je me rends compte que la route sur le dos depuis la benne à ciel ouvert d’un pick-up, ça n’a rien à voir avec la même route vue d’une place assise : je ne reconnais rien, pas même les dos-d’âne. Pour avoir la paix avec le policier, je décide de garder les yeux ouverts.

Parfois, l’impression que je vais m’évanouir. Pour rester éveillé, je pense que je crie, mais je n’en suis pas sûr. Le pire problème, c’est le dos. Le bras, il me semble que je pourrais contrôler, mais le dos, cela me dépasse complètement.

De toute façon, quoi qu’on fasse, tous les cauchemars ont une fin. La voiture a ralenti. Je devine, nous avons fini par arriver au petit dispensaire de Portobelo. On me tire de mon sol de plastique. On m’installe sur un drôle de fauteuil pliant, à roulettes. Une salle trop éclairée, deux lits l’un après l’autre. On m’installe dans le premier. J’ai de plus en plus mal au dos. Deux femmes s’agitent autour de moi. Une femme en blanc, avec un bonnet sur la tête, qui me prend la température et la tension. À son air, je comprends que je n’ai plus beaucoup ni de l’une, ni de l’autre. L’autre femme est en bleu, me semble-t-il, avec une silhouette indianisante. Elle me pose des compresses sur le bras. Je ne sais pas comment je sais que c’est du vinaigre. J’ai lu que le vinaigre, ce n’était pas recommandé. Pourtant, il me semble que les compresses me soulagent, au moins un peu. On confie des mouchoirs à Michèle, pour m’essuyer la bave. Je voudrais contrôler au moins la bave, je ne contrôle plus rien. Qui est le médecin, ici ? J’entends Michèle qui se renseigne. Aucune des deux. Mais le médecin va venir, d’un moment à l’autre. Il me semble que Michèle se fâche ! Fâche-toi, Michèle, j’ai tellement besoin de toi ! Nouvelle jeune femme, cette fois en civil. Peut-être le médecin. C’est bien le médecin : avant de s’occuper de moi, elle remplit ce qui me paraît des montagnes de papier. Elle explique, on m’explique, elle va me faire une intraveineuse, je voudrais l’aider en réprimant mes violents tremblements, au moins ceux de mon bras, mais je n’y parviens qu’à peine. L’infirmière indienne se couche sur mon bras, sans doute pour l’immobiliser. Je sens l’aiguille, ce qui m’étonne, elle me fait très mal, ce qui m’étonne encore plus, et finalement, l’intraveineuse se révèle impossible.

On me fait signe d’abaisser mon maillot de bain, on va me faire une piqûre intramusculaire. Abaisser mon maillot de bain, j’en suis complètement incapable. Je me retourne sur le côté, c’est tout ce que je peux faire, débrouillez-vous, Mesdames ! J’essaye de contrôler mes violents tremblements et, surprise, j’y parviens à peu près…

Un peu plus tard, assez vite dans mon souvenir, deux heures plus tard, selon Michèle, les tremblements prennent fin, et je cesse de baver. J’ai toujours mal au dos, mais je peux bientôt m’asseoir, pour tenter de me soulager. Ça ne me soulage pas, mais cela me permet de me rendre compte que je vais moins mal. L’infirmière le confirme, température et tension rejoignent des niveaux plus normaux. Bientôt, je peux quitter le dispensaire, presque sur mes jambes. Michèle, toujours aussi présente, toujours aussi bonne organisatrice, a tout prévu, un pyjama, des draps de papier contre le froid, et même un taxi, ou tout au moins, une sorte de ruine de taxi, mais où je peux m’allonger sur le siège arrière défoncé, mais pour moi tout seul, et avec un chauffeur géant, d’une grande gentillesse… et qui m’aidera à rejoindre le bateau, heureusement à quai. Malgré l’heure tardive, Michèle n’hésite pas à faire appel à nos voisins de bateau, Chantal et Patrick, qui autre coup de chance, ne sont pas seulement des amis, mais aussi… médecins tous les deux ! Quelques instants plus tard, Patrick est à bord ! Son examen, ses conseils, ses médicaments… tout cela nous a beaucoup aidés ! « Il faut que tu essayes de te calmer ! Facile à dire, bien sûr, mais de toute façon, tu en as pour quarante-huit heures. Et ton état général est parfait, tu vas tenir ! Et puis, si quoi que ce soit, tu m’envoies ta femme, je ne suis pas loin ! » Merci encore, Patrick !

Quatre jours, nous a-t-on prévenu au dispensaire. Deux jours selon Patrick, et aussi selon la pharmacienne de Portobelo, chez laquelle Michèle s’est rendue le lendemain. En fait, au bout de seize heures, la brûlure dans le dos aura complètement disparu, et je vais pouvoir dormir. Encore seize autres heures, et la douleur dans le bras sera également maîtrisée. Presqu’une demi-journée de gagnée.

Six jours ont passé ; nous avons abordé la nouvelle année d’une drôle de manière… moi dans une sorte de convalescence, Michèle cumulant tous les rôles : infirmière (compresses toutes les six heures, distribution de calmants…), mais aussi chef de bord, et surtout gardienne du meilleur moral de l’équipage… ! Un premier de l’an « Quand même »… ! Aujourd’hui, mon bras, qui avait triplé, a repris un volume normal, j’ai même remis mon alliance, et les marques sur le bras se réduisent peu à peu, devenant des tatouages plus ou moins mystérieux, indélébiles, d’après certains… Nous verrons bien. Ne reste plus qu’une immense fatigue, ce qui doit être seulement normal… Ce texte est le premier effort intellectuel que je sois capable de produire : encore n’est-il pas écrit, ni même dactylographié, je me contente de dicter, sans autre effort de composition. Quand à me lever, marcher… quelques pas, pas trop vite, pas trop longtemps…

C’est encore Patrick qui nous a renseignés : la bête dont je ne retrouvais pas le nom, c’est une physalie ; d’autres parlent de « galère portugaise », ce qui n’est gentil, ni pour les galères, ni pour les Portugaises.

Maintenant, quelques remarques plus générales : en effet, si j’ai choisi de raconter cette histoire, c’est moins pour me plaindre que pour faire partager mon expérience, et éviter à quelques-uns de se faire surprendre, si les dieux de la mer le veulent bien.

Les physalies, je ne vais pas vous les décrire, quelques clics sur vos tablettes vous en diront plus long que moi. Mais, je reste un peu surpris du faible niveau d’information diffusée par les pouvoirs publics de la plupart des pays concernant cet authentique fléau. Pour l’avoir vécue, j’affirme que l’épreuve est absolument redoutable, conduisant aux limites du supportable.

En principe, les physalies ne passent pas inaperçues, ce sont au contraire des animaux plutôt spectaculaires. Cependant, personne n’a vu celle qui m’a agressé. Et c’est un point qui me laisse très perplexe. Certes, le soir tombait, et nous étions à contre-jour. Est-ce suffisant pour expliquer que nous n’ayons rien vu ? Il est vrai aussi que nous étions sans méfiance (ce qui est une première erreur), que les eaux n’étaient pas précisément claires (seconde erreur), et que nous n’avons procédé à aucune inspection préalable (erreur déterminante). Cela dit, je m’interroge : n’avons-nous rien vu par ce que nous n’avons pas assez observé, ou parce qu’il s’agissait d’une physalie fatiguée, peut-être déjà morte (mais non moins dangereuse) et flottant entre deux eaux ?

Vivante ou pas, je confesse remercier ma tortionnaire de m’avoir choisi pour victime : y verra propos machiste qui voudra, mais je suis persuadé que pour ce genre d’épreuve, une constitution masculine est tout de même moins mal armée qu’une féminine, ou que celle d’un enfant ! Or ne l’oublions pas, Michèle nageait à côté de moi, et à moins de 20 m de nous, s’ébattaient de nombreux enfants.

Cela dit, nous avons mis quelque 40 minutes à rejoindre un dispensaire. Et je considère que les soins (la piqûre) ont été déterminants en ce qui me concerne. Or, une même rencontre aurait pu se produire, le bateau au mouillage, ou pire encore, dans ces chapelets d’îles où aucune aide médicale rapide n’est à espérer : tous les bateaux devraient être équipés (et avoir le droit d’être équipés) du matériel médical nécessaire ! S’il est certain qu’une intraveineuse n’est pas à la portée de tout un chacun, ce n’est pas le cas d’une intramusculaire, qui comme on l’a vu, suffit tout de même à sérieusement soulager.

Est-ce qu’une personne plus jeune, ou encore moins émotive aurait pu moins mal réagir ? Une question que bien sûr, je me suis également posée. Peut-être faudrait-il interroger les poissons qui sont les proies normales et habituelles du venin de la physalie.

Est-ce que nous avons envie de rejoindre les régions réputées pour une plus grande sécurité, au détriment de notre plus grande liberté ? Pour tout vous dire, pour nous, renoncer à la liberté, autant renoncer à la vie. Nous gardons le risque de la liberté, mais, soyez-en sûrs, nous choisirons désormais pour nous baigner les eaux les plus claires, que nous aurons pris le soin d’examiner avec attention…

Parce que, et c’est mon conseil pour finir : n’oublie jamais de prendre garde à la physalie… et à tout ce qui paye chacun de nos moments de liberté !

Et pour finir, une dernière fois, bonne année !

5 janvier 2018

Ces « Nudges » qui (dé)font le Monde…

Monsieur Obama a fait l’honneur de sa visite à la France. Il y a rencontré successivement Monsieur Hollande et Monsieur Macron. Messieurs Obama, Hollande, Macron, cela ne vous rappelle rien ? Pas même un mien précédent billet « Il nous reste au moins la liberté de ne pas être dupes » .

Que partagent en effet ces trois « hommes d’État » ? Bien plus que le fait d’appartenir à une même organisation internationale, ils doivent tous les trois leur élection à la même idéologie, et aux mêmes spécialistes, comme je le dépeins dans mon billet cité plus haut, les tenants de « l’économie comportementale ».

De quoi s’agit-il ?

Pour bien comprendre, il faut commencer par en revenir, pas moins que cela, à Freud (Sigmund) ! Lequel affirmait, sans vergogne, que « les humains ne peuvent se soustraire à l’inégalité, qui est partie intégrante de l’inné et qui les divise entre meneurs et menés. » L’espèce humaine serait ainsi divisée en deux catégories fortement inégales. Inégales en nombre : l’une d’entre elles étant fortement minoritaire. Mais inégale également en valeur, puisque par nature la catégorie majoritaire est faite pour se soumettre à la minoritaire !

Eh bien, c’est exactement ce que pensent aussi les économistes comportementalistes. Leur axiome de base (comme je m’en explique longuement dans le billet cité ci-dessus) est que le comportement du « commun » n’est jamais rationnel, et que les choix de celui-ci peuvent même le conduire à aller contre son propre intérêt. Il est donc nécessaire que ce « commun » (entendez crétin, si vous le voulez) soit pris en main par une élite, seule capable de décisions rationnelles, non seulement pour elle-même, mais aussi pour autrui !

Maintenant, comment réaliser cette « prise en main » ? La trique ? La trique, oui, pourquoi pas, il n’y a pas de gants à prendre avec le manant qui entendrait ne pas marcher droit.

Cependant, la trique à un prix, un coût : il faut pour la trique des juges, des policiers, des prisons, voire des camps ! À la longue, tout cela coûte cher, et finit par faire désordre.

Ce que proposent les économistes comportementalistes, qui très naturellement élargissent leur domaine de compétence en direction du champ politique (tellement plus rémunérateur), ce sont des économies plus ou moins conséquentes sur ces coûts, par un artifice génial, appelé (par eux) « Nudge ».

Souvenons-nous : le commun n’est pas capable de décisions rationnelles. En réalité, il ne décide rien, il obéit à des « stimuli » qu’il ne comprend pas, et qui orientent ses décisions dans un sens ou dans l’autre.

Créez les bons « stimuli », au bon moment, et voilà le bon peuple des crétins décider d’aller de lui-même où l’on veut qu’il marche, sans même qu’il soit nécessaire de l’y contraindre ! Et c’est exactement ce que se proposent de faire les hommes de l’économie comportementale, qui pour être précis, ne parlent pas de stimuli, mais de « Nudges ».

Un « Nudge » est donc une information, une rumeur, un bruit, un message que l’on diffuse à un moment soigneusement choisi, pour orienter les décisions et les choix de tout un chacun, dans le sens souhaité par cette partie de l’humanité qui ne s’entend que comme « meneurs » de l’autre.

Peu importe que le Nudge soit une vérité ou un énorme mensonge, ce n’est absolument pas le propos. Ce qui compte, pour un Nudge, c’est son efficacité, sa capacité à impressionner le bon peuple, à conduire celui-ci à se « mettre en marche », au bon moment et dans la direction souhaitée.

En réalité, les spécialistes vont jusqu’à nous concocter plusieurs sortes de Nudges. Le plus attendu est celui qui conduit à une action, telle qu’un vote par exemple. Ou à soutenir un mouvement politique, ou encore une industrie. La propagande du réchauffement climatique est un parfait exemple de Nudge. Au fond, voilà bien un sujet qui pourrait mériter débat. À commencer par cette question préalable : est-il à ce point certain que la planète se réchauffe ? Alors même que toutes les observations se rejoignent pour établir un réel refroidissement du pôle sud, par exemple. Questions iconoclastes complémentaires : à supposer que la planète se réchauffe en effet, est-il à ce point acquis que cela soit un si grand malheur ? (Je me donne bien de la peine à réchauffer, quand pour mon plus grand malheur, j’y suis pendant les mois d’hiver, mon appartement parisien, et je ne considère pas du tout que ce « réchauffement » soit le moins du monde catastrophique ! Et si j’avais à le réchauffer moins, parce que la température extérieure serait plus clémente, je ne m’en plaindrais pas du tout !) Plus encore, est-il prouvé que l’activité humaine (qui ne se produit de toute façon que sur une très petite partie de la surface totale du globe) soit en mesure d’avoir quelque effet sur le climat, dans un sens ou dans l’autre ? Et encore, et encore…

Halte-là ! Foin de ces réflexions oiseuses ! Si l’on commence à laisser penser le bon peuple, jusqu’où est-il capable de se tromper ? Place au Nudge : la planète est en danger de cocotte minute, les ours blancs en voie de disparition, la moitié des zones côtières en marche vers l’immersion totale, et seulement discuter ces « évidences » est une forme de sacrilège !

Mais il existe aussi des Nudges de diversion. Un Nudge de diversion, comme son nom l’indique, a pour objectif d’occuper l’espace médiatique et de réflexion, dissuadant tout un chacun de s’occuper de ce qui ne le regarde pas, ou plutôt de ce qui le regarde, mais dont les «meneurs » ci-dessus définis ne veulent surtout pas qu’il s’occupe.

Le « harcèlement » est un parfait exemple de Nudge de diversion.

À l’heure où partout dans le monde des bourreaux qui se revendiquent musulmans font subir à des femmes le pire et l’inimaginable, on vient nous faire pleurnicher sur de pauvres starlettes, dont certains vilains messieurs auraient propulsé les carrières sans tenir aucun compte de la réalité de leurs qualités professionnelles, mais seulement de la brièveté de leurs jupes ou la profondeur, voire l’inexistence de leurs décolletés ! Avec le résultat que l’on observe : oubliés les bourreaux musulmans ! Le violeur, le monstre, le vrai, le seul, c’est l’homme blanc occidental, du grand patron au petit chef de bureau ou contremaître d’usine, qui tous n’ont d’autre occupation dans la vie que de poursuivre de leurs assiduités aussi répugnantes que libidineuses, une population féminine seulement à l’aube de la « libération de sa parole ».

Évidemment, l’honnête homme (mais existe-t-il encore ?) voudrait poser une question : c’est quoi le harcèlement ? Tant de « harcelées » n’ont-elles donc plus ni pères, ni maris ou fiancés, mi même de frères pour les défendre et corriger les malotrus ? On interdit la fessée pour les enfants, mais, que je sache, mesdemoiselles, la paire de claques pour les malappris reste toujours possible ?

Il y a plus : l’histoire de toute vie sexuée n’est-elle pas celle d’un harcèlement réciproque de chaque sexe ? De la paramécie à la baleine, les femelles ne commencent-elles pas par harceler les mâles, le moment venu, invitant ceux-ci à les harceler à leur tour, entrant dans une compétition parfois dramatique pour eux, soigneusement entretenue pourtant par de multiples signaux des femelles, la forme la plus aboutie du harcèlement ?

Les spécialistes de l’économie comportementale mettent encore au service de leurs maîtres, les dirigeants politiques, une dernière sorte de Nudge : le « Nudge test » !

C’est que, avant d’être mis sur orbite, le Nudge doit être testé. La forme normale du test est d’observer les réactions au Nudge d’une partie limitée, mais représentative de la population. Le problème  est que la réalité de cette représentativité n’est jamais certaine. Un meilleur moyen est d’essayer le Nudge en « grandeur réelle ». On confie alors cette mission à quelque vague organisme plus ou moins officiel, payé et télécommandé par les hommes de pouvoir, organisme qui sera aussitôt et vigoureusement désavoué par ces mêmes hommes de pouvoir, surtout si l’on se rend compte que le Nudge « ne prend pas ».

À mettre dans cette catégorie, l’imposition sur les loyers fictifs des propriétaires résidents, les revenus scandaleusement élevés des retraités, ou, le dernier en date, un salaire minimum désindexé de la hausse du coût de la vie.

En réalité, c’est encore plus subtil que cela : les Nudges tests n’ont pas seulement une fonction de tests, ils en ont une autre « d’habituation », « d’éducation » de la pensée publique. Le loyer fictif, la première fois, cela n’a guère de succès. Mais ne croyez surtout pas pour autant le projet abandonné. L’idée est qu’à force d’en parler… une autre forme de harcèlement ?

Beaucoup de personnes (et parmi ces personnes, nombre de mes amis ou de mes proches) analysent la politique et les décisions de nos actuels dirigeants politiques à l’aune d’une stratégie, d’une démarche volontaire et rationnelle seulement animée par la recherche du bien commun.

Ont-ils raison, se trompent-ils ? L’histoire le dira.

Mais imaginez maintenant, juste pour l’exercice, que la seule motivation de cette équipe (comme ce fut le cas de la précédente) soit la construction des Nudges les plus efficaces, aptes à préserver les seuls intérêts de leur caste, sans aucune volonté de réduire en quoi que ce soit lesdits intérêts (qui s’appellent aussi poids exorbitant de l’Etat)… ! Concédez-moi que cette « grille de lecture » fonctionne au moins aussi bien que la précédente.

Mieux ? Mais ne fâchons personne, et sur la pointe des pieds, retournons « chez les Indiens »…

32°10’ N, 47°19’ W, 36 000 pieds, le mercredi 6 décembre

 boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Amende honorable

J’ai fort mal parlé, dans un article précédent, de notre président de la république.

Parfois, je me trompe. Souvent, dirait ma femme. Pas si souvent que ça, ai-je envie de me défendre. Et puis surtout, quand je me trompe, passés les premiers moments de contrariété d’avoir eu tort, une fois encore, une fois de plus, passés ces moments, en général, je le reconnais, je le dis, je me suis trompé. Peut-être que cela aggrave mon cas. Ou peut-être pas. Qui sait ? Qui juge ?

En tout cas, moi, je veux faire ici amende honorable : je me suis, lourdement, trompé.

J’ai par exemple écrit, dans un billet précédent, au sujet de Jupiter, pardon, je voulais dire, de notre président : « je vais oublier que Macron n’existe pas, qu’il n’est que la marionnette du grand capital international[1]… »

Macron, un personnage fantoche, falot, plus ou moins fragile, complètement manipulé, inexistant, uniquement là à titre de faux nez de cette caste oligarchique en train de ruiner la planète, voilà ce que j’ai cru, voilà ce qui est complètement faux.

Bon, c’est vrai, je ne suis pas tout seul à avoir fait complètement fausse route. Le si grand Charles (Gave), n’a-t-il pas, lui aussi, dans un article aussi brillant que génial, parlé de notre « Chanteclerc national[2] » ? Et comme lui, tant d’autres avec lui ?

Tant d’autres, qui comme lui, comme moi, ont pensé que brutalement surgi de nulle part, complètement fabriqué par la conjonction aussi improbable qu’inattendue d’une mère épouse, de la plus grande voyoucratie de la finance internationale, cet homme enfant, cet archétype du bon élève, propre sur lui, droit dans ses bottes cirées par des armées de domestiques rémunérés par nos bons soins aussi collectifs qu’imbéciles, cette pure fabrication d’un marketing sordidement manipulateur décrit dans un précédent billet, tous, nous avons pensé que cet homme n’existait pas réellement. Et tous, en chœur, tout faux, nous avons tout faux !

C’est dans le courant de l’été dernier que j’ai commencé d’avoir des doutes. Quelque chose ne collait pas. Soudain, le même homme adulé au moment de son élection dérapait sérieusement dans les sondages. De manière très spectaculaire.

Or j’ai beaucoup de mal à croire que les Français soient les imbéciles ou les girouettes qu’on veut bien nous suggérer. En revanche, je suis absolument persuadé que les milliardaires qui ont en effet porté l’homme à la présidence, et qui détiennent plus ou moins directement la quasi-totalité des médias comme des instituts de sondage sont de fieffés menteurs, et de parfaits manipulateurs. Un dérapage réel dans l’opinion ? Rien de moins sûr ! Mais la volonté d’un sérieux coup de semonce de la part des argentiers ? Cela, oui, c’est certain.

Mais alors pourquoi ? Voilà mon avis : les premiers, les financeurs ont commencé de se douter que la marionnette pouvait leur échapper ! Ils ont tenté de la remettre droite dans ses ficelles. En vain.

Car Macron existe. Il a même un modèle : Topaze. Topaze, le personnage de Pagnol. Personnage fabriqué, c’est vrai, pour servir les intérêts de ses auteurs, c’est vrai, mais qui une fois dans la place, s’y installe, s’y émancipe, occupe tout l’espace, et finit par éliminer avec habileté et sans le moindre scrupule, tous ses Pygmalions, plus Œdipe qu’Œdipe, car pour le père, c’est volonté délibérée et préméditée et non par accident qu’il se trouve assassiné, et pour la mère… pour la mère, laissons le lecteur imaginer ce qu’il voudra.

Chacun va le comprendre. Macron existe ; ambition illimitée, volonté farouche, manipulateur d’exception, rigoureusement dénué de toute faiblesse empathique, parfait pervers narcissique, un pur profil, non pas de chef d’état, mais bien plus d’authentique dictateur ! Je prends le pari : aidé en cela, c’est vrai, par un désert absolu de personnalités politiques dignes d’une telle appellation, et cela à l’évidence pour longtemps, l’homme est au pouvoir pour y durer : un quinquennat, c’est acquis, deux, on ne voit pas comment y échapper, et sorte de Poutine à la française, peut-être pour beaucoup, beaucoup plus encore !

Voilà de quoi réjouir tous les gens qui apprécient le personnage, dont nombre de personnes que j’aime bien : « Tout n’est pas parfait, mais au moins, cela va dans le bon sens ! » Est-ce que moi aussi, je vais succomber, tomber sous le charme, devenir à mon tour « rhinocéros » [3] ?

Je rassure, rien à espérer, rien à craindre de ce côté-là. Jupiter n’a pas d’autre objectif que la poursuite de ses intérêts. Lesquels ne vont pas réellement dans le sens contraire de ceux de la caste oligarque et richissime qui l’a propulsé sous les ors élyséens, et qui en prendront leur parti (ce qu’ils font effet), voyant leurs acquis non seulement préservés, mais mieux, augmentés de toutes les manières possibles : en clair, le poids de l’état qui étouffe notre pauvre pays va continuer de s’alourdir, « en même temps », les impôts, vont continuer d’augmenter et nos libertés individuelles continuer de se ratatiner.

Toutes hontes bues, le sujet du jour de ces messieurs : la « lutte contre la pauvreté » ! Palabres, commissions, nouveaux postes de fonctionnaires en vue…

Pourtant, la lutte contre la pauvreté est de toutes les luttes la plus simple et la plus facile à mener : messiers nos oligarques, diminuez nos impôts mortifères, réduisez la nuisance de vos légions de fonctionnaires parasites et contrôleurs de toutes sortes, rendez, rendez un peu de l’argent que vous volez au peuple… et très vite, la pauvreté ne serait plus, comme vous-même d’ailleurs, qu’un mauvais souvenir !

Oui, je me suis trompé. Macron existe. Et je persiste et signe : ce n’est sans doute pas une bonne nouvelle.

Paris, 19 octobre 2017

[1] « Escapade en macronie » http://michel-georgel.com/cestadire/2017/06/17/escapade-en-macronie/

[2] (http://institutdeslibertes.org/lallemagne-face-a-son-destin/)

[3] (http://michel-georgel.com/cestadire/2017/06/17/escapade-en-macronie/)

 boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Réchauffement et terrorisme

Il l’a dit. On ne peut pas prétendre lutter contre le terrorisme, si on ne commence pas par lutter contre le réchauffement climatique. Beaucoup de commentaires. En général pour se gausser. Mais les thuriféraires expliquent tout, même l’inexplicable. Ils ont donc expliqué.

Des explications incompréhensibles. En tout cas pour moi, qui m’étais endormi avant d’avoir fini de lire.

Pourtant, tellement simple à expliquer, et tellement vrai, tellement évident ! Et par ailleurs, ridicule de se gausser de ce qui n’est, encore une fois qu’une évidence. Bien sûr qu’on ne peut pas lutter contre le terrorisme, si on ne lutte pas contre le réchauffement. Voici pourquoi !

On peut aimer ou détester Monsieur Macron, ou éprouver à son égard, comme c’est mon cas, la plus complète indifférence, mais on ne peut nier, ni qu’il ne soit parfaitement intelligent, ni qu’il ne soit parfaitement informé. Par conséquent, Monsieur Macron sait très bien ce qu’il en est réellement du réchauffement climatique, et surtout des capacités humaines à avoir dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, une quelconque influence ; mais il sait aussi que de tous les sujets qu’on puisse imaginer, il n’en est pas de meilleur pour effrayer l’immensité des bonnes gens, crédules comme des enfants de chœur, du temps qu’il y avait des enfants de chœur, et conduire ces mêmes âmes naïves où l’on veut les conduire, et par exemple aujourd’hui, à l’idée pourtant farfelue de combattre un terrorisme présenté comme en dehors de toute matérialité, une sorte de terrorisme irréel, abstrait, hors de l’espace et du temps, un terrorisme sans rapport avec le terrorisme réel, c’est-à-dire islamiste, c’est à dire musulman. Si l’on se départ de l’arme du réchauffement, comme prétend le faire Monsieur Trump, c’est vrai, on n’a plus rien contre le terrorisme immatériel que combat Monsieur Macron. Si l’on s’obstine à ne pas appeler un chat un chat, et un terroriste islamiste un terroriste islamiste, il ne reste, il faut en convenir, que le réchauffement pour réchauffer d’incertaines convictions.

Maintenant, beaucoup de gens honnêtes se posent cette question : comment comprendre cette connivence factuelle entre les « mondialistes » (comme Monsieur Macron), et les islamistes ?

Nombreux sont ceux qui se sont essayé à des explications, souvent fort brillantes, mais bien qu’il ne traite pas explicitement de cela, un ouvrage récent apporte à cette question des éléments de réponse que je juge extrêmement pertinents : je veux parler de « L’état islamique pris aux mots », de Myriam Benraad (éditions Armand Collin).

Une croyance occidentale fréquemment partagée est que pour un musulman, il ne saurait y avoir séparation de la Religion et de l’État. Or cette croyance est fausse. La réalité est que pour un musulman, islamiste en tout cas, l’État, tout État est en soi le mal absolu et ne devrait pas exister. Seul doit exister le religieux. C’est ainsi que pour un islamiste, la démocratie est une perversion, occidentale de surcroît. Le pouvoir ne peut venir que de Dieu, et donc certainement pas du peuple, qui doit rester soumis à Dieu. Et il en est de même du concept de nation. « L’islam étant un système spirituel et sociopolitique, il est considéré comme incompatible et même en guerre avec l’idéologie nationaliste… » notre l’auteur, qui continue plus loin : « L’État islamique affirme que le Coran rejette explicitement le nationalisme et ses attributs (langue, culture). »

Soudain, tout devient plus clair : mondialistes et islamistes partagent de fait les mêmes mépris, les mêmes haines : la démocratie, c’est-à-dire le vote populaire, rebaptisé populiste par les premiers ; nations, patries, cultures locales… à éliminer, pour les uns sur l’autel d’un commerce sans freins ni frontières, pour les autres, au sein d’un califat mondial ayant aboli toutes les frontières.

Bien entendu, à terme, quand tout le reste sera éliminé et que mondialistes et islamistes se retrouveront entre eux, il leur faudra bien finir par s’expliquer. Mais en attendant, les uns et les autres ayant les mêmes ennemis, poursuivant les mêmes haines et les mêmes objectifs, se comportent pour ce qu’ils sont en effet : des alliés de fait. Voilà pourquoi vous n’avez jamais entendu ni François Hollande, ni Barak Obama et consorts prononcer, même une seule fois l’expression « terrorisme islamique ». Voilà pourquoi leur digne successeur aujourd’hui ne le fera pas plus qu’eux.

Une explication finale à venir, quand nous autres serons tous morts ? Même cela ne se produira pas. Les islamistes comptent sur la violence des armes pour une ultime victoire, les mondialistes sur la violence de l’argent. En réalité, les uns et les autres se pollueront réciproquement dans un monde en profonde régression. Mais une fois encore, que nous importe ? Je l’ai dit, nous serons morts.

À moins que…

19 juillet 2017

Escapade en Macronie

La pièce de théâtre « le Rhinocéros », de Ionesco, vous vous souvenez ? Oui bien sûr, personne n’en doute. Vous savez, cette histoire bizarre de mutation contagieuse !

Un jour, quelque part en ville, surprise ! On constate que la peau d’un individu épaissit, verdit… puis c’est tout le bonhomme qui se transforme, au point que soudain ! Hop ! C’est fait ! L’humain en question est devenu… rhinocéros !

Incompréhension générale. Et généralement plutôt indignée.

Sauf que… sauf que, peu de temps après, un second individu…, puis un autre, puis un autre encore, et encore… Bientôt, c’est presque la moitié de la population qui se révèle avoir muté ! Avec une question posée de manière presque lancinante par les journalistes à la mode, et les instituts de sondage : les rhinocéros vont-ils finir par devenir majoritaires ?

Mais bientôt, la question ne se pose même plus, les rhinocéros deviennent si nombreux qu’ils emportent toutes les élections ! Avec nouveau sujet de bavardage pour journalistes et instituts de sondage : restera-t-il même un semblant d’opposition ?

La réponse est non, et pour une raison très simple : tout le monde, oui, tous les gens, tous, ils veulent devenir, ils deviennent, tous, rhinocéros !

Un monde monstrueux, totalement déshumanisé, au sens propre ! Tous rhinocéros, sauf un seul, le personnage principal de la pièce, qui tout seul, de plus en plus seul, absurdement, résiste, envers et contre tout. Tout seul, si seul, que soudain, il craque, oui, lui aussi, il craque ! Il crie, il hurle ! À son tour, il veut comme tout le monde, comme les autres, il veut devenir rhinocéros !

Seulement, voilà, il ne le devient pas ! Et c’est cela qui est tragique, tragique jusqu’à l’absurde : il reste un homme, non par conviction, mais tout simplement parce qu’il se découvre, désespérément humain, incapable, de faire sa mutation, comme tous les autres !

Plus tard, beaucoup plus tard, et ailleurs, c’est à dire, chez nous en France, il n’y a pas bien longtemps, quelque part, on ne sait même plus où, un individu a vu sa peau blêmir… puis c’est tout le bonhomme qui s’est transformé, au point que soudain ! Hop ! C’était fait ! L’humain en question était devenu… Macron !

Incompréhension générale. Et généralement plutôt indignée.

Sauf que… sauf que, peu de temps après, un second individu…, puis un autre, puis un autre encore, et encore… Bientôt, c’est presque la moitié de la population qui se révèle avoir muté ! Avec une question posée de manière presque lancinante par les journalistes à la mode, et les instituts de sondage : les Macroniens vont-ils finir par devenir majoritaires ?

Aujourd’hui, la question ne se pose même plus, les Macroniens sont désormais si nombreux qu’ils emportent toutes les élections ! Avec nouveau sujet de bavardage pour journalistes et instituts de sondage : restera-t-il même un semblant d’opposition ?

La réponse est non, et pour une raison très simple : tout le monde, oui, tous les gens, tous, ils veulent tous devenir, ils deviennent, tous, Macroniens !

Un monde monstrueux, totalement déshumanisé, au sens propre ! Tous Macroniens, sauf moi, le personnage de mon théâtre privé, tout seul, de plus en plus seul, absurdement envers et contre tous, famille, amis, ennemis et indiffrérents. Tout seul, si seul, que soudain, je craque, oui, moi aussi, je craque ! Je crie, je hurle ! À mon tour, je veux comme tout le monde, comme les autres, je veux devenir Macronien.

Je vais oublier, je vais oublier… je vais oublier que Macron n’existe pas, qu’il n’est que la marionnette du grand capital international, lequel ne pense qu’à s’enrichir toujours plus, se souciant comme d’une guigne des gens, et plus encore, des petites gens.

Je vais oublier que la marionnette ne fera rien pour endiguer la monstrueuse invasion qui menace de tout balayer sur son passage ! Au contraire, cette invasion, la marionnette la favorisera, car telle est la volonté de ceux qui lui tirent les ficelles : bien sûr, les envahisseurs n’iront pas en foule travailler dans leurs usines, mais il s’en trouvera tout de même quelques-uns, assez nombreux pour étouffer dans l’œuf toute idée de revendication dans ces mêmes usines ! Mieux, la pression sera telle, qu’on pourra, non seulement contenir les salaires, mais mieux, envisager, enfin, leur sérieuse réduction ! Et ça, c’est très bon pour ceux qui tiennent les ficelles !

Je vais oublier que la marionnette ne fera rien pour réduire ou même limiter le fabuleux endettement qui pèse sur nos épaules et celles de nos enfants, parce que ses maîtres, qui tirent ses ficelles, tirent leur fortune… précisément de cet endettement ! Plus ils nous endettent, plus ils s’enrichissent.

Je vais oublier que la marionnette ne fera rien pour réduire le poids étouffant de l’état, parce que pour ponctionner toujours plus les citoyens ordinaires, il faut des fonctionnaires, toujours plus nombreux et plus redoutables, capables de maintenir et même de durcir les états d’urgence les plus liberticides pour les seuls honnêtes gens, aptes à consolider une administration fiscale que le monde entier nous envie.

Je vais oublier que la marionnette ne fera rien contre le mortel danger mahométan, avec ses prêcheurs furieux subventionnés par mes impôts et son armée de tueurs assoiffés du sang de nos femmes, de nos enfants, de nos proches, de nos amis, elle ne fera rien, parce que les femmes, les enfants, les proches et les amis de la marionnette ne vont que protégés de gardes armés et possèdent en outre largement de quoi discrètement soudoyer pour leur heureuse tranquillité. Le sang et les larmes, c’est vulgaire, c’est sale, c’est pour le seul populaire.

Je vais même oublier que la marionnette constitue avec la personne qui partage avec elle les conforts élyséens un couple devant lequel les Macroniens peuvent bien s’ébahir comme veaux à la mangeoire, mais qui ne s’est pas moins constitué sur la ruine d’une famille authentique et l’absolu désespoir d’un mari trompé et trahi, d’un père auquel on a volé jusqu’à l’estime de ses enfants, sans que d’ailleurs personne n’en éprouve ni pitié ni remords, ni même la moindre compassion, ou la crainte vulgaire d’une tardive vengeance des dieux occultes de la souffrance, un comportement d’ailleurs seulement normal en Macronie, mort aux vaincus, pas de pitié pour les faibles, les petits, et tous autres perdants de la mondialisation heureuse, où sur des bicyclettes qu’ils n’ont même pas achetées, pédalent à contresens des rues et des avenues des capitales, les Macroniens ravis et béats.

Je vais oublier, je vais oublier, je vais oublier… ce pauvre bougre ? Le reste, oui, peut-être, sans doute, à force de volonté, mais lui ? L’oublier lui, c’est oublier aussi tous les autres oubliés de la vie, c’est renier la douleur et la mémoire.

Est-ce que je pourrai ? Je ne pourrai pas.

Je ne serai donc jamais Macronien.

Et c’est cela qui est tragique, tragique jusqu’à l’absurde : si je ne deviens pas Macronien, c’est moins par conviction, que parce que je me découvre, désespérément, misérablement, humain, incapable de faire ma mutation, comme tous les autres.

Bourgoin Jallieu, 17 juin 2017

Une victoire « sans appel » !

Écrasante victoire d’un ectoplasme nommé Macron ; à Paris, capitale d’un pays ex-amoureux de liberté, un score d’état totalitaire ; quasiment l’unanimité ; les bobos ont parlé, ils ont imposé leur loi. Sans appel, sans pitié.

Quant aux autres, ceux qui pour une raison ou une autre, ou même pour plusieurs raisons, ne sont pas invités à la grande fête mondialiste, ou mieux, en sont exclus, qu’ils se le tiennent pour dit !

Les sans-dents, bien sûr ; mais aussi les petits agriculteurs, qui auraient dû disparaître depuis longtemps, remplacés par les millionnaires ou les milliardaires des syndicats agricoles ; mais aussi les petits patrons, les artisans, qui auraient dû disparaître depuis longtemps, remplacés par les millionnaires ou les milliardaires des syndicats patronaux ; et qui disparaissent parce que leurs clients sont ruinés ; les petits commerçants, qui de toute façon sont déjà quasiment tous remplacés par des hyper maquillés en supérettes ; que tous, ils se le tiennent pour dit !

Et aussi les chômeurs, qui font exprès de ne pas trouver un travail qui n’existe pas ; les ouvriers, chômeurs de demain, qui devraient être déjà bien contents de ne pas être déjà chômeurs aujourd’hui ; les employés, dont les salaires stagnent ou régressent, tandis que leurs charges et leurs impôts explosent ; les pères et les mères de famille, pour lesquels c’est pareil ; et tous les autres ! Qu’ils se le tiennent pour dit !

Les bobos ont frappé, sans appel, sans pitié ! Ceux qui ne sont pas de la fête, hé bien, c’est définitivement et une fois pour toutes bien clair ! Ils ne sont pas de la fête, et ils n’y seront jamais ! On ne les invitera pas ! Et personne ne viendra les regretter. Dans l’entre-soi de ces gens du beau monde, ceux qui sont hors du sérail sont faits pour y rester. Leur désespoir n’intéresse personne, cette fois, c’est bien clair.

Et désormais, la fête sans frein. La dette ? Quelle dette ? Les financiers du monde entier ne se font aucun souci pour la dette française : les Français ont des bas de laine pour garantir la dette et une administration fiscale la meilleure du monde, qui saura leur faire rendre gorge jusqu’à leur dernier centime, le moment venu.

L’invasion étrangère ? Quelle invasion ? Le grand remplacement ? Bien sûr ! On remplace des Français pauvres, qui votent mal, par des immigrés qui seront tout aussi pauvres, certes, mais qui eux, voteront bien ! Où, le problème ? Et puis ces immigrés pauvres, quelle manne de main d’œuvre bon marché, non seulement pour les grandes entreprises, mais surtout pour les bobos ? Femmes de ménage, hommes d’entretien… que parfois, sans scrupule, on paye « au noir »…

L’Islamisme ? Attention, pas d’amalgame, l’Islamisme, ça n’a rien à voir avec l’Islam, et donc ça n’existe pas ! Les attentats ? Attention, pas d’amalgame ! Ce serait de l’Islamalgame ! Formellement condamnable !

Le danger terroriste ? Bon, il s’agit tout de même d’être clair, les bombes, c’est surtout dans les lieux publics, les fêtes populaires, les transports en commun. Autant d’endroits où les vrais bobos ne mettent jamais les pieds. Ou alors avec des armées de gardes du corps. Alors, où, le problème ?

On va gentiment faire semblant de bricoler le droit du travail, juste ce qu’il faut de risettes aux patrons du Medef et des très grandes entreprises, avec la complicité de ces autres nantis que sont les syndicalistes professionnels. Ça ne changera rien à la réalité de l’immense majorité des entrepreneurs, qui continueront de ne pas embaucher, les méchants, ça ne changera rien à la réalité de ceux qui voudraient un travail, qui pourront toujours continuer à rêver, les fainéants, mais ni les uns ni les autres n’intéressent personne, que ces plouks se le tiennent pour dit ! C’est dit : 66 – 33 ! Sans appel !

Bien sûr, Marine ne s’est peut-être pas montrée maligne. Bien sûr, des pans entiers de son programme économique relevaient du ridicule. Mais si c’est de cela que l’on avait parlé, les sans-dents et tous les autres auraient pu comprendre. Mais on n’a pas parlé de cela. On n’a pas fait dans le débat, on a fait dans le religieux. Chez Marine, tout est mauvais, d’avance, par principe, circulez, il n’y a rien à discuter. On ne discute pas.

La religion bobo comporte plusieurs piliers. L’un des piliers de la religion bobo, c’est l’euro. Qui s’attaque à l’euro parle sacrilège, il faut l’exécuter ! Hors de l’euro, point de salut.

Pourtant, ce n’est pas moi qui ai écrit ce livre : « L’euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe[1]. » Et d’ailleurs, ce n’est pas Marine non plus. Un ouvrage bien épais, parfaitement documenté, et qui démontre avec talent que tant qu’il y aura l’euro, il ne pourra pas y avoir de redémarrage en Europe : l’Allemagne, sera inexorablement toujours plus riche, et beaucoup d’autres pays, dont le nôtre, toujours plus pauvres. L’auteur ? Un extrémiste ? Un imbécile populiste ? Pas tout à fait. Un prix Nobel d’économie, figurez-vous. Qui a été économiste en chef de la Banque mondiale. Joseph E. Stiglitz. Vous n’avez pas lu ? Dommage. Les bobos sont des menteurs, l’euro, ça devrait au moins pouvoir se discuter.

Un autre pilier de la religion bobo, c’est que la droite, du moins la vraie, c’est Vichy, Pétain, la collaboration avec l’Allemagne nazie et la persécution des Juifs. Une véritable et authentique escroquerie intellectuelle, inventée par une gauche honteuse à la sortie de la guerre, remise au goût du jour pour servir leurs intérêts, par deux menteurs professionnels, Mitterand et son complice Le Pen, ce dernier ayant passé sa vie à construire le mythe d’une droite raciste et antisémite à coups de petites phrases savamment distillées. S’assurant de la sorte, à bon compte, une carrière d’opposant de façade, particulièrement rémunératrice.

Pourtant, sait-on comment ont été votés les pleins pouvoirs au Maréchal ? Que des 569 votants en faveur des pleins pouvoirs, 286 parlementaires, c’est-à-dire la majorité d’entre eux, avaient une étiquette de gauche ou de centre-gauche ? La réalité, c’est que plus de 80 % des collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale venaient de la gauche (dont Mitterand soi-même) ; ce n’est pas moi qui le dis, mais Rabbin Haim Harbour[2] ; et comme il cite tous les noms et toutes les fonctions (voir le lien), une réalité impossible à contester. La réalité, c’est que la gauche n’était pas dans la résistance, mais bien dans la collaboration. Et la hurlante répétée d’un soi-disant risque fasciste présenté par la vraie droite et le refrain des « heures les plus sombres de notre histoire » est tout simplement une monstrueuse escroquerie à la vérité historique. Une escroquerie qui fonctionne toujours aussi bien comme vient de le démontrer l’élection présidentielle.

La vérité, c’est que la gauche hier a collaboré largement avec l’ennemi allemand, tout comme elle collabore largement aujourd’hui, et avec le même enthousiasme, avec l’Islam totalitaire. La collaboration, que cela plaise ou non, est inscrite dans les gènes de la gauche.

Jean-Marie Le Pen, un opposant de façade. Mais qu’en est-il aujourd’hui de Marine ?

Une image que je n’ai pas oubliée et que je n’ai jamais comprise : Ségolène, le soir de sa défaite. Visage épanoui, sourire rayonnant, gestes triomphants ! Quiconque aurait eu accès à l’mage sans le son n’aurait pu déduire qu’une seule conclusion : elle annonçait sa victoire ! Ségolène vaincue respirait le bonheur, le contentement de soi et des autres, l’apaisement du but atteint. Incompréhensible[3].

L’histoire nous dit-on, ne repasse pas les plats. Pourtant, Marine, l’autre soir a rejoué, jusqu’à la copie conforme, la scène Ségolénienne : même sourire rayonnant, même contentement de soi ! Copie conforme ? Non, Marine est allée en vérité beaucoup plus loin ! Elle a dansé, oui, elle a dansé sur les illusions explosées, bafouées, piétinées de la plèbe qui avait mis en elle ses derniers boisseaux de confiance ! Pauvres hères ! Ils avaient cru que quelqu’un au moins les entendait ! Mais le plus vraisemblable est que Marine ne voulait pas, finalement, d’un pouvoir dont elle n’aurait su que faire, et qu’elle ne pouvait cacher son enchantement de sa défaite : elle allait pouvoir, comme son père avant elle, continuer de tenir le rôle du bouffon d’opposition, avec toutes ses prébendes. Un avenir radieux comme son sourire, ses mimiques et… ses danses rock and roll ! Quant aux hères, porteurs de son apparente défaite et de sa véritable victoire, qu’ils retournent à leur misère, leur désespoir, leur absence d’avenir, personne, je dis personne, ne se soucie d’eux.

Ils auraient dû s’en douter, pourtant, et moi aussi : Martine, échappée d’un manoir milliardaire, du côté prolétaire ? La vérité est que Marine n’est rien d’autre qu’une bobo, comme tous les autres bobos, et que les bobos, tous les bobos, adorent parler du peuple, mais se soucient de lui comme de leurs kleenex ou de leurs confettis de fêtes.

« En fait, les bobos méprisent la plèbe et REFUSENT d’entendre sa voix, ce que l’on a fort bien vu lors de cette campagne présidentielle. Toute discussion des problèmes affectant cette troisième zone a été purement et simplement interdite[4]»

Et maintenant ?

« En France, le modéré Macron a gagné la présidence. Et qu’est-ce que ça veut dire ? …

Il fera ce que tous les autres ont fait en France avant lui, et la France continuera d’avoir ses problèmes de terrorisme. Elle continuera d’avoir ses problèmes économiques parce que son économie est surchargée de taxes contre tous ceux qui réussissent, afin qu’ils s’acquittent de leur part, et rien ne changera…

Mais si la France pense que Macron va améliorer sa situation économique, elle est folle. Et si les Français pensent que Macron va arrêter le terrorisme, ils sont tout aussi fous. Voilà mon analyse de la France[5]. »

Qui dit cela ? Un extrémiste ? Un populiste ? Non ! C’est Bill O’Reilly, le journaliste américain le plus populaire des États-Unis depuis 20 ans, en parts d’audience.

Mais, je l’ai dit, le terrorisme, les problèmes économiques, ça ne touche pas vraiment, voire pas du tout les vainqueurs de l’élection. Le terrorisme, les problèmes économiques, c’est surtout pour le peuple, la plèbe, les « zones périphériques ». Donc, pas grave !

« Il reste à notre pays une dernière chance pour permettre à cette partie de la Nation de s’exprimer, les élections législatives de Juin 2017.

Faute d’un résultat qui permettrait aux citoyens de la zone périphérique de se faire entendre, la France serait irrémédiablement coupée en deux et le pire serait à craindre.

Si par malheur la Démocratie ne fonctionnait pas, alors la violence deviendrait non seulement inévitable mais légitime[6]»

66 — 33 ; les bobos triomphent et comme à la curée, se disputent les meilleures places. 90 — 10 à Paris. Qu’est ce que je fais dans cette ville ? Dans ce pays ? Marion se retire chez sa mère. Quant à moi, je crois qu’il ne me reste plus qu’à « retourner dans la brume ».

Paris, 10 mai 2017

[1] Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie : L’euro, comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, éditions « Les liens qui libèrent »

[2] https://nidnim.wordpress.com/2017/04/30/plus-de-80-des-collabos-de-la-seconde-guerre-mondiale-viennent-de-la-gauche-rabbin-haim-harboun/

[3] Lire à ce sujet « La princesse Royal » de Patrick Guillotin, éditions Cherche midi.

[4] Extrait d’un article essentiel de Charles Gave, « Réflexions sur la notion de peuple », consultable ici : http://institutdeslibertes.org/reflexions-sur-la-notion-de-peuple/

[5] http://www.dreuz.info/?s=En+France%2C+le+modéré+Macron+a+gagné+la+présidence

[6] Charles Gave, http://institutdeslibertes.org/reflexions-sur-la-notion-de-peuple/

Abus de bien public

J’enrage !

Après quatre semaines passées en compagnie de gens qui vivent dans des huttes faites de bambous liés et recouvertes de toits de palme, sol en terre battue, foyer fait de quatre pauvres pierres à même le sol, un univers sans électricité où l’on vit au rythme du soleil, et bien sûr un univers pratiquement sans internet… je reprends contact avec notre univers médiatique, et je ne décolère pas.

Voyons les faits.

Monsieur Fillon, comme tous nos députés, touchait une certaine somme d’argent, en principe pour rémunérer un ou plusieurs assistants, mais qu’il avait le droit d’utiliser comme bon lui semblait, y compris en la conservant entièrement à sa discrétion (ou la discrétion du couple Fillon, si vous préférez). Avec un avantage considérable : un argent entièrement et complètement défiscalisé. On peut juger cela bien ou mal, mais là n’est pas la question : la « règle du jeu », c’était celle-là

Un conjoint est de fait la seule personne au monde qu’un Français puisse faire travailler sans avoir à conclure avec elle (ou avec lui, ne fâchons personne) quelque contrat que ce soit. Personne n’aurait donc pu reprocher à monsieur Fillon d’exploiter jusqu’à épuisement madame Fillon, sans verser à cette dernière le moindre centime de rémunération. Il n’y aurait d’ailleurs eu rien de réellement choquant à cela, puisque de toute façon, l’argent gagné par monsieur Fillon revenait finalement au couple Fillon et dans ce cadre, l’intérêt pour le couple Fillon d’une rémunération de madame Fillon n’a rien d’évident.

C’est même tellement le contraire que si monsieur Fillon n’avait pas été un enfant gâté du système politique français, mais un petit entrepreneur ou un simple artisan, un tel projet ne lui serait tout simplement jamais passé par la tête : seul un enfant gâté de notre système politique pouvait trouver un moyen aussi dispendieux de fabriquer autant de matière fiscale à partir d’un argent, redisons-le, défiscalisé ! Génération de charges sociales, d’un montant à peu près équivalent à ce qui se trouvait finalement versé à madame Fillon, à quoi il faut ajouter l’impôt sur le revenu produit par ces salaires ! Ce qui revient à dire que le couple Fillon a versé en cotisations sociales et autres impôts plus que ce qui a pu revenir à madame Fillon, un argent qui aurait pu rester entièrement à la discrétion du couple !

Cela dit, madame Fillon a donc eu un « contrat de travail ». Cependant, même si cette dernière n’a strictement rien fichu, et a donc été payée à ne rien faire, on ne peut pas parler de détournement d’argent public, mais seulement de gaspillage d’argent privé, l’argent privé de monsieur Fillon. On ne peut même pas parler d’abus de bien social, comme dans le cas d’un entrepreneur qui rémunérerait son épouse à ne rien faire, puisqu’ici, aucun compte d’exploitation n’a été impacté par cet emploi.

Il s’agit donc d’un coup politique, visant à déstabiliser le candidat, ce qui a plutôt bien fonctionné d’ailleurs, et à lui faire perdre tout ou au moins partie de sa crédibilité électorale. Cela a d’ailleurs été dit à plusieurs endroits, et personne n’a attendu après moi pour cela, j’en conviens bien volontiers, et ce n’est pas à cela que je veux en venir.

Mais avant d’en venir, précisément, à mon fait, une petite incise à laquelle je ne résiste pas : pour tout vous dire, cela ne me fait pas tant de peine que cela, les ennuis de monsieur Fillon avec notre système soi-disant judiciaire. Depuis combien d’années, nous, les citoyens ordinaires, souffrons d’une judiciarisation toujours plus excessive de notre société, judiciarisation d’autant plus insupportable dans le cadre d’un appareil judiciaire plus soucieux d’une idéologie gauchisante et partisane que du strict respect de nos lois ? Le mur des cons, qui n’a jamais été sanctionné, n’est pas une invention, et nombre d’entre nous aurions pu voir, ou avons vu, nos noms sur ce mur. Que les hommes politiques goûtent un peu au ragoût malfaisant qu’ils ont contribué à nous préparer ne peut avoir que des effets salutaires.

En revanche, ce que je trouve insupportable, et que je ne lis nulle part, c’est qu’à mon avis, en la circonstance, il y a bel et bon gaspillage d’argent public et donc abus de bien public. Le mien. Le vôtre.

Voilà donc trois juges, vous vous rendez compte, il faut qu’ils se mettent à trois pour cela, payés avec les sous de mes impôts, qui sans aucun scrupule gaspillent leur temps de travail à une instruction parfaitement stérile et purement partisane ! Et si c’était tout ! Mais on m’apprend que je paye aussi des policiers et des gendarmes pour enquêter sur d’obscures histoires de costumes offerts, puis rendus, mais non, finalement les costumes rendus ne seraient pas les bons… Heureusement que la campagne tire à sa fin, on sent bien que sans cela, les petites culottes finiraient par y passer…

La folle politique de ce gouvernement nous met à la merci de criminels endurcis prêts à commettre tous les jours les pires attentats, mais non, tout ce personnel payé de l’État n’a rien de mieux à faire que d’enquêter sur la réalité du travail d’une épouse légitime, et celle des costumes taillés à son mari.

Passe encore que je doive entretenir les successives maîtresses de notre plus pour longtemps président, avec tous les cortèges de protections rapprochées et avantages variés, mais payer des juges et des policiers pour fausser le jugement des électeurs !

La gauche utilise les moyens de l’État, qui ne sont en rien sa propriété, pour la poursuite de ses intérêts privés ! Il faut bien que quelqu’un le dise : ces juges, ces policiers, ces gendarmes qui s’agitent, un monstrueux gaspillage et détournement d’argent public ! Ce détournement, ceux qui le produisent et ceux qui le commandent, tôt ou tard, d’une façon ou d’une autre, il faudra leur en demander compte !

J’enrage !

Portobello, 15 avril 2017

Je le dis, parce que je constate que personne ne semble l’avoir fait !

Passant, par choix, du temps dans des contrées où nous sommes non seulement complètement et définitivement sevrés de toute forme de télévision, mais aussi soumis à un régime internet plus qu’à épisodes, avec des intervalles « sans » presque aussi longs que les intervalles « avec », nous avons de l’actualité en général, et de l’actualité française en particulier une vue quelque peu distanciée…

Ce qui nous conduit à (nous) poser des questions que nous n’aurions peut-être même pas envisagées sous d’autres cieux, en d’autres circonstances !

Un exemple parmi d’autres : ce qu’il est convenu d’appeler le « programme » du candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron.

Enfin, pour être précis, ce n’est pas ce programme en lui-même qui nous interpelle. Mais les commentaires qu’il semble susciter des uns et les autres. Comme si les uns et les autres faisaient semblant de croire, ou peut-être même arrivent à croire réellement qu’il s’agirait d’un programme, au sens habituel, et, disons académique, du terme.

Est-ce que tous ces commentateurs oublient ou ne savent pas que l’intéressé, tout comme son soi-disant concurrent, Alain Juppé, mais aussi son Pygmalion, actuellement président de la République, ainsi qu’une bonne partie du gouvernement, est ce que l’on appelle un « Young Leader » ?

Ne faites pas semblant de ne pas savoir ce qu’est un Young Leader ! Ce serait reconnaître un peu vite que vous n’avez pas lu l’un de mes précédents billets (http://michel-georgel.com/cestadire/2015/09/09/il-nous-reste-au-moins-une-liberte-celle-de-ne-pas-etre-dupes), ce que bien sûr, je n’ose pas imaginer… Mais je veux bien rafraîchir les mémoires : le programme « Young Leaders » est le programme phare d’une association américaine, la « French-American Foundation ». Cette association fait partie de toute une série d’associations regroupant puissants politiques (plutôt démocrates), dirigeants de très grosses sociétés et groupes de presse, dont l’objectif est, pour cette association, sous couvert d’approfondir les relations entre la France et les États-Unis, d’influencer la politique française dans un sens favorable aux objectifs notamment économiques et politiques de cette association. D’autres associations similaires agissant de la même manière dans nombre d’autres pays, ainsi qu’au niveau européen.

Soyons précis : des associations qui se donnent des airs de libéralisme, alors qu’il s’agit dans les faits de la promotion de tout ce qu’il y a de plus détestable dans une société de connivence entre les hommes de la grande entreprise, des médias, et ceux du pouvoir politique. Tout ce grand petit monde correspondant très exactement à ce que Thomas Sowell appelait il y a déjà 80 ans, les « Oints du Seigneur », concept souvent repris par les économistes modernes, Charles Gave par exemple : tous ces gens qui « savent mieux que le peuple ce dont le peuple a besoin ».

On pourrait développer ce point, mais ce n’est pas de cela que je veux vous entretenir aujourd’hui, mais d’autres croyances largement partagées dans ce milieu, en France comme aux États-Unis.

Résumons : leur idée centrale est que les peuples n’agissent pas de manière rationnelle, et font le plus souvent des choix contraires à leurs propres intérêts. Mais on peut très facilement éviter cela, parce que l’opinion des peuples est malléable, et peut être guidée par des hommes supérieurs, plus intelligents, mieux formés, mieux informés : les « Oints du Seigneur », précisément, et les « Young Leaders » pour ce qui nous concerne aujourd’hui.

En somme, et comme je le démontre dans le billet auquel j’ai fait référence au début de cet article, un avatar des théories béhavioristes du siècle dernier, prolongé par les théoriciens de « l’économie comportementale ».

Pour ces derniers, on peut vendre des couches-culottes, du Coca-Cola, ou un homme politique, de la même façon, par une manipulation de l’opinion publique, construite sur des « actes », appelés par ces théoriciens des « Nudges ».

Un Nudge est donc une affirmation, une rumeur, un récit, une démonstration, un acte, de nature à modifier l’opinion publique, et à l’orienter dans le sens souhaité.

À partir de là, peu importe que le fondement d’un Nudge soit vrai ou faux, ce qui compte c’est qu’il soit crédible, et aille dans le sens recherché.

Les hommes de cette « philosophie » sont tellement persuadés de ces croyances qu’ils finissent par croire que la parole est de nature à l’emporter sur les faits. On ne peut pas comprendre certaines affirmations du pouvoir actuel, si l’on n’intègre pas cette dimension : pour eux, dans une sorte de délire, la parole crée le fait.

Mais les marxistes ne disaient-ils pas déjà : « ce qui compte, ce n’est pas la vérité, c’est la légende » ?

C’est ainsi que le programme d’Emmanuel Macron, Young Leader convaincu et accompli, n’est pas un programme au sens habituel compris pour ce terme. C’est un Nudge, ou mieux, un catalogue de Nudges. Réalisables ou pas, financées ou non, peu importe, toutes les propositions ont été soigneusement passées à la moulinette des sondages et des opinions favorables.

Mais la tactique des Nudges ne s’arrête pas là.

De toute évidence, les hommes qui ont lancé « l’affaire » Fillon sont suffisamment au fait de nos lois et règlements, pour ne pas savoir que le dossier sur un plan strictement juridique, est pratiquement vide, et qu’il sera bien difficile, même à un tribunal férocement partisan, de trouver matière à condamnations. Mais peu leur importait ! Ils tenaient là ce qui sera sans doute à considérer plus tard comme un véritable « cas d’école » de Nudge : faire perdre à l’intéressé toutes ses chances électorales.

Il arrive cependant que nos si brillants théoriciens de l’économie comportementale produisent des Nudges qui ne parviennent pas à leur but. Cela se produit même de plus en plus. Car, pour qu’un Nudge fonctionne bien, il faut deux choses.

La première, c’est un système médiatique soumis et bien rôdé, qui soit à même de parfaitement relayer le Nudge. En France, en Europe, aux États-Unis, 90 à 95 % des médias sont en fait la propriété de milliardaires, qui garantissent de la manière la plus certaine que cette première condition sera remplie.

La seconde, c’est que les imbéciles qui composent le peuple continuent de croire aveuglément ce que leur serine ce système médiatique.

Et le problème, c’est que depuis quelque temps, cette seconde condition fonctionne moins bien. Cela met les manipulateurs et leur commanditaires Oints du Seigneur dans une colère folle, mais c’est tout de même ce qui se passe de temps en temps : élection du Donald Trump, Brexit…

Élection, malgré tout, de François Fillon à la présidence de la République ?

Pour nos théoriciens de la manipulation, ce serait le Nudge, puis le monde à l’envers…

Portobello, 5 mars 2017

La formation professionnelle : la force injuste d’une loi superflue

L’actualité est faite de sujets refrains qui revenant à la mode à intervalles réguliers, sont immédiatement repris avec tout l’enthousiaste utile par les chœurs journalistiques : quand on connaît la chanson, musiques et paroles, on est tellement content d’entonner tous ensemble, tous ensemble…

Exemple de refrain si volontiers repris, la si méchante formation professionnelle ! Et allez donc ! Tous les deux ou trois mois, le lamento des indignés : les milliards gaspillés de la formation professionnelle, et qu’il faut réformer, et surtout, qu’il faut contrôler, et encore plus réformer, et encore plus contrôler… La Cour de comptes a fait de nouveaux comptes, et tous comptes faits, le compte n’y est pas, et même, nous dit-on, ce serait plutôt pire qu’avant, où l’on a déjà tant réformé et tant contrôlé que c’est à se taper la tête contre les comptes.

Je ne sais pas si le public réalise à quel point on se moque de lui, et quelle est la réalité de la formation professionnelle.

Pour ce qui est de son financement, la formation professionnelle, c’est très simple : dans la plupart des dispositifs, elle est réglée aux organismes de formation à « l’heure stagiaire ». Autant d’heures suivies par autant de stagiaires, heures attestées par les signatures desdits stagiaires, autant d’heures payées au centre de formation. Ça paraît simple comme un projet socialiste.

Mais voilà, nous dit-on, il y a des organismes de formation qui vous font… de fausses feuilles de signatures ! La formation n’a pas eu lieu, elle n’a jamais existé, les stagiaires n’ont jamais été rassemblés, ils n’ont jamais rien signé, on a signé pour eux… ou, selon d’autres versions, les stagiaires ont signé, mais sans comprendre ce qu’ils signaient, parce qu’on leur en a donné l’ordre…

Faux et usage de faux, des gangsters maquillés en escrocs, en plus un peu crétins, il faut bien le dire, les chances de se faire prendre étant multipliées par les signatures arrangées…

Je ne sais pas si vous mordez à cet hameçon, mais franchement, pour ce qui concerne ma petite expérience d’une vie au sein de la formation professionnelle, j’ai du mal à y croire. Je ne pense pas connaître personnellement les responsables des organismes de formation qui ont été (abondement) cités dans la presse, et qui se seraient rendus coupables de tels agissements, mais je vais vous dire ce que j’en pense : l’affaire est un peu grosse, et à mon avis, « ça ne s’est certainement pas passé comme ça ! »

Alors, cela se serait passé comment, me dites-vous ? Pour bien comprendre, il faut refaire le film à l’envers.

L’organisme de formation monte un projet de formation. Ce projet, il le « vend » à une entreprise, ou à un groupe d’entreprises. Les entreprises adhèrent au projet de formation et y inscrivent des salariés ; chaque salarié inscrit représentera une part du revenu du centre de formation. Il faut donc un nombre minimum d’inscrits pour rendre le projet viable. Tant que ce minimum n’est pas atteint, le projet reste à l’état de projet. S’il est atteint, banco, l’affaire peut s’enclencher.

Magique, n’est-ce pas ? Eh bien non, pas magique du tout. En réalité, profondément pervers. Et cela vaut la peine d’expliquer pourquoi.

Souvenez-vous, le centre de formation sera payé au vu des signatures portées sur une feuille de présence. Imparable.

Imparable.

Maintenant que se passe-t-il quand par exemple un stagiaire ne se présente pas à la formation ? Il est malade, ou il est absent, ou sa femme vient d’accoucher, ou que sais-je encore ?

Il est absent ? Pas de signature ! Pas de signature ? Pas de règlement à l’organisme !

Pas grave, me direz-vous : le centre de formation déduira le chiffre d’affaires manquant du salaire du formateur, de la location de la salle de conférence, du coût du matériel nécessaire, de celui des travaux de recherche préalables… Pas possible ? En effet, pas possible. Le chiffre d’affaires manquant sera déduit de la marge du centre de formation, aucune autre possibilité.

Et si pour une raison ou pour une autre, il manque non pas un, mais plusieurs stagiaires ? Finalement, assez de stagiaires pour que ce ne soit plus dans la marge que l’on taille, mais dans la chair même : dit autrement, le centre de formation va perdre de l’argent !

Vous allez au restaurant. On vous présente la carte, et vous passez commande. Et puis, finalement, vous décidez de ne pas prendre le dessert. Ou de ne consommer que la moitié de votre part du plat principal, parce que, non, vous n’êtes pas dans votre assiette. Et donc au moment de payer, vous décidez de ne payer que ce que vous avez réellement consommé. Que ce que vous avez commandé et non consommé soit perdu pour le restaurateur n’est pas votre problème ! Pas consommé, pas payé, un point c’est tout ! Le restaurateur et son compte d’exploitation, ce n’est pas votre problème !

Et bien, dans le monde de la formation professionnelle, c’est exactement comme cela que ça se passe.

Bien entendu, on m’objectera que ce n’est pas vrai. En effet, ce n’est pas vrai. En fait, pas tout à fait.

Dans l’immense majorité des cas, les formations ne sont pas réglées par les entreprises qui les commandent, mais par des « organismes paritaires collecteurs agréés », des OPCA. Pour les OPCA, pas de quartier : on compte les signatures, et on paye, on ne sort pas de là. Maintenant, le centre de formation peut toujours essayer d’adresser la facture des heures manquantes aux entreprises… La loi est certes de son côté. Mais de vous à moi, inutile de gâcher du papier pour cela… Quant à penser tribunal, poursuites… la course à la ruine !

La seule bonne solution serait d’inverser la pratique : la formation dispensée devrait être payée rubis sur l’ongle par l’OPCA, qui récupèrerait ensuite les heures manquantes auprès des entreprises : ces puissants et très riches intermédiaires ont seuls les moyens d’agir de manière efficace. Mais, croyez-moi, ce n’est pas du tout dans ce sens que vont les choses aujourd’hui… Paritaire, vous avez dit paritaire ? Circulez, et vite fait, il n’y a rien à voir !

Alors, très vite, et quelque passion qu’il puisse avoir pour son métier, l’organisme de formation se trouve pris au piège : il lui faut ces fichues signatures ! Ce qui compte, ce n’est pas la qualité de la formation dispensée, qui peut être exceptionnelle ou nulle, peu importe, ce qui seul vaut, ce sont les signatures. Les organismes de formation perdent leur première raison d’être, la formation, ils deviennent des collecteurs de signatures. Et c’est pour eux question de vie ou de mort. Aussi simple que cela.

Et quand tu as peur de mourir, les grands principes… À partir de là, tous les petits arrangements deviennent plus ou moins possibles. Et cela, avec la complicité des stagiaires eux-mêmes ! Voire des entreprises, voire du système soi-même…

Tel stagiaire arrive en retard. Il signe, ou il ne signe pas ? Il a manqué une partie du cours, il ne devait pas signer. Oui, bon, mais ! Nous avons vu ce qu’il advient pour l’organisme s’il ne signe pas. Mais, patatras, pour le stagiaire, ce n’est pas mieux ! Pas de signature, pas de salaire ! Son entreprise le comptera comme absent ! Alors on signe ? On signe ! Mais n’y revenez pas !

Et le stagiaire qui doit partir plus tôt pour rechercher le petit dernier à l’école ? Ou qui doit s’absenter une demi-journée, parce qu’il y a une fuite d’eau chez un voisin dans son immeuble…

Et l’entreprise qui décide au dernier moment, que oui, tel de ses salariés devait venir en formation, mais justement, ce jour-là, il manque du monde, il lui faut garder le salarié à son poste de travail, et puis bon, pour les signatures, on s’arrangera, on rattrapera un autre jour, on verra bien…

Bien sûr, dans l’absolu, de telles dérives ne sont pas acceptables. Mais avouons que le système est tout de même, intrinsèquement, très « pousse-au-crime » !

Maintenant, me demanderez-vous, comment peut-il se faire qu’une entreprise qui a commandé une formation n’ait pas à cœur de rentabiliser l’argent investi dans sa commande, et de veiller à ce que ses salariés suivent réellement les formations prévues ?

Parce qu’encore une fois, l’ensemble du système est pervers. D’abord, on l’a vu, ce n’est pas l’entreprise qui paye directement la formation. Et la probabilité pour qu’elle se trouve finalement contrainte de payer ce qui a été commandé, mais non consommé, est voisine de zéro.

Mais le pire n’est pas là. Le pire est que l’entreprise n’a peut-être pas commandé la formation parce qu’elle avait besoin de cette formation, mais tout simplement pour répondre à son obligation légale de formation ! Alors ça, ou autre chose… Obligé de commander ? Bon, on commande. Obligé de consommer ? Plus difficile n’est-ce pas ! Consommer quand on n’a pas vraiment faim, de quoi couper l’appétit !

Et voilà pourquoi les remèdes suggérés par ces messieurs bien polis de la Cour des comptes n’ont aucune chance de produire aucun effet : plus de contrôles, plus de contrôleurs, plus dépenses… on ne va pas finir par mettre un contrôleur derrière chaque stagiaire et dans chaque salle de cours… et s’assurer qu’aucun stagiaire ne s’est endormi, ou ne joue à des jeux sur son téléphone portable, pendant que le formateur se déforme sous l’effort.

Pas de solution, en ce cas ? Bien sûr que si ! Une solution toute simple, qui ferait disparaître en un instant tous les gaspillages, toutes les nécessités de contrôle, tous les tripatouillages… et tous les rapports négatifs ! Supprimer l’obligation légale de formation des entreprises ! Les entreprises ne commanderaient plus que ce dont elles auraient réellement besoin, et ce pour quoi ses salariés sont réellement demandeurs et motivés !

Plus d’obligation légale ! Quelle horreur ! Ces vilains employeurs, ils ne verseraient plus un sou pour la formation de leurs salariés, qui seraient encore plus exploités !

Question mal posée. La vérité est que la formation nécessaire, personne ne s’en dispensera, ni les employeurs, ni les salariés. Ce qui disparaîtra, c’est l’inutile et le superflu. Et si vous croyez que la disparition de l’obligation légale ferait disparaître réellement une part significative de la formation professionnelle, c’est qu’inconsciemment, vous prêtez à cette activité une part non moins significative d’inutile et de superflu.

Avec cependant une information qui devrait tempérer certaines inquiétudes : les entreprises sont nombreuses à dépenser non pas autant que ce à quoi la loi les oblige, mais plus, parfois jusqu’au double, voire au triple ! Aujourd’hui, nombreux sont à faire ce constat : l’obligation légale n’apporte dans les faits, rien, strictement rien, à la formation professionnelle. Elle enrichit seulement une véritable armée parasite de contrôleurs inutiles, d’organismes « paritaires » (les OPCA cités ci-dessus) dont les modes de gestion sont à ce point op(c)aques, que la Cour elle-même, timidement, mais quand même… on ne se fâche pas avec le paritarisme, la Cour s’en émeut parfois, avec à la clé, pour les dirigeants de ces organismes des niveaux de rémunération qui, c’est vrai, forcent l’admiration. Mais l’intérêt pour la formation professionnelle en elle-même ? Nul, inexistant. Et tous les reproches qui lui sont faits proviennent de la même mamelle : la force injuste d’une loi superflue.

Quelque part sur les mers… février 2017

Les louves de la haine

Donc, c’est avéré, voilà désormais Donald Trump président des États-Unis.

Personnellement, je le dirais tout net, au risque de fâcher beaucoup de monde (famille, amis, lecteurs…) je l’avais souhaité, et donc, je m’en réjouis. Et j’entends ici m’en expliquer.

En effet, ceux qui me connaissent (un peu), et ceux qui me font l’amitié de me lire (un peu) s’en doutent bien : je n’éprouve a priori aucune sympathie particulière pour un milliardaire, lui-même fils de milliardaire, élevé depuis toujours dans un cocon milliardaire ; de plus, voilà que ce milliardaire devient en outre un homme politique, ce qui n’a rien pour améliorer mon opinion, car pour le dire simplement, je n’éprouve aucune sympathie pour aucun homme politique, quel qu’il soit. Mon opinion, vous la connaissez : la part la plus importante des malheurs du monde sont le fait d’un peu plus de deux cents organisations criminelles, qui se sont partagées la planète, au point qu’il n’est plus d’endroit pour leur échapper, et que pas raccourci sans doute, on appelle des états. Quand les peuples auront fini par le comprendre, ils tenteront, s’ils le peuvent, de faire des états ce qu’ils eussent dû être, c’est à dire des syndics de copropriétés, révocables à tout moment, et rien de plus. Bon, mais pour défendre un tel point de vue, il faudrait nettement plus que trois lignes, et j’y renonce pour le moment, ne retenant que ma conclusion : le Président Trump n’a rien de plus pour me séduire que le milliardaire Trump.

Ceci dit, première remarque : c’est peu de dire que Donald Trump concentre sur sa personne un niveau de détestation rarement égalé. Or, incontestablement, un individu détesté par autant de personnes dont nombre d’entre elles sont elles-mêmes hautement détestables ne peut être… complètement mauvais !

Par exemple, c’est vrai qu’entre l’étatiste, elle aussi milliardaire, archétype de cette nomenclatura mondialiste, Hilary Clinton, et un Donald Trump, qui a promis de s’en prendre à l’exécrable système dont est issue la première, et de faire vaciller son odieuse toute-puissance, j’ai préféré le second.

Est-ce que pour autant je crois qu’il fera ce qu’il a promis ? Qu’il en ait envie, c’est presque certain. Mais qu’il pourra le faire ? Voilà qui est beaucoup moins sûr. Et ce que nous observons qui se met en place chaque jour fait en effet craindre le pire !

Après tout, par principe, dans une démocratie, celui qui remporte une élection a forcément des opposants. Et la règle du jeu est que ces opposants auront à subir ce vainqueur le temps prévu par l’élection.

Mais là, nous constatons, une fois encore, une différence fondamentale entre un électeur de droite et un électeur de gauche.

Quand les élections sont remportées par des électeurs de gauche, l’électeur de droite se désole peut-être, mais il s’incline, rentre dans sa coquille, et attend patiemment ou même impatiemment, mais toujours sagement, les temps nouveaux de futures élections.

Parfois, on peut même considérer que ce comportement est poussé jusqu’à l’absurde : c’est par exemple le cas aujourd’hui dans notre pays, où un président qui n’a plus ni parti, ni soutien, ni quelque crédit que ce soit, n’est empêché par personne de poursuivre jusqu’à son terme son mandat.

Comportement qui tranche de manière définitive avec celui d’un nombre significatif des électeurs de gauche. Pour un électeur de gauche, en effet, le suffrage universel n’est acceptable que dans un seul cas : qu’il aille clairement dans le sens voulu par cet électeur de gauche. Et donc, si ce n’est pas le cas, tous les moyens sont considérés comme légitimes pour annuler les résultats du suffrage.

Le moyen le plus régulièrement utilisé pour annuler les effets d’un vote non souhaité est ce que l’on appelle le terrorisme intellectuel. C’est une méthode qui fonctionne parfaitement bien depuis presque un demi-siècle : les vainqueurs d’une élection, quand ils sont de droite, se trouvent tellement terrorisés par les électeurs de gauche, qu’ils se trouvent incapables d’appliquer quoi que ce soit de leur programme de droite. C’est bien ce que l’on observe : quel que soit le résultat de l’élection, c’est toujours un programme de gauche qui s’applique.

Mais désormais, il est acquis que les forces de gauche veulent aller beaucoup plus loin : l’objectif affiché est d’empêcher, par tous les moyens, y compris les plus dégradants, l’application du vote majoritaire. Il ne s’agit plus seulement d’empêcher le gagnant d’appliquer son programme, il s’agit de manière beaucoup plus radicale de l’éliminer, par exemple en le contraignant à la démission.

On m’objectera que le vote pour Trump n’a précisément pas été majoritaire. C’est un argument qui ne tient pas. La réalité est que pour gagner l’élection, Trump a utilisé son argent personnel, et non pas celui des autres. Et lorsqu’on utilise son argent personnel, et non celui des autres, on est fortement poussé à ne dépenser que le minimum ! Trump et son équipe ont travaillé « à l’économie », n’investissant réellement que pour les états prêts à basculer d’un côté ou de l’autre, et négligeant par conséquent ceux des états jugés perdus par avance. Il a donc négligé les états des milliardaires, perdus de toute manière (New York, Californie).

En réalité, pour le citoyen ordinaire, cette volonté de balayer les votes des citoyens ordinaires à quelque chose de désespérant.

C’est que les hommes de gauche ne sont pas seulement très nombreux, ils jouissent de moyens financiers ahurissants, sans commune mesure avec les moyens financiers des hommes de l’autre bord. Qui sont les hommes du système ? Des chefs d’entreprise, non pas champions de la concurrence, mais de la connivence, avec précisément cette autre famille, celles des politiques et hauts fonctionnaires.

De fait, l’immense majorité des milliardaires s’affiche de gauche. Cela s’explique : ces milliardaires auraient beaucoup à perdre avec ce qui serait un vrai gouvernement de droite, un gouvernement de droite qui appliquerait une politique de droite, et qui remettrait par conséquent l’individu au cœur de l’action, et ferait de la compétition loyale entre ces individus le moteur du progrès collectif.

C’en serait par exemple fini avec les tricheries de la société de connivence, connivence qui explique la fortune d’une majorité d’entrepreneurs aujourd’hui, et cela bien plus que leurs éventuelles compétences d’entrepreneurs.

De même en irait-il beaucoup moins bien pour les hauts fonctionnaires et les politiques : d’ailleurs, inutile d’épiloguer, ce sont les mêmes. Avec une constatation d’évidence : que feraient ces gens, dans un système privé, libre, et réellement concurrentiel ?

Autre catégorie de milliardaires, et loin d’être les plus pauvres, les acteurs de cinéma. Tellement milliardaires, qu’en ce qui me concerne, je ne suis jamais parvenu, je l’avoue, à réellement apprécier aucun d’entre eux, et que je les trouve tous plus ou moins insupportables. Vous me direz qu’ils sont les vainqueurs d’un système concurrentiel, et si tel était le cas, je changerais d’avis. Mais, pour une majorité d’entre eux, la réalité est bien différente : leur réalité, c’est celle d’une concurrence profondément faussée, une petite caste qui verrouille les bonnes places, et se les transmet de manière héréditaire. C’est vrai un peu partout dans le monde, mais c’est surtout vrai en France, où le système se trouve verrouillé de fait par les subventions administratives.

En vraie situation de concurrence, ces gens-là gagneraient ce qu’ils méritent, c’est-à-dire beaucoup moins. Ils le savent, ou tout au moins, ils s’en doutent, ce qui explique leurs vertueuses indignations…

Viennent ensuite ce qu’on pourrait appeler les profiteurs secondaires : pas nécessairement riches, mais tous abonnés à la « gamelle ». Il s’agit par exemple de la presque totalité des médias, tenus en laisse comme des caniches de foire, par la connivence de l’argent.

Cela fait bien du monde, beaucoup d’argent, beaucoup de moyens.

Il y a plus : aujourd’hui, nous découvrons que le terrorisme de gauche est aussi un terrorisme féministe. C’est un fait.

Un terrorisme honteux : par exemple, ce qui est reproché à Trump, ce sont des indiscrétions de vestiaires ! Quand on écoute aux portes des toilettes, la courtoisie et le respect humain dictent d’oublier aussitôt ce que l’on n’aurait pas dû entendre, et surtout de se garder de le répéter. Il faut d’ailleurs une fameuse dose d’ignoble impudeur pour agir d’une autre manière.

Mais ces dames, sans honte, montent au créneau, comme un seul homme… on voudrait toucher à « leurs droits » ! Quels droits ? Au hasard, l’avortement ! La vérité est pourtant que l’on peut en même temps reconnaître que sur ce sujet chaque femme a le droit de décider, et en même temps souhaiter que tout dans la société soit mis en œuvre pour qu’il puisse y avoir pour chacune un réel choix, y compris en faveur de ne pas avorter. Défendre un tel point de vue ne porte en rien atteinte aux « droits » de qui que ce soit.

Les défilés de la haine auxquels nous avons assisté, abondamment et complaisamment relayés par toutes les forces de presse, n’honorent guère les participantes, surtout si l’on se souvient, que dans le même temps, l’ignoble, le monstrueux, l’indicible martyre de milliers et de dizaines de milliers de femmes chrétiennes, yézidis, et de tant d’autres minorités, réduites en esclavage, torturées, violées, sacrifiées n’ont pas arraché à ces manifestantes une larme, ni même un soupir, ou le moindre reproche. Mieux, ou plutôt pire, ces mêmes femmes n’hésitent pas à afficher une solidarité de fait avec les bourreaux musulmans qu’elles osent prétendre : « minorités menacées » et qu’il faudrait défendre ! Quoi qu’on en pense par ailleurs, les musulmans, plus de 110 pays totalitaires dans le monde, dont certains parmi les plus riches de la planète, réellement menacés ? Par qui ? Besoin qu’on les défende ? Farce hideuse !

Certaines égéries plus furieuses que les autres, qui se coiffent de bonnets, au message, nous l’avons vu, issus de secrets de toilettes, gagneraient du temps et de l’objectivité à se voiler sans attendre que leurs protégés théoriques et leurs alliés objectifs ne finissent par le leur imposer… Et c’est d’ailleurs ce que certaines n’ont pas hésité à faire ! Le port choisi du voile islamique fait ainsi tomber les masques !

Et tous ces gens-là (femelles et mâles), dont je viens de réciter le chapelet, détestent Donald Trump ? Voilà qui n’est certes pas suffisant pour m’en faire un « inconditionnel », mais de nature tout de même à me donner, je le confesse, un a priori quelque peu favorable ! Affaire à suivre, comme on dit quand on ne veut pas réellement conclure…

Puerto Lindo, 25 janvier 2017

Quand l’observation du monde animal conduit à l’optimisme…

Dans plusieurs billets précédents[1], j’ai essayé de montrer que le monde animal, dans son immense majorité, se montrait naturellement xénophobe (ce qui est au fond assez prévisible, un groupe animal non xénophobe serait en fait voué à une rapide disparition) et que l’animal humain n’avait aucune raison d’échapper à cette règle commune. La xénophobie chez l’humain se déclinant facilement en ce que l’on désigne par le terme racisme. J’ai montré aussi que la xénophobie (et donc le racisme) est un concept plus compliqué qu’il ne paraît : si la méfiance envers « l’étranger » paraît innée, la définition même de cet étranger est au contraire « acquise », et cela pour toutes les espèces.

Par exemple, chez la plupart des oiseaux nidifuges, c’est très simple, le premier être vivant observé après l’éclosion de l’œuf sert de modèle définitif au référentiel « mon espèce à moi », et cela y compris s’il s’agit d’un oiseau, ou même d’un animal d’une autre espèce, la nôtre y compris : un oison qui juste après sa naissance découvre Konrad Lorenz auprès, sinon de son berceau, du moins de sa couveuse, croira toute sa vie faire partie de la même espèce que Konrad[2], au point de se montrer plus tard incapable de s’accoupler, les partenaires sexuels de l’espèce oie n’étant même pas envisagés, et Konrad (ou n’importe quel autre individu de la même espèce que lui) pouvant jouer plus ou moins le rôle de mère, mais dépourvu de toute capacité pour celui d’amant ou d’amante…

Un parcours un peu plus compliqué chez les mammifères, mais avec des résultats finalement assez proches. Si bien que l’on peut en conclure au « racisme » naturel de tous les mammifères, humains y compris, à condition de bien comprendre que ce racisme ne s’exerce pas nécessairement en faveur d’individus effectivement de la race de l’individu concerné (et en défaveur de tous les autres), mais en faveur d’individus ressentis ou pour mieux dire encore, « appris » comme tels.

Voilà qui explique, mieux que tous longs discours, bien des comportements, et notamment celui d’une classe oligarque occidentale, politiques, hauts fonctionnaires, et leurs féaux commensaux, réputés artistes ou journaleux : contrairement à ce qu’ils prétendent ou croient eux-mêmes, ces gens sont exactement aussi instinctivement racistes que tous les autres humains, mais, par suite d’apprentissages sans doute commencés dès leurs berceaux toujours luxueux, continués au sein d’écoles élitistes et protégées et de carrières à fort potentiel économique, ils détestent de fait tout ce qui devrait constituer leurs racines naturelles, et sont, véritablement instinctivement, en complète harmonie avec tout ce qui va dans le sens de la destruction de ces mêmes racines. Bien plus racistes, de fait, que les pires racistes qu’ils dénoncent.

C’est que, si « supérieurs » soient-ils ou se croient-ils, ils n’en sont pas moins des oies, comme tous les autres humains, des oies prisonnières de leurs apprentissages initiaux, comme tous les autres êtres humains (vous et moi y compris). Mais la différence est que leurs apprentissages les ont toujours soigneusement écartés de tout contact avec la réalité partagée par le « commun », leurs camarades « sans dents » et tous autres manants.

Commun, camarades sans dents et manants dès lors ressentis comme espèces étrangères, rendant non seulement toute espèce d’accouplement futur inenvisageable, mais même toute forme de dialogue, d’empathie, de compréhension, ou même de pitié. Au contraire, réflexe instinctif de révulsion poussant rapidement à des comportements haineux.

Haine qui s’étend à l’environnement et aux sources de ce commun honni : ses racines chrétiennes, son sens de la famille, élargi à celui de patrie, ses valeurs de travail, son goût pour l’individu et la liberté individuelle, et que sais-je encore…

Mais au contraire, passion instinctive pour tout ce qui menace ces racines : les étrangers en général et les islamistes et autres musulmans en particulier, mais aussi les pires tyrans psychopathes de la planète, sous réserve que ces derniers aient eux aussi exprimé les mêmes haines qu’eux.

Voilà expliqués nombre de comportements qui peuvent surprendre l’observateur : François Hollande, Ségolène Royal et autres Mélenchon, par exemple, n’ont pas besoin de réfléchir pour exprimer leur amour et leur admiration pour Fidel Castro : comme ses oies courraient derrière Konrad, ils suivent leur instinct. (Comme c’est la période de Noël, et que je ne veux faire de peine à personne, j’ai retiré le Pape de ma liste précédente…) Les mêmes, ou tant d’autres, tels Angela, de ce côté-ci de l’Atlantique, ou Barak de l’autre, n’ont pas besoin de puissants raisonnements, pour se montrer incapables de dénoncer l’Islamisme des bourreaux de l’Occident (et donc incapables d’envisager de nous protéger d’eux), ils réagissent d’instinct.

Question : existerait-il un traitement qui pourrait guérir les oies Konradisées, et les reconditionner, pour leur permettre, même après traitement long et difficile, de finir par comprendre qu’on leur a menti, qu’elles sont finalement des oies, et que leur bonheur passe par une acceptation de leur condition d’oie, et un accouplement avec un partenaire, certes d’un sexe opposé, mais d’une espèce identique ? Il semble bien que la réponse soit négative.

Et, de toute évidence, ce qui vaut pour les oies n’a aucune raison de ne pas valoir tout autant pour les humains. Et c’est en effet ce que nous montre la simple observation de la classe oligarque décrite ci-dessus.

C’est donc tout simplement folie d’attendre quoi que ce soit de bon de ces gens-là. Mais la formidable bonne nouvelle, ainsi que nous l’explique toujours à sa manière excellente l’excellent Charles Gave[3], c’est qu’a priori, et cela de chaque côté de l’Atlantique, les peuples (la populace, comme ils disent), sont en train de le comprendre. Élection de Donald aux États-Unis, élimination d’Alain en France, sérieuses fessées données à l’eurocratie, en Angleterre d’abord, puis en Italie… En Allemagne, Angela qui se met à tousser : il y aurait des réfugiés qui ne seraient pas gentils… Les oligarques découvriraient-ils que les sans dents et tous les autres ne sont pas complètement sans voix ? Prêts à donner les leurs à de misérables « populistes » ?

Dites-moi, c’est quoi un populiste ? Je vous propose cette définition : toute personne qui obtient un minimum de succès électoral, sans pourtant appartenir à la « caste ». Une personne que le réflexe de caste conduit à haïr, dénigrer, insulter, mépriser…

Bien entendu, rien ne prouve de manière certaine que les populistes feront mieux que les oligarques. Mais pour les oligarques, nous savons parfaitement à quoi nous attendre : non seulement confiscations de nos biens et de nos richesses, mais plus sûrement encore, abandon de nos patries aux pires des envahisseurs. Et force est de reconnaître que pour les populistes, on peut au minimum leur laisser le bénéfice du doute.

Le bénéfice du doute ? Des deux côtés de l’Atlantique, la caste oligarque tremble ! La populace pourrait-elle leur échapper ? Et si un tel accident se produisait, cela pourrait-il aller jusqu’à une remise en cause de tant de situations pourtant si confortables, de passe-droits jamais dénoncés, d’avantages si habilement déguisés… La caste tremble, et franchement, je me répète, voilà qui me fait envisager l’année 2017 avec beaucoup d’optimisme !

Paris, 22 décembre 2016

[1]« Je suis xénophobe… » :  http://michel-georgel.com/cestadire/2016/09/14/je-suis-xenophobe-moi-non-plus/

« Ce que nous disent les animaux » : http://michel-georgel.com/cestadire/2016/11/25/ce-que-nous-disent-les-animaux/

[2] Pour une information sur Konrad Lorenz et ses oies : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oies_de_Lorenz

[3] Voir « la fin d’une année épique » : http://institutdeslibertes.org/la-fin-dune-annee-epique

 

Ce que nous disent les animaux !

Je continue de penser que nous n’observons pas assez le monde animal, et que ce dernier est pourtant en mesure de nous apprendre tellement sur nous-mêmes. Sommes-nous d’ailleurs nous-mêmes finalement autre chose que des animaux  ?

Dans un précédent billet, je montrais que la xénophobie est une constante du monde animal ; ce qui m’a valu plusieurs courriels peu amènes, mais non moins utiles, puisqu’ils m’ont conduit à prolonger ma réflexion.

D’une façon générale, ces courriels ont eu en commun de me reprocher une sorte d’apologie du racisme, mot que je n’avais pourtant pas utilisé. Mais de la xénophobie au racisme, je reconnais que la frontière est mince, et je veux bien en assumer l’accusation.

D’une façon globale, les animaux sont systématiquement « racistes », mais une question se pose : racistes, mais pour qui, ou contre qui ?

La réponse semble évidente : être raciste, c’est préférer les gens de sa race.

Cela semble évident, mais à l’analyse, on s’aperçoit que c’est loin d’être aussi simple.

En effet, si la tendance xénophobe semble bien universelle et innée, le sentiment d’appartenance à une race ou une espèce est lui, clairement acquis. En clair, les animaux ne savent pas en naissant à quelle espèce ils appartiennent, ils doivent l’apprendre. Et donc, il peut fort bien se produire que l’apprentissage soit « faussé » et conduise à des erreurs.

Par exemple, on observe chez la plupart des oiseaux, le phénomène de l’empreinte. De quoi s’agit-il : un oiseau nidifuge aura tendance, et cela pour le restant de ses jours, à croire qu’il est de l’espèce du premier être vivant qu’il découvrira après l’éclosion de l’œuf natal.

Le spectacle du grand Konrad Lonrenz suivi de son troupeau d’oies qui ne le quittaient pas « d’une semelle » a marqué les esprits et les mémoires : ayant découvert l’éthologiste en premier lors de leur entrée dans le monde, les oisons se sont irrémédiablement identifiés, sinon comme de brillants éthologistes, du moins comme d’authentiques humains.

Avec une conséquence à laquelle vous ne vous attendriez peut-être pas, et qui, à mon avis tout au moins, vient ternir l’image que l’on peut avoir du savant prix Nobel : ces pauvres animaux, trompés sur la réalité de leurs origines, se sont révélés, à l’âge adulte, définitivement incapables de s’accoupler et de reproduire… s’accoupler avec une oie… mais vous n’y pensez pas !

Le phénomène de l’empreinte s’observe-t-il aussi chez les mammifères ? Plus ou moins, mais complété par un autre, appelé « socialisation », que l’on peut à peu près résumer ainsi : pendant une période, dite précisément de « socialisation », un jeune animal considérera, sinon comme de son espèce, du moins comme d’une espèce non hostile, voire amie, toutes les espèces des individus qu’il aura rencontrés pendant cette période. Après la période de socialisation, c’est fini, la porte est fermée.

Par exemple, un chien qui n’aurait jamais rencontré d’être humain pendant sa période de socialisation (avant six semaines environ) ne pourra plus jamais entretenir avec les humains de rapports « normaux ». Et si votre chien ne poursuit pas les chats (ou les poulets), vous pouvez tenir pour certain que dans son immense sagesse, l’éleveur lui a fait rencontrer entre le moment où il a commencé d’ouvrir les yeux et ses six semaines, au moins un chat (ou un poulet…).

Si ce n’est pas le cas, les choses seront beaucoup plus difficiles, pour les chats, bien sûr, mais plus encore pour les poulets, qui n’ont pas, comme les chats, la possibilité de se réfugier en haut des arbres quand ont les poursuit de manière agressive.

Et pour nous autres, les humains, de l’espèce (qui se croit) tellement supérieure ?

Il est certain que la plus grande complexité de notre système de connexions neuronales nous rend possibles des apprentissages plus tardifs que ceux de l’empreinte ou de la socialisation. Pour autant, nos mécanismes d’identification, ou donc d’attirance ou de rejet s’observent bien comme les comportements vestiges du comportement animal.

C’est d’ailleurs la seule manière d’expliquer et de comprendre certains comportements, autrement parfaitement incompréhensibles.

Prenez par exemple le cas des oligarques de nos sociétés occidentales, et de leurs vassaux journalistes et autres intellectuels. Tous professent leur horreur du racisme, leur passion pour les droits de l’homme, leur respect pour les femmes et tout ce que vous voudrez. Pourtant, le martyre continu des chrétiens ou des yézidis dans les pays arabes ne leur arrache pas une larme, pas plus que la conduite des tortionnaires ne semble réellement les indigner. D’ailleurs, ces mêmes tortionnaires, quand ils agissent, non plus aux portes de Jérusalem, ou en lointain Irak, mais chez nous, dans nos villes et nos cités, frappant nos propres familles, provoquent chez eux d’abord un réflexe de défense… mais de ceux que le plus simple bon sens, voire le réflexe de survie, devrait conduire à considérer comme des ennemis, avec les refrains tellement systématiquement entonnés qu’ils en deviennent usés, du genre « pas d’amalgame » ou encore « l’Islam, ce n’est pas cela »…, et tout ce que vous voudrez du même genre.

C’est ainsi qu’on découvre, qu’en l’espèce, le raisonnement compte pour rien. Cette caste sociale a subi une empreinte, qui la conduit à détester ses racines judéo-chrétiennes occidentales, lui préférant tous les exotismes, y compris les plus indéfendables. Et ce que l’on constate, c’est que cette « empreinte » se révèle définitivement la plus forte.

Les oies mal empreintes ne s’accoupleront jamais. Une certaine classe sociale, en Occident, ne se réformera jamais. Les sans-dents, et tous ceux que cette classe dénomme pour mieux la distinguer d’elle, « populace » doivent apprendre à se le tenir pour dit, une fois pour toutes.

25 novembre 2016

Je suis Xénophobe. Moi non plus.

L’immigration, une chance pour la France, recevoir l’autre, être ouvert à l’autre… Refuser le « repli identitaire »… Racisme, période sombre de notre histoire,

Et gna gna gna, et gna gna gna. Ça fait seulement quarante ans qu’on nous refraîne les mêmes refrains. Soûlé.

Il y a pourtant déjà cinquante ans, l’éthologiste Irenäus Eibl-Eibesfeldt notait certaines spécificités communes à presque toutes les espèces.

À quiconque observe superficiellement, les êtres sauvages paraissent aller où bon leur semble, au hasard de leurs fantaisies. Mais il n’en est rien.

De très nombreux animaux sont territoriaux et vivent confinés au sein d’un territoire qu’ils défendent et quittent d’autant moins volontiers qu’ils sont farouchement agressés quand ils pénètrent un territoire qui n’est pas le leur.

Tous les animaux territoriaux, et même ceux qui ne le sont pas, font preuve d’un comportement xénophobe : c’est véritablement un comportement universel ; l’étranger, le nouveau venu, provoque systématiquement fuite ou attaque, ou tout au moins, et dans tous les cas, la plus extrême méfiance. Ce comportement apparaît très tôt, dès six à neuf mois chez l’humain.

Cela ne signifie d’ailleurs pas du tout que « l’étranger » se trouve définitivement écarté, et ne puisse s’intégrer, à condition de consentir pour cela les efforts nécessaires. En effet, la plupart des espèces sont exogames, c’est-à-dire que les individus marquent une préférence marquée pour des accouplements avec des individus étrangers au groupe originel. Chacun conviendra qu’un accouplement exogame implique nécessairement, peu ou prou, un contournement de la xénophobie naturelle.

La seule explication rationnelle à un comportement universel est que ce comportement soit le mieux approprié à la survie de l’individu, du groupe, de l’espèce. On peut donc avancer qu’un comportement xénophobe est nécessaire à la survie de l’individu, du groupe, de l’espèce. Et qu’en l’absence de ce comportement, l’individu, le groupe, l’espèce sont condamnés à la disparition. Il n’est même pas nécessaire que le comportement disparaisse, il suffit qu’il s’affadisse.

Si la cause est entendue pour le monde animal, il est plus qu’à prévoir qu’on nous répondra que les humains précisément ne sont pas animaux, et que ce qui vaut pour les seconds ne saurait être étendu à notre espèce.

Et c’est en effet ce que l’on peut vérifier : la xénophilie semble bel et bien une spécificité humaine.

La xénophilie semble exister chez l’humain, mais est-ce tout compte fait un avantage ou un inconvénient ?

Dans son dernier ouvrage, dont la lecture est une obligation pour tout honnête homme, c’est à dire pour quiconque entend résister aux hurlantes médiatiques, Eric Zemmour fait très justement remarquer que les Amérindiens, avant même de se trouver décimés par les armes à feu et la rougeole de leurs envahisseurs occidentaux, ont originellement et définitivement condamné leur futur, par perte et aliénation du sentiment xénophobe, qui les a conduits à porter assistance à de misérables migrants, hâves, épuisés, affamés, parvenus jusqu’à leurs côtes sur les esquifs les plus improbables.

Le sentiment xénophobe s’est trouvé à ce point affadi que les oligarchies locales, aztèques d’abord, mayas ensuite, ont délibérément choisi de s’allier avec ces migrants en haillons pour se suicider les unes les autres, avec l’extraordinaire résultat que l’on sait.

À cet aveuglement des oligarques, on peine à trouver des excuses : les migrants ne prenaient même pas la peine de déguiser leurs intentions perverses. À l’évidence, criminels endurcis, assassins frénétiques, voleurs et rapaces, aussi crasseux que profondément antipathiques, autant misogynes que volontiers violeurs, abhorrant toute forme de travail, ils s’affichaient les croyants d’une religion dont à l’évidence ils ne connaissaient que les bribes les plus minables et les plus extrêmes, mais qui constituait pour eux, plus qu’un alibi à leurs crimes, la nourriture même de leurs fureurs. Des individus à l’évidence infréquentables, que la sagesse eût dû dicter de remettre à la mer, avec ou sans esquifs, mais le plus vite possible.

Si la méfiance xénophobe avait agi convenablement, les conquistadors auraient été sagement exterminés, ou à la rigueur, après avoir été prudemment désarmés, parqués dans des espaces soigneusement limités, le temps de refaire leurs forces et leurs bateaux, avant d’être très fermement invités à revenir d’où ils étaient venus, ce qui eut de fait épargné la vie de millions d’innocents autochtones, et ménagé le destin de plusieurs civilisations essentielles dont il ne reste plus que les cailloux pensifs.

Toute ressemblance avec une histoire plus actuelle serait bien sûr le produit du plus grand des hasards. On n’y songe même pas !

D’ailleurs, nos oligarques modernes ne cessent de le répéter : la xénophobie, c’est mal, nos migrants à nous sont d’innocents réfugiés, leur religion n’est pas réellement leur religion, leur invasion est notre chance, et tout va très bien dans notre monde rose et socialiste.

Maintenant, à qui s’intéresse de près à ce que l’on peut savoir des civilisations précolombiennes, une question se pose : avons-nous joué dans le processus de leur effroyable destruction le rôle que nous nous attribuons ? Ou bien ces civilisations, avec ou sans nous, n’étaient-elles pas déjà en train de périr, d’elles-mêmes, de leurs vices internes et notamment d’une effroyable corruption de leurs oligarchies ? Avons-nous été l’agent du destin, ou seulement un simple prétexte accélérateur ?

L’économiste Charles Gave dans un billet daté du 5 septembre, dont il faut également recommander la lecture, note que les douze mois qui viennent (onze donc aujourd’hui), il va se passer un nombre si important d’évènements qu’il pourrait bien se faire que la face du monde en soit profondément perturbée : élections en Autriche, qui pourraient se trouvées suivies d’une importante recomposition politique de cette région du monde, référendum à haut risque en Italie, élections américaines, bien sûr, élections aux Pays-Bas avec victoire possible sinon vraisemblable d’un parti aux principes incompatibles avec l’Europe… et quoi encore ? Vous proposez les élections en France ? Aucun intérêt, aucun impact à prévoir démontre l’auteur : la France a depuis longtemps cessé d’être maîtresse de son destin ! On pourrait ajouter : aucune importance, parce qu’en outre tous les candidats, tous, sont issus du même sérail, nourris au même lait, princes de la même oligarchie. Marine, diront certains ? (Pour ou contre, peu importe !) Marine, comme les autres ! Ne défend-elle pas, comme les autres, avec la même conviction que les autres, que l’Islam est compatible avec la République ?

Les conquistadors annonçaient clairement leurs intentions : ils arrivaient avec leur Dieu, qu’ils entendaient bien imposer à tous ! Un Dieu que le comportement de ses serviteurs ne rendait pourtant pas particulièrement sympathique. Mais rien n’y a fait.

Nos migrants annoncent tout aussi clairement leurs intentions : ils viennent avec Allah, pour imposer Allah. Les seules différences entre eux, c’est que certains sont plus pressés que d’autres. Mais pour tous, l’objectif final est le même. Et Allah commande l’inégalité des hommes et des femmes, des musulmans et des non-musulmans, la chasse aux sodomites, et autres joyeusetés du type lapidations, pendaisons, égorgements… Compatible avec la République, Marine ? Paris vaut bien une messe, a défendu un roi, le Pouvoir vaut bien ce qu’il faut de soumission ?

Nous sommes en guerre, nous serinent nos oligarques ! Ah bon ? La guerre, c’est quand on a un ennemi, et que par tous les moyens, on cherche à le réduire. En tuant s’il le faut. Des gens pour nous tuer, ça oui, il y en a. Des gens pour nous faire la guerre, ça oui, ils existent. Mais nous, nous tuons qui ? Personne, nous faisons des procès ! Mais en guerre, on ne fait pas de procès. On fait des prisonniers, si on peut, et on tue, si on ne peut pas. Parce que les lois de la guerre, c’est très simple : chaque ennemi qu’on tue, c’est un ami qu’on sauve. On ne peut pas tuer nos ennemis, nous dit-on, y compris ceux qui se déclarent tels, et ceux qui se disent leurs amis, nous sommes dans un état de droit. « Le Fair-play, c’est quand on gagne », me disait mon professeur de judo, au temps de ma jeunesse. Les procès, l’état de droit, c’est quand on a gagné. Sinon, on perd.

Bon, je sais, vous allez discuter, défendre ceci, argumenter cela… on va discuter, en vain, puisque pour finir, chacun restera persuadé qu’il a raison.

J’abandonne le débat et retourne dans ma brume, non sans répéter ce qui était mon point de départ et qui n’est gère contestable : l’immense majorité des êtres vivants montre un sens aigu de la propriété privée, et fait preuve d’un niveau élevé de xénophobie. Et ceux pour lesquels il n’en est pas ainsi n’existent pas ou disparaissent. La xénophobie, le souci de protéger son espace vital, ce n’est ni mal, ni bien. C’est naturel.

Et c’est seulement une question de survie.

Petite question avant de nous quitter : est-ce que cette simple information ne me met pas hors-la-loi dans mon propre pays ? Je ne sais pas. Mais décidément, il est temps que je retourne dans la brume…

Paris, le 14 septembre 2016

nota :

  • article de Charles Gave : http://institutdeslibertes.org/au-boulot/
  • Philippe Zemmour : Un quinquennat pour rien, chroniques de la guerre de civilisations, Albin Michel (disponible aussi en version numérique)

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

C’est pas eux, c’est Toto !

Vous connaissez le « contrat » de ce site : ne dire que ce qui ne semble pas être dit ailleurs. Et ce qui me semble dit ailleurs… partout, est que les attentats que nous subissons sont en rapport direct avec Daech.

Il a osé le dire !

Le petit représentant de commerce qui a pris ses quartiers à l’Élysée a fait le voyage vers Rio, pour défendre la candidature de Paris aux prochains Jeux olympiques.

À mon avis, un voyage sans doute bien inutile. Déjà fortement endettée et sur la voie royale d’un alourdissement toujours plus abouti de ce niveau d’endettement, Paris, après Rio, capitale d’un pays lui-même au bord de la ruine et de l’éclatement social, dirigé par un gouvernement socialiste, c’est-à-dire le mieux apte à présenter des comptes truqués, mensongers et tout en trompe l’œil, Paris présente bien toutes les bonnes caractéristiques pour succéder dignement à Rio. Inutile donc d’en rajouter.

Certes, un représentant de commerce, même de salades olympiques, n’a pas de raisons intellectuelles pour être précisément un parangon de vertu, ni même un champion de morale et d’honnêteté, mais tout de même ! Il devrait de lui-même se donner certaines limites à ses boniments.

Par exemple, venir se vanter de la capacité de la France à assurer la sécurité de grands évènements, passant du même coup Nice à la trappe, même un forain de foire aurait hésiter.

À ce point que pour bien élevés qu’ils puissent être, ses interlocuteurs ont tout de même noté la monstrueuse imposture.

Pas démonté pour autant le petit bonimenteur commercial ! On ne va tout de même pas punir la France parce qu’elle est aujourd’hui la victime du hasard Daech ! Nice, c’est Daech, et Daech, c’est l’ennemi du genre humain ! L’ennemi du genre humain, ça frappe n’importe où ! Aujourd’hui la France, demain, n’importe quel autre pays !

Mais non !

Mais non !

D’abord parce que, et c’est bien ce qui justifie cet article, Daech n’y est pour rien.

Rien ne prouve, malheureusement qu’il en sera toujours ainsi, et il serait raisonnable de craindre que tôt ou tard se verront animer, de manière coordonnée et donc terrible, les « soldats dormants » de l’organisation criminelle, « soldats dormants » que nous ne cessons d’accueillir en toujours plus grand nombre, d’entretenir, de soigner, financer… Les Français semblent l’ignorer, mais depuis ses revers, Daech ménage ses forces et a donné l’ordre à ses agents dormants de ne plus s’exposer inutilement et de se conserver pour une action globale future : la vérité est donc aussi crue que cela, les auteurs des récents attentats ne sont donc pas des agents de Daech !

Ce n’est pas Daech qui crée les voyous sanguinaires, mais c’est exactement le contraire, ce sont les voyous sanguinaires qui créent Daech.

Au plus, Daech sert-il de catalyseur mental à des cerveaux immatures et non formés, offrant une soupe débile certes, mais suffisante pour fournir à des neurones en peine de structure et de structuration, une double raison de vivre et de mourir.

N’importe où ? Certainement pas !

Non, monsieur le petit représentant, le terrorisme débile ne frappe ni au hasard, ni n’importe où.

Pour frapper, il lui faut un terreau profond de manques, de dénis, de reniements, de lâchetés, de renoncements, de mensonges, d’hypocrisie, de connivences honteuses…

Cela commence par un modèle familial perverti, qui encourage tant par le mauvais exemple que par une organisation sociale volontairement destructive, des familles trop nombreuses désertées par les pères : le premier point commun à tous les tueurs européens de ces derniers temps ! Le mauvais exemple ? Ne détournez pas les yeux, monsieur le représentant de commerce ! L’organisation sociale ? Vous et les vôtres n’avez jamais cessé d’agir pour la destruction des familles, les fragilisant tant par une chasse impitoyable à toutes valeurs morales que par des systèmes d’imposition toujours plus lourds.

Et puis, la grande valse destructive continue avec votre école, ou des instructeurs systématiquement sans cravates, le plus souvent n’importe comment fagotés, sont au mieux compris comme des clowns aussi vains qu’inoffensifs, au pire comme des ennemis à mâter. Beaucoup de femmes, très peu d’hommes. Mais au fond peu importe : majoritairement de gauche, il n’y a que cela qui compte.

Et, donc très logiquement, on continue par la case justice… où le seul mur que rencontrent les apprentis tueurs est celui des cons… tout ce qu’il y a de plus inefficace pour dissuader les vocations ! Beaucoup de femmes, très peu d’hommes. Mais au fond peu importe : majoritairement de gauche, il n’y a que cela qui compte.

Ce n’est malheureusement pas tout ; il faudrait ajouter l’incompétence ou le manque de directives des services chargés de la protection publique ; le culte du mensonge, érigé en mode normal de communication, pratiqué tant par l’ensemble de la caste politique que par celle de ses cerfs, la caste médiatique, qui fait que le citoyen ordinaire censé ne croit plus rien, ni personne ; une société profondément émasculée, sinon en esprit, du moins en moyens, qui abandonne aux seuls tueurs le monopole de la violence : à Nice, on a bien observé quelques héros certes courageux, mais… désarmés, et donc inefficaces ; et pour achever de plomber tout cela, une immigration aussi peu maîtrisée qu’assumée.

Le terrorisme débile ne frappe pas n’importe où, mais prioritairement dans les pays où des décennies de pensée gauchiste ont pourri jusqu’à leurs racines, structures, institutions… Beaucoup l’Europe, un peu les États-Unis, et prioritairement, la France.

Bien sûr qu’il faudrait, enfin, liquider une fois pour toutes ce nid de vipères qu’est Daech ! Par respect ou par pitié pour les chrétiens martyrisés, et les femmes mises dans les pires esclavages. J’ai dit liquider, et cesser de faire semblant.

Mais en ayant l’honnêteté de reconnaître que pour notre sécurité intérieure, cela n’améliorera rien ! Ce sera même sans doute pire, car les vipères, dispersées, n’en seront que plus dangereuses. Nous aurons toujours, parmi nous, les mêmes cerveaux dérangés, mûrs pour les causes et les mots d’ordre les plus extrêmes, aujourd’hui Daech, certes, mais demain, n’importe quoi d’autre. Non, si nous voulons guérir, nous ne pourrons faire l’économie de sérieuses remises en ordre ! Redonner leur place à ces valeurs tant détestées par la pensée gauchiste, qui s’appellent courage, vertu, morale, discipline et fermeté. Désigner ce que par raccourci j’appelle « pensée gauchiste » pour ce qu’elle est : une pensée destructive et mortifère, et qui doit être combattue, partout, tout le temps, et sans quartier !

Voilà pourquoi prétendre que la France serait attaquée parce qu’elle serait forte relève de la farce ignominieuse. Attaquée parce qu’elle est faible ? L’évidence. Mais dite par des gens qui ont concrètement, durablement et fortement contribué à cet affaiblissement… rien de beaucoup plus encourageant !

Les maîtres ont les valets qu’ils méritent, et qui souvent les dépassent en ignominie intellectuelle ; tel est le cas du petit représentant, dont le premier commis, l’énervé de Matignon, a osé : si la France est attaquée, c’est qu’elle a le sens des valeurs ! Suit un salgimondis de charabia aussi insipide que verbeux, qui suffit à démontrer que les « valeurs » sont aussi étrangères à l’énervé que le respect des autres religions l’est à l’islam.

Les deux compères partagent de manière qu’il faut reconnaître admirable la capacité d’évacuer par avance toute idée d’examen de conscience. « C’est pas eux, c’est Toto ![1] »

Le commandant d’un bateau se sent responsable de tout ce qui se passe sur son bateau, même quand il dort, et si plusieurs de ses passagers meurent, même pendant qu’il dort, il ne lui viendrait pas même à l’esprit de s’en exonérer toute responsabilité.

C’est peut-être cela qui distingue finalement les vrais patrons des pitres de pédalos.

Paris, 14 août 2016

[1] Voir billets précédents :

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Toto ou Daech ?

Le moteur du camion furieux de Nice n’était pas coupé, qu’on nous l’annonçait : on l’avait démasqué, c’était Daech ! Ah bon ?

Vous souvenez-vous de mon avant-dernier article ? « C’est pas moi, c’est Toto ! »

Allez ! Je vais essayer de me résumer moi-même (se résumer soi-même, plus difficile qu’on ne le croit d’ailleurs). J’essayais de démontrer que ce n’est pas en dehors de nous qu’il faut rechercher la source de nos malheurs, mais en nous ! Nous d’abord. La méchanceté de nos ennemis (absolument certaine), la nullité de nos dirigeants (évidente), ce ne sont que des alibis ! Si moi, si toi, si nous tous étions sûrs de ce que nous sommes, si nous étions fermes et déterminés, nos ennemis auraient trop peur de nous pour nous attaquer, et nos dirigeants ne seraient ni ce, ni ceux qu’ils sont !

Et je concluais : « c’est pas la faute à Toto. C’est la mienne ! »

Pourquoi Toto ? Pour le coup, je vous renvoie à mon billet : je radote assez comme cela naturellement, je ne vais pas en plus me répéter !

Et bien voilà, il n’y a pas eu à attendre longtemps, et c’est déjà reparti.

Un cinglé dépressif et solitaire se procure un poids lourd qu’il n’a même pas volé, mais loué comme un banal péquenot, et reste garé pendant plus de neuf heures à proximité d’un lieu festif qui va réunir plusieurs milliers de braves gens, et qui devrait donc faire l’objet de toutes les sécurisations possibles : voilà que n’attire l’attention de personne ; il franchit un barrage de sécurité, toujours sans violence, en demandant gentiment et sagement une permission qu’on lui donne sans discuter. Il slalome ensuite tranquillement sur plus de deux kilomètres d’humains, sans qu’il se trouve un seul de tous ces « spécialistes » engraissés de nos impôts contribuables pour lui mettre enfin quelque chose dans la tête. Enfin si, une femme, finalement, se résoudra à faire ce pour quoi je ne sais combien de ses collègues étaient payés. Ce dont il faut paraît-il, se réjouir deux fois, une fois parce que le cinglé ne fera plus de mal à personne, et une seconde, parce que tué par une femme, il n’ira pas au paradis, et ne sera pas récompensé de je ne sais plus combien de vierges.

Dans un pays normal, avec un environnement normal, disons un pays comme était le nôtre il n’y a pas si longtemps que cela, tout le monde se remettrait en question. Les responsables de la sécurité du site, le préfet, le ministre de l’intérieur auraient démissionnés ; des hommes d’honneur, honteux et malheureux devant un tel niveau d’incompétence se seraient peut-être suicidés.

Mais chez nous, maintenant, rien de tout cela. Le moteur du camion n’était pas coupé, on ne savait même pas qui le conduisait et si le chauffeur était seul, que notre prince élyséen, hier super footballeur, en un instant devenu super flic, avait bouclé l’enquête ; il avait tout trouvé, tout compris : c’était Daech, le camion furieux était conduit par Daech soi-même !

Donc, la solution, toute trouvée : il suffit de vaincre Daech, et le tour est joué. Plus de Daech, plus de problème.

Et comme malgré tout, on est en guerre, mais pas trop tout de même, on n’a jamais que les moyens de ses ambitions, vaincre Daech, ce n’est pas à l’aube de demain, le mieux est que les Français s’y habituent, le matamore castillan le serine comme un refrain, les attentats terroristes, ça va continuer.

Mais quand même, les chargés de communication ont du expliquer qu’il fallait avoir l’air de faire quelque chose, pour que tout de même, ça ne se voie pas trop qu’on ne va rien faire… la trouvaille du quinquennat : le coup de la réserve spéciale ! Qu’on va vous boucler les passoires, je veux dire les frontières, et qu’on va voir ce qu’on va voir !

Sauf que le tueur, finalement, il était déjà chez nous, et que la réserve spéciale, si elle avait été là, elle aurait été spécialement inutile !

Mais attention ! Une remarque lèse-majesté ! Pas à la « hauteur de la situation » ! Qui exige, si nous comprenons bien, de s’incliner avec respect devant nos dirigeants inutiles ou incompétents, ou les deux à la fois.

Cogner sur Daech, c’est très bien ; tous les martyrs de ces fous furieux n’attendent d’ailleurs de nous que cela, et depuis beaucoup trop longtemps.

Mais qu’on arrête de nous raconter des histoires : combien de temps a-t-il fallu aux Américains pour liquider définitivement l’une des meilleures armées, sinon du monde, du moins du Proche Orient ? Moins de trente jours, si j’ai bonne mémoire ? Et aujourd’hui, l’une de plus imposantes coalitions jamais réalisée au monde ne peut venir à bout de fanatiques en jeep ? De qui se moque-t-on ?

Et puis ensuite, pour nous, ça changera quoi ? Qu’a fait, pratiquement, Daech à Nice ? Fourni des armes, monté un réseau de mercenaires ? Acheminé des explosifs ? Non, rien de tout cela. On ne sait même pas si le tueur au camion et Daech ont jamais eu le moindre contact.

Daech a « revendiqué » ! La belle farce ! Daech pourrait aussi bien revendiquer chaque accident en Occident, ou même chaque orage et chaque coup de foudre ! Pratiquement, qu’a fait Daech ? Il a dit que les musulmans devaient tuer le plus de non-musulmans possible. Mais pour dire cela, pas besoin de Daech ! Nous savons tous, et parfaitement que c’est exactement le même discours que tiennent un très grand nombre « d’imans », sur notre propre sol, dans des mosquées que nous avons laissé construire, quand nous ne les avons pas financées, et laisser financer par des états dont nous savons parfaitement qu’ils ont financé… Daech, bouclant ainsi la boucle de nos malheurs !

Non, non et non ! Ce n’est pas Toto, et ce n’est même pas du côté de Daech qu’il faut chercher la source de nos malheurs ! C’est chez nous, en nous ! Qui avons peur, par exemple de dénoncer la religion musulmane, quand elle n’est précisément pas une religion, mais une formation politique ! Avec un programme politique effrayant, totalitaire, insupportable, qui s’appelle la charia.

Qui avons peur de dire que non, l’assassin de Nice, ça a très, très peu à voir avec Daech ! Mais beaucoup plus à voir avec sa religion. Et plus encore avec la formidable incompétence de nos (soi-disant) dirigeants.

Au moins, quelqu’un l’aura dit.

Paris, 17 juillet 2016

 

Un nudge magnifique : le clip Nigel Farage

Scène surprenante : dans une courte séquence, que vous certainement avez vue aussi, tant elle a été diffusée, Nigel Farage, président de l’Ukip, ce parti qui a fortement milité en faveur du « Brexit », est interrogé par une journaliste sur la possibilité prochainement offerte aux Britanniques d’affecter au système de santé publique les sommes actuellement versées aujourd’hui à l’Union européenne. La journaliste n’a pas fini de formuler sa question, que, du « tac au tac », et avec une grande énergie, le dirigeant politique dénie formellement une telle éventualité !

Une promesse de campagne, pourtant, lui répond la jeune et jolie journaliste !

Et patatras, la preuve est faite : le Brexit n’a pas sonné que déjà ceux qui prônaient ses multiples avantages sont obligés de reconnaître, soit leurs erreurs, soit leurs mensonges ! Et toute la presse écrite, audiovisuelle, et internet de relayer ce qui est de fait un incroyable scandale.

Comme tout le monde, j’ai vu cette séquence, et comme tout le monde, elle m’a mis mal à l’aise.

Se dédire aussi vite ! Avec une telle conviction ? Bizarre, n’est-ce pas ?

La bien-pensance socialisante allait répétant sa rengaine : les menteurs de droite se trouvaient pris au piège de leurs mensonges aussi grossiers que grotesques !

Comme d’habitude, nombre de mes amis (mais si, j’en ai…), va penser que j’exagère. Alors, au hasard, quelques titres :

  • Le soir (24 juin 2016) : « Le mensonge de Nigel Farage »
  • RTBF (25 juin 2016) : « Nigel Farage reconnaît avoir menti durant sa campagne en faveur du Brexit »
  • Libération (24 juin 2016) : « Petits mensonges entre amis »
  • L’obs (25 juin 2016) : « le leader de l’Ukip avoue qu’une promesse est intenable »
  • Les echos (28 juin 2016) : « Nigel Farage, le leader parti souverainiste Ukip, admet avoir menti»
  • Et je pourrais continuer sur des pages et des pages…

Mais, oserais-je l’avouer, moi, je trouvais que quelque chose ne collait pourtant pas ! Pourquoi tant de hâte de la part Nigel Frarage, à « reconnaître » son mensonge ou son erreur ? La réalité de la sortie, ce n’est pas pour tout de suite, quelle urgence y aurait-il de « passer aux aveux » aussi vite ? Bizarre, bizarre !

Mais il y avait beaucoup plus important ! Quelle drôle d’idée de la part de l’Ukip d’avoir promis de donner l’argent repris aux prédateurs de l’Union européenne à… d’autres prédateurs, fussent-ils nationaux ? Le bon sens serait bien sûr de redonner cet argent… aux citoyens anglais bien sûr ! Le problème pour les peuples européens, ce n’est pas de changer de prédateurs, mais d’en limiter le nombre et le poids !

Bizarre, bizarre…

L’explication, monsieur Farage l’a donnée lui-même, un peu plus tard : la promesse n’a jamais été faite, ni par Nigel Farage, ni par son parti, mais par « Vote Leave », comme par hasard un organisme… subventionné par l’État, organisme avec lequel l’Ukip a toujours plus que gardé ses distances, comme ce parti les a d’ailleurs soigneusement gardées vis-à-vis des autres organisations politiques !

En clair, Nigel Farare n’avait donc aucune difficulté à dénoncer une promesse qu’il n’avait pas faite, et qu’au contraire il jugeait parfaitement démagogique et inappropriée !

Ah, au fait, je ne vous cite pas les articles des supports cités ci-dessus pour au moins rendre compte de la réponse de « l’accusé »… ne cherchez pas, ils n’existent pas…

Un montage journalistique, donc, et rien d’autre ? La dernière manipulation de la presse aux ordres de la pensée unique ? Le problème, c’est que ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit. L’affaire « Farage », pour la nommer simplement est beaucoup plus qu’une simple manipulation plus ou moins instinctive ; en réalité, c’est un « Nudge ». Un magnifique exemple de « Nudge », parfaitement monté et synchronisé. Un « Nudge » assassin, car Nigel Farare a beau s’être expliqué, la plus grande majorité de l’opinion publique n’en saura jamais rien et le mal est fait.

Ah, au fait, vous me demandez ce que c’est qu’un « Nudge » ? À mon avis, personne ne vous le dira. Mais moi si : je m’en suis d’ailleurs expliqué plus que par le détail dans un billet précédent, auquel je renvoie volontiers mon lecteur (lien ci-dessous).

Un billet qui vous fera comprendre par exemple, que ce n’est pas du tout un hasard si messieurs Obama et Hollande tiennent sur la plupart des sujets, y compris ceux qui ne les regardent pas, les mêmes propos rigoureusement « copiés – collés ». Mais j’ai scrupule a abuser du temps de mon lecteur, et je propose de revenir sur ce dernier point dans un autre billet…

Paris, le 2 juillet 2016

Références :

Qu’est ce qu’un Nudge ? :

L’un des articles accusatoire, avec la « Nudge – vidéo » :

La réponse de « l’accusé » :

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

C’est ma faute !

On parie : écrivez sur la barre de recherche du moteur Google « c’est pas moi, c’est toto », et pour le moment, en tout cas, vous trouverez « tout en haut de l’affiche » une page d’Henri Dumas, du site « Témoignage fiscal ».

(Je dois à la vérité de dire que je ne suis pas d’accord avec Monsieur Dumas, et le thème général du site Témoignage fiscal. Monsieur Dumas pense que le plus grand malheur qui puisse s’abattre sur un citoyen français est de se trouver aux prises avec les rapaces d’une administration fiscale que le monde entier nous envie. Moi, je pense que c’est en effet un malheur terrible que de se trouver aux prises avec une administration fiscale que le monde entier nous envie, mais pas plus que de se trouver aux prises avec n’importe quelle autre organisation socialo-marxiste du pouvoir en place aujourd’hui, et, par exemple, tous les chefs d’entreprise, mais aussi les maires et autres responsables qui ont eu maille à partir avec notre système judiciaire parce que leur « responsabilité pénale » se trouvait engagée, pourraient en témoigner… pour ceux d’entre eux cependant qui y ont survécu… on pourrait en reparler, mais une autre fois…)

L’ensemble de l’article est tout à fait passionnant, mais ce n’est pas de cela dont je veux vous entretenir, mais d’une charmante petite histoire en début d’article, et qui en justifie le titre, histoire qu’à regret je résume ici en deux mots, mais dont je vous recommande la lecture dans le texte original de son auteur (http://www.temoignagefiscal.com/cest-pas-moi-cest-toto/).

En deux mots donc : un petit garçon, âgé de deux ans, et cela du temps qu’on allait encore aux galères et qu’on apprenait dès l’enfance aux enfants les vicissitudes de la vie et la nécessité d’apprendre à réfréner ses envies (et donc avant le temps des « couches-culottes), avait pris le réflexe de se défendre quand il était pris en flagrant délit d’intempérance : « c’est pas moi, c’est Toto » ! Toto, du nom de son grand frère, auteur sans doute de presque toutes les autres fresques imputables aux deux frères, celle-ci exceptée…

Ce qui m’inspire cette réflexion, parallèle, il est vrai, à celle d’Henri Dumas, mais sur un sujet bien précis.

Des Français, donc, rejoignent, tous les jours, les voyous islamistes. Certains se déplacent vers les lieux des combats. D’autres limitent les frais de déplacement, et préfèrent la guerre à domicile.

Leur profil, dans notre imaginaire collectif : des jeunes gens, systématiquement musulmans, dont les parents ou les grands-parents sont systématiquement des immigrés en provenance d’Afrique du Nord ; passage systématique par la case « délinquance », avec des casiers judiciaires si épais que notre système judiciaire, malgré toute sa bonne volonté, s’est tout de même trouvé contraint de les faire transiter (le moins longtemps possible, on se rassure !) par la case prison, où ils se sont, nous explique-t-on « radicalisés »… à partir de là, capables de tout, et même du pire.

Le problème est que, croire cela, c’est avoir tout faux.

Certains sont en effet des enfants de l’immigration, mais pas tous. Certains ont en effet commencé par la délinquance, mais pas tous. Certains sont plus ou moins illettrés, mais c’est fort loin d’être le cas de la majorité d’entre eux, et l’on compte dans les effectifs des diplômés de l’enseignement supérieur (en leur temps, de même, les pilotes qui ont abattu les tours du World Trade Center étaient fort loin d’être des analphabètes). Et aussi des femmes. Des jeunes filles. Et aussi des mineurs en fugue. Issus de milieux défavorisés (parfois), mais aussi de milieux tout à fait « bourgeois » (souvent) !

Or, on peut penser ce que l’on veut de cette démarche, mais ce qui est sûr, c’est que la clientèle n’est pas séduite par une quelconque promesse de type Club Méditerranée, en tout cas pas pour ce monde-ci. Tous ceux qui partent (ou qui restent) savent qu’ils vont souffrir, prendre des risques, et que beaucoup vont mourir, ce que tous semblent accepter avec une facilité déconcertante, voire avec enthousiasme.

Des personnes donc, prêtes à donner leur vie pour leur idéal. Vous me direz ce que vous voudrez, mais pour ma part, je ne peux m’empêcher de considérer avec sérieux des personnes prêtes à donner leur vie pour leur idéal.

Leur idéal, justement, parlons-en, car c’est bien là le plus incompréhensible. Je ne vais pas dire que la religion musulmane est une religion débile, ne serait-ce que parce que je n’ai pas étudié cette religion et que je n’ai aucune envie de le faire. Mais je dis sans la moindre hésitation que la religion musulmane de ces cerveaux fanatisés est une religion musulmane débile. Comme le prouve d’ailleurs le temps parfois extrêmement court suffisant pour la plupart de ces « conversions ».

Et pourtant, ça marche !

Que des jeunes ou des moins jeunes aient envie d’une autre vie, qu’ils aient soif d’idéal, de sacrifice, de dévouement, quoi d’anormal ? Mais pourquoi cet idéal, ce sacrifice, ce dévouement pour cette religion là ?

N’avons-nous pas, nous aussi, héritiers de deux mille ans de christianisme et d’humanisme, tout ce qu’il faudrait d’idéal, de sens du sacrifice et du dévouement, à offrir ?

Hé bien non ! Et ces jeunes qui partent (ou qui restent) en sont la preuve absolue ! L’idéal qu’ils poursuivent est débile. Alors pourquoi ça marche ? Ca peut nous faire de la peine, mais il faut bien l’admettre : parce que, désormais, ce que notre société occidentale propose est, au mieux illisible et inaudible, au pire, plus débile encore, s’il est possible !

Écoutez-le bêler, les apôtres de la bien-pensance ! A ces esprits à la dérive, prêts à tuer, mais aussi, je ne l’oublie pas, à mourir, qu’ont-ils à offrir ? Écoutez-les, et vous le saurez ! Du padamalgam, du vivrensemble, des valeursdelarépubliclaïque et toutes autres fadaises vides et creuses. Qui permettent de bêler sans risque, et surtout sans quitter le confort d’une médiocrité embourgeoisée, sans aspiration, sans grandeur et sans noblesse, tout simplement sans véritable idéal.

Le padamalgam, pour ne pas oser dire que tous les crimes terroristes sont commis par des musulmans, au nom de la religion musulmane ! Le vivresemble, pour des gens qui affichent haut et fort, qu’ils ne veulent pas vivre « avec nous », mais « au-dessus » de nous, nous ayant réduit en « dhimmitude » ! Les valeursdelarépubliclaïque, le concept le plus creux et le plus vide de sens qu’on puisse imaginer !

Et disons-le, enfin, tout le vide de décennies de pensée gauchiste, socialiste, mais non moins totalitaire, qui a fini par étouffer toute idée de grandeur, tout projet magnifique, toute démarche transcendante au sein de notre société !

Des professeurs et des instituteurs (de gauche), fagotés en négligés les plus inacceptables, et parlant les pédago-charabias les plus incompréhensibles, des prêtres, des évêques, qui ont depuis longtemps perdu tout leur latin, des juges qui confondent justice et maternage, des politiques (de gauche et de droite) dont les discours vides laissent voir béante la veulerie de leurs ambitions personnelles… Alors bien sûr, devant tant de néant vide, trois mots de discours d’un iman convaincu font toute la différence !

Et nous ? Nous, nous, qui avons gardé tout notre idéal, nous, qui sommes prêts, nous aussi à mourir pour notre famille et notre patrie, et qui le ferons sans hésiter, demain peut-être, si le sordide danger qui s’installe peu à peu, non plus à nos portes, mais à l’intérieur même de nos portes, continue de s’enfler, nous, qu’avons-nous dit ? Qu’avons-nous fait ? Qu’avons-nous dénoncé ? La vérité est crue : nous sommes restés silencieux, un peu honteux, impressionnés par la menace du « politiquement incorrect » ! La crainte de ne pas être « conformes » !

Nous n’avons donné aucune chance à personne de nous entendre.

Il a raison, Henri. C’est pas la faute à Toto. C’est la mienne.

Paris, le 27 juin 2016

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Les accords d’entreprise au-dessus ou en dessous des accords de branche ?

Voilà ! On a blessé je ne sais combien de policiers et gendarmes, mis des entreprises en grande difficulté, appauvri encore un peu plus notre pauvre pays, qui, paraît-il çavamieux, emm… les automobilistes et j’en oublie, tout cela pour répondre à une question : pourrait-on imaginer un monde au sein duquel un accord entre un entrepreneur et ses salariés pourrait être applicable, quand bien même cet accord serait moins favorable aux salariés de cette entreprise que les dispositions de la convention collective ?

Impossible viennent bêler les syndicalistes de service, la bouche toute baveuse de bons sentiments généreux : ce serait mettre de pauvres salariés à la merci des si méchants employeurs, hors de l’aile si bonne et si protectrice de la « Branche » sur laquelle ils sont confortablement assis.

Remarquez que formulée comme cela, la proposition pourrait inquiéter : n’aurait-elle pas tout de même quelque chose de vrai ? Beaucoup de personnes sincères et plus ou moins mal informées seraient tentées de le penser. Et ce serait sans doute aussi mon avis, si je n’avais pas présidé pendant six ans la délégation patronale d’une telle convention. Ce qui m’a donné le temps de comprendre un certain nombre de réalités, que j’entends partager ici.

La première est qu’une convention collective, cette construction du régime de Vichy, est une sorte de machine infernale. Une machine à produire du droit et de la réglementation, toujours de nouveaux droits et toujours plus de réglementation, et cela, sans jamais de pause.

Cette première réalité, il m’a fallu presque deux ans pour bien l’appréhender. Deux ans, vous me direz que c’est aussi le signe que je ne comprends pas vite. C’est vrai, mais ce n’est en réalité pas grave : le système est prêt à expliquer longtemps. Pendant ces deux années, nous n’avons signé aucun accord. Ce qui m’apparaissait ne pas présenter d’inconvénients majeurs, en tout cas pour les entreprises.

Au début, cela n’a en effet semblé déranger personne. Mais peu à peu… dans les couloirs des organisations patronales, on commençait à jaser ! Qu’est-ce que cette convention collective qui ne signait pas d’accord ? Pas d’accord, ça fait mauvais effet ! La déléguée de mon organisation patronale me l’a rapidement fait comprendre. Notre président fronçait le sourcil. Il paraît que même dans les couloirs du Ministère, on fait des allusions désagréables !

Des accords, il fallait des accords ! D’abord, j’ai été pris de panique ; j’ai songé à démissionner. Je n’allais pas, moi aussi, aider le système à verrouiller encore plus les entreprises. Et puis j’ai décidé de rester. Avec une prétention sans doute un peu vaine : j’avais compris qu’avec ou sans moi, on ferait des accords, mais j’avais l’ambition qu’avec moi, ils seraient plus raisonnables…

Et c’est là que j’ai fait ma seconde découverte : les conventions collectives sont bien des machines à produire du droit, mais cela n’a (presque) plus aucune importance ! Voyez vous-même !

Avant de « négocier », les « négociateurs » consultent leurs mandants. (S’ils ne le faisaient pas, ou s’ils prétendaient outrepasser leur mandat, ils seraient vite remplacés…). Et le mandat des négociateurs a une caractéristique systématique : il correspond à l’attente de l’entreprise la « moins-disante » de la branche. Donc, dans la réalité, l’accord ne sert strictement à rien.

Pour être encore plus clair et plus précis, prenons l’exemple des salaires. Pour une telle négociation, la délégation patronale vient avec des consignes (ultra-secrètes) concernant l’augmentation maximale acceptable. Mais comment est défini son montant ? C’est très simple : il faut surtout que cela ne gêne personne ! Le montant retenu sera donc, par définition, inferieur ou égal au montant minimal que les entreprises accorderaient… en l’absence de toute convention collective ! Pour le dire autrement, les accords de branche sur les salaires, qui seront pourtant l’objet de véritables psychodrames avec envolées lyriques de part et d’autre, des entreprises que toute augmentation conduirait à l’asphyxie, des syndicats qui gémissent sur les salariés exploités, ces accords ne servent en réalité strictement à rien, et les salaires seraient rigoureusement les mêmes en leur absence !

Ils seraient même sans doute supérieurs, car dans un nombre de cas non négligeables, des entreprises tirent argument de l’augmentation officielle de la branche, pour accorder des augmentations d’entreprise inférieures à ce qu’elles seraient sans cette référence !

Et croyez-le ou non, tous ces fameux accords de branche fonctionnent tous sur le même modèle, ils sont tous une formidable fumisterie, un immense cirque pour gogos. Quand il ne s’agit pas de salaires, il s’agit le plus souvent d’inscrire dans la convention des obligations déjà prévues par la loi, ou des aménagements de la loi.

Contrairement à ce qu’ils croient, les salariés ne tirent sur le long terme aucun avantage et beaucoup d’inconvénients de l’existence de Conventions collectives.

Car l’un des inconvénients de ces funestes organisations, et pas des moindres, et c’est là ma troisième « découverte » est leur coût, au montant tout simplement effarant ! Une convention, c’est fait pour « fabriquer » des accords, d’accord ? Mais un accord, ça ne s’obtient pas comme cela. Il faut d’abord de la palabre, beaucoup de palabre ! C’est à dire des réunions. D’abord des réunions préparatoires pour préparer des réunions préparatoires. Puis des réunions pour rediscuter longuement tout ce qui l’a déjà été dans les préparatoires… Avec chaque fois cinq ou six organisations syndicales. Représentées chacune par au moins deux personnes… quand ce n’est pas trois.

Autant de frais pour rembourser les salaires aux entreprises, ou même souvent, directement aux syndicats eux-mêmes, qui délèguent pour les représenter, très chèrement, des permanents de leur syndicat, des frais de déplacement (souvent payés plusieurs fois pour la même personne et le même déplacement, mais ceci est une autre histoire), des frais de restauration et d’hôtellerie pour tout ce petit monde… Des coûts en constante inflation, car les conventions s’inventent en permanence de nouvelles « commissions »… toutes aussi utiles les unes que les autres… ce qui permet de multiplier réunions et déplacements, frais de bouche et d’hôtellerie… !

Mais ne croyez pas que cela s’arrête là ! Très vite, les commissions ont besoin « d’études » pour enrichir leurs bavardages, des « études » qui peuvent atteindre des montants incroyables… études d’ailleurs systématiquement confiées à des cabinets dépendants ou filiales… des centrales syndicales elles-mêmes… encore une manière de « fluidifier le dialogue social », à laquelle vous n’auriez pas pensé…

Un système coûteux, qui ne sert à rien… mais qui présente tout de même un fort capital de nuisance, qu’il convient de dénoncer.

Je vous ai dit que le mandat des négociateurs correspondait au moins-disant des entreprises ; mais ce n’est malheureusement que partiellement vrai. La vérité est qu’il correspond au moins-disant des entreprises adhérentes à la Convention, ce qui est déjà beaucoup moins bien. Mais dans la pratique, même cela n’est pas vrai. En fait, ne sont pratiquement consultées que les entreprises présentes au conseil d’administration, voire même seulement au seul « bureau »…

Avec, à tous ces étages, une représentation toujours plus étroite, voire inexistante des plus petites d’entre elles… leurs dirigeants se trouvant dans l’immense majorité des cas incapables de dégager du « temps syndical » !

Étonnez-vous après cela que les accords semblent systématiquement favoriser les poids lourds de notre économie, quand ils ne vont pas jusqu’à rendre impossible la survie des plus petits ? De l’aveu même des organisations patronales et syndicales, une manière comme un autre de « réguler la concurrence » !

Étonnez-vous après cela que nous manquions chez nous de P.M.E. ! Avec tous les effets connus sur l’emploi ! Des travailleurs sans emplois et donc sans chemises nous explique le ministre ! Ça vous fait de la peine ? Rassurez-vous, rien là qui coupe l’appétit des négociateurs syndicaux des « Branches » !

Des « Branches protectrices » ? Vraiment ? Des syndicaliste négociateurs, c’est sûr. Mais des salariés ? Certainement pas !

Paris, 6 juin 2016

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Tout ça pour quoi ?

Je suis resté longtemps silencieux. Dommage diront ceux qui m’aiment bien, tant mieux, ceux qui m’aiment moins…

Il est peut-être mort, ont pensé certains. Ou bien, il est en mer, il navigue, loin des soucis terrestres. Ou il est en prison. À l’hôpital. À l’hospice.

Un peu vrai, un peu faux, et puis, qu’importe… je dirais peut-être quelque jour les raisons de ce silence, mais je n’ai pas envie de parler de cela aujourd’hui, mais de tout autre chose, et comme finalement, sur ce que j’ai envie de dire ou de taire, c’est encore moi qui décide…

Qu’on aime ou qu’on haïsse le concept d’État, ou même qu’on y soit peu ou prou indifférent, on est en général d’accord sur cette idée que la principale justification à l’existence de l’État est d’assurer à ses citoyens un meilleur niveau de sécurité que celui qui serait le leur en son absence.

Et de ce point de vue, les récents et dramatiques évènements survenus un peu partout en Europe conduisent au constat d’un lamentable échec des états européens en général, et de l’Union européenne en particulier. Avec, et c’est peut-être le plus grave, l’aveu ici ou là de ces dirigeants, qui nous promettent sans panache, que le terrorisme auquel sont désormais soumis les citoyens européens, ne sera pas vaincu de si tôt, et que le seul rempart qu’ils nous proposent est « de nous y habituer », pour ne citer que les propos de l’énervé de Matignon.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais personnellement, si j’avais passé un contrat avec mon plombier pour que celui-ci entretienne régulièrement ma plomberie, et qu’après être intervenu pour une panne intempestive, ce dernier vînt à m’annoncer que ma panne n’était que le premier épisode d’une longue série à venir, je mettrais fin le plus vite possible à mon contrat et je changerais de plombier : à quoi bon payer pour une sécurité qu’on ne m’assure pas ?

On peut même penser que le plombier, conscient de son incroyable défaillance, ait choisi de lui-même de mettre fin, sinon à ses jours, du moins à notre collaboration. Mais il est vrai qu’il serait bien vain d’attendre d’un politique qu’il se trouve atteint de pudeurs d’entrepreneur.

Notre sécurité fondamentalement remise en cause, voilà qui devrait être le premier souci de préoccupation de nos députés, par exemple ? Et de s’interroger sur les raisons qui poussent nos dirigeants à s’obstiner à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et des envahisseurs terroristes et organisés pour des réfugiés pacifiques déroutés ? Eh bien non, pas du tout ! Pendant que les menaces planent toujours plus effrayantes sur nos têtes, nos députés sereins s’occupent de nous créer de nouvelles interdictions, avec de nouveaux délinquants : celui du mois, le « client de prostituée » ! Et c’est vrai qu’en y pensant, on se dit qu’il y avait vraiment urgence !

À dire vrai, j’ai toujours trouvé très injustes les misères faites aux dames dites « prostituées », tandis que leurs « partenaires » ne se trouvaient inquiétés de rien. Si une chose est interdite, elle est interdite pour tout le monde, et l’on doit réprimer tout le monde de la même façon, les unes peut-être, mais les autres aussi.

Ce n’est d’ailleurs pas la voie vers laquelle nous allons : on n’étend pas le délit à tous, on le déplace seulement ; les « dames » ne seront plus poursuivies, les messieurs le seront à leur place. Le système reste donc parfaitement déséquilibré.

Et ne devrait pas fonctionner beaucoup mieux qu’auparavant. C’est que nos têtes de linottes de députés ne peuvent admettre que ce n’est pas la demande qui suscite le marché, mais l’offre. Si vous ne supprimez pas l’offre, vous ne ferez pas disparaître la demande. L’offre s’adaptera, elle ne disparaîtra pas pour autant.

Le client est coupable, nous dit-on, parce qu’il « achète » ce qui ne devrait pas être vendu. Mais comment décider de ce qui peut être « vendu » et de ce qui ne doit pas l’être ? C’est une question de morale nous dit-on. Si c’est une question de morale, c’est donc une question privée, et qui ne regarde que les personnes concernées, et certainement pas l’état, quel qu’il soit. Chacun a le droit de penser ce qu’il veut sur ce sujet, et même de militer d’une façon ou d’une autre pour faire partager son opinion, mais personne ne devrait avoir le droit ou la possibilité d’imposer au lieu de persuader. C’est pourtant ce que font nos députés, à un moment où ils pourraient trouver, nous l’avons vu, beaucoup mieux à faire !

Mais voilà nos parangons de vertu montés sur leurs petits chevaux de discours tout emprunts de déZolation, la prostitution, c’est une forme d’esclavage, c’est « l’esclavage sexuel ».

Étrange discours moral de la part de personnes qui ont contraint notre société à la ridicule mascarade de soi-disant mariages entre personnes du même sexe, et dont le chef de file affiche les mœurs les plus dépravées, s’étant refusé à épouser la mère de quatre de ses enfants, et courant en scooter les rendez-vous nocturnes les plus scabreux, le tout, avec mon argent personnel (et le vôtre), le scooter, dont le propriétaire reste à ce jour encore indéterminé étant piloté, non par notre obsédé, mais par un gendarme nourri de nos impôts, un cas honteux d’abus de bien social parfaitement caractérisé.

Lutte contre « l’esclavage sexuel », dites-vous ? Chiche ! Mais s’il vous plaît, commençons par le commencement, c’est à dire là où il ne fait pas discussion que c’est effectivement de cela qu’il s’agit ! Allons sauver les chrétiennes, yézidis, et autres kurdes martyres, femmes, jeunes filles, et même des fillettes impubères, soumises effectivement à l’esclavage sexuel par des fanatiques musulmans ! Et même, commençons par faire le ménage chez nous, car un tel esclavage sexuel, chacun sait qu’il s’y pratique aussi, non seulement à Calais, mais dans beaucoup de ces zones dites de « non-droit » ! Sans parler de ces gamines contraintes de subir des « mariages forcés ». Cela toujours dans le même et unique contexte, exclusivement et inévitablement musulman.

Oui, nous sommes d’accord, là, il y a urgence. Un vrai devoir de civilisation. Urgence d’autant plus grande que ces malheureuses sont de fait oubliées de tous, abandonnées par tous. Le Pape voyage beaucoup, mais comme par hasard, jamais de ces côtés-là. Il parle aussi beaucoup, mais comme c’est étrange, jamais des ces sujets-là. Comme toutes les autres bonnes consciences, d’ailleurs.

Pour un tel combat, nous sommes prêts à nous engager ; mais quant à savoir si l’on peut étendre la notion d’esclavage sexuel à des personnes majeures, volontaires, parfaitement libres, qu’on le veuille ou non, disons-le tout net, plus que de l’imposture, plus que de l’indécence, c’est une insulte criminelle envers les vraies martyres !

Et de plus, complètement inutile et voué à l’échec. L’offre ne va pas disparaître, elle va s’adapter, pour permettre à la demande de la rejoindre sans risque, ou avec un minimum de risques. En attendant ces adaptations, je plains ces messieurs des forces de l’ordre, qui à défaut de piloter les scooters de la concupiscence, vont se trouver bien souvent confrontés à des situations aussi nauséeuses qu’abracadabrantes. Comment sera constaté le « délit » ? Au moment de « l’acte » ? À son « issue » ? Mais s’il s’agissait d’un « acte gratuit » ? Si l’acte est gratuit, il n’y a plus de prostitution ! Donc il faudra prouver qu’il y a eu transfert d’argent. Mais généralement, le transfert a lieu, que je sache, avant l’acte. Donc, ce sera le paiement qui sera constitutif du délit ? Même si, finalement, pour une raison ou pour une autre, il n’y a pas eu « d’acte » ? Pour la première fois, on pourrait sanctionner une simple « intention » ? D’un point de vue strictement technique, il faudrait pour établir le délit, avoir la preuve de l’acte avéré et de son règlement…

Tout ça, ce sera tant l’offre ne se sera pas adaptée ; mais elle s’adaptera, soyez-en sûrs, avec un seul objectif, rendre le travail des forces de l’ordre toujours plus compliqué.

Un grand nombre de dames offreuses « de moments de détente », vont se reconvertir en « masseuses », c’est d’ailleurs déjà le cas aujourd’hui. J’imagine les camping-cars des Bois de Boulogne ou de Vincennes, « relookés », avec de somptueuses affiches : « Babette, massage tantrique », « Kaline, massage Californien », « Zazie et Zazette, massages à quatre mains »…

Bien entendu, nos politiques trouveront des parades ; par exemple, on ne pourra plus se déclarer « masseuse » que si l’on n’est titulaire d’un diplôme officiel de massage. Plusieurs années obligatoires de formations, dans des écoles agréées par l’État, avec stages pratiques et examen de fin d’études…

Une voie qui ne conviendra pas à tout le monde, on s’en doute. Il faudra trouver autre chose. On trouvera autre chose. Salons de voyance ? Soins aux ongles et autres extrémités, strictement pour Messieurs ? Intermédiaires économiques permettant d’éviter les échanges directs d’argent ?

On trouvera. On trouvera aussi d’autres lois. Une vie toujours plus encadrée, policée, réglementée. Bien entendu, des « clients » malhabiles se feront « pincer ». Pour eux, ce sera, en plus du ridicule, une vie familiale souvent brisée, une carrière compromise.

Et tout ça, finalement, pour quoi ?

Caraïbes, 20 avril 2016

boutonbleu

boutonvert

 boutonrouge

Il nous reste au moins une liberté : celle de ne pas être « dupes » !

Si vous êtes comme moi, vous vous êtes sans doute déjà posé telles de ces questions : par exemple, pourquoi la France de François Hollande épouse-t-elle à ce point la politique américaine, y compris au détriment de ses intérêts propres, comme c’est le cas des mesures prises contre la Russie ? Pourquoi et par quel mystère, un si vaste éventail du personnel politique français tient-il un discours à ce point identique (copié – collé comme ont dit aujourd’hui) ? Pourquoi sur des sujets comme l’islamisme ou le climat, le « politiquement correct » l’emporte-t-il sur toute forme de raisonnement objectif ?

« Nudge », ce drôle de mot vous dit-il quelque chose ?

Si ce n’est pas le cas, gageons que vous me remercierez des quelques lignes à venir…

Mais pour commencer, qu’est-ce qu’un « Nudge », me dites-vous ?

Il me faut malheureusement, mais pour bien vous répondre, commencer par quelques petits détours, et d’abord rappeler l’existence d’une race particulière d’êtres humains : les comportementalistes (ou behavioristes, si l’on veut se rapprocher de la terminologie anglo-saxonne), apparus au début du siècle dernier.

Les comportementalistes ont démontré que les comportements des êtres vivants ne sont pas innés, mais acquis ; la découverte initiale de ces théoriciens a de quoi laisser sans souffle : figurez-vous que les êtres vivants auraient tendance à recommencer ce qui leur apporte un bienfait, et à éviter ce qui s’est conclu par un inconvénient. À partir de là, et à condition d’y mettre les bonnes techniques, on peut donc influencer les comportements de n’importe quel être vivant, à commencer par les humains.

Ce que certains comportementalistes ont fait endurer à de pauvres animaux pour prétendre donner une assise scientifique à leurs élucubrations aurait dû les conduire tout droit en prison ou à l’asile, dans n’importe quelle société humaine normale, c’est-à-dire une société qui ne se laisserait pas impressionner par le snobisme intellectuel même partagé par une majorité, ce qui n’est donc manifestement plus le cas de nos sociétés occidentales intellectuellement moribondes. De l’horrible Pavlov, qui infligea de véritables supplices à des chiens innocents, tout cela pour démontrer, quelle découverte ! que l’envie de manger fait… saliver, en passant par sans doute le plus méchant de tous, un nommé Skinner, qui n’hésitait pas à littéralement torturer de pauvres petits singes orphelins, afin de démontrer par défaut les avantages de l’amour maternel…

Tous les comportementalistes ne sont pas allés aussi loin, mais tous sont persuadés que l’on peut apprendre n’importe quoi à n’importe quel être vivant, et donc manipuler à volonté (si l’on ose dire) les comportements.

Un premier coup terrible fut porté à ce courant de pensée (un courant de pensée ? Il serait plus exact de parler de religion, car c’est plutôt de cela qu’il s’agit), quand le prix Nobel fut attribué en 1970 à l’éthologiste Konrad Lorenz (conjointement avec Karl von Frisch et Niko Tinbergen), pour ses travaux « sur les causes et l’organisation des schèmes comportementaux », qui montraient ou démontraient que dans beaucoup de cas, les comportements sont innés, qu’ils ne sont manifestement pas réductibles à la recherche d’un avantage (ou à l’évitement d’un inconvénient), mais que surtout, ils sont spécifiques aux espèces, dont ils sont un élément clé du processus de sélection darwinienne.

En réalité, d’autres courants scientifiques sont allés encore beaucoup plus loin : ne citons que les sociobiologistes, qui pensent que les comportements individuels sont surtout déterminés par l’intérêt du groupe, ou à l’extrême, par le seul intérêt des « gènes égoïstes » (Richard Dawkins) ! Dans cette optique, les êtres vivants ne sont plus que « vaisseaux pour gènes », sans réelle volonté individuelle.

À vrai dire, je n’ai guère plus de sympathie pour les « animaux mécaniques » de ces théories, que pour les « animaux conditionnés » des behavioristes (et je m’en suis longuement expliqué dans un cours et un ouvrage sur ce sujet), mais là n’est pas mon propos de ce jour, mais sur le fait, somme toute extraordinaire que tant de « contestations » n’aient produit aucun effet, ni sur les convictions des croyants behavioristes, ni sur l’admiration béate que ces convictions suscitent auprès du grand public, notamment pour les questions qui relèvent peu ou prou d’éducation.

C’est que tout processus d’éducation ou d’enseignement demande en principe un effort, ou même précisément deux efforts, ou un « effort double », si vous préférez : l’effort de celui qui enseigne devant s’associer à celui qui apprend, rien de particulièrement réjouissant, vous en conviendrez, dans tout cela.

Mais avec le « comportementaliste », sorte de magicien pour temps modernes, plus de problème, plus d’effort ! Une petite modification de l’environnement, une sollicitation bien choisie au bon moment (le snobisme parle alors de « stimulus »), et le tour est joué : l’éduqué, cette fois sans effort, se trouve « avoir envie » d’agir comme souhaité.

Avec un nouvel avantage auquel vous n’auriez pas pensé : puisque l’on peut influencer les comportements dans le sens que l’on souhaite, il devient inutile d’envisager de combattre d’éventuels comportements non souhaités, puisque dans ce nouveau système, ces derniers n’existent tout simplement plus ! Et c’est la grande découverte de « l’éducation positive » ! Les punitions, les réprimandes, les reproches, au feu, terminé ! Il faut encourager, récompenser, « positiver »…

« L’éducation positive » est devenue la norme, pour les enfants, les adolescents, les étudiants… un mien neveu m’a même rapporté que ces principes sont désormais recommandés pour la formation… des pilotes de chasse ! On ne parle pas alors d’éducation positive, mais de… « formation par la réussite » ! Autrefois, les pilotes passaient par une succession d’épreuves de sélection, que tous ne réussissaient pas, ou pas du premier coup. Il fallait donc vivre avec la crainte de l’échec ! Le parcours visait, aussi, à forger les caractères ! Mais terminé tout cela ! Désormais, la consigne est devenue : « réussite pour tous » ! On ne critique plus les imperfections d’un vol, on n’en retient plus que les éléments positifs…

Bien sûr, quelques esprits chagrins ont bien écrit ici ou là que des esprits formés de la sorte ne sont en aucune manière préparés à certaines réalités, comme la frustration par exemple. Et que les cabinets des psychiatres sont de plus en plus encombrés de ces « éduqués positifs » que personne n’a jamais préparés à affronter les « réalités négatives » de l’existence… mais ceci est une autre histoire…

Cependant, dans le domaine de l’éducation des chiens, la victoire de « l’éducation positive » est totale, définitive ! C’est l’unanimité ! Le consensus sans appel ! C’en est au point qu’il est aujourd’hui devenu encore plus dangereux de paraître douter de la sainteté absolue de l’éducation positive que de se déclarer climato-sceptique ! C’est vous dire ! Douter du réchauffement fait de vous un imbécile professionnel. Mais doutez de l’éducation positive, vous n’êtes plus fréquentable ! La meute hurlante des éducateurs de tout poil déchaînée à vos trousses…

Ce succès du behaviorisme religieux est d’autant plus remarquable, que les exemples de ses mises en échec rempliraient des bibliothèques.

Prenons par exemple les récompenses. Si les comportements étaient seulement dictés par la recherche d’un profit, l’espérance d’une récompense suffirait à les contrôler tous. Problème : c’est que le phénomène « espérance d’une récompense » est l’un de ceux qui s’émousse le plus vite ! Par exemple, qui peut vraiment croire que l’attente d’un salaire soit suffisante pour motiver le salarié ?

Vous n’imaginez pas les tonnes de papier que les behavioristes ont gaspillé sur la question des récompenses. Ils ont tout inventé, tout imaginé ! Les effets de la récompense systématique s’émoussent ? On vous propose la « récompense aléatoire », la récompense de type « jackpot » (la loterie), et mille et une autres solutions, dont je vous épargne les détails. Les directions des services du personnel des grandes entreprises et des administrations sont toutes imprégnées de ces élucubrations, avec les résultats que l’on connaît.

Et c’est là, seulement là, qu’apparaît tout le génie des psychologues comportementalistes ! L’inefficacité de « l’effet récompense » ne démontre pas, nous expliquent-ils doctement, doctement, cela va de soi, qu’il n’existe pas, mais… mais seulement que les êtres vivants ne font pas des choix rationnels. Avec immédiatement cette proposition complémentaire (visant à tuer dans l’œuf l’opinion que si les choix sont irrationnels, les « comportementalistes » sont en réalité impuissants, au pire des menteurs, au mieux des charlatans), les êtres vivants font des choix irrationnels et… PRÉVISIBLES ! Prévisibles par qui ? Par des cerveaux rationnels et supérieurs, les comportementalistes précisément ! Et voilà comment on peut sauver toute une profession, normalement promise aux néants des productions inutiles, en la rendant désormais tout à fait indispensable.

Indispensable, et pratiquement élevée désormais, et c’est là que je voulais vous conduire, au rang d’institutions d’État ! Bien entendu, vous pensez que j’exagère. Et vous avez raison, parce que moi aussi, je serais tenté de penser que j’exagère. Donc, voyons des faits.

Les « fils » des behavioristes du siècle dernier se sont reconvertis, et se veulent aujourd’hui des « révolutionnaires de la Behavioral Economics », qui tous affichent la volonté de « travailler pour un monde meilleur ». Aux frais des autres habitants de ce monde meilleur, comme nous allons le découvrir.

Résumons les trois postulats de cette nouvelle « école ».

  • Les décisions qui prennent les êtres vivants en général, et les humains en particulier, sont irrationnelles, en cela qu’elles n’apparaissent pas réellement dictées par la poursuite d’un intérêt (une récompense).
  • Pour autant, ces décisions sont prévisibles (prévisibles pour les seuls spécialistes), parce qu’elles obéissent à des motivations inconscientes facilement décodables.
  • À partir de là, et à très peu de frais, on peut habilement et facilement agir sur ces motivations inconscientes, et orienter les comportements dans le sens souhaitable !

Souhaitable pour qui ? Nous allons en reparler.

Mais auparavant, savez-vous comment on appelle un acte permettant de modifier, à très peu de frais, les comportements dans le sens souhaitable (c’est à dire souhaité par une marque qui veut écouler ses produits, un dirigeant qui veut entraîner ses équipes, ou un politique qui veut se faire élire, ou mettre en place une décision a priori impopulaire) ? Vous l’avez deviné : cela s’appelle un « Nudge » !

Et qui sait produire des « Nudges » ? Bien entendu, les hommes de la Behavioral Economics.

Au début, ces « chercheurs » se sont occupés d’aider à la meilleure diffusion des couches Pampers ou de Coca-Cola, mais le marketing commercial vous garde toujours son petit côté mercantile, pas réellement à la hauteur des brillants cerveaux chercheurs de la Behavioral Economics : il était temps de viser plus haut !

Dans un premier temps, nombre d’entre eux ont agi en conseillers indépendants, en « free-lance », si vous préférez. Ils ont ainsi joué un rôle tout à fait essentiel dans les élections d’Obama et de Cameron, par exemple. Obama a bénéficié de ce que les initiés appellent une « behavorial dream team », avec des spécialistes tels que Thaler, Sunstein, Dan Ariely ou Daniel Kaheman (prix Nobel en 2002, tout de même).

Des politiques qui ont d’ailleurs su montrer leur reconnaissance. C’est que le statut de « free-lance » est toujours plus ou moins inconfortable, rien de mieux, surtout quand il s’agit d’œuvrer pour le bonheur de l’humanité, qu’un statut « plus officiel ». Le premier, Cameron, a donc créé la « Behavorial Insights Team », organisme d’état chargé d’appliquer les « découvertes » de la Behavioral Economics aux politiques publiques. À son tour, en 2013, Obama renvoie l’ascenseur aux acteurs de son élection en créant une Behavioral Insights Team du même genre, dirigée par une certaine Maya Shankar.

La brillante situation des finances publiques de la France n’a pas encore permis la création d’une « Nudge Unit » à la française, mais soyons rassurés, d’illustres esprits y travaillent avec ardeur, dont Éric Singler, auteur d’un ouvrage sur le sujet, « Nudge Marketing ». Mais dans l’attente, les équipes sont à l’œuvre, jouant un rôle discret, mais non moins coûteux sur des sujets aussi pertinents que notre consommation de cinq fruits et légumes chaque jour, ou nos façons de ne pas utiliser le téléphone quand nous conduisons.

Figurez-vous qu’une toute première victime de la Behavioral Ecomomics, que pour des raisons pratiques, je vous proposerais de traduire par « Économie comportementale », sans être sûr cependant que cette traduction soit appropriée, c’est… le libéralisme soi-même.

C’est que les tenants de l’Économie comportementale vous l’expliquent : le libéralisme repose sur l’idée que l’individu est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour lui, avec pour corollaire, le principe que les décisions prises individuellement par une collection d’individus finissent par produire une sorte de « décision collective » toujours supérieure à une décision qui aurait été prise pour ces mêmes individus par une personne unique.

Insupportable pour un étatiste. Mais, ouf pour les étatistes, l’Économie comportementale vient juste à point démontrer toute l’inanité du libéralisme. C’est que, nous disent ces messieurs, le libéralisme repose sur le concept d’un « Homo economicus », apte à décider de manière rationnelle ! Mais voilà, les décisions humaines étant certes prévisibles, mais non rationnelles, Homo economicus n’existe tout simplement pas, et le libéralisme est une absurdité intrinsèque.

Les individus, incapables de savoir réellement ce qui est le mieux pour eux, doivent être guidés par des gens raisonnables (les hommes de l’État) ; mais les hommes de l’État n’imposeront plus rien, ils se contenteront de mettre en place, à moindre coût, les bons Nudges au bon moment (ce qui, dans leur esprit, est en fait un pléonasme), et les peuples, sagement manipulés, n’opposeront plus de résistance inutile à l’avènement de leur plus grand bonheur. Un monde (presque) parfait.

Vous pourriez soutenir que, certes, les libéraux ont développé une théorie des « choix rationnels », mais sans s’étendre autrement sur la nature profonde de ces choix rationnels, qui n’entrait pas dans leur champ de réflexion. Rien ne prouve, par exemple, qu’une motivation irrationnelle ne puisse conduire à un choix rationnel.

Une approche, disons « biologique » de cette réflexion conduit d’ailleurs à penser que la sélection a favorisé dans de nombreux cas les conduites « instinctives » au détriment des conduites « raisonnées », et qu’une telle économie du processus décisionnel n’a rien de particulièrement inquiétant.

Les libéraux n’ont pas défendu la rationalité des décisions individuelles, ils ont seulement prétendu que les décisions individuelles (prises de manière rationnelle ou non) étaient plus à même d’apporter à tous le bonheur qu’une décision prise à leur place par un décideur unique, dont on ne voit d’ailleurs pas pourquoi il échapperait plus que quiconque à la loi commune de l’irrationalité. Les brillants effets de la plupart des décisions prises par les hommes de l’État conduisent d’ailleurs à réellement s’interroger sur une telle éventualité.

Revenons-en maintenant à notre point de départ. Par quel mystère les hommes des états des pays occidentaux partagent-ils sur un très grand nombre de questions, les mêmes discours ? Avec les mêmes arguments, quelquefois, les mêmes mots ? Mieux, comment expliquer ce mystère que sur la plupart des sujets, les hommes de partis politiques en principe opposés tiennent-ils, à la virgule près, des discours à ce point identiques ?

Faudrait-il voir là l’œuvre particulièrement efficace des « chercheurs » de l’économie comportementale ?

Ce n’est en réalité pas aussi simple que cela.

Savez-vous ce que des politiques tels que par exemple Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez (et tant d’autres) d’une part, et François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morell (et tant d’autres) d’autre part ont en commun ?

Ils sont tous des « Young Leaders ».

C’est à dire ? Le programme Young Leaders est le programme phare de la « French-American Foundation », dont l’objet est « l’approfondissement des relations » entre la France et les États-Unis.

Des programmes similaires sont développés dans tous les pays occidentaux.

Les « Young Leaders », environ 400, sélectionnés dans le monde de la grande entreprise, mais plus encore dans le monde politique, ont suivi dix jours de « séminaire », puis ils participent, régulièrement à diverses manifestations, divers travaux.

Leur formation comporte, entre autres, une initiation à l’économie comportementale, qui est d’ailleurs, désormais, également au programme de l’Ena.

Et quand vous trouvez les mêmes phrases, les mêmes mots, dans la bouche d’un Obama, et de l’autre côté de l’Atlantique, dans celle de François Hollande, vous devez savoir qu’il ne s’agit absolument pas d’un hasard.

Ces fondations ne sont pas les seules à agir dans le sens des seuls intérêts américains : un très grand nombre d’organisations dites « non gouvernementales » sont en réalité financées par les États-Unis, avec des objectifs secondaires (ou principaux ?) en réalité identiques.

La prise en compte de ces faits ne conduit-elle pas à reconsidérer de manière particulière certains évènements récents, admirablement orchestrés ?

Les États-Unis n’ont, objectivement, aucun intérêt à une Europe forte qui pourrait devenir une concurrente. Une Europe affaiblie par une immigration qui l’éreinte, ayant à surmonter l’impossible assimilation d’une religion qui lui est parfaitement étrangère, peut certes désespérer un Européen. Pas un Américain.

Sachez-le : que cela plaise ou non, « je suis Charlie » était un Nudge. La photo retouchée et tronquée de l’enfant noyé sur une plage turque est aussi un « Nudge ».

Dans quel but, pour quels objectifs ? J’ai bien sûr mes idées sur la question, mais les exposer me ferait sortir du domaine de compétence du présent billet.  Car, au cas où vous ne l’auriez pas deviné, je préfère l’avouer franchement, je suis libéral, libertarien diraient certains… : les réponses individuelles et sans doute parfois non rationnelles de chacun valent, à mon sincère avis, autant que les miennes. Mon propos n’a pas plus d’ambition que de partager (peut-être) quelques informations issues de mes lectures insomniaques.

Nous n’avons certainement pas les moyens de nous opposer de manière efficace aux manipulations dont nous sommes l’objet ; mais celui de ne pas être dupes, oui, nous l’avons !

Paris, le 9 septembre 2015

 boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Paris vaut bien une messe… de trop ?

Voilà, nous venons de passer une période caniculaire, comme ils disent. Mais pour vous dire la vérité, moi, la chaleur à Paris, ça me plaît plutôt bien ; ça m’aide à soigner ma nostalgie tropicale. Bon, ce ne sont ni les mêmes visages, ni les mêmes paysages ; mais en fermant les yeux, la chaleur, cela permet de rêver.

Bien sûr, comme rien n’est parfait, une chaleur un peu énergique en Europe offre l’inconvénient d’avoir à subir les commentaires habituels des climateux, politiques et médiatiques, nourris au Giec plus ultra de la pensée unique.

D’un autre côté, cela peut devenir amusant : ainsi cette remarquable trouvaille de ce formidable comique national, qui est venu nous sermonner sur les risques et dangers de la « déréglementation du climat » (mais si !) ! Les cons, ça ose tout, mais les socialistes, en plus, c’est prêt à tout réglementer, jusqu’à Monsieur Climat soi-même ! Décidément, rien ne les arrête plus, et le socialiste Bartolone, l’auteur de cette magnifique trouvaille, encore moins que les autres !

Pourtant, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais même quand il fait trop chaud (ce qui est tout de même encore assez rare sous nos latitudes), la question du réchauffement m’interpelle – par-devers moi, bien sûr, je n’irais pas soutenir une telle pensée iconoclaste en public !

Par exemple, je n’arrive pas à comprendre comment avec quelques malheureux thermomètres, aléatoirement placés à une toute petite minorité d’endroits, dont sont totalement exclus déserts (gelés ou torrides) et zones inhabitées, et surtout l’immensité des Océans, et cela sans parler de toute l’épaisseur de l’atmosphère, on puisse mesurer la température de toute la planète, d’une année sur l’autre, et cela, au dixième de degré près ! Une puce, équipée d’un thermomètre pour puces, n’aurait-elle pas plus de chances de mesurer avec exactitude les variations de température d’un troupeau d’éléphants ?

Et puisque nous parlons surfaces, « à voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse », et l’étroitesse des espaces que nous occupons, je ne peux m’empêcher (discrètement) de m’interroger sur la réalité d’une capacité de notre espèce à réchauffer l’atmosphère, sinon juste ce qu’il faut au sein de nos habitations, et plus ou moins légèrement à l’entourage très proche de ces dernières, et si notre illusion d’avoir quelque effet sur l’immensité des grands vents qui parcourent le monde, comme celle des formidables courants qui déplacent les mers, ne relève pas surtout d’une incroyable prétention !

Avec ce (dangereux) corollaire : si nous ne réchauffons rien, nous sommes tout aussi incompétents pour refroidir quoi que ce soit, et tous les débats, discutions, conférences, rassemblements sur ce sujet ne seraient que du vent !

Les températures sont comme les humeurs, elles varient, nous le savons bien. Les contemporains de Charcot ont vu des icebergs dériver à la hauteur de Gibraltar, et de hardis Vikings ont un certain temps, planté du blé et élevé des vaches sur les rivages du Groenland. Après quoi, la température est redevenue froide, le blé a cessé de pousser, et les Vikings et les vaches sont tous morts, les vaches parce qu’elles n’avaient plus d’herbe, ou qu’elles avaient été mangées par les Vikings, et les Vikings, parce qu’ils se sont formellement refusé à s’inviter au restaurant maritime qui leur tendait les bras, avec au menu, phoques divers et variés en entrée, et baleine en tranche pour plat principal, menu qui faisait pourtant tout le bonheur de leurs voisins esquimaux. Ce que l’histoire ne nous dit pas, en revanche, c’est si c’est à cause des Vikings que le Groenland s’était réchauffé et des Eskimos qu’il s’est ensuite refroidi, ou l’inverse, mais mon petit doigt m’a dit, et sans doute le vôtre aussi, que ni les uns, ni les autres n’y sont pour rien et que la planète et son climat vont leur chemin sans se soucier en aucune façon de ses microbes, fussent-ils humains, hier, comme aujourd’hui.

Ah, la question de la fonte des glaces ! Comme la glace des icebergs fond, cela va noyer tous les rivages ! Pour les icebergs, pourtant, le peu que j’ai retenu de mes cours de physique, et l’expérience acquise des bouteilles de champagne trop longtemps oubliées au congélateur, m’ont appris que la glace occupe un volume supérieur à la même quantité d’eau : par conséquent, comme presque 90 % d’un iceberg se cache en dessous de l’eau, ce qui s’est révélé une catastrophe non seulement pour le Titanic, mais aussi pour un nombre inconnu de vaisseaux et navires divers, leur fonte devrait entraîner un abaissement et non une élévation du niveau de l’eau.

Vous me direz que cela ne résout pas le problème des ours blancs, qui, la glace fondue, vont se retrouver les pieds, ou même tout le corps dans l’eau. Mais vous l’avouerais-je ? J’aime beaucoup les animaux, mais pas tant que cela les ours blancs, et puis je sais aussi que s’il venait à y avoir moins d’ours blancs, on aurait plus de grizzlys, ou même des ours blancs pour s’accoupler avec des grizzlys, ce qui semble-t-il se fait déjà, et qui pourrait nous mériter des images autrement plus excitantes que les misérables films pornographiques habituels.

Un autre sujet qui me pose un problème, c’est le CO2 ; aquariophile, je sais très bien, par exemple, qu’il n’y a qu’un seul moyen pour avoir un bel aquarium, c’est d’y injecter massivement, à longueur d’année, des doses massives de CO2. Alors, le CO2, un poison ?

DSC01235_md     DSC01125_md

Aquariums nourris au CO2, Photos Audreco Conception, Cyrille Georgel

Mais n’avancez aucun de ces questionnements en public, vous ne manqueriez pas de vous prendre aussitôt l’immanquable : « tous les scientifiques sont unanimes à dire que… »

N’allez par rétorquer que des siècles durant « tous les scientifiques ont été unanimes » pour dire que la terre était le centre du monde, et cela avec une telle détermination et une telle méchanceté, que Copernic lui-même a préféré cacher ses découvertes, et que Galilée s’est trouvé condamné pour avoir dit la vérité. Ce qui démontre s’il était nécessaire « que tous les scientifiques unanimes » peuvent se tromper, tout que comme le Pape actuel, qui, à l’instar de son prédécesseur de cette époque, se trouve parfaitement susceptible de dire ce qui paraîtra demain comme d’énormes sottises. On peut même penser que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, c’est là ce qui est le plus vraisemblable.

Aujourd’hui, comme hier. Aujourd’hui, plus qu’hier. Parce qu’aujourd’hui, « tous les scientifiques unanimes », ce n’est même pas vrai.

Pas plus tard que la semaine dernière, le prix Nobel Ivar Giaever, soutien d’Obama en 2008 a dit à ce dernier :

« Excusez-moi, Mr le Président, mais vous avez tort. Complètement tort. Le réchauffement global est vraiment devenu une nouvelle religion et je me fais du souci au sujet de la conférence de Paris de l’ONU en novembre prochain… car je pense que les alarmistes sont en position de force…

Nous devons arrêter de gaspiller des énormes – je veux dire vraiment gigantesques quantités d’argent au sujet du réchauffement climatique…

Obama a dit l’an dernier que l’année 2014 était l’année la plus chaude jamais connue. Mais ce n’est pas vrai ! Ce n’était pas la plus chaude…

La théorie derrière la peur de la montée des niveaux de dioxyde de carbone ne s’appuie sur aucune preuve… »

Un petit tour sur le net, et, en quelques instants, des avis de ce genre, vous allez en récolter de dizaines, des centaines !

Des dizaines, des centaines, mais sans moi, vous risquez de passer à côté d’au moins deux textes extraordinaires sur le sujet, ce qui aurait été aussi mon cas, sans la sollicitude d’un ami, camarade de promotion que je salue ici, et qui ne va pas manquer de se reconnaître. Ecrits par Bernard Beauzamy, PDG de la société S.C.M., et mathématicien qui gagne sa vie en faisant des études mathématiques très compliquées pour aider des gens très intelligents à prendre en toute connaissance de cause les décisions les moins déraisonnables. Un mathématicien, qui écrit non seulement clairement, mais aussi drôlement, et dont les démonstrations sont implacables : les humains sont incapables de réchauffer ou refroidir la terre, les industries humaines n’ont pas le moindre effet sur la teneur en CO2 de l’atmosphère, toutes ces histoires ne sont qu’une gigantesque imposture pour effrayer les peuples et mieux les manipuler.

Mais ce que je trouve le plus intelligent dans la démarche Bernard Beauzamy, c’est qu’il démontre que la croyance au réchauffement n’est rien d’autre qu’une religion. La démarche scientifique n’y est qu’un paravent, il ne s’agit que de croyances. Et comme dans toutes les religions, il y a d’une part les initiés, et les autres, les non-initiés, ou les imbéciles si vous préférez. Les initiés terrorisent les peuples avec des mystères, aujourd’hui le mystère CO2 ou le mystère banquise qui fond. Le mécanisme est toujours le même, inventé en même temps que les premières religions et se résume ainsi :

  1. Les dieux vont se venger parce que le peuple est méchant.
  2. Heureusement, les initiés (les princes et les prêtres) sont là, qui savent parler aux dieux et implorer leur clémence.
  3. Mais pour cela, le peuple doit payer, très cher, le plus cher possible ! Payer à qui ? Pas de soucis : on donne tout aux initiés, qui se chargent du reste.

Et pour commencer, on construit des monuments à l’utilité douteuse, ou parfois à l’inutilité avérée, hier des temples ou des arcs de triomphe, aujourd’hui des éoliennes ou des champs de panneaux solaires. Et toute sorte d’autres âneries, qui ont toutes le même effet : elles appauvrissent les pauvres et enrichissent les initiés.

Une question que je me suis souvent posée et que vous vous posez peut-être aussi est celle-ci : les initiés savent-ils qu’ils mentent ? Pour les religions antiques, cela ne fait aucun doute, et c’est même pour cela qu’on les appelait des initiés. Le peuple se prosternait devant les temples et se ruinait en offrandes, mais seuls les initiés savaient que les temples étaient vides. Et l’initié qui trahissait, même si peu que ce soit, les secrets de l’initiation, était aussitôt mis à mort. On devine pourquoi.

Aujourd’hui, il est très difficile de croire qu’avec le niveau d’informations dont ils disposent, les initiés modernes puissent nourrir des doutes sur la réalité des terreurs qu’ils inspirent aux autres : très certainement, eux-aussi savent que les temples sont vides, et que l’argent qu’ils vont voler sous le prétexte de refroidir la planète ne fera ni chaud ni froid à cette dernière, appauvrira tous les peuples, et ne sera réellement utile qu’à leur enrichissement personnel. Croire que les initiés modernes ne le seraient qu’à moitié serait les prendre pour de fameux imbéciles, ce qui n’est vraiment pas charitable.

Une religion, ce n’est pas seulement des monuments, c’est aussi des cérémonies. Coûteuses cérémonies, toujours financées par ces mêmes crétins de non-initiés. Comme la grand-messe qu’on nous prépare pour la fin de l’année à Paris. Les patrons ont des carnets de commandes vides, on ne sait pas si la banquise fond autant qu’on le dit, mais on est sûr que le nombre des entreprises françaises fond beaucoup plus qu’il ne faudrait. De l’avis même de notre Grand Initié en second, la menace terroriste n’a jamais été aussi effrayante (ce qui n’est d’ailleurs pas grave, aucun terroriste ne s’en prendra jamais à aucun initié, parfaitement protégé au fond des palais, et la vie d’un non-initié, qu’est ce que ça pèse ?). Mais de tout cela, peu importe, nous aurons droit à notre grand-messe et à tous ses blablas !

Ah, au fait, d’après vous,  qui paye la messe ?

Paris, le 11 Juillet 2015

Liens vers les textes cités dans le présent billet

Article relatant la prise de position de Ivar Giaever :

Textes de Bernard Beauzamy :

Lettre du mois de juin de la S.C.M :

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Récidive

Je disais dans mon précédent billet mon étonnement de trouver sur un support qui étale pour devise : « la liberté guide nos pas » un article intrinsèquement antilibéral, c’est-à-dire, anti liberté.

Et bien je dois dire, pour continuer de le regretter, que le site récidive avec un autre article, cette fois de Dominique Jamet, sur le sujet de la dette grecque[1].

Le titre est en soi tout un programme : « La dette grecque : la dictature libérale » !

Un contenu pourtant que beaucoup de libéraux signeraient des deux mains, et  il faut en attendre la fin, et donc sa conclusion, pour que tout soit remis en cause : comprendre le malheur des citoyens grecs, et essayer de soulager autant que faire se peut leurs souffrances présentes et futures « serait ouvrir la voie à la remise en cause de la si douce dictature libérale sous laquelle nous vivons. »

Alors là, les bras nous en tombent ! Je veux bien que les libéraux soient coupables de tous les péchés qu’on voudra, mais qu’ont-ils à voir avec le sort de nos pauvres amis grecs ? Quand des libéraux ont-ils eu le moindre mot à dire dans toute cette affaire ? Où seraient les libéraux parmi les négociateurs ?

Au FMI ? À la Banque centrale européenne (BCE) ? À la Commission européenne ? C’est une farce ?

Monsieur Jamet peut-il sérieusement ignorer qu’un véritable libéral ne voit parmi ces instances que des ODS (Oints du Seigneur, pour reprendre la terminologie de Monsieur Gave[2]), c’est-à-dire des hommes de pouvoir et de connivence, à des années-lumière de se considérer eux-mêmes comme des libéraux, ou d’être reconnu comme tels, par ces derniers ?

Quels libéraux auraient voulu l’Europe, en tout cas celle qu’on nous a fabriquée, avec une toute-puissante commission européenne : pour un libéral, une authentique dictature, qui impose aux citoyens jusqu’à la quantité d’eau qu’ils utilisent pour leurs toilettes, ou qui se mêle de la manière dont les parents fessent ou non leurs enfants…

9802469416_9a1b3b846a_o

Monsieur Jamet reproche aux négociateurs de manquer de charité. Il semble donc ignorer que la charité a été, sinon inventée, du moins mise au premier plan par un certain Jésus, incontestable libéral[3], même si ce sa pensée se trouve aujourd’hui étonnamment trahie par celui qui devrait être son premier défenseur (mais il s’agit là d’un autre sujet, sur lequel j’entends bien revenir !). Eh oui, Monsieur Jamet, si les négociateurs étaient des libéraux, nul doute que les individus seraient au centre des débats, et que le souci de leur malheur les préoccuperait beaucoup plus que le confort des banquiers et de leurs camarades oligarques, dont par définition, ou plutôt par nature, un libéral n’a tout simplement que faire.

Dans un univers libéral, il ne trônerait d’ailleurs aucun oligarque, car ces derniers seraient obligés de travailler, ce qui serait de nature à rabaisser leur caquet à la hauteur du restant de l’humanité. Dans un univers libéral, les banquiers seraient, tous, en situation de concurrence, ce qui serait de nature à rabaisser leur arrogance à la hauteur de la hauteur naturelle des autres humains. Tous les banquiers, et donc y compris les banquiers « centraux ». Non. Ce que je viens de dire est une absurdité : dans un univers libéral, le concept même de banque centrale ne peut même pas se concevoir.

La démarche libérale est à l’opposé de la démarche qui a conduit la Grèce dans la situation où elle se trouve.

Je vous entends depuis la solitude de mon clavier : mais dans la situation actuelle où se trouve mise la Grèce (et sans doute demain, tant d’autres pays de l’Union européenne), que ferait de plus (de mieux) un « libéral » ? Et cela me rappelle un épisode personnel que je ne résiste pas à partager avec vous !

J’ai eu la chance de suivre pendant plusieurs années les enseignements d’un grand maître de l’équitation dite de haute école, récemment décédé, Michel Henriquet. Un jour, assis à ces côtés dans sa petite tribune d’observation et d’enseignement, nous regardions un jeune cavalier, juché, du moins provisoirement, sur un jeune cheval, en opposition tellement visible avec cette situation qu’il était évident que celle-ci ne pouvait avoir qu’une durée des plus éphémères… Je demandais alors au Maître ce qu’il aurait fait, dans une telle (périlleuse) occurrence !

– Mais rien de plus, et rien de mieux que ce jeune homme, me répondit-il !

– … ?

– Mais la différence, c’est que moi, je ne me serais jamais mis dans une telle situation !

Une conception libérale n’eût jamais mis aucun Grec dans la conjoncture actuelle. Ni d’ailleurs aucun Européen. Et personne n’aurait à se soucier de la manière de se sortir d’une situation en effet sans issue. D’autant plus sans issue que les simagrecques des négociateurs ne visent aucunement à trouver une solution pour sauver la Grèce, mais seulement à sauver les apparences des uns et des autres, et je prends le pari (sans risque) que c’est en effet ce qu’ils vont faire.

Oui, c’est un crime contre la pensée que de faire croire que le malheur grec, tout comme le malheur qui menace de la plupart des autres états européens est un malheur libéral ! Le malheur grec aujourd’hui et le malheur européen qui nous guette n’a rien d’origine libérale, c’est le malheur d’une pensée étatiste, dirigiste, qui se moque à peu près autant des individus qu’elle ne se soucie de leur bonheur.

Encore une fois, Monsieur Jamet, vous avez parfaitement le droit de ne pas aimer le libéralisme. Mais vous n’avez pas le droit intellectuel de prétendre voir des libéraux là où précisément il n’existe aucune chance d’en rencontrer même l’ombre de l’ombre.

Les étatistes socialistes ont une grande qualité : ils disent ce qu’ils font, ou ce qu’ils vont faire, et ils font ce qu’ils ont dit. Les socialistes de la mairie de Paris avaient par exemple annoncé qu’ils feraient de la vie des automobilistes parisiens un enfer, et ils ont effectivement fait de la vie des automobilistes parisiens un enfer. C’en est au point que dans mon immeuble, les quatre étages de parking sont désormais à peu près vides…

Les Français peuvent bouder autant qu’ils veulent Monsieur Hollande et même le siffler chaque fois que les gendarmes et les policiers leur laissent un moment de loisir pour le faire rapidement, ils ne peuvent reprocher à ce dernier de ne pas les avoir prévenus. Ils étaient prévenus.

Quand Monsieur le premier Secrétaire du parti socialiste parle de la liberté individuelle, c’est pour dire : « la liberté individuelle doit s’effacer devant la liberté collective ». Magnifique oxymore ! Que l’on peut mettre sans problème dans la bouche de tous les dictateurs et tyrans de tous les temps. En effet, si la liberté individuelle est en dessous et non au-dessus de la liberté collective, il n’y a plus de liberté possible : la seule liberté collective acceptable étant celle d’individus libres décidant librement une action collective. Et personne ne pourra supposer la moindre sympathie libérale à Monsieur le premier Secrétaire du parti socialiste.

Je me méfie beaucoup plus des étatistes qui se maquillent en non-socialistes, car ils sont beaucoup plus dangereux, beaucoup plus pernicieux.

Le problème des étatistes, socialistes et non socialistes, et que tout imbus d’eux-mêmes et du sentiment de leur supériorité, ils n’entendent plus le peuple, les gens : les jeunes qui ne trouvent plus de travail qu’à l’étranger, les artisans épuisés de charges, les commerçants qui voient fondre jour après jour le « panier moyen » de leurs clients, les patrons sans commandes, les chômeurs sans espoir, les salariés qui se demandent chaque mois si leur entreprise sera encore en mesure de les payer le mois prochain… tous ces gens qui eux, ne nourrissent aucun doute : tous, ils étouffent ! Trop de lois, trop de décrets, de règlements, trop de normes, trop de contraintes et de contrôles, trop de freins à tout, embauches, licenciements, entreprises…, trop de ceintures, trop de sécurité ! Tous, ils le savent, ce n’est certes pas d’un excès de libéralisme qu’ils souffrent, mais bien de son défaut !

Et ce n’est pas parce qu’ils ne sont entendus par personne, et qu’ils ne se trouvent pas de réels porte-parole que leurs voix resteront toujours muettes.

Ah ! J’allais vous quitter, en oubliant mon jeune cavalier sur son poulain fougueux : plus rapidement encore que nous ne l’avions escompté, il a roulé dans la poussière…

Paris, le 23 juin 2015

[1] http://www.bvoltaire.fr/dominiquejamet/grece-dictature-liberale,183230

[2] http://institutdeslibertes.org/mais-ou-sont-donc-passes-les-oints-du-seigneur/

[3] comme l’a magistralement démontré le même Charles Gave ci-dessus évoqué : voir son ouvrage Un libéral nommé Jésus .

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Défigurer les concepts capitalisme et libéralisme est une imposture.

Récemment, un titre, publié sur le site « Boulevard Voltaire » a retenu mon attention : « Prétendre lutter contre le gaspillage dans une société de consommation est une imposture » ; il est signé Laure Fouré, qui se présente « fonctionnaire au ministère des finances » et qui est publiée sur le site du « Boulevard Voltaire ».

Boulevard Voltaire, ce site qui inscrit fièrement à l’intérieur même de son sigle : « la liberté guide nos pas ! »

Intrigué, je clique. Ça commence très bien ! Nos si chers (entendez-le comme vous le voulez) députés ont voté « à l’unanimité » (à quoi bon voter si c’est à l’unanimité ?) une loi (de plus) interdisant aux grandes surfaces le « gaspillage alimentaire », contraignant ces dernières à ne plus jeter ce qu’elles n’ont pas vendu, mais à le donner à des associations humanitaires. Chômeurs, dettes, danger islamiste, menace terroriste… comme le note fort justement Madame Fouré, en ces temps si menaçants, nos députés ne trouvent rien de mieux à bavarder faire que d’ordonner par des lois… ce qui se fait déjà, et depuis fort longtemps ! Jusque là, très bien.

Madame Fouré ne le dit pas (ne le sait pas ?), mais cette loi ne trouve pas son origine dans une générosité partagée et gratuite (pour eux) de nos élus, mais dans la nécessité de corriger les effets d’autres (de leurs) lois, qui rendent par exemple les distributeurs responsables des effets indésirables produits par des marchandises avariées, y compris quand ces dernières leur sont volées. Le risque de la prison ayant pour effet, ô combien surprenant, d’atténuer fortement les élans naturels de charité. Des lois pour corriger les (mauvais) effets de lois précédentes ; et bien sûr, demain, d’autres lois pour corriger les (mauvais et certains) effets des lois visant à corriger les effets… Gageons qu’il sera ensuite interdit aux magasins de ne pas vendre ce que personne ne veut (ne peut ?) leur acheter. Auront-ils le droit de le donner ? Voire ! Cela viendrait sûrement en contravention avec… des lois régissant la concurrence, loyale ou déloyale. La seule solution sera alors pour les distributeurs de dévorer eux-mêmes leurs invendus, tout en inventant des artifices pour ne pas se trouver ensuite en infraction avec les lois… du Code du travail… Point trop de souci, cependant, les syndicats seront là pour veiller aux grains, surtout quand ils seront périmés !

Mais voilà que vous emmenant où Madame Fouré  ne s’est pas égarée, je perds le cheminement de cette dernière, qui vaut cependant son pesant de surprise : le vote de nos députés n’est pas inutile pour les raisons qu’elle dit, ni même pour celles que j’évoque sans elle, mais parce que, nous assène-t-elle, « le gaspillage constitue un élément consubstantiel au système capitaliste libéral » !

À partir de là, en tout cas pour moi, « rien de va plus » !

Entendons-nous bien : je ne reproche pas du tout à Madame Fouré de détester le capitalisme et le libéralisme. Voilà qui est son droit le plus légitime, que je ne conteste en rien.

En revanche, ce que je trouve insupportable, au sens étymologique de l’adjectif, et intellectuellement malhonnête, c’est d’attribuer, de cette manière péremptoire, à ces deux concepts, des attributs qui leur sont au minimum parfaitement étrangers.

Capitalisme et gaspillage ? Oublions quelques instants la difficulté qu’il y aurait à nous entendre sur une définition correcte et utilisable du capitalisme, pour n’en retenir que les principes les plus élémentaires : la propriété privée des moyens de production, la capacité d’accumuler du capital productif, et d’en retirer, le cas échéant, un profit. Je ne vois pas là-dedans, même en cherchant bien, quelque tendance au gaspillage que ce soit ! J’aurais même tendance à penser que celui qui possède, qui veut accumuler, et qui entend tirer profit de ce qu’il possède et de ce qu’il accumule, aura toutes les envies que l’on voudra, sauf celle de gaspiller.

Libéralisme et gaspillage ? Il faudra qu’on m’explique pourquoi l’individu réellement libre et donc, corollaire inévitable, responsable, présenterait une tendance plus grande au gaspillage que celui qui accepte ou subit le poids d’un état, par nature plus ou moins liberticide, plus ou moins déresponsabilisant. Instinctivement, on devine que la responsabilité conduit à l’économie, quand l’irresponsabilité rend le gaspillage (en apparence) beaucoup plus indolore.

Et c’est d’ailleurs exactement ce que l’on observe ! N’en déplaise à Madame la fonctionnaire du ministère des finances et à ses amis, ce ne sont pas prioritairement les individus particuliers qui gaspillent de manière éhontée la richesse des pays, mais bien les états et leurs agents. En effet l’état est un concept, il n’a pas d’autre existence réelle que celle de ses agents. Qui, par exemple, gaspillerait son propre argent, pour se rendre en avion au spectacle de 22 individus propulsant, avec gestes et mimiques plus vilains les uns que les autres, des heures durant, un unique ballon, rapidement boueux et sale, que même un enfant mal élevé de quatre ans ne voudrait disputer à personne ? Qui dépenserait, même un peu de sa fortune personnelle, pour cheminer, accompagné de cohortes aussi coûteuses que courtisanes, le chapelet des inaugurations et autres kermesses nationales, ou celui des plus vieux et des plus déconsidérés des dictateurs de la planète ?

Mais le souci de la vérité m’oblige à tout vous dire : Madame la fonctionnaire du ministère des finances n’a aucune chance de prêter le moindre crédit à de tels propos, puisqu’elle assène par avance, à l’appui de sa thèse, que « les ménages sont responsables de 95 % du gaspillage ».

Pauvres ménages ! Allez donc leur dire, Madame, qu’ils gaspillent, quand un nombre toujours plus grand d’entre eux, n’a plus rien, non plus à gaspiller, mais à consommer, et cela de plus en plus tôt chaque mois !

Mais il est vrai que l’action combinée des hommes de l’état en général et des fonctionnaires des finances en particulier fait merveille : les ménages en mesure de payer la nourriture des distributeurs, chaque jour moins nombreux, augmentent presque mathématiquement, en même temps que la quantité des candidats à la distribution gratuite de cette nourriture, la quantité même de cette nourriture gratuite : tout est alors pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dès lors, la voie est toute tracée : les distributeurs, ruinés, n’auront bientôt plus grand-chose à vendre et plus rien à partager, ce qui marquera, c’est vrai, avec l’avènement de la pénurie, la mort définitive de toute forme de gaspillage : une vraie victoire socialiste.

Encore une fois, on a parfaitement le droit de ne pas aimer le capitalisme et de haïr le libéralisme. Mais prétendre que l’un ou l’autre auraient quelque partie intrinsèquement liée avec le gaspillage, voilà la véritable imposture. Le gaspillage, comme d’ailleurs la corruption, quand ils résultent d’individus, ont des effets limités à ces individus. Seul le gaspillage, comme d’ailleurs la corruption, de l’État sont en mesure de créer le malheur de tous.

Mais ce qui est triste, voire désespérant, n’est pas l’imposture en elle-même. Mais que celle-ci soit diffusée par un support qui ose écrire à l’intérieur même de son sigle, je le rappelle : « la liberté guide nos pas » ! Peut-on prétendre ses pas guidés par la liberté, et soutenir que cette même liberté conduirait « aux gaspillages et pollutions de tous genres » ?

Que les gens « de gauche » affichent leur détestation pour tout ce qui se rapproche de la propriété privée ou de la liberté n’a en soi rien de choquant. Le malheur est que dans notre pays, les vrais partisans de la propriété privée, et ceux de la liberté, c’est-à-dire les partisans du capitalisme et du libéralisme semblent ne plus se trouver que dans les « livres d’histoire[1] ». S’il en existe encore parmi les vivants, soit ils sont bien silencieux, soit ils n’ont plus accès à la parole.

Pourtant, les impostures concernant le capitalisme et plus encore le libéralisme doivent être combattues.

Paris, le lundi 15 juin 2015

[1] Oui, car même s’il n’a jamais été appliqué dans notre pays, ce sont malgré tout des intellectuels français qui ont inventé le libéralisme.

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Au hasard de mes (dernières) lectures

« Par hasard ou par vouloir », me voilà (à peu près) Parisien pour quelques semaines, le temps de rassembler et peut-être de partager quelques notes de lecture…

Avez-vous lu « Extrapure » (éditions Gallimard) ? Un parcours incroyablement documenté et saisissant à travers ce que son auteur, l’italien Roberto Saviano appelle : « l’économie de la cocaïne » ! Une enquête d’une rigueur implacable, avec force noms, faits précis, dates, lieux divers dans des pays du monde entier, mais une enquête en forme de thriller, un thriller haletant, où les pires cruautés se succèdent avec frénésie, sur fond de villas de luxe, d’avions, de voiliers grands ou petits, ou même de… sous-marins ! Oui, nous apprenons qu’aujourd’hui les parrains de la drogue ont tout cela à profusion, et plus encore. Et nous comprenons surtout que tout espoir de frontière entre cette économie et ce que nous appellerions, sans dérision, l’économie « normale » est à perdre aux oubliettes de la réalité. Le tableau est à ce point accablant, que pour tout lecteur objectif, la conclusion (que ne tire pas cependant l’auteur) est évidente : de toutes les faillites dont les états de tous bords se sont montrés capables, la plus indiscutable, la plus totale, la plus définitive est celle de leur (apparent) combat contre la drogue ! Il faut lutter contre la drogue, mais pour cette lutte, le moyen des états est le moins adéquat qu’on puisse trouver, et même le plus dangereux : c’est le bon sens, la lutte doit revenir aux individus, et à eux seuls ! Les états, pour leur part, s’y montrent, au mieux, parfaitement incapables et impuissants, au pire, d’hypocrites complices !

L’un de mes précédents billets (« Je suis Cassandre ! ») ne m’a pas valu que des amis, et de la part de mes amis, ne m’a pas gagné que des compliments… J’y exprimais toutes mes réserves au sujet de ce d’aucuns baptisent désormais « l’esprit de Charlie ».

Force est aujourd’hui de constater que mes réserves étaient pourtant largement partagées, comme le prouve par exemple le nombre d’ouvrages parus sur ce sujet. Cependant, parler de plusieurs de ces ouvrages dans un seul billet est un risque énorme, car si leurs auteurs arrivent aux mêmes conclusions, c’est par des chemins si différents, et avec des arguments à ce point opposés, que les rassembler dans un billet commun pourrait faire exploser ce dernier de leurs presque certaines disputes… Osons le pire !

Commençons par un livre que je n’ai pas lu, celui de Catherine Fourest, « Éloge du blasphème ». Tout simplement, parce que pour ma part, si je renie bien sûr les moyens utilisés par certains pour faire taire les blasphémateurs, quels qu’ils soient, je suis viscéralement et sincèrement opposé à toute forme de blasphème, y compris, et peut-être surtout, quand il s’agit de croyances ou de religions que je ne partage pas. Pour moi, le sacré a quelque chose d’universel, et nous perdons un peu d’humanité quand nous prétendons manquer à ce qui fait le sacré d’autrui. J’ai toujours détesté et méprisé les caricatures de Charlie Hebdo, quand elles portaient sur des sujets ou des personnages religieux, et s’il est juste de s’indigner du sort fait à certains de leurs auteurs, ce sort ne donne aucun semblant de légitimité à leurs vilaines actions, pour lesquelles je ne saurais partager aucun éloge.

Sur le même sujet, « Qui est Charlie ? », d’Emmanuel Todd. À la différence de certains qui disent avoir tout compris de ce livre, tout en avouant (ou en n’avouant pas) ne l’avoir pas lu, j’ai pour ma part tout lu, mais sans avoir tout compris… Le sous-titre de l’ouvrage, « sociologie d’une crise religieuse », laisse bien deviner qu’on n’entre pas vraiment sur un terrain balisé… et c’est en effet ce qui est le cas, puisque, selon l’auteur, les marcheurs de Charlie (avec lesquels, faut-il le rappeler, je n’ai pas marché), vieux, bourgeois, riches, et donc blancs, par ailleurs « catholiques zombies », c’est-à-dire non pratiquants, marchaient surtout par islamophobie, voire, par antisémitisme… Un raccourci intellectuel à laisser dans le fossé la plupart des esprits normalement cartésiens…

Avouerais-je ma sympathie pour « La marche des lemmings » de Serge Federbusch (Ixelles éditions) ? La manipulation que je pressentais dans mon billet y est ici plus que largement démontrée et démontée. Une « action de communication » du plus grand art, permettant d’occulter en quelques Kleenex émus, tant de questions qui auraient dérangé : par exemple, pourquoi un lieu et des personnes que l’on savait menacés étaient-il si mal protégés ? Ou encore : comment deux individus qui ne se sont cachés à aucun moment, et qui portaient au contraire de la manière la plus visible leurs armes et leurs « uniformes » ont-ils pu traverser sans encombre on ne sait combien d’arrondissements de Paris, à proximité de plusieurs commissariats ? À ce point que c’est aujourd’hui l’évidence, s’ils ont été finalement retrouvés, c’est parce que de manière suicidaire, c’est exactement ce qu’ils ont souhaité, et qu’ils ont tout fait pour cela. Ça, pour le détail. Pour le grand œuvre, l’admirable occultation du danger manifesté de façon aveuglante par l’islamisme, au nom de l’incantatoire et non moins efficace pasdamalgam.

Mais plus intéressant encore, à mon avis, les modes de fonctionnement et les acteurs de cette admirable manipulation, que l’auteur connaît manifestement très bien, et dont il dresse un tableau saisissant. C’est ainsi que j’ai découvert que la mairie de Paris entretenait plusieurs centaines d’employés pour son seul service de presse… !

Un ouvrage donc à lire, et à faire lire, ne serait-ce que pour nombre d’informations plus ou moins adjacentes, mais non moins précieuses.

Et si l’on quittait ce terrain, pour s’intéresser à celui de… l’entreprise ? J’avoue être passionné par une série d’ouvrages plus ou moins récents portant sur le concept « d’entreprise libérée ». De quoi s’agit-il ? D’entreprises qui ne fonctionnent plus du tout sur le mode hiérarchique, avec un patron qui décide, et des cohortes d’exécutants, et d’autres cohortes administratives et de contrôle… Une vision utopique de l’entreprise ? On pourrait le croire, mais le problème est qu’aujourd’hui de très grands succès entrepreneuriaux fonctionnent sur ce modèle. À lire par exemple « Liberté & Cie », de Brian M. Carney et Isaac Getz (éditions Fayard, disponible en livre numérique), qui me paraît une excellente initiation sur ce sujet. Ce modèle d’entreprise peut-il fonctionner dans le cadre d’un droit social à la française ? Voilà, à mon avis en tout cas, un vrai sujet de réflexion, que je partagerais volontiers…

Paris, 20 mai 2015

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Et patatras !

Trouverons-nous un jour le moyen de nous faire comprendre ?

Et patatras ! Dans mon précédent billet (http://michel-georgel.com/cestadire/2015/03/08/la-fin-du-chomage/), je défendais que l’emploi salarié pût ne pas être adapté à nombre de situations, et que la seule manière de venir un jour à bout du drame du chômage serait d’élargir les possibilités des donneurs et des vendeurs de travail de contracter en dehors du cadre rigide du seul contrat de travail salarié, et je disais par exemple tout le bien que je pensais du statut de l’autoentrepreneur, qu’il suffirait d’élargir, en en supprimant, ou au moins les augmentant, les absurdes limites actuelles de chiffre d’affaires !

Mais patatras ! Les désillusions électorales de nos princes socialistes font frétiller d’enthousiasme tout le gotha politique de ceux qui prétendent l’être moins (socialistes), c’est-à-dire tous ceux qui voient venir avec gourmandise la promesse de lendemains électoraux qui chanteront pour eux, et comme il faut tout de même donner quelques habits à la chasse aux sinécures, les projets, ou les projets de projets se dessinent ici et là, certains plus élaborés que d’autres.

Pas facile, cette question des projets : comme la preuve aura été administrée une fois de plus (mais après tant de catastrophes répétées, était-ce encore réellement nécessaire ?) que le socialisme, ça ne marche pas, il faut, si l’on veut se montrer au moins un peu crédible, paraître donc un peu moins socialiste, mais tout en évitant le risque mortel de se faire taxer de libéral, ce qui entraînerait une mise à mort médiatique quasi instantanée. Mais laissons ces dames et messieurs politiques à leurs petits travaux de rédaction, pour ne garder que ce qu’ils semblent vouloir faire sur le sujet qui nous occupe, l’emploi !

Et a priori, sur ce sujet, rien de bien rassurant !

Commençons par Monsieur Sarkozy : quand il sera revenu aux affaires, ce qui pour lui n’est plus qu’une question de calendrier, le premier compte qu’il réglera, ce ne sera ni celui de ses juges ou de ceux qui l’ont battu hier, mais précisément celui… des autoentrepreneurs ! Ce que les socialistes n’ont pas osé faire, malgré les mauvaises pensées d’une certaine dame Pinel, lui, sitôt élu, il le fera ! Vous comprenez, nous explique-t-on doctement, ces vilains autoentrepreneurs font une concurrence insupportable aux artisans ! Seulement le quart de leur sueur à redonner à l’état, des tracasseries administratives réduites au plus simple, c’est tout bonnement insupportable ! On pourrait penser que le plus raisonnable serait d’aligner les conditions des artisans sur celles des autoentrepreneurs, la question de la concurrence en serait réglée, avec du même coup un formidable souffle d’air donné à notre économie, mais non, plutôt que supprimer les causes d’une concurrence éventuellement inéquitable, supprimons les concurrents, ce sera tellement plus radical !

Bon, vous essayerez de me consoler en me disant qu’en deux ans, Monsieur Sarkozy peut encore changer d’avis (il paraît que cela s’est déjà vu de sa part, mais sur des espaces de temps beaucoup plus courts), et qu’il n’est pas tout seul à s’agiter dans les startingblocks. Consolation moyenne, car pour le moment je n’entends rien de vraiment rassurant sur le sujet qui nous occupe. Prenons Monsieur Fillon, par exemple, qui présente un très bon catalogue, avec beaucoup à prendre. Mais que nous promet-il pour l’emploi : le « contrat de travail unique » ! Le même, dans tous les cas, pour tout le monde ! Avec des droits du salarié qui augmenteront avec son ancienneté ! La garantie absolue pour les entreprises de ne plus jamais pouvoir s’adapter aux circonstances ! Et moi, si je ne peux plus embaucher que des collaborateurs dont il me sera toujours plus difficile de me séparer le cas échéant, je fais tout, je dis bien tout, pour ne pas tomber dans ce piège, ou pour y tomber le moins possible !

C’est d’ailleurs une simple question d’honnêteté : est-ce qu’une entreprise plus ancienne gagne des « droits » sur ses clients ? Est-ce qu’elle se trouve plus assurée de développer ou même seulement de conserver ses marchés ? Garantir à ses salariés toujours plus de droits est une hypocrisie : quand l’entreprise ne peut plus faire face aux obligations générées par ces « droits », que deviennent ces derniers ?

19 avril 2015

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

La fin du chômage

Et si l’emploi salarié n’était pas la solution pour lutter contre le chômage ?

Plusieurs de mes lecteurs m’ont reproché mon attitude critique au sujet du mouvement « Je suis Charlie ».

Ce que je craignais, c’est que tout cela ne soit que le moyen pour le pouvoir et les médias d’empêcher que ne soient posées les vraies questions : et c’est exactement ce qui s’est passé. L’opinion s’est trouvée anesthésiée, et les vraies questions n’ont pas été posées.

Les jeux sont faits : l’avenir proche, c’est le « Doubs » destin, le plus lointain, la grisaille de « Soumission ».

Donc, parlons d’autre chose.

Malgré un ensemble de conditions toutes plus favorables les unes que les autres (robinets grand ouverts de la BCE, chute du dollar, chute du coût du pétrole, reprise dans de nombreux pays…), il ne semble pas que quoi que ce soit bouge réellement du côté du chômage.

Ce qui est étonnant, c’est que certains s’en étonnent. Mais peut-être font-ils seulement semblant ?

Ce qui ne repart pas, en réalité, c’est l’emploi salarié. Or personne ne semble se poser une question pourtant très simple : est-ce que l’emploi salarié est encore adapté au monde du travail d’aujourd’hui ?

Pour un certain nombre d’entreprises, la réponse est clairement : oui, sans aucun doute. De nombreux entrepreneurs se satisfont beaucoup plus qu’ils ne le disent de l’emploi salarié tel qu’il se définit dans notre pays ; malgré ses contraintes et ses coûts ; parce que les contraintes ont une contrepartie : la fidélisation de salariés, attachés aux avantages que leur confère leur statut. (Je suis donc extrêmement réservé au sujet de projets de réforme, tels que « contrat de travail unique ».)

Mais pour d’autres entreprises, pourquoi ne pas le reconnaître, ce n’est absolument pas le cas. Dans de nombreux secteurs, des entrepreneurs peuvent souhaiter acheter un travail, et des « travailleurs » souhaiter le vendre, mais sans que ni les uns ni les autres ne désirent se trouver pour autant liés par les contraintes de l’emploi salarié. Il en est ainsi notamment de nombreux secteurs se développant ou se transformant rapidement. Et il est étonnant que pour une majorité du public, cela soit aussi difficile à comprendre. Pourtant, qui n’a pas eu dans son existence besoin de faire appel aux services d’un plombier, d’un électricien, d’un menuisier, ou encore d’un… informaticien ? Il a pu s’agir d’une mission de quelques heures, ou de quelques semaines, ou de plusieurs mois, ou qui sait de périodes plus longues encore. Ce que vous avez voulu payer, c’est un travail, une expertise ; rien de plus ; rien de moins ; la mission terminée, la relation prend fin ; personne ne doit rien à personne. Et bien sûr, vous n’auriez pas envisagé une seconde, y compris pendant la durée de la mission, de vous retrouver responsable du « plan de carrière » de votre partenaire, de sa « formation », de son « employabilité », et que sais-je encore ! Vous n’avez jamais souhaité endosser une pareille responsabilité, et votre partenaire, de son côté, n’a jamais souhaité entrer dans un tel schéma de dépendance. Ici, on le voit bien, la relation employeur salarié serait tout simplement inappropriée. Et le plus vraisemblable est que si elle s’était révélée la seule possible pour échanger une rémunération contre un travail, cette relation n’aurait pas eu lieu, le travail serait resté non fait, et le partenaire inoccupé.

Dans de très nombreux secteurs, de très nombreux candidats entrepreneurs ont une masse importante de travail à offrir. Mais on peut parfaitement avoir une capacité d’entrepreneur sans se sentir aucune vocation d’employeur de salariés. On peut même éprouver à l’égard du métier d’employeur de salariés une sorte de répulsion. La question n’est pas de juger si c’est bien ou mal, la question est de constater qu’il s’agit d’une réalité.

Le problème est que, pratiquement, je ne peux dans presque tous les cas, confier un travail à un ou plusieurs partenaires que dans le cadre d’un contrat de travail salarié. Comme le dit (à peu près) et fort drôlement, l’économiste Charles Gave : « La France est le seul pays au monde où deux adultes consentants peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent ensemble, sauf que l’un travaille pour l’autre. » Ils le peuvent cependant, mais à condition que l’un devienne le salarié de l’autre, ce que les deux peuvent très bien ne pas souhaiter.

En effet, si les parties sortent du cadre de l’emploi salarié, ils entrent dans le domaine de la grande incertitude juridique. Supposons que par exemple, le partenaire crée sa propre entreprise et facture au donneur d’ordre des honoraires. Tout à fait insuffisant ! Il faut encore prouver que le partenaire n’a pas un client unique, mais de nombreux clients différents. Et cela y compris si ce partenaire à lui-même des salariés. Car, s’il a un seul client, ce partenaire, comme ses éventuels salariés, pourront être considérés comme les salariés (déguisés) de cet unique client, avec toutes les conséquences qu’une telle requalification entraînera.

Et naturellement, personne n’est prêt à prendre pareil risque ! Et personne ne le prend. Et les chiffres du chômage continuent d’augmenter.

Une réglementation imposée à tous par les organisations professionnelles d’entreprises (très peu représentatives) et des syndicats de salariés (très très peu représentatifs) qui trouvent satisfaction aux seuls contrats de travail salarié, à l’exclusion de toute autre formule.

Ce n’est d’ailleurs en rien un problème nouveau, et dans plusieurs secteurs professionnels, certains usages contournent plus ou moins allègrement la norme juridique ; on parle par exemple en publicité de contrats « free-lance », contrats dont votre serviteur s’est grandement satisfait, pour son propre compte, et il l’espère, pour celui de ses « employeurs », en de multiples circonstances.

Les « partenaires sociaux » et avec eux, les pouvoirs publics, ne se soucient que d’une seule sorte d’emploi : l’emploi salarié. Voulant à tout prix, et contre la marée de l’évidence, occulter que la fin du chômage passe aussi par la possibilité d’autres emplois. Il suffirait d’élargir et de sécuriser des formules telles que l’auto – entrepreneuriat, par exemple. Et c’est exactement ce qui a été fait, avec un succès qu’il faut souligner, dans d’autres pays, à commencer par la Grande-Bretagne. Le chômage a nettement régressé dans ce pays. Mais ce que le public (français) ignore, c’est que, dans le même temps, l’emploi salarié a stagné ; ce qui s’est développé, ce sont donc d’autres formes nouvelles d’emploi.

Pouvoirs publics et partenaires sociaux n’auront qu’un mot à la bouche : lutte contre la précarité, lutte contre des emplois non salariés, forcément précaires. Formidable hypocrisie. Ce qui crée la précarité, ce n’est pas la nature d’un contrat, mais l’absence de travail. Laissez le travail s’échanger librement, il n’y aura plus ni chômage, ni précarité.

Certains candidats à l’emploi sont à la recherche d’un statut assorti d’une rente ; c’est tout à fait leur droit, et il conviendra pour ceux-ci de rechercher des emplois salariés. Mais d’autres candidats sont à la recherche non d’un statut, mais d’un travail, contrepartie d’une rémunération. Pour ceux-là, les possibilités de travail non salarié devraient être élargies. Dans leur intérêt ; mais paradoxalement, et ce que pour l’instant, ni les partenaires sociaux, ni les médias, ni les pouvoirs publics ne peuvent comprendre, dans l’intérêt aussi des candidats à un statut : puisque de nombreux candidats à un travail, enfin satisfaits, libéreraient des postes à statut.

Le problème de la France n’est pas un problème de manque de travail ; c’est seulement un problème de réglementation.

Mais ne soyons pas naïfs : cette nécessaire réforme ne sera jamais proposée chez nous, ni par les partenaires sociaux, ni par aucun pouvoir politique, et ne sera jamais soutenue par aucun média. Est-ce à dire qu’elle ne se fera pas ? Elle se fera, sans aucun doute. Quand les candidats à un travail seront encore plus nombreux qu’ils ne le sont aujourd’hui, comme le prouve le nombre impressionnant de créations de très petites entreprises et d’auto entrepreneurs. Et quand tous ces candidats auront décidé de faire entendre leurs voix.

Paris, samedi 7 mars 2015

boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Je suis Cassandre !

Certains de mes amis m’écrivent, s’étonnent ! Voilà de longues semaines que je suis resté parfaitement silencieux !

La vérité est que je me suis trouvé pris d’une étrange maladie, qui m’a laissé totalement paralysé, me rendant incapable de toute expression. Une formidable nausée !

L’objectif premier de mes articles était de rendre compte du point de vue, des émotions, des coups de cœur et des coups de rage d’un (très) petit entrepreneur.

Mais la nausée qui m’a submergé a soudain rendu tellement vaines mes pourtant si modestes ambitions !

Ce qu’ils ont appelé « l’esprit de janvier » m’a comme pris à la gorge, asphyxié : je me répète, une formidable nausée !

J’en étais à ne plus pouvoir suivre les informations ou lire les nouvelles : alors, les commenter !

Voyons les faits. Trois individus, issus de ce que d’aucuns s’obstinent à appeler « une chance pour la France », abattent froidement dix-sept autres, qui n’ont donc manifestement pas beaucoup partagé cette chance française. Chance ou pas, on peut en discuter tant qu’on voudra, mais sans elle, ces dix-sept seraient toujours vivants. Mais prolongeons ; dans un pays « normal », les trois tueurs fussent passés par une éducation « normale », où des professeurs « normaux », et non imprégnés des idées gauchistes les plus abracadabrantes leur eussent enseigné un minimum de bonnes manières, et notamment qu’on ne tue pas les gens, sans, ou même avec raison. Bon, admettons que des natures difficiles aient rendu caducs les efforts de nos bons professeurs. Mais le pedigree judiciaire, indiscutablement remarquable des nos trois individus, leur eussent valu, dans n’importe quelle république « normale », d’être condamnés par n’importe quel système judiciaire « normal » a ce qu’il aurait fallu d’années de prison pour qu’on ne parle jamais d’eux.

Une immigration qui n’avait rien d’indispensable, ou dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne peut être qualifiée ici de réussite, un système éducatif en constat d’échec absolu, une justice dont on est à s’interroger sur son utilité… voilà qui eut dû au minimum interpeller pouvoirs publics et médias, et les amener, sinon à contrition (il ne faut tout de même pas réclamer l’impossible), du moins à modestie !

Mais non ! Pas de remords, pas de regret ! Pas même d’interrogation !

Au contraire !

Les mêmes qui eussent dû raser les murs, on les découvre à se pavaner ! En tête des cortèges ! En tête des mots d’ordre !

Bon, politiques et hommes des médias, peuvent-ils encore décevoir « l’honnête homme » ? Mais le bon peuple ? Et bien le « bon » peuple, comme un seul homme, tous derrière leurs ment(eu)ors ! Tous Charlie ! Beaucoup de mes amis, de membres de ma famille, comme les autres, tous Charlie ! Et moi, tout seul, envahi de la plus formidable des nausées ! Que ceux-là mêmes qui nous ont conduits où nous en sommes trouvent, sur le champ, à l’instant, le moyen, non pas seulement de se disculper, mais d’en tirer gloire ! La nausée, une insupportable, une effroyable nausée.

Tous Charlie ! Charlie de quoi ? Le sang des morts n’était pas sec qu’un vaste mouvement national se précipitait pour étouffer dans l’œuf les questions de bon sens : tous Charlie ? Pour quoi ? On ne sait pas, on ne pose pas de questions. Contre qui ? Contre personne ! Surtout contre personne ! Pas « d’amalgame » ! Le sang n’avait pas eu le temps de sécher que par un magique passe-passe, on trouvait le moyen de n’avoir plus d’assassins.

Quarante pour cent de nos concitoyens, nous disent les sondages, qui tout menteurs qu’ils soient, ne peuvent mentir à ce point, quarante pour cent de nos concitoyens se sont ainsi, courageusement mobilisés, pour ne dénoncer personne, s’affranchir de tout esprit de défense, s’interdire toute analyse objective ! Je suis Charlie, soit, et après ? Après, rien ! Pas de stratégie, aucune ligne de défense, et surtout, surtout, ne pas se reconnaître d’ennemi à combattre.

Pas d’ennemi ? Si, à la rigueur, « l’extrême droite » ! L’extrême droite, qu’a-t-elle à voir à l’affaire ? Peu importe ! Mais je croyais que les assassins se revendiquaient musulmans ? Musulmans ? Mais c’est là le piège ! Pasdamalgame ! Les textes sacrés d’une religion ordonnent le plus clairement du monde, au choix, de décapiter, brûler, crucifier, violer, lapider ; des individus se revendiquant de cette religion assassinent en criant qu’ils agissent au nom de cette religion ? Pasdamalgame ! L’ennemi, c’est, encore et toujours, l’extrême droite, inutile de chercher autre chose.

Et c’est ainsi : aussi incroyable que cela puisse paraître, grisés par Charlie, les hommes du Pouvoir, loin de marcher le front couvert de honte, surfent, ivres de suffisance, sur la vague furieuse du Pasdamalgame ! J’ai la nausée.

Désormais, les jeux sont faits. Qui dénonce, sérieusement, l’hypocrisie monstrueuse du Padamalgame ? Personne. Qui parle encore, sérieusement, économie, chômage, faillites d’entreprise ? Je vous en prie, un peu de décence ! Laissons ces sujets vulgaires ! Désormais, c’est « l’esprit de janvier » qui gouverne en France !

« L’esprit de janvier » ? C’est notre brillant et non moins bouillant premier ministre qui l’illustre le mieux ! Matador sans peur et sans reproche, seul face au taureau brave, il est ovationné par nos députés, tous debout pour la circonstance ! Mais pardon, où est le taureau ? Où est l’ennemi ?

Va-t-on remettre les voyous à leur place, c’est-à-dire en prison ? Pas question ! Demander aux juges d’appliquer les lois ? Indépendance de la justice ! Aux enseignants d’enseigner ? Peut-être, s’il reste un peu de temps après la théorie du genre, l’apprentissage aux garçons du port de la jupe et à tout le monde des méchancetés du capitalisme. Payer nos soldats, non pour parader sans munitions dans les aérogares, mais pour récupérer, fut-ce par la force, les armes de guerre dans les zones de non-droit ? Des zones de non-droit ? Où ça ? Des armes de guerre ? De quoi parlez-vous ?

Donc, pas de taureau, pas d’ennemi, pasdamalgame ! Mais un matador qui pavane sans la menace d’aucun taureau, cela ressemble surtout à un guignol de cirque ? Silence dans les rangs ! Un combat viril et déterminé, sans ennemi, sans volonté de combattre, sans risque de combattre, c’est cela, l’esprit de janvier ! Notre premier ministre ? Le matador de caméra ! De la geste, et du vent !

L’esprit de janvier, qui porte si bien nos hommes de pouvoir ! Aujourd’hui, victoire socialiste dans le Doubs, demain, à l’élection présidentielle. Et la suite ? Tellement facile à deviner : si vous n’y arrivez pas, interrogez Michel Houllebecq et tant d’autres !

En ce cas, pourquoi m’épuiser, par dessus la nausée, à rédiger ces lignes ? Parce que, malgré tout, et malgré le socialisme, le pire n’est jamais certain ! Plusieurs fois dans l’histoire, les peuples européens ont su trouver la force de bouter les musulmans hors de leur destin ! Toute seule, contre tous, une petite provinciale a su venir à bout tant de notre lâcheté nationale, que du machiavélisme anglais ! Et jusqu’à présent, lentement, mais sûrement, ce sont tout de même liberté et démocratie qui finissent par l’emporter partout dans le monde !

L’esprit de janvier ? Cessons de nous mentir : c’est l’esprit de Munich !

Et il n’est pas trop tard pour dire non !

Paris, 9 février 2015

 boutonbleu

boutonvert

boutonrouge

Touche pas à mon Zemmour !

C’est la fin de l’année, et l’heure des actes de contrition : que penserons nos enfants de l’histoire du désastre que nous sommes en train d’écrire ?

Cette fois, c’est parti, nous vivons une époque formidable ! L’INSEE prévoit l’année 2015 sous les auspices de la croissance, les innombrables et excellentes mesures prises par notre gouvernement vont produire leurs effets, et ne serait-ce obligations de laïcité, on pourrait annoncer l’année 2015 comme l’année de Noël tous les jours pour tous… Et mieux, ou peut-être bien normal : la cote de popularité de notre président remonte dans les sondages ! D’ailleurs, ceux qui l’approchent nous le décrivent comme détendu et joyeux, enchaînant les mots d’esprit : le ravi de l’Élysée !

Le projet du mois : la loi Macron ! Plus de 100 mesures aussi diverses que variées pour améliorer notre quotidien ! Ce n’est plus une loi, c’est un feu d’artifice ! Une promesse d’enrichissement personnel pour tous !

Un exemple, par exemple : les frais de notaire, que la concurrence va faire fondre comme neige au soleil. Formidable ! Au fait, les frais de notaire vont-ils dans la poche de notaires ? Oui, enfin pas vraiment : ces derniers en reversent quelque 84 %, sous formes diverses, à l’état. On va donc réduire ces 84 % ? Ah mais non ! Ça, c’est le dur, le cœur du système ! Pas question d’y toucher. Alors les économies, c’est seulement sur ce qui reste ? Sur 16 % ? Voilà qui douche un peu mon enthousiasme ! Il se trouve que j’ai acheté il n’y a pas très longtemps… une place de parking ! Et pour l’achat de cette simple place, une telle liasse de documents qu’il eût fallu les répartir sur au moins dix épaisseurs, si l’on avait voulu les étaler sur mon parking ! Et finalement, le prix payé par page au notaire se rapproche dangereusement… du prix du papier ! La concurrence permettra peut-être des économies sur le prix d’achat du papier, mais bon ! Pas de quoi toucher réellement à la facture !

Et les autres mesures ? Ben, c’est un peu toujours la même chose ! « C’est le millième de ce qu’il faudrait faire », a déclaré un expert, puisqu’il s’agit de Jacques Attali lui-même. Le millième, bon, c’est déjà ça, il faudra s’en contenter.

À dire vrai, pourtant, c’est l’architecture même qui semble bancale : une loi qui s’attaque à la rente, aux rentes ! C’est trop fort ! Mais sans toucher, même d’un centime, au lourd de la rente : élus, hommes de l’état, politiques, tous leurs copains, syndicats, parafonctionnaires, et… salariés ! (Oui, je sais que je vais faire bondir plus d’un de mes amis, mais c’est un fait : une personne payée en fonction, non du travail qu’elle produit, mais d’un statut éminemment protecteur est plus proche de la situation du rentier que celle du producteur.) Mais les autres rentiers, ça représente quoi ? 1 %, 0,1 % du gros de la masse ? Et puis ces rentiers sont-ils tant rentiers que cela, ou plutôt des boucs émissaires ? Or l’histoire nous apprend que le sacrifice des boucs fait plaisir à tout le monde, mais ne change rien aux problèmes des chèvres et des moutons (des électeurs et des contribuables, si vous préférez) : ce sera comme les économies de papier des notaires, ça ne va pas changer le cours des affaires…

Allons bon, je le reconnais volontiers, je ne suis qu’un petit patron aigri qui ne comprend rien à la macro. Je veux dire la macronéconomie, bien sûr. Limité que je suis à mon petit horizon, où je ne vois que des clients toujours plus pauvres et de moins en moins capables de m’enrichir, ou même seulement de m’entretenir,    Et où, même avec une loupe, je n’arrive pas à trouver le moindre allègement de charge sur les comptes d’exploitation que me produit mon comptable chéri.

Parce qu’au fond, je le reconnais volontiers, tout cela n’a désormais plus aucune importance ! À cause de qui ? À cause de Mario. C’est drôle, je trouve qu’on n’en parle pas tellement de Mario. Pourtant, Mario est celui qui va changer le monde. Ou tout au moins l’Europe. Ou tout au moins l’Europe des fauchés. Parce que Mario l’a promis : à compter de janvier 2015, il achète sans compter, pour pas moins de 1000 milliards de dettes des états européens ! Parole de Mario ! À peu près autant, ou peut-être plus que tous les déficits de tous les états européens ! Ne cherchez plus, de la fausse monnaie, il y en aura pour tout le monde !

– Il n’a pas le droit de faire cela, tous les traités le lui interdisent !

– Mais c’est là que l’on voit combien Mario est fort : les traités, il les traitent exactement comme le veulent les socialistes français ! Les traités, c’est fait pour ne pas être respecté !

Ah bon ! On comprend mieux le sourire ravi et rassuré de notre président, le contentement ferme comme bois de sapin de notre ministre de l’économie, et la mâle assurance de notre premier ministre et de tous les autres ! Je vous le disais, c’est Noël pour tous ces messieurs : plus aucun souci de financement, plus aucune nécessité de vraies réformes et cela jusqu’à la fin du quinquennat ! Vous ne seriez pas contents, vous, dans une telle situation ?

Une telle manne, mécaniquement, cela va effondrer (encore plus) les taux d’intérêt, avec les conséquences que l’on sait. Des taux trop bas, plus personne n’aura intérêt à prendre le risque d’investir dans « l’économie » réelle : pas d’investissements, pas de croissance, toujours moins d’emplois, récession durable en perspective… mais tout ça, c’est pour le bas peuple, qui de toute façon n’y comprend goutte. Pour les gens du château, et tous leurs amis, la fête continue, toutes voiles sorties !

Oui, bien sûr, il faut tout de même surveiller l’habillage. Le budget apparent du pays. Pour les agences de notation ? Non, il y a longtemps que plus personne ne les écoute. Et puis de toute façon, le ministre des écoles va interdire les notes. D’ailleurs, les prêteurs manifestent une immense confiance en notre pays ; ne disposons-nous pas du meilleur système fiscal au monde ? Capable de faire rendre gorge, le moment venu, à tout ce qu’il faudra de « riches » ? Non, mais ce qu’il ne faudrait pas, c’est trop humilier Bruxelles, en affichant trop ouvertement le mépris pour nos engagements que nous ne tenons pas ! Boaf, les petites macrounnettes feront l’affaire. Et puis, si nécessaire, d’obscurs fonctionnaires dévoués en imagineront de nouvelles : Bercy beaucoup, Bercy d’avance !

Et de fait, tout cela n’intéresse personne ; le sujet du moment, c’est Zemmour ! Zemmour, toute la meute à ses basques ! Pour des propos dont la personne qui les avait rapportés a déclaré qu’il ne les avait pas tenus ! Peu importe, la meute est lâchée ! De toute façon, Zemmour a écrit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, ou tout haut : avec un millier de djihadistes français avoués par le gouvernement, c’est-à-dire dans la réalité, à l’évidence beaucoup plus (le double ? le triple ? plus encore ?), l’immigration, une chance pour la France ? Pour quelle France ?

Mais attention, il ne faut surtout pas stigmatiser une « certaine partie de la population » ! Pourquoi pas après tout : il n’y a aucune nécessité de stigmatiser personne. Il suffit d’ouvrir les yeux. Dans de plus en plus d’endroits au monde, le sang qui coule est celui de chrétiens, pour l’essentiel, mais aussi de Juifs, de Yazidis, et même d’incroyants. Mais pour les couteaux, ne cherchez pas, ils sont tous de la même religion.

Maintenant, je vous pose une question : quand nous serons entrés dans les livres d’histoire, qui nos enfants et nos petits enfants jugeront-ils les plus menteurs et les plus responsables des désastres en cours et de ceux qui s’annoncent ? Les musulmans, qui, ayant annoncé ce qu’ils allaient faire, abondamment décrit et recommandé dans leurs livres religieux, font effectivement ce qu’ils ont annoncé et qui leur est recommandé par leurs livres religieux ? Ou les dirigeants politiques et les hommes de médias, qui auront obstinément menti au peuple et nié, même à l’épreuve des faits, que les musulmans étaient déterminés à faire ce qu’ils annonçaient vouloir faire, et qui leur est recommandé par leur religion ? Zemmour ou la meute des « bien-pensants » ?

Paris, le 22 décembre 2014

Bon appétit, Messieurs nos Députés !

En ces temps où il est de bon aloi de dénoncer ou dénigrer notre personnel politique, je trouve qu’il est juste et nécessaire de reconnaître la qualité et l’utilité du travail législatif de nos députés, et c’est ce que le présent billet veut tenter de faire.

Vous le dirais-je ? Je trouve que nous avons la chance en France d’avoir des députés formidables ! Résolument indifférents au bruit de fond médiatique, ils n’ont d’autre souci que l’intérêt général, et à une époque où notre personnel politique se trouve si souvent décrié, il n’est que juste de leur rendre un peu de justice.

Jugez vous-même : le chômage augmente mois après mois, les entreprises ne cessent de se plaindre de leur environnement, au point que le grand public lui-même finit par s’y laisser prendre et dire partager très largement les thèses patronales. Mais ce n’est nullement le cas de nos députés, qui savent, heureusement, garder les yeux ouverts et leur esprit critique.

Et c’est ainsi, que grâce à ces derniers, notre arsenal législatif, mois après mois, sinon jour après jour, protège toujours mieux les salariés et les citoyens contre les agressions sournoises ou trop visibles d’une population d’employeurs inévitablement capitalistes et néolibéraux.

Quelques illustrations ? Eh bien, commençons, si vous voulez, par les dispositions qui permettent de lutter contre ce fléau national, le « harcèlement moral » (article 222-33-2 du code pénal) : 30 000 € d’amende, et deux ans de prison, voilà de quoi donner à réfléchir à nombre de patrons – tyrans. Et l’intérêt d’un tel dispositif est aveuglant : en effet, le harcèlement, ça commence quand ? Comme il est effectivement très difficile de le préciser avec certitude, voilà donc bien sagement posée sur toutes les têtes employeuses comme d’ailleurs sur celles de tous autres responsables hiérarchiques, une véritable épée de Damoclès, à la disposition de tous les mécontents.

Autre exemple : les stages en entreprise. Combien de misérables étudiants ont-ils été scandaleusement exploités sous prétexte de stages ? Heureusement, la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014 est venue mettre bon ordre à cela ! Au-delà de deux mois, le stage doit être non seulement rémunéré, et ouvrir nombre de droits, mais il doit s’inscrire dans le cadre d’un projet pédagogique précis, appuyé par conséquent sur des liasses de paperasseries variées ; pas question par exemple de confier à un stagiaire un travail quelconque qui pourrait être exécuté par un salarié de l’entreprise. Quoi d’autre, en ce cas ? Les députés ne l’ont dit à personne, et, à mon humble avis, le plus sage pour un employeur responsable est de ne pas se poser ce genre de question, et de renoncer définitivement à l’idée même de stages dans son établissement. Cela ne pourra que lui éviter bien des soucis, ce qui était à l’évidence le but du législateur. On notera d’ailleurs que les députés à l’origine de cette belle loi font partie de l’actuelle minorité : une telle clairvoyance de la part de députés dits « de droite », cela mérite d’être signalé.

Évidemment, certains esprits chagrins (et rétrogrades) viendront prétendre que les ignobles stages des temps passés permettaient aux étudiants de se mettre au moule du monde entreprise, et de finir par s’y intégrer. Quel argument spécieux ! À ce compte, pourquoi ne pas réhabiliter les moyenâgeux bizutages ?

On pourrait défendre aussi que la probabilité pour qu’une entreprise ne finisse par intégrer dans son effectif un stagiaire devenu rentable, c’est-à-dire susceptible de rapporter plus que ce qu’il coûte et pourrait coûter dans le cadre d’une éventuelle rupture, est nulle, le monde entrepreneurial étant seulement mû, comme chacun sait, par le seul appât du gain. Ce serait, il faut en convenir, une sorte de raisonnement néolibéral tout à fait méprisable, et donc à oublier sur-le-champ.

J’ai dans un précédent billet (« Remettre les dames à leur place ») démontré comment une autre disposition récente du Code du travail (article D1235-21) avait probablement vidé de toute utilité l’étape conciliation lors d’un conflit prud’homal. Les patrons ont désormais le choix : ils payent (leurs méfaits) tout de suite, ou ils payeront (encore plus) demain.

Et encore, et encore… c’est ainsi qu’aujourd’hui même on nous apprend que vingt neuf courageux députés vont déposer un projet de loi pour faire reconnaître cette terrible maladie professionnelle, si largement répandue, qu’elle ne trouve pas de nom dans la langue française, et qu’il faut se contenter, au moins pour le moment, d’une suspecte appellation anglo-saxonne, « burn-out[1] » ! De quoi s’agit-il ? Difficile de le préciser très exactement. Un peu comme dans le cas du harcèlement ? Oui, c’est cela. Tous les jours, des salariés exténués, poussés à bout, par des employeurs toujours plus voraces, toujours plus insatiables, sombrent dans une épouvantable dépression. Ce qu’il faut désormais, c’est que la maladie soit « reconnue » et que sa prise en charge impute, et le plus lourdement possible, aux responsables et à eux seuls, une fois de plus, une fois encore, ces ignobles auteurs de la misère humaine, je veux parler encore et toujours des employeurs. Et je suis prêt à prendre les paris : une loi ne manquera pas d’être votée !

Le chômage qui ne cesse d’augmenter, l’économie de zone euro en pleine récession, quand tant d’autres vont très bien, les chrétiens de plus en plus persécutés dans de très nombreux endroits du monde, et désormais, à nos portes, la menace islamiste… même pas peur, même pas grave… le seul, le vrai danger, il est au sein des entreprises !

Les discours de notre Premier Ministre, qui (dans les pays étrangers certes, mais tout de même) dit « aimer les entreprises », aurait pu semer le doute dans les esprits. C’est qu’il ne faut pas tout confondre : on peut aimer les entreprises, peut-être, mais certainement pas les entrepreneurs ! Heureusement, nos députés, alliés en cela aux organisations syndicales, font tout ce qu’il faut, pour en faire disparaître peu à peu la race maudite. Parce que, cela tombe sous le bon sens, des entreprises sans entrepreneurs, c’est la disparition définitive du chômage ! Alors, bon appétit, Messieurs les Députés !

Paris, le 8 décembre 2014

Michel Georgel

[1] http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2014/12/07/25001-20141207ARTFIG00171-des-deputes-appellent-a-ce-que-le-burn-out-soit-reconnu-maladie-professionnelle.php)

Encore un peu de Zemmour, s’il vous plaît !

Le livre de Zemmour déchaîne la meute des bien-pensants ; faut-il s’en réjouir ?

Je disais dans mon précédent billet n’avoir pas lu et n’avoir pas l’intention de lire Madame Trierweiler ‎; plusieurs courriels d’amis me l’ont reproché ; pourquoi des courriels ? Plutôt que des commentaires auquel invite le blog ? Mystère ; peut-être mon blog n’est pas d’un usage assez convivial ?

Que disent ces courriels ? Du bien du livre. Certains m’expliquent y avoir découvert un monsieur très mal élevé. Une découverte ? Ah bon. D’autres, l’hypocrisie : les mêmes qui n’ont que les pauvres à la bouche dans leurs discours publics éprouvent en réalité, à l’égard de ces derniers, le mépris le plus répugnant. Une surprise ? Vraiment ? Un autre encore (suisse de nationalité, ceci expliquant sans doute un peu ce qui suit) s’est vu révéler la vie fébrile et factice, toute d’activisme forcené et d’absence de réflexion, de ce monde politique et médiatique uniquement occupé de paraître. Soit.

Dont acte, et merci donc pour ce moment, Madame. Tout en précisant que je m’obstinerai, car à la vérité, ce que mes amis ont trouvé, je faisais plus que le suspecter…

En revanche, personne ne m’a reproché ni le bien, ni le mal que je disais du livre d’Éric Zemmour. Le bien : un monument d’histoire contemporaine. Le mal : défendre que le suicide français serait de se plier sans résistance aux assauts de résidus de pensée libérale qui auraient survécu (par malheur) à leur traversée de l’Atlantique.

Entendons-nous bien : personne ne peut reprocher à quiconque de ne pas aimer, ou même de détester le libéralisme et les idées libérales. Mais dénoncer des excès de libéralisme, dans un pays où il n’existe aucun libéralisme, ni dans le domaine de la pensée (unique), ni dans celui de l’économie (définitivement encalminée dans les marais réglementaires, administratifs et syndicaux), encore moins dans le domaine politique (pas « d’offre politique libérale » dans la patrie de ceux qui ont inventé le libéralisme), dénoncer donc le libéralisme en France, c’est vouloir expliquer la disparition des Incas par un usage abusif de la pénicilline.

Je croyais résoudre ce paradoxe par un manifeste excès d’amour (déçu) que Zemmour porte à l’état, à la notion même d’état. Une explication bien embryonnaire. En tout cas en regard de celle proposée depuis par l’économiste Charles Gave dont je cite in extenso l’introduction : « Pour moi, il y a la même différence entre le “Libéralisme” et le “Capitalisme de connivence” qu’entre l’amour courtois et la prostitution, et je pensais qu’il en était de même pour la plupart des gens, même vaguement cultivés. Le livre de Zemmour m’a fait comprendre mon erreur. L’auteur ne cesse d’attaquer ce qu’il appelle “le Libéralisme”, alors que ce qu’il a en ligne de mire, c’est tout simplement le capitalisme de connivence. (ie Crony Capitalism) »

Connivence entre les acteurs de l’état, et ceux de la finance et de la grande entreprise, le contraire précisément d’un projet libéral ; mais la lecture (réjouissante) de Charles Gave vous le dira tellement mieux que toutes mes éventuelles paraphrases !

Avec sa conclusion limpide : ce qui fait la mauvaise presse du libéralisme (le vrai) en France, c’est le nombre majoritairement écrasant qui aurait tout à craindre et à perdre de son arrivée. Oui mais ! Mais de quelle connivence soupçonner Zemmour, journaliste indépendant ? Un idiot utile du système qu’on prétend dénoncer ? Idiot, ce n’est certes pas le cas ! Mais utile ? Hé oui, peut-être plus qu’on ne le croit ! À déchaîner la meute des roquets qui jappent à l’unisson sur des questions qui n’ont plus aucune chance de rien changer à notre destin, on trouve, une fois de plus, une fois encore, le moyen d’occulter le seul débat qui pourrait, sinon nous sauver, du moins nous soulager : à quant la fin de la religion socialiste, à quand l’embryon d’un peu de respiration libérale ?

Saint-Martin, le 10 novembre 2014

Lien vers le texte de Charles Gave : http://institutdeslibertes.org/capitalisme-de-connivence-et-liberalisme/

À propos du « suicide français »

J’ai lu et je recommande le livre d’Eric Zemmour. Pour ce qu’il démontre. Mais plus encore pour ce dont il est la preuve ! Et qui, tout compte fait, n’est pas plus réjouissant que cela…

Est-ce qu’on peut encore l’avouer ? Non, je n’ai pas lu le livre de Valérie. À dire vrai, tout ce que l’actualité nous avait imposé des étalages de la dame ne pouvait laisser à personne la moindre illusion sur le contenu du panier de la mégère, tant pour la forme que pour le fond, touché, s’est-on empressé de nous l’expliquer, dès le titre. (« Il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre », disait Napoléon, et quand on exhibe les secrets de ses boudoirs et l’intimité de ses alcôves, on renonce définitivement à être pour qui que ce soit quelque grande dame que ce soit !)

Par contre, j’ai lu, et de plus avec beaucoup d’attention, c’est-à-dire le crayon à la main, le pavé d’Éric Zemmour : « le suicide français ». Et quoiqu’on puisse en penser par ailleurs, j’en recommande à chacun la lecture, car avant d’être quoi que ce soit d’autre, l’ouvrage est une fabuleuse anthologie de l’histoire de France contemporaine, un incroyable travail d’historien, une excellente révision de notre plus récent passé ! Tant et tant de noms cités, d’évènements rapportés, de dossiers désossés, d’évènements décortiqués jusqu’à leurs racines les plus profondes, tant de faits replacés dans leur perspective historique… La preuve en tout cas d’une prodigieuse machine intellectuelle : si Zemmour ne dispose pas d’une équipe d’au moins quinze nègres (oui, je sais que je prends un risque), on se demande : mais comment a-t-il pu rassembler autant d’informations ! Il me semble l’avoir entendu dire qu’il lui avait fallu cinq ans pour en venir à bout, mais même en cinq ans ! Et nous savons bien qu’il n’a pas fait que cela, commettant dans le même intervalle, au moins un autre livre, je ne sais combien d’articles, d’émissions, d’interviews… une bonne leçon de modestie pour tant de nous autres, qui jugeons déjà bien difficile de venir à bout de nos courriels quotidiens…

Bien sûr, ici ou là, on jugera l’épingle mince pour le manteau qu’elle prétend soutenir : par exemple, cela me paraît un peu fort tirer sur le maillot que vouloir conclure autre chose que des histoires de maillots, des succès ou des échecs de footballeurs, fussent-ils réputés nationaux, mais bon ! Un mien grand-père au demeurant philosophe n’avait pas laissé de m’étonner, quand il utilisait la vie de… Brigitte Bardot pour en conclure de perspicaces enseignements sur le destin même de notre espèce (les quatre âges de l’humanité, par Gaston Georgel)…

En vérité, j’aime bien Éric Zemmour : son allure d’éternel étudiant en littérature, son adresse dans l’exercice écrit ou oral de notre langue, ses qualités de débatteur, la vivacité et la pertinence de ses argumentations, et par-dessus tout son courageux non-conformisme.

Bien sûr, et comme il devait s’y attendre, un ouvrage à rameuter les aboiements de la horde des serviteurs achetés (niches fiscales pour les journalistes, exorbitant train de vie pour les politiques), qui vont s’accrocher à ses mollets comme roquets déchaînés…

J’aime bien Éric Zemmour, et comme au moins quatre-vingt-dix pour cent de la France silencieuse (celle qui, malheureusement, marche pour ne rien dire), je partage quatre-vingt-dix pour cent de ses analyses.

Les derniers dix pour cent ? Disons-le tout clair, ils ne me peinent pas, ils sont presque à me désespérer.

Que notre pays marche sur la tête et que nos dirigeants gavés nous conduisent à la ruine, il ne reste plus que ces derniers et leurs laquais pour soutenir le contraire. Que cette ruine ne soit que le triste produit de leur appétit d’ogre jamais rassasié et du pouvoir totalitaire que leur caste totalitaire a su peu à peu s’arroger, en France comme en Europe, tout cela va de soi. Le peuple qui souffre, veilleurs, marcheurs, mais aussi petits entrepreneurs, salariés modestes, chômeurs et futurs chômeurs, familles toujours plus asphyxiées, et tous ceux qui entendent chaque jour qu’on fait tout pour leur bonheur, mais qui voient année après année exploser les montants de leurs multiples impôts, ceux-là n’ont pas de doute à ce sujet, ils savent trop bien quelles têtes il faudrait faire tomber pour que leur martyre s’allégeât.

Mais pas Éric. Pour Éric, leur malheur, en particulier, et le malheur du monde en général, ce ne sont pas nos princes bourreaux, tout juste taxés tantôt de lâcheté, tantôt d’incapacité ; non, c’est un ennemi autrement fourbe, autrement dangereux, le monstre, le mal absolu, j’ai nommé le « libéralisme ».

Pas tout à fait le libéralisme. Le libéralisme, on l’oublie bien sûr, mais pas Éric, le libéralisme est d’abord une idée française, avec des penseurs français, et comme Éric aime la France, il ne va pas s’en prendre, directement, à ces derniers. Donc Éric ne critique pas (nettement) le libéralisme, mais le « néo-libéralisme » ! Ne laissant aucun doute à son lecteur sur le fait que son préfixe n’ajoute rien au mot, c’est tout le contraire ! Pour Éric, comme pour tant de cerveaux français, néo devant libéral est un raccourci subliminal de néant, ou encore nauséeux, nauséabond, à tout dire, une réminiscence d’innommable…

Un innommable qui ne sort ni du néant, ni du hasard, mais nous vient tout droit, on ne s’en serait pas douté, d’outre-Manche ou mieux, d’outre-Atlantique, où d’obscurs milliardaires, toujours moins nombreux, mais toujours plus riches organisent sans vergogne, mais dans le plus grand mystère, le pillage diabolique de nos villes et campagnes françaises. Un propos que ne renierait aucun de ses détracteurs !

Le libéralisme anglo-saxon : mais quel libéralisme ? Celui d’Obama ? Voyons, quel intellectuel honnête soutiendra qu’Obama ait quoi que ce soit de libéral ? Alors, des noms, des noms ! Mais on nous en donne : Ronald Reagan, Margaret Thatcher. Reagan, treize fois cité, pas moins que cela ! Et si vous nourrissez quelque doute sur la perception que l’auteur a de l’ancien président, il me suffira de noter qu’on nous rappelle, au moins deux fois, qu’il ne s’agit que d’un « acteur de série B », et dont l’ensemble des présentations donne à penser qu’il s’agit au mieux d’un pauvre cuistre ayant « pour seul mérite de clamer d’une voix de velours : America is back », au pire, d’un sinistre voyou, coupable maléfique des pires dérégulations « où les monnaies comme les matières premières ou les actions seraient soumises à la loi du marché ». L’horrible, le détestable marché.

Désolation ! L’image d’un Éric Zemmour, esprit libre et détaché du prêt à penser « made in France » s’en trouve soudain sérieusement écornée.

Alors, il faut se rendre à la réalité. Pour sympathique et brillant qu’il soit, Zemmour est un intellectuel franco-français : et il partage, sans peut-être même s’en rendre compte, le même mépris des intellectuels franco-français pour qui n’est pas reconnu comme un intellectuel franco-français : c’est ainsi qu’un « ancien acteur de série B », ne saurait avoir écrit « la petite poule rousse[1] », ou gagné, sans faire ni morts ni blessés, la guerre froide, provoquant l’effondrement de l’Union Soviétique ; pas de morts, pas de blessés, et la plus fantastique partie de désinformation réussie de l’histoire du monde (avoir persuadé les Russes que le projet américain de guerre des étoiles était beaucoup plus avancé qu’il ne l’était réellement). Un acteur de série B est par avance disqualifié pour tout débat intellectuel.

Et quand le poids intellectuel de l’adversaire rend tout de même aléatoire cette disqualification de principe, on cherche autre chose : les chemins suivis par Ronald Reagan ou Margaret Thatcher leur ont été inspirés par l’économiste libéral Milton Friedman. Difficile de s’en prendre au potentiel intellectuel d’un prix Nobel d’économie ? Alors on se souvient que les conseils de l’économiste ont encore inspiré… Augusto Pinochet ! Mais la voilà la preuve par neuf ! Disqualification définitive pour Friedman, inutile d’en discuter plus !

Oui, Éric Zemmour est bien un intellectuel français : en réalité, ce qu’il aime, mais, sincèrement, viscéralement, des tripes et du cœur, c’est l’état ! Et les « hommes d’État » : une admiration non déguisée par exemple, pour notre Napoléon national ou encore notre De Gaulle, non moins national (faisant tout de même bon marché des quelques trois millions de morts occasionnés par le premier, et du martyre pied-noir ou harki pour le second).

Et pour lui, notre seul et vrai problème est qu’après De Gaulle, il n’y a plus rien : le suicide français, c’est l’incapacité ou la médiocrité des dirigeants, tous les dirigeants qui ont succédé à De Gaulle. Qui n’ont su résister ni à l’Europe, ni surtout à la « mondialisation », nécessairement libérale, idéologique, la véritable plaie du monde !

La mondialisation ! Pas moins de quarante-sept occurrences dans l’ouvrage ! Des occurrences dont les citations en diront plus que tout vain discours : « les contempteurs de la mondialisation qui haïssent les frontières », « la mondialisation des échanges et la pression à la baisse qu’elle entraîne sur les salaires », « l’idéologie de la mondialisation » et ceci, qui mérite le détour : « la privatisation à la française, tel le Titanic, rencontre bientôt un iceberg qui n’était pas sur les cartes de navigation : la mondialisation »…

Mais Monsieur Zemmour, le problème est que la mondialisation n’est pas une idéologie, mais un fait, une réalité. La question qui se pose n’est donc pas de condamner la réalité, mais d’inventer les moyens de nous y adapter, le mieux ou le moins mal possible. Toute autre attitude est en effet un suicide. Et l’un des moyens les plus efficaces pour s’y adapter est peut-être le libéralisme ; ce que croient en tout cas, comme vous le reconnaissez d’ailleurs, même les communistes chinois. Le moins que l’on puisse en dire est que le sujet mérite au moins réflexion.

Une réflexion qu’apparemment personne, absolument personne parmi le paysage politique ou intellectuel français ne semble vouloir mener. Ce que, je le reconnais, je trouve pour le moins inquiétant, sinon désespérant (suicidaire ?).

Paris, le 20 octobre 2014

Reproduction autorisée avec la mention : © Michel Georgel

 

[1] http://numa.vial.perso.sfr.fr/GENEAsite/BILLETS/petitepoulerousse.htm

Pourquoi avoir marché ?

Je marche, je marche, je marche.

Fichue arthrose. Marcher vite, ou même courir, ça va ; ou du moins ça va encore. Mais piétiner, misère !

Mais aussi, que suis-je venu faire dans cette galère ? Personne ne m’y a obligé ; personne ne m’a rien demandé ; personne ne m’en remerciera ! Je ne me suis pas contenté d’y aller, j’ai laissé ma femme m’accompagner ! C’est vrai qu’elle a l’air de beaucoup moins peiner que moi…

On s’arrête, on repart, non, finalement, on s’arrête. Pourquoi ? On ne sait pas.

Une borne entre le trottoir et la rue. Je m’y hisse. Aussi loin que l’on peut voir devant soi, la foule, serrée, compacte. Et derrière ? Derrière, c’est pareil. Demain, ce soir, c’est sûr, ils diront que nous n’étions qu’une poignée. Je me demande lesquels parmi nous n’existent pas.

Ah, on repart ; la foule, un monde en soi. Uniquement des gens bien élevés ; qui s’excusent quand par maladresse vous venez à les bousculer. Des vieilles personnes, incroyablement distinguées, que des petites filles modèles appellent « Bonne maman » ou « Bon papa ». Des couples pétillent d’enthousiasme et de dynamisme. Des familles avec enfants disciplinés, qui marchent bravement, sans faillir, les aînés veillant sur les plus jeunes. Là, des jeunes gens, nuques nettes sinon rasées respirent la joie de vivre et la camaraderie virile. Ailleurs, un groupe de jeunes filles, riantes de santé et de fraîcheur enthousiaste, font mine de vouloir dépasser les garçons. Parfois même un prêtre, qui semble encore croire en Dieu.

Avenues et trottoirs paraissent désemparés : mais qui sont ces intrus, semblent-ils interroger ? Où sont passés voiles noirs, clochards vautrés, forces de l’ordre et bobos négligés, mais gonflés de suffisance ? Que sont donc devenus les Parisiens ordinaires ? Et qui sont ceux-là qui les remplacent en si grande foule ? D’où peuvent-ils s’être échappés ? Certaines pancartes le suggèrent : quelques noms de banlieue, beaucoup de villes plus lointaines, des noms ou des drapeaux de régions ; aucun doute, c’est la province à Paris. Ou diront certains chagrins, une certaine province à Paris, c’est vrai, plutôt bon chic et plutôt bon genre, avec des enfants dans de bonnes écoles en semaine, et chez les scouts le dimanche, et des parents plutôt sages, avec métiers, situations, loisirs, appartements ou mieux maisons avec jardin, raisonnables et bien dans l’ordre…

Tout le monde a ses pancartes et ses drapeaux. Certains courageux portent de véritables étendards. Je leur vote une secrète admiration teintée d’un peu d’envie ; moi qui par raison me contente de supporter mon parapluie. Au fait, pleuvra-t-il ? Pour l’instant, le ciel se retient. Que se passera-t-il s’il pleut ? On le devine, nos marcheurs ne sont pas du genre à se laisser intimider par de la pluie.

Des micros font du bruit, et crachouillent des discours, que personne ne comprend. Parfois, on devine cependant des slogans ; alors la foule les reprend, sagement, en chœur, avec conviction certes, mais sans se départir d’un humour de bon aloi.

On s’arrête encore. J’aurais pu profiter de mon dimanche pour… mais non, je suis là, sans être sûr de bien savoir pourquoi. Par devoir ? Mais quel devoir ? Par instinct. C’est cela, je suis là d’instinct. D’instinct plus que de raison.

« François, ta loi, on n’en veut pas ! », scande la foule. Mais moi, qui ne rêve que bateau et tropiques, et me trouve par hasard ou par misère pris au piège du bitume parisien, qu’ai-je à faire de cette loi, de celle-là et de toutes les autres en général ? Quoiqu’on puisse en penser par ailleurs, à quoi peut-il servir d’interdire en France ce qui est permis ailleurs ? La France, risée économique de l’Europe, sinon du monde, a-t-elle des leçons à donner à qui que ce soit ?

On marche à nouveau ; on discute entre voisins. Le premier ministre a dit qu’il n’y aurait pas de GPA. Promesse typiquement socialiste ! Ce que le ministre ne fera pas lui-même, il le fera faire par ses juges, et les marcheurs iront se rouler dans la farine. Mais il va demander aux pays qui acceptent la GPA de faire une exception en la refusant pour les Français ! Un tel projet n’ayant aucune chance de prospérer, encore et encore de la farine !

Toujours marchant, je m’interroge : combien d’homosexuels en France ? A priori, la même proportion que partout dans le monde. C’est-à-dire extrêmement peu. Ne discutons pas les chiffres, ils sont en réalité si faibles que cela n’en vaut même pas la peine. Et parmi ceux-ci, combien vivent réellement en couples ? Et parmi ceux qui vivent en couple, combien souhaitent réellement s’embarrasser de l’éducation d’enfants, qui vont de toute façon commencer par leur coûter très cher. Mais comment une aussi petite minorité de la minorité d’une petite minorité peut-elle réussir à imposer dans tellement d’endroits du monde, des lois dont une immense majorité ne veut pas ?

Un mauvais berger l’a dit sans ambages : il faut la GPA pour tous, sinon, celle-ci ne sera accessible qu’aux riches. Quel hypocrite, avec au pouvoir les amis du berger, ce sont les enfants qui ne seront bientôt plus possibles que pour les plus riches !

Une intuition : la plupart des personnes qui marchent autour de moi se soucient des lois à peu près autant que moi. GPA, PMA, pour, contre, on peut argumenter à l’infini. Pour, contre, les réponses et les choix ne peuvent être qu’individuels ; si l’on voulait se persuader que les pires des solutions seront toujours celles des états, il suffit d’observer combien diverses sont ces dernières !

Faudrait-il « revenir » sur le « mariage gay » ? Vous ferez comme vous vous voudrez, mais personnellement, je m’en fiche à peu près complètement. Bien sûr, vous ne m’empêcherez jamais de penser qu’un mariage gay est toujours une pitrerie. Mais pas beaucoup plus à vrai dire que n’importe quel autre mariage d’état. En France, les mariages d’état ont été inventés, après la révolution, pour supplanter les mariages religieux. Et les mariages d’état n’ont perduré que parce qu’ils ont été rendus obligatoires pour procéder aux mariages religieux (ce qui, à bien réfléchir, est en fait proprement incroyable), et pour des raisons fiscales. Je juge pour ma part qu’il faut rendre aux mariages gay cette justice : en tant que « cérémonies », ils remettent les mariages d’état à leur juste place, la singerie somme toute assez peu convaincante de ce qui est sacré dans un mariage religieux.

Laissons à l’état ce qui lui revient, c’est-à-dire la création d’une unité fiscale entre deux contribuables dont il n’a pas à se soucier du sexe ; mais ce qui est sacré dans un mariage, y compris entre personnes athées, ne peut concerner que ces personnes elles-mêmes, et ce à quoi elles croient (ou ne croient pas). Le lobby gay sera-t-il assez puissant pour convaincre Dieu ? Pour Allah, en tous cas, cela paraît bien peu probable…

Et l’on continue de marcher, de s’arrêter, de repartir.

À force de piétiner, il nous semble au loin deviner la ligne d’arrivée. Sur une vaste estrade de foire, les discours se succèdent. Pourquoi ce côté barnum me met-il un peu mal à l’aise ?

Mais c’est décidé, nous irons quand même jusqu’au bout… Pourquoi ? Encore une fois, d’instinct ! Soudain, je comprends pourquoi j’ai traîné ma carcasse jusqu’ici. Contre, pour une loi ? Sans moi ! Mais encore une fois d’instinct. Le peuple qui marche autour de nous, un peuple d’ordre, de mesure, de valeurs simples et anciennes, de valeurs sûres. Un peuple avec lequel il est encore possible d’espérer, de construire, de défendre. Un peuple dont on devine qu’il est comme nous, excédé de cette chienlit qui veut nous étouffer tous, l’école à la dérive, la justice du mur, l’économie épuisée d’entretenir nos princes et leurs alliés, lesquels n’ont pas commencé de seulement envisager de rien réduire de leur insolente opulence ; et le mépris fonctionnaire, et l’envahissement (nié) de notre territoire, et les zones de non-droit, l’insécurité des « zones de droit », insécurité dont on nous serine qu’elle est seulement virtuelle ; et les syndicats protégés qui ne représentent qu’eux-mêmes, mais qui jour après jour, inexorables, continuent de ruiner et de décourager nos entrepreneurs ; et les bavardeux des médias, goinfrés d’avantages fiscaux, déversant en continu leurs insanités courtisanes ; et le hold-up fiscal organisé contre les automobilistes ; et l’enfer réglementaire de notre quotidien, augmenté chaque jour, chaque heure, de sa ration de nouveaux règlements, décrets, ordonnances ; et les conditions toujours plus misérables faites à nos chômeurs, nos jeunes, nos retraités, nos familles ; … soudain, la ligne est franchie : je fais désormais partie des 430 000[1] marcheurs zombies que les compteurs officiels de l’état n’ont pas vus ce dimanche 5 octobre 2014 à Paris.

Paris, le 8 octobre 2014

[1] 500 000 marcheurs, mais seulement 70 000 « selon la police »

La guerre ou la « com » ?

Je rappelle le contrat que j’ai passé avec moi-même : ne dire ici que ce je ressens profondément, mais dont il me semble ne trouver l’écho nulle part. Dit autrement, je le dis parce que je crois qu’il faut bien que quelqu’un le dise… Et c’est particulièrement le cas du présent billet. 

Imaginons ensemble l’histoire suivante : morbide, j’en conviens, mais je n’ai trouvé aucun autre moyen de soutenir ma démonstration. Un père de famille reçoit un appel téléphonique ; son interlocuteur explique qu’il lui a enlevé ses quatre enfants, et qu’il est prêt à faire sauter sur-le-champ la cervelle de l’aîné d’entre eux, s’il n’est pas répondu favorablement et dans les plus courts délais, à telle injonction (peu importe cette injonction), puis raccroche.

Cette tragique situation se médiatise, une chaîne de télévision interroge le père de famille, et diffuse l’interview. Au cours de cette interview, le père explique, virilement à l’abri dans son appartement, que de toute façon, il est déterminé à ne céder à quelque chantage que ce soit, tandis que sa femme à ses côtés explique : « qu’elle n’a pas peur ! »

Petite question : même sans être fin psychologue, particulièrement averti des modes de pensée des psychopathes, quelles chances donnez-vous à cet aîné de la famille ? Ou dit autrement, que peut faire le psychopathe après une telle interview, s’il veut pouvoir continuer normalement sa carrière de psychopathe et ne pas se voir pris définitivement pour un pitre sans conséquence ?

Vous me direz que mon histoire n’est pas réaliste : aucune chance de trouver aucun couple de parents pour un comportement à ce point stupide. Et, à bien y réfléchir, je ne puis qu’être de votre avis. Soit. Cependant, modifions quelque peu les termes de notre scénario. Le père n’est plus un père, mais un président. La mère n’est plus mère, mais l’un de ses ministres. Il n’y a donc plus d’enfants, mais des citoyens. Et l’aîné de tantôt est otage, aux mains d’un groupe terroriste. Pour le reste, on ne change rien. Le président déclare au monde entier, c’est-à-dire à la télévision, que la « France », c’est-à-dire lui, ne « cédera à aucun chantage ». Et son ministre déclare haut et fort que la « France n’a pas peur » ! Et ma question demeure : quelles chances le ministre et le président ont-ils laissées à l’otage ? Avec cette autre question – subsidiaire : pourquoi personne ne l’a fait remarquer ?

Vous m’opposerez : mais qu’eût-il fallu dire ? Et si la bonne réponse à cette question était précisément celle-ci : rien ! Rien ? Oui, rien ! Silence du président, silence du ministre. Ce qui n’empêche d’ailleurs pas, le cas échéant, de continuer d’agir, mais sans fanfare : qu’est-ce qui ressemble plus à un avion de combat, même français, appartenant à n’importe quel pays ayant acheté un avion de combat français, qu’un avion de combat français appartenant à la France ? Le terroriste s’interroge, bien sûr, mais il n’a pas de certitude. L’otage eût-il été sauvé pour autant ? Rien n’est moins sûr, c’est vrai, un psychopathe reste un psychopathe. Mais ce qui est tout aussi vrai est que le pire aurait été un peu moins certain.

Mais rien ne va plus, m’opposez-vous ! Si l’on agit sans fanfare et sans parler, à quoi bon ? Comment le bon peuple saura-t-il ce que l’on fait pour lui ?

« La France n’a pas peur », a dit le ministre. La France, quelle France ? La France des présidents et des ministres, sans aucun doute ! Celle qui vit à l’abri des palais, ne se déplace qu’en convois escortés, avec des gardes du corps comme des anges gardiens, sans ailes, mais avec scooters. Mais pas la nôtre ! La nôtre, monsieur le ministre, la mienne en tout cas, ne cache pas son souci, pour ne pas dire son angoisse. Pour nous-mêmes, un peu, pour nos proches, beaucoup ! Et notre fureur d’apprendre que tant d’incompétences successives ont laissé se développer sur notre territoire peut-être plusieurs milliers de tueurs plus ou moins prêts à l’emploi, de moins en moins contrôlés et de moins en moins contrôlables.

C’est vrai, il faut choisir : la guerre, ou la « com ». La guerre, celle que l’on veut gagner se prépare (toujours) et se conduit (aussi longtemps que possible) dans l’ombre. En guerre, il n’y a pas d’amis, mais seulement des alliances conduites au gré des opportunismes. En guerre, on s’allie avec des Poutine ou des Bachard, et cela quelque soit les sentiments que par ailleurs on puisse nourrir envers les Poutine et Bachard, quand ces Poutine et Bachard ont les mêmes ennemis que nous, et on se méfie terriblement de soit-disant amis, lorsque ces derniers ont été (et sont peut-être encore) les financiers de nos ennemis. Pas d’amis, donc, et c’est vrai, plus de coups à prendre que d’électeurs à gagner.

Tout le contraire de la « com » en somme. Mais la guerre et la « com » ont tout de même un point commun : l’une et l’autre tuent. Et, comme nous venons de le voir, la guerre, peut-être ; mais la « com », à coup sûr.

Paris, le 30 septembre 2014

Reproduction autorisée avec la mention : © Michel Georgel

Pour ce que je vous en dis…

Le président de la République l’a crânement déclaré : quoi qu’il arrive, il est déterminé à gouverner jusqu’à la fin de son mandat. Quelle nature ! Nature, vous avez dit nature ? Est-ce le mot bien approprié ?

Le président de la République est déterminé à gouverner jusqu’au terme de son mandat, et cela, quoi que puissent en dire les sondages. Même s’ils lui devenaient encore plus défavorables qu’aujourd’hui ? Même dans ce cas.

Certains soutiendront qu’un tel contrat à durée déterminée, impossible donc à remettre en question avant son issue, n’est pas sans soulever certains sérieux problèmes. Par exemple, on pourrait imaginer qu’un menteur suffisamment beau parleur se fasse élire sur un programme de mensonges et de promesses intenables, puis impose par la suite aux électeurs, réduits pour cinq ans à l’état de contribuables impuissants et passifs, tout ce qu’il voudrait, y compris les décisions les plus impopulaires.

Par exemple ? Qu’on augmente les impôts des catégories sociales réputées avoir mal voté (retraités, classes moyennes…) ! Et que parallèlement, on réduise ou même supprime la contribution des autres : bas salaires pour les uns, ou salaires des journalistes, pourquoi pas ? Ou encore qu’on se fabrique de toutes pièces de futurs « bons » électeurs, en donnant le droit de vote aux populations immigrées.

Mais d’autres objecteront, sans doute avec raison, qu’il serait bien dangereux que l’on demandât trop souvent son avis au peuple (comme le font par exemple nos voisins suisses, ce qui a notamment pour effet pervers de les rendre incontestablement plus suisses que n’importe quelle autre nation). Cela pourrait conduire à réellement sanctionner les criminels récidivistes, ou encore à refuser le retour sur notre territoire aux personnes convaincues de djihadisme. Si l’on avait tenu compte de l’avis du peuple, ne l’oublions jamais, nous ne serions même pas européens, et nous serions ainsi privés de la croissance formidable de la « zone euro », et de tous les bienfaits de sa monnaie. Notre taux de chômage aurait sans doute atteint des niveaux à donner le vertige, peut-être que jusqu’au quart de nos jeunes seraient sans emploi, le produit intérieur brut stagnerait, ou pire, serait en régression. Ce tableau, comparé à notre situation présente, ne laisse aucune place au doute, on en conviendra.

Mon avis là-dessus ? N’étant titulaire ni du diplôme de l’École nationale d’administration, ni de celui de l’institut des sciences politiques, ni d’aucun autre diplôme de ce genre, il n’a guère d’intérêt, je le reconnais bien volontiers, et j’en dispenserai par conséquent mon lecteur.

Je resterai dans le domaine où les années et les soucis ont fini par me donner un certain niveau d’expertise, celui de la petite entreprise, pour faire la remarque suivante : ce que nos institutions semblent permettre à nos dirigeants politiques, c’est-à-dire gouverner sans l’adhésion large, pleine, entière d’une solide majorité, aucun dirigeant d’entreprise ne pourrait sérieusement le concevoir, à long, ou même moyen terme, fût-il simple artisan avec un unique apprenti.

L’entrepreneur n’est pas toujours aimé de ses salariés, il peut même dans certains cas en être détesté. Mais même dans cette situation, son projet, il fait en sorte de le partager avec tous. C’est-à-dire qu’il ne se contente pas d’expliquer, ce serait gravement insuffisant, et le projet n’aboutirait pas. Il faut aussi convaincre, donner l’envie d’adhérer, faire preuve d’enthousiasme, et cet enthousiasme, au moins pour partie, le communiquer à tous. Sans cette adhésion globale, l’entreprise va se mettre à boiter, et les jours d’une entreprise qui boite sont bientôt comptés.

Rien de bien étonnant à cela, d’ailleurs : même les organisations humaines les plus primitives ont toujours fonctionné sur ce modèle. Le structuraliste Lévi-Strauss, ou plus encore l’ethnologue Pierre Clastres ont montré le vrai rôle du « chef » dans les tribus primitives : celui-ci ne disposait d’aucun pouvoir de commandement, et si par hasard il manifestait une telle volonté, il se voyait aussitôt chassé, ou même mis à mort. Ses projets pour la tribu, il devait les exposer aux familles les unes après les autres, et par son habileté oratoire et sa capacité de persuasion, gagner le plus grand nombre à vouloir le suivre, chacun restant libre cependant de sa propre décision.

Et contrairement d’ailleurs à une idée souvent reçue, ce modèle se retrouve de la même manière à des niveaux encore plus primitifs, celui du monde animal, et notamment des animaux dits sociaux.

Certes, l’un des premiers scientifiques à avoir décrit l’organisation sociale des primates s’appelle Solly Zuckerman. Il dépeint une société organisée autour de mâles violents, dominants et agressifs, entourée de femelles soumises et réceptives, un ordre social d’une grande rigidité, construit sur des confrontations brutales. De même le célèbre éthologiste Konrad Lorenz a-t-il fait le tableau de sociétés de loups, totalement hiérarchisées, avec des dominants imposant une loi d’airain à des dominés abrutis de soumission : maître absolu, un mâle « alpha », secondé d’une femelle « bêta » terrorise tous les autres, à commencer par un « gamma », suivi d’un « delta », qui craint « gamma », mais règne sur un « epsilon », pour finir pas un « oméga », souffre-douleur de tout le monde et qui, le malheureux, ne peut se venger sur personne.

Mais ces augustes savants ont sans doute commis au moins deux erreurs. La première est d’avoir tenu pour rien les conditions de vie des animaux qu’ils observaient : la captivité et le surpeuplement de zoos. Quels enseignements sur le comportement sauvage ?

La seconde ? Sans doute malgré eux, ils ont projeté sur le monde animal leur conception d’une certaine société occidentale, faite de compétition entre les individus, où certains parviennent à imposer leur volonté à d’autres, le tout sans doute pimenté de quelque secret phantasme, de mâle dominant régnant sans partage sur un harem soumis et consentant…

De fait, ces augustes « savants » et nombre de leurs successeurs ont largement fait la preuve de leur capacité de domination, en tout cas sur les cerveaux : leurs « découvertes » continuent de faire loi et sont répétées par le plus grand nombre comme catéchisme ! Et pourtant, cela fait longtemps que d’autres observateurs (en fait d’abord des observatrices) sont venus infirmer ces belles certitudes, au point que concernant les primates, un Frans de Waal dans son livre « La politique du chimpanzé », nous montre que chez ces animaux, le pouvoir, s’il existe,  est beaucoup moins le résultat d’une plus grande force physique, que celui d’une capacité à nouer un plus grand nombre d’alliances.

Et pour les loups, un Anglais, Barry Eaton, dans un très court ouvrage : « Dominance, mythe ou réalité » y conteste de manière très documentée un soi-disant comportement hiérarchique chez les canidés. Il défend que les meutes sauvages sont toujours en réalité des familles, dont le soi-disant couple dominant n’est autre que le couple parent de tous les autres, ce qui relativise considérablement la portée d’une apparente autorité, démentie d’ailleurs par des observations plus attentives qui viennent montrer que s’il existe en effet des tyrans dans la famille, ce n’est pas du côté des plus forts qu’il faut chercher, mais bien plutôt de celui des animaux… les plus jeunes… Et si le père de famille finit par conduire les plus âgés de ses fils et filles à la chasse, ce n’est nullement parce qu’il le leur impose, mais parce qu’il les y entraîne : ceux-ci le suivent, non parce qu’ils y seraient obligés, mais parce qu’ils le souhaitent.

De telles remarques pourraient être étendues jusqu’aux animaux qui nous paraissent les plus socialement organisés, comme les abeilles. Où l’on démontrerait que c’est tout à fait abusivement que nous qualifions reine une pondeuse sans aucun pouvoir, tandis que les essaims apparaissent finalement guidés par les butineuses les plus expérimentées, après que ces dernières se soient largement concertées entre elles, et que l’une d’entre elles soit parvenue à gagner à son avis toutes les autres.

Nos belles institutions ? Je note seulement qu’elles conduisent à des situations dont on ne trouverait aucun modèle dans la nature. Et je ne trouve pas cela tellement rassurant.

Paris, le 23 septembre 2014

Reproduction autorisée avec la mention : © Michel Georgel

Déréglementer ? Chiche !

Pendant sa campagne, l’actuel Président disait vouloir introduire « un peu de croissance ». Je posais alors une question : si ce Président a le pouvoir de créer tout seul de la croissance, pourquoi seulement « un peu » ? Jésus multipliait les pains, il n’en a pas limité le nombre.

Aujourd’hui, les hommes de l’État suggèrent qu’ils vont augmenter notre pouvoir d’achat en réorganisant certaines professions réglementées. Mais si une telle procédure se trouve en faveur du pouvoir d’achat, pourquoi seulement quelques-unes d’entre elles ? Pourquoi pas toutes ? À commencer par la plus protégée et la plus réglementée que l’on puisse imaginer ?

Dernier chiffon rouge à la mode : les professions réglementées. « Le gouvernement veut déréglementer les professions réglementées. »

Pour quoi faire ? Pour améliorer le pouvoir d’achat des consommateurs.

La déréglementation améliore le pouvoir d’achat ? Délire ! Ce n’est même plus un langage libéral, c’est un argument proprement libertarien ! Comment faut-il comprendre ?

C’est que libérer les professions réglementées serait en réalité libérer l’ensemble de l’économie : des professions non réglementées, vous en connaissez beaucoup vous ?

« Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouve bon. »

Texte central du décret d’Allarde des 2 et 17 mars 1791, repris dans la lettre et l’esprit par la loi dite Le Chapelier, promulguée en France le 14 juin 1791.

Cette loi visait à redonner un espace de respiration à une société issue de l’ancien régime, étouffée et paralysée par un nombre incalculable de règles, de lois, de normes… La société n’en pouvait plus, l’emploi manquait partout, il régressait sans cesse, les gens avaient faim… Une situation qui vous en rappelle une autre ?

La loi n’était pas votée que tous les corporatismes en commençaient le siège, visant à en limiter les effets, bien entendu pour les meilleures raisons que l’on puisse imaginer. Le texte, très vite, était à lire : « Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouve bon, sauf pour… »

Et comme il était à craindre, les « sauf » se sont multipliés au point qu’aujourd’hui, on peut résumer : « Il sera interdit à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouve bon, sauf dans de très rares exceptions. »

On cherche en effet les professions que l’on peut encore exercer sans passer par les fourches caudines de multiples obligations, réglementations, contraintes et freins de toute sorte.

Personnellement, je n’en connais qu’une seule, à laquelle vous ne vous attendez sans doute pas : celle de… toiletteur pour animaux de compagnie ! Pourquoi cela ? Certains de ceux qui m’aiment bien et beaucoup de ceux qui me détestent pensent que votre serviteur et quelques-uns parmi mes amis y seraient pour quelque chose, mais je dois à la vérité de dire que les uns et les autres nous prêtent un écho que nous n’avons guère… Cette exception, pour combien de temps ? Je n’en sais rien, mais ce que je sais, c’est qu’il faut espérer qu’elle durera le plus longtemps possible : car ne cherchez pas ailleurs que dans cette liberté, cette absence réglementaire, la formidable et constante progression de cette profession depuis plus de vingt ans  ! (Certains esprits chagrins vous diront qu’un nombre significatif des entreprises qui se créent dans ce secteur disparaissent dans les trois ans : c’est parfaitement vrai, mais c’est une réalité partagée avec toutes les entreprises qui se créent, quel que soit leur secteur d’activité.)

Pour le reste, on peut chercher désespérément parmi les professions, celles qui n’exigent pas quelque diplôme préalable obligatoire ; ce n’est jamais signalé, mais cela suffit à expliquer au moins pour partie la désertification de nos campagnes ; cette furie diplômante fait sans doute le bonheur et la richesse des dispensateurs de diplômes (et donc des hommes de l’État), mais elle limite considérablement les possibilités de pluriactivités, qui sont pourtant si nécessaires dans les espaces où les densités de population sont trop faibles pour assurer la survie d’entreprises à offre insuffisamment diversifiée. Ayant vécu sur une île (française), je pourrais facilement illustrer ce propos par des exemples précis, mais tel n’est pas l’objet du présent billet. (Par exemple un îlien, dans de nombreux cas, pourrait facilement combiner une activité de pêcheur côtier, avec celle d’éleveur et d’agriculteur ; mais dans la réalité, il lui faudrait plus que la durée de sa vie pour réunir les diplômes lui donnant le droit de vendre les produits de sa pêche et de son élevage, tout comme ses pommes de terre.) 

L’étape du diplôme est rarement la dernière : elle n’est souvent, au contraire, que le début d’un long chemin (de croix) de démarches diverses.

L’argument principal mis en avant pour défendre ce système est bien entendu qu’il conviendrait de protéger le public contre les agissements d’acteurs incompétents. Mais un instant de réflexion suffit pour comprendre que cet argument n’est que pure hypocrisie : si la possession d’un diplôme et de diverses aux autres autorisations administratives était de nature à réellement protéger qui que ce soit, il n’y aurait aucune raison et aucune nécessité de rendre quoi que ce soit obligatoire. La seule information suffirait et permettrait au public de choisir à bon escient.

Très rares sont donc les professionnels à prendre ce pari ! Au contraire, ils sont à ce point incertains que leur diplôme leur assure un meilleur savoir-faire, qu’ils sont en général unanimes a préférer ne pas prendre le risque d’une concurrence avec des non-diplômés : c’est avidement qu’ils soutiendront, quand ils ne les provoqueront pas, les réglementations visant à verrouiller aussi fortement que possible leur secteur d’activité à leur unique profit.

Un autre argument des partisans de la réglementation est qu’il serait dangereux de s’en remettre au jugement du public, dont une partie au moins, naïve ou mal informée, pourrait se laisser abuser par des incompétents. La liberté de choisir (et donc de se tromper) encore (provisoirement ?) permise à l’électeur est donc définitivement confisquée au client, par hypothèse ou définition, majoritairement un imbécile ou un niais, ou les deux à la fois !

Il semblerait pourtant de bon sens que si les individus sont les crétins qu’on nous décrit, il serait plus urgent de leur retirer le droit de vote que celui de leurs choix de consommations…

Bon, mais je le confesse, tout ce qui précède n’est que bavardage : ni moi, ni vous, ni personne ne croit une seconde que l’horizon de quelque déréglementation soit à l’horizon de quelque réalité. La vérité est exactement à l’opposé : pas un jour qui passe sans sa moisson de décrets, arrêtés, circulaires, tous peu ou prou liberticides ; une ration quotidienne pour alimenter les (grandes) pages des (petites) lettres du journal officiel.

Personne, et surtout pas les membres du gouvernement ; il semble bien que la seule déréglementation sérieusement envisagée ne soit dans les faits qu’une sorte de nationalisation rampante de professions relevant d’une délégation de service public, comme c’est le cas des notaires par exemple ; on devine aussitôt la réelle préoccupation des hommes de l’État : bien plutôt la récupération de montants financiers qu’on imagine exorbitants, qu’une réelle réduction des coûts pour nous autres particuliers.

Bien sûr, histoire de faire diversion et d’occuper l’attention du public, on fera klaxonner les taxis, et peut-être même défiler les pharmaciens, mais cela n’ira pas bien loin.

Ce qui pourtant pourrait réellement et immédiatement décongestionner notre malheureuse société, lui donner un véritable bol d’air, en augmentant en un instant, et sans la moindre douleur, la totalité de tous les salaires n’est, semble-t-il, malheureusement, à ce jour, envisagé par personne : la déréglementation de la profession la plus réglementée et la plus protégée de notre pays, l’assurance sociale, de plus en plus faussement baptisée Sécurité Sociale ; la question de savoir si le monopole de fait de cette institution est encore légal est certes posée par beaucoup[1], mais qu’il soit légal ou non, cela n’y change pas grand-chose, puisqu’à ce jour, le seul moyen simple et réellement accessible de se trouver mieux assuré à des tarifs beaucoup plus compétitifs est… de quitter notre pays…

Paris, le 5 septembre 2014

 

[1] http://www.wikiberal.org/Wiki oui oui/Abrogation_du_monopole_de_la_Sécurité_Sociale

http://www.claudereichman.com/articles/communique_mlps_17_%20janvier_2014.pdf

 

 

Silence, on décapite !

Aujourd’hui, je sors de ce que je considère comme la spécificité de ce journal : la vision d’un petit patron. Mais d’un autre côté, je ne trouve nulle part ailleurs, ou alors si peu, ce qui selon moi devrait être en ce moment notre premier souci.

Une provocation de Woody Allen : en 1939, les juifs allemands se répartissaient en deux catégories, les optimistes et les pessimistes. Les optimistes sont morts dans les camps. Les pessimistes ont fait fortune à New York.

Une question que je me suis souvent posée : combien de juifs en réalité pessimistes ont partagé le sort des optimistes, parce qu’ils ont attendu le jour de trop ?

En Irak, 15 000 voyous islamistes issus de nulle part tranchent les têtes, crucifient, massacrent à qui mieux mieux. Quasi indifférence de nos médias occidentaux : les victimes sont des chrétiens, crétins qui refusent de se gentiment convertir. D’autres victimes ne sont pas chrétiennes, mais « Yazidis », on n’en parle un peu plus. Mais pas beaucoup.

J’invite les incrédules à cliquer sur ce lien : http://www.dreuz.info/2014/08/je-dedie-cette-video-a-mes-confreres-journalistes-qui-ne-savent-plus-ce-quest-un-terroriste/. Mais attention, la vérité, sans fard occidental, est proprement insoutenable.

Un journaliste américain subit, des mêmes, le même sort : aussitôt « buzz » dans tous les médias. Le journaliste n’est pas plus coupable que les chrétiens ou les Yazidis ; mais on pourrait noter qu’après tout, il était payé pour les risques qu’il prenait, volontairement. Ce qui ne ressemble en rien au cas des autres. Il faut donc comprendre que pour les Occidentaux, qui se revendiquent pourtant tellement égalitaires, certaines têtes valent beaucoup plus que d’autres.

On signale en passant que les femmes des suppliciés sont « emmenées en esclavage ». Voile pudique sur la nature de cet esclavage, et le cauchemar de ces malheureuses, qui viennent de voir mourir leurs pères, leurs fils et leurs maris et vont subir, et pour longtemps, le pire.

Les 15 000 voyous ont décrété qu’ils avaient fondé un état. On se scandalise que des habitants en Ukraine veuillent devenir russes, mais l’on accepte sans discuter qu’une horde de tueurs barbares, sans préoccupation pour au moins trois frontières, prétendent imposer les leurs, où bon leur semble. Et tous nos médias et politiques, dressés comme caniches de cirque, de parler de « l’État islamiste », comme s’il existait !

Ces martyrs qu’on supplicie et qui meurent, ont-ils assez imploré Dieu ? Il faut leur souhaiter, en tout cas, de n’avoir pas imploré le pape : celui-ci se promenait en Corée. En Corée du Nord ? Ça, c’est de l’héroïsme ! Non, en Corée du Sud. En Corée du Sud ? Ah bon.

Pour moi, ce Pape reste un point d’interrogation. Certes, il est jésuite, et je reste aux jésuites fondamentalement reconnaissant de ce qu’ils m’ont appris. Mais nombre de ses déclarations me laissent perplexe, même venant d’un jésuite.

Soyons justes, pendant ce temps, la Curie romaine, seule voix courageuse dans un désert de pleutres, a déclaré que devant tant d’horreur, seule la guerre était légitime. Le pape est rentré à Rome. Il a dit qu’il était prêt à se rendre en Irak, mais que cela ne serait pas très utile. Il ne m’a pas demandé mon avis. Il a bien fait. Je lui aurais dit que Pierre, Paul, et tant d’autres apôtres se rendaient sans la moindre hésitation aux côtés des populations martyrisées. Mais c’est vrai : en ce temps-là, les moyens de transport n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Et puis soyons juste une fois encore, le Pape n’a pas désavoué sa Curie. La guerre est nécessaire et légitime. C’est d’ailleurs simple question de bon sens. Le spectateur d’une agression, s’il reste neutre, devient le complice objectif de l’agresseur.

Mais non. Barak l’a dit, il n’ira pas. Et François non plus. Et Angela ? Non, Angela, comme les autres, préfère rester à la maison. « Trop loin, trop difficile, trop dangereux. On ne peut rien faire. » ONU, OTAN, armées nationales, tous ces machins coûteux : inutilisables. En terrain parfaitement découvert, face à 15 000 sauvages, voilà le monde totalement impuissant ! Les tueurs peuvent tranquillement continuer de tuer. Des sauvages certes bien armés, Barak et François sont bien placés pour le savoir, mais sans doute, et quoiqu’on nous endorme, de piètres combattants : ceux qui prétendent « aimer la mort » meurent trop facilement, et la victoire revient de préférence à ceux qui savent rester vivants le plus longtemps possible. « Les hommes du Cheyenne ne se font pas tuer ! » Exactement ce que savent faire nos soldats occidentaux, qui ne mettraient pas longtemps à faire rentrer dans leurs tanières, ou mieux dans leurs tombes, les furieux islamistes ; encore faudrait-il qu’on leur en donnât l’ordre, ou plutôt la permission.

Mais non. Barak enverra quelques pétards dans le désert, histoire de sauver la face. François, lui, sans doute plus délicat, promet des parachutages… de pansements. Et puis, il accueillera les martyrs qui arriveraient, on ne sait pas comment, à se sortir vivants de là, quand ils auront de la famille en France… en somme, il s’engage à respecter la loi… plutôt sympa non ?

Je pleure de rage, mais en vain ; les musulmans continuent de tuer, et les journalistes de regarder ailleurs. Bien sûr, les évêques ont dit ce qu’ils ont dit. Mais le Pape, combien de divisions ? Les chrétiens vont tranquillement continuer d’être décapités. Personne ne va pleurer pour eux.

Mais aussi, ces chrétiens, ces Yazidis, comment se sont-ils laissés surprendre ? Menacés depuis si longtemps, ils devaient tout de même savoir ce qui se passait en Syrie. Pourquoi n’ont-ils rien organisé ? Pourquoi sont-ils sans armes ? Pourquoi ne se sont-ils pas enfuis ? N’ont-ils rien vu venir ? Ont-ils été des optimistes ?

Ou bien étaient-ils trop pauvres pour tenter quoi que ce soit ?

Trop tard. À la merci de leurs bouchers.

Qui finiront par se lasser, bien sûr. C’est qu’au début, tuer, c’est plutôt rigolo. Mais à la longue… Les bouchers voudront rentrer à la maison. Mais pour une bonne partie d’entre eux, à la maison, c’est… chez nous ! Hé oui, camarades socialistes, les tueurs en Irak, ce sont aussi de braves petits gars de chez nous, ceux-là mêmes auxquels un taubirisme échevelé ordonne de tout pardonner. Maintenant, si ces valeureux guerriers décident de continuer ici ce qu’ils ont appris là-bas…

Au passage d’une conversation, François, comme il en a le secret, nous l’a dit en banalité : nous avons semé chez nous 600 graines de terroristes qui ne demandent qu’à exploser. S’il en avoue 600, c’est qu’ils sont au moins 6 000, en fait beaucoup plus, selon certains gendarmes… En face, quoi ? Si nous ne sommes plus capables d’agir dans les déserts irakiens, que ferons-nous dans le maquis de nos 751 zones de non-droit ? Oui, vous lisez bien, 751 ! (Valeurs actuelles, 21 août 2014, page 20 !)

Désormais, tous les jours, des Juifs pessimistes fuient la France.

Mais pour nous, chrétiens, n’est-il pas plus que temps de nous interroger ?

– On ne quitte pas le bateau qui prend de la gîte. On reste pour tenter de le sauver.

– Sauver le navire, c’est combattre chez nous, et partout ailleurs, le terrorisme islamiste ! Sommes-nous prêts à nous battre ?

Un certain Poutine a expliqué que les terroristes devaient être pourchassés jusqu’au… bout du monde. L’histoire nous l’apprend, les seules civilisations qui ont su résister aux barbares sont celles qui ont généré des combattants plus barbares avec les barbares que les barbares eux-mêmes. Les autres ont disparu dans les bouillies du sang de l’histoire.

– Mais vous n’y pensez pas, nous n’allons pas nous mettre à imiter les barbares ! Nous sommes des civilisés ! À la violence barbare, nous opposerons… le dialogue !

Vraiment ?

Le compte est bon. Il est sans doute temps de devenir un juif pessimiste. Le jour de trop, c’est peut-être demain.

Paris, le 24 août 2014

Vacance de vacances

Demandez aux experts comptables ce que pensent les patrons de TPE ou de PME : ils vous diront que pour beaucoup, le stade de l’inquiétude est dépassé… le mot juste est désormais angoisse…

Rien sur ce blog depuis le début de ce mois d’août. Les vacances, me dites-vous ! Oui, les vacances. Enfin pas vraiment. Les vacances des autres, si vous voulez. Et donc aussi celles de nos collaborateurs. Et donc la nécessité, « la vie continuant », de remplacer les absents.

Voilà donc mon mois d’août : je remplace les absents ; y compris ceux qui effectuent un travail physique : en effet, qui, dans une petite entreprise est le mieux à même de tenir correctement n’importe lequel des postes de travail de cette entreprise, sinon son patron lui-même ? Un principe élémentaire dans cet univers tellement ignoré (méprisé ?) tant du monde politique que de celui de la grande entreprise.

A ce sujet, selon moi, la plus formidable erreur de Marx (pourtant jamais signalée) : celui-ci défendait que le « patron », ne faisant rien, serait toujours plus incapable, tandis que l’ouvrier, faisant tout, ne cesserait de voir se développer ses compétences. C’est bien le contraire qu’on observe aujourd’hui : l’employé à trente cinq heures, toujours plus protégé, et plus ou moins irresponsable, y compris de sa propre « employabilité » (une responsabilité patronale selon notre code du travail), n’a plus beaucoup à remontrer à son « patron » qui a pris l’habitude de « faire face à tout » dans son entreprise, les travaux les plus manuels y compris, dans de très nombreuses PME et toutes les TPE. 

Le problème est qu’on ne fait plus (aussi facilement) à (presque) 70 ans, ce que l’on faisait à trente, quarante, ou même cinquante. Enfin si. Enfin presque. Avec, c’est vrai, une différence de taille : on peut toujours faire (mais si, je le confirme), mais on récupère moins vite, moins bien. Et le soir, on rentre chez soi, vidé, rincé ; donc : pas de temps pour le blog. Ni pour quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

Manque d’organisation, me direz-vous. Bien sûr. Mais non. Organiser les périodes de vacances, après plus de trente ans d’existence, on s’en doute, n’importe quelle entreprise sait le faire.

Alors quoi ? C’est que cette année, les perspectives ont changé. Radicalement. Ce que les politiques commencent de reconnaître à demi-mot, tous les petits patrons le vivent : la réalité de la France, c’est qu’elle est en déflation. 

Moins de clients, des clients de moins en moins riches, avec toujours moins de disponibilités économiques, il faut pour vendre encore contenir les prix : ce sont alors des chiffres d’affaires qui rabougrissent comme peau de chagrin. En semblables circonstances, la seule manière de ne pas couler, c’est de réduire la voilure, c’est-à-dire les emplois. Mais moins d’emplois, c’est moins de bras pour la manœuvre et ceux du capitaine (re)deviennent nécessaires. (Entre parenthèses, moins d’emplois, c’est aussi moins de clients, moins de chiffre d’affaires, de nouvelles nécessités de réduire une voilure déjà réduite… la spirale…)

Bien entendu, si mon mois d’août, ou quoi que ce soit d’autre au sujet de mon entreprise ne me plaît pas, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : personne ne m’a obligé à faire le désespoir de mes parents, choisissant, malgré les excellentes études qu’ils m’avaient infligées, de créer une entreprise, au lieu de poursuivre avec assiduité une carrière toute tracée au service de l’État. Et personne non plus ne m’a interdit de vendre, l’âge venu. Ce n’est donc pas là le problème.

Le problème, ce n’est pas moi, ce sont les autres. Tous les autres. Tous ces petits, et même moyens patrons, si nombreux à dire, au moins sous le manteau (qu’on ne quitte gère cette année), voir venir, comme moi, septembre avec une sérieuse inquiétude, sinon avec angoisse. Tous ces petits et même moyens patrons, qui ont donc choisi de « rester sur le pont », pendant le mois d’août, beaucoup plus nombreux que vous ne l’imaginez.

Une réalité que vous n’avez aucune chance de voir relater nulle part, dans quelque presse que ce soit. D’ailleurs, les intéressés se plaignent-ils ? À la barre douze mois sur douze et soixante-dix heures par semaine, c’est une réalité qu’ils ont tous connue ; de toute façon, au début de l’histoire ; et souvent, plusieurs fois en cours de route. Une forme de routine. Alors une fois de plus…

Sur le pont, c’est normal, quand la route n’est ni claire, ni dégagée.

Vous ferai-je part d’un sujet qui m’a toujours interpellé : le fait que nos dirigeants politiques, président et ministres, qui ont tant fait pour le devenir, éprouvent eux aussi, le besoin de « vacances ». Cinq ans, dix ans au plus pour un président : quand on a tant voulu de ce poste, ne peut-on réellement se passer des plaisirs estivaux du commun des électeurs, le temps de ses mandats ?

Bon, passe encore quand tout va bien. Mais cette année, alors que tous les mois du quinquennat n’ont connu jusqu’à ce jour qu’augmentation du nombre des chômeurs et de défaillances d’entreprises, et tous les clignotants économiques au rouge vif ! Avec en outre une situation internationale qui voit des chrétiens sacrifiés tous les jours, la vie de centaine de milliers d’entre eux plus que menacée[1] ! Voilà ce qu’un (petit) patron (moi par exemple) ne peut ni comprendre ni… pardonner !

On nous dit que notre « Président est à la Lanterne » ! Une sorte de subliminale provocation ?

Paris, le 14 août 2014

[1] Le plus insupportable à ce sujet : cette annonce du président américain, relayée par le président français, qu’il n’y aura pas « d’intervention au sol » ; un véritable permis de tuer garanti aux assassins. Ces dirigeants tiennent donc pour rien notre écrasante responsabilité dans le désordre actuel ! Ou entendent-ils ne rien réparer ? Pour ma part, je ne sais comment je pourrais faire plus que de m’indigner, mais bien que sans doute inapte à quelque sentiment religieux que ce soit, je suis fortement tenté de suivre le conseil donné par l’Abbé Alain René (http://www.dreuz.info/2014/08/appel-urgent-aux-croyants-et-sympathisants-de-la-foi-judeo-chretienne-2/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+drzz%2FPxvu+%28Dreuz%29) et pour compenser l’oppression grandissante des mosquées, revenir à la messe.  

Jérémiades

Quand les patrons se plaignent, les ministres et les camarades syndicalistes répondent : « jérémiades ». Où je propose de démontrer que c’est en effet les patrons qui ont tort. 

Dans un précédent billet (http://michel-georgel.com/cestadire/2014/04/20/cest-encore-mieux-quand-les-autres-le-disent/), auquel je renvoie volontiers mon lecteur, je citais une surprenante déclaration de… Jacques Attali, dont je reprends ici un court extrait : « Ma recommandation à chacun de mes lecteurs est claire : agissez comme si vous n’attendiez plus rien du politique. Et, en particulier, comme si vous n’attendiez que le pire du nouveau gouvernement. Et pire encore des suivants, quelle qu’en soit la couleur politique. Car, plus on tardera à réformer le pays, plus il sera difficile de le faire… Concrètement, cela signifie qu’il convient de ne plus attendre… la moindre décision positive d’aucune sorte. »

Chaque fois qu’on les interroge, et même quand on ne les interroge pas, les patrons signalent les conditions épouvantables qui sont faites à leurs entreprises. Leur quotidien laborieux ; l’avenir, qui paraît détestable. « La France est proche de la mise en liquidation », dénonce Pierre Gattaz, le président du Medef (Figaro du 21 juillet dernier ».

Jérémiades répondent ministres ! Jérémiades répètent les syndicats ! Jérémiades reprend le ministre responsable du redressement productif, mais irresponsable de l’effondrement de la production, Arnaud Montebourg. Jérémiades signe-t-il dans la revue Capital de cette semaine !

Jérémiade : plainte incessante qui importune. Et qui par conséquent ne mérite aucune considération.

« Le gouvernement en a déjà tant fait pour les entreprises ! Tant de cadeaux, reprennent en chœur syndicats et partis de gauche ! Se plaindre encore ! Quelle ingratitude ! »

Eh bien moi, au risque de choquer et de décevoir, je le dis comme je le pense : ministres, syndicats, et autres politiciens de gauche, ils ont tous raison ! Les patrons feraient mieux de se taire, une bonne fois pour toutes ! En réalité, quand ils font état de leurs difficultés, ces derniers s’imaginent qu’ils pourraient être entendus. Au moins un peu. Et que de cette façon, on pourrait les soulager.

Jérémiades. Toute la réponse à cette attente est contenue dans ce mot. Il n’y a rien à attendre de ce gouvernement, pas plus qu’il n’y avait à attendre du précédent, ou qu’il n’y aura à espérer de ceux qui vont suivre. Jacques Attali a raison.

Bien sûr, on ne saurait conseiller à Monsieur Montebourg de se rencontrer seul à seul au coin de quelque bois avec l’un quelconque des cent cinquante patrons qui déposent leur bilan chaque jour, et moins encore, aux antichambres de l’enfer, avec l’un des deux entrepreneurs qui mettent, là encore chaque jour, une fin définitive à leurs soucis terrestres. Mais le risque est faible, les ministres ne font pas la folie ne se promener seuls dans les bois, et les socialistes ne croient pas en l’enfer.

Encore moins à attendre du côté syndical. Un bon patron, selon les syndicalistes (et j’ai eu l’occasion de les entendre me l’expliquer 100 fois), c’est une sorte de représentant de commerce, qui obtient des commandes à des prix maxima, dans le seul but de donner le moins de travail possible payé le plus cher possible à ses salariés. Ceux qui n’y parviennent pas sont mauvais, et ne méritent aucune pitié.

Rien à attendre ! Inutile de croire à quelque « dialogue » que ce soit : temps perdu. Se taire et essayer de survivre. Externaliser tout ce qui peut l’être (et dans ce domaine, on découvre que l’on peut aller très loin) : réduction du risque social. Délocaliser : pour la même raison (ici, la réduction des coûts devient tout à fait secondaire). Chercher des clients qui ne soient pas ruinés par une fiscalité désastreuse, c’est-à-dire ailleurs qu’en France. Et pour ceux qui le peuvent, fuir ailleurs.

Tout cela ne va pas dans le sens de l’emploi, me dites-vous ? Ah bon ? Dans ce cas, il faudra peut-être penser à revoir les « règles du jeu ». Inventer de nouvelles règles, qui permettent par exemple aux patrons de s’exprimer, et qui leur donnent envie de le faire. Ah, petite précision ! S’exprimer, pour un patron, ce n’est pas « dire » !

C’est entreprendre.

Paris, le 30 juillet 2014

Respectons les guenons !

Neuf mois de prison pour avoir comparé un ministre et une guenon. Certains jubilent, d’autres s’indignent. Mais je ne vois personne demander leur avis aux guenons !

Voilà, c’est fait : délits contre biens et personnes de moins en moins condamnés, mais comparer ministre et guenon, c’est neuf mois en prison, et 50 000 euros d’amende. On ne voit d’ailleurs pas bien la cohérence : comment une personne derrière les barreaux sera-t-elle en mesure de réunir ou de gagner une telle somme ? Une volonté d’anéantir ? La question se pose quand on songe à ce que sont nos prisons.

La sanction compte ses partisans : la comparaison serait une injure à caractère raciste (j’y reviendrai), et, défendent ces gens-là, il faut étouffer les injures racistes, sous peine de voir se reproduire « les heures sombres de notre histoire », qui d’ailleurs se reproduisent de plus en plus souvent, avec non seulement des injures, mais aussi des agressions typiquement racistes, mais au sujet desquelles les mêmes ne trouvent rien à redire.

Voilà qui illustre ce que je défendais dans un précédent billet : il est tout de même moins dangereux de dénoncer les crimes nazis quand il n’y a plus de nazis, ou de mettre en prison une jeune femme qui publie des sottises, que de s’en prendre aux manifestants qui hurlent des injures racistes et tentent d’agresser des synagogues, quand ces manifestants font en effet cela, aujourd’hui, et à notre porte.

D’autres crient à l’injustice. « Les magistrats jugent en droit, c’est-à-dire qu’ils ne jugent pas selon leur fantaisie, ils jugent selon le Code pénal. » Les mots mêmes de la ministre. Qui a parfaitement raison. Et c’est précisément là (selon moi), tout le problème.

De même que je soulignais que le traitement infligé à Monsieur Sarkozy n’était pas choquant parce qu’il était infligé à Monsieur Sarkozy, mais parce qu’il pouvait être, et qu’il était appliqué à n’importe quel citoyen, je dis que le problème est précisément que notre Code pénal ait prévu une sanction aussi lourde pour une faute aussi stupide.

Et il ne s’agit pas là d’une exception : parcourir le Code, c’est se trouver sidéré de son potentiel de sévérité. En réalité, le chef d’entreprise, le médecin, le maire, le responsable d’une association, l’architecte et le maître d’œuvre, l’automobiliste, le contribuable et finalement le simple citoyen, tous se trouvent beaucoup plus proches de la case incarcération qu’ils ne l’imaginent en général.

Hier, vous, moi, et le bon peuple en général ne nous en inquiétions pas outre mesure, confiants dans une magistrature compréhensive et bienveillante. Mais aujourd’hui, un certain mur est venu changer tout cela, et il est temps de s’apercevoir que l’extrême et insidieuse judiciarisation de notre société est attentatoire à notre liberté.

Attentatoire à notre liberté de ne plus avoir le droit de dire même des bêtises. Car il est difficile de comprendre en quoi le fait de traiter de guenon une ministre est un crime. La guenon, en langage populaire, c’est (selon le dictionnaire) une manière de désigner une femme laide. À l’égard de la ministre, une impolitesse, à coup sûr ; mais un crime ?

Vous m’objecterez qu’il fallait prendre le terme au sens propre : guenon, femelle du singe, mais là, l’amoureux des animaux que je suis s’insurge ! Les récentes découvertes démontrent que les patrimoines génétiques des hommes et des singes sont si proches, que c’est peut-être bien artificiellement que nous continuons de distinguer les uns des autres : les codes génétiques de l’homme et du chimpanzé diffèrent par exemple de moins d’un pour cent ! De ce point de vue, il est donc absolument certain que c’est une insulte immensément plus grave de comparer un ancien président à un pingouin, effectivement bien éloigné de notre espèce, que d’appeler singes des humains, singes que nous sommes tous en effet !

Mais n’opposons pas non plus singes et pingouins : les chercheurs le démontrent tous les jours, les uns et les autres, et beaucoup d’autres animaux savent faire preuve d’empathie, de pitié, de compassion, plus, à l’évidence que nous autres humains, tout prêts à envoyer, sans un murmure de commisération nos ennemis pourrir neuf mois durant derrière des barreaux.

Finalement, et objectivement, comparer un humain et animal est surtout… une insulte aux animaux… mais je ne poursuivrai pas au-delà, car je vois déjà s’entrebâiller les lourdes portes de la maison d’arrêt …

Paris, le 21 juillet 2014

L’emploi « obligatoire » ?

Le « Pacte de solidarité » gargarise à l’envi le discours officiel : à entendre ses défenseurs comme ses détracteurs, un vrai Pactole à venir pour les entrepreneurs.

Chacun l’a compris, le souci, c’est ce que feront les entreprises de leur « cadeau » : si on accorde à ces dernières quelque avantage, il faut qu’il y ait des contreparties. (On notera qu’en pure logique, un avantage avec contrepartie n’est donc plus un avantage. Mais laissons.)

Les contreparties, quoi ? De l’emploi !

Une obligation nouvelle pour l’entreprise : l’obligation d’emploi ? Irréaliste, absurde, hors de propos pensez-vous.

10 ans d’expérience de la négociation sociale dans le cadre d’une convention collective m’ont appris un certain nombre de vérités fondamentales.

L’une d’entre elles est l’asymétrie intrinsèque à la négociation sociale. Du côté syndical, d’authentiques « professionnels ». De leur métier ? Peu importe. Mais de la « négociation sociale », cela ne fait aucun doute. Au préalable, parfaitement formés. Ensuite, remarquablement entraînés : la négociation sociale devient en effet rapidement leur principale, voire, leur seule activité, une activité qu’ils poursuivent 10 ans, 20 ans, 30 ans (je connais personnellement des négociateurs dépassant largement ces échéances, en retraite depuis si longtemps que plus personne ne se souvient les avoir connus autrement que dans cette situation). La réalité de la négociation sociale : des spécialistes chevronnés face à des amateurs éclairés – à la lampe de poche, quand ce n’est pas à la bougie.

Une conséquence est que la négociation sur le long terme, c’est la mer et la digue. La mer syndicale propose ; la digue patronale résiste. La mer s’en fiche. Elle sait que la digue sera bientôt remplacée. Une nouvelle digue. Les mêmes propositions. Que la nouvelle digue résiste ou s’écroule, peu importe, une autre digue finira par s’écrouler. C’est seulement une question de temps.

Par exemple : imposer aux entreprises un quota d’embauche de chômeurs, je me souviens avoir entendu défendre cette idée, il y a au moins vingt ans, et avec un certain brio, par Nicole Notat, alors secrétaire générale de la CFDT : en une seule loi, le plein emploi, pour tous, pour toujours. Cela s’appelle changer de société ? Oui, et c’est même là le but des porteurs de ce projet.

Je suis persuadé que c’est exactement à cela que pense le Pouvoir actuel, quand il évoque des « contreparties ». (Sinon, quoi d’autre ?) Certes, la ficelle est toujours aussi grosse, trop pour une négociation de niveau national. Voilà pourquoi, prudemment, on a choisi de renvoyer la négociation « au niveau des branches ». À diviser ainsi les digues, on multiplie les chances d’en trouver qui soient plus fragiles.

Par ce que la méthode « Notat », on le sait, est déjà mise en application, de manière limitée, certes, mais non moins bien établie : l’obligation d’embauche, pour toutes les entreprises de plus de 20 salariés, d’un quota de travailleurs handicapés.

L’entreprise en délit de déficit de quota paye l’équivalent des salaires qu’elle ne paye pas, en amendes. Et c’est là le génie : le nombre de handicapés demandeurs (réels) d’emploi se trouve être nettement inférieur au nombre de postes proposés par les entreprises ! Des entreprises, malgré tous leurs efforts, ne trouvent pas sur le marché du travail leur compte de travailleurs handicapés. Maintenant, devinette, à qui revient le montant de la sanction ? Vous l’avez deviné, une « organisation paritaire » (des représentants patronaux en nombre égal avec des représentants de salariés, qui tous partagent en commun de ne représenter qu’une infime minorité du « pays réel »). Laquelle organisation, c’est un secret de Polichinelle, croule à ce point sous l’argent, que l’un de ses problèmes est de résister aux tentatives chroniques de siphonnage d’un état en manque chronique de liquidités.

Imaginez l’élargissement d’un tel système à tous les demandeurs d’emploi, handicapés ou non ! Bien sûr, un nombre incalculable d’entreprises ne s’en remettraient pas. Bien sûr, le « moins de vingt » deviendrait l’idéal absolu de tous les entrepreneurs. Bien sûr, le pays continuerait de s’enfoncer toujours plus dans « la crise ».

Mais franchement, qui s’en soucie ?

Paris, 16 juillet 2014

Pourquoi je juge scandaleux le traitement infligé à Nicolas Sarkozy, et pourquoi je n’ai aucune pitié pour lui.

On l’aura compris, Monsieur Sarkozy a plutôt mal vécu l’épreuve de sa garde à vue.

Il a estimé qu’il y avait disproportion. Disproportion en regard des faits reprochés : avoir tenté d’obtenir des informations sur un dossier le concernant, vrai ou faux, on ne peut pas dire que cela ait pu porter atteinte, même un petit peu, à la sécurité publique. Disproportion par rapport à la réalité de la situation : quelle forme d’avantage la méthode retenue était-elle susceptible d’apporter à la découverte de la vérité ?

Monsieur Sarkozy a souffert de ce qu’il a ressenti comme une agression hors de proportion. Et en cela, je partage complètement son point de vue.

Lui, et certains de ses amis ont aussitôt crié à l’injustice ! Tandis que tous ceux qui ne sont pas ses amis ont fait valoir qu’il n’y avait là aucune injustice, et que l’ex-président était seulement traité comme n’importe quel autre citoyen dans une situation identique.

Et la réalité est que ces derniers ont raison : l’ex-président a été traité comme n’importe quel autre citoyen dans une situation identique. Et, à mon avis, c’est précisément cela le problème.

C’est que dans une société qui présente en même temps ces deux caractéristiques de la perte des valeurs et d’une judiciarisation galopante, l’infraction, volontaire ou non, de « l’honnête homme » est de moins en moins distinguée du crime du voyou. D’ailleurs le voyou n’existe pas, c’est en réalité une victime. Une victime de la société des honnêtes gens, qui ne le sont donc pas, et qui méritent d’être sanctionnés en priorité.

Pour une partie de l’opinion publique, le conducteur, qui sans nuire à personne, dépasse ou est soupçonné d’avoir dépassé les vitesses autorisées, le contribuable, qui sans mettre aucune vie en danger, essaye ou est soupçonné d’avoir essayé de sauver de la furie fiscale quelques biens souvent durement gagnés, le citoyen qui n’a pas respecté telle réglementation… tous sont en réalité pires que voleurs et assassins, et doivent être traités sans ménagement. Les juges se trouvant de fait partager très majoritairement les convictions de cette partie de l’opinion publique, ont mansuétude pour le voyou, auquel on ira jusqu’à pardonner même les plus nombreuses récidives, mais n’ont que sévérité pour le conducteur ou le contribuable.

Une catégorie de citoyens éveille, plus que toute autre, les pires suspicions : les entrepreneurs ! D’ailleurs, peut-on être « patron » et honnête ? Pour une partie de l’opinion publique et donc pour un grand nombre de juges, la réponse est entendue : c’est non. Il n’y a donc que deux sortes de patrons, ceux que l’on n’a pas encore réussi à épingler sur le mur, et les autres, ceux que l’on a épinglés, et qui doivent payer pour eux, bien sûr, mais aussi pour les autres. Harcèlement (très à la mode), infraction à la législation de ceci ou cela (la liste est sans fin)… Ce qui est le plus efficace, c’est l’accusation de publicité mensongère : comme le disait une avocate de mes ennemies, du côté de la publicité mensongère, on trouve toujours à gratter, la publicité étant de toute façon une forme de mensonge.

Je réserve à ceux de mes lecteurs qui viendraient contester mes propos, ou ceux dont la curiosité se trouverait piquée, le récit authentique, avec dates, nom du juge d’instruction et des gendarmes chargés de l’instruction (à charge et à charge, toujours dans de tels cas) de quatre ans du calvaire d’un patron, avec intervention matinale sur le lieu de travail de plus de trente gendarmes, garde à vue, de lui-même et de plusieurs de ses proches, perquisition des lieux de travail et de son domicile, une petite centaine d’interrogatoires de ses amis, de ses ennemis, et pire, de ses clients… une douzaine de comparutions devant son juge d’instruction, pour un litige portant sur un montant… de quatre mille euros ! Bien sûr, cela finit par un non-lieu, mais le mal était fait !

Ce patron-là, et des centaines, des milliers d’autres, pourraient en témoigner, Monsieur Sarkozy, votre traitement, ils l’auraient considéré comme un traitement de faveur ! Pour eux, ni pizza réparatrice, ni compréhension de juges d’instruction qui veillent jusqu’au matin pour vous libérer plus tôt, mais la dure réalité des réfectoires et des cellules de détention, sans matériel de toilette, sans lacets ni ceinture, et sans la pitié de qui que ce soit : « le juge vous recevra demain dans la journée, s’il en a le temps ! »

Non, vous n’avez pas été plus maltraité, Monsieur Sarkozy, que ne le sont les honnêtes gens pris dans les mailles de la justice. Bien mieux traité, vous en conviendrez, que par exemple, les martyrs d’Outreau. Qui ont dû survivre, rappelons-le, à la PROMOTION de leur bourreau, unanimement soutenu par toute sa confrérie.

Mais, en dehors de bavardages médiatiques, qu’avez-vous fait pour améliorer les choses, quand vous étiez en situation de pouvoir le faire ? Rien ! Et d’une certaine façon, vous les avez au contraire aggravées.

Voilà pourquoi je n’ai aucune pitié pour le sort (somme toute pas bien grave, dans votre cas) qui vous a été réservé.

Paris, 5 juillet 2014

Les autistes

C’est un ministre qui l’a dit, et pas l’un des moindres : il existe un moyen archi simple de réduire le poids de notre code du travail : l’écrire plus petit, sur un papier plus fin.

Ce sont de très nombreux ministres et hommes politiques, et non des moindres, qui l’ont dit : les dénonciations par les entrepreneurs de leurs difficultés sont des « jérémiades » (auxquelles ceux-ci sont invités à mettre un terme aussi vite que possible).

Faut-il que la soupe soit épaisse, et qu’elle soit bien goûteuse, pour qu’après de telles insultes, les dirigeants des mouvements patronaux de ce pays envisagent encore quelque dialogue que ce soit avec de tels « pouvoirs publics », et n’entrent pas immédiatement dans une grève qui ne prendrait fin qu’avec des excuses, sinon des démissions ?

Mais la soupe reste goûteuse, on ne quitte pas facilement une table qui vous nourrit trop bien. Et toujours plus. Et la soupe continue d’épaissir, inexorablement, pimentée d’un paritarisme de rapine, mais si bien protégé ! Dernier progrès social en date : la nécessité pour les entreprises de souscrire des mutuelles pour l’ensemble de leurs salariés. Donc une augmentation de l’impôt sur le travail (les charges sociales, patronales et salariales, ne sont en réalité qu’un impôt, quoi qu’on en dise), acceptée par le patronat.

Comment ce patronat, qui dénonce à l’envi le poids excessif de l’impôt sur le travail a-t-il pu accepter, voire négocier, ce nouvel et inutile alourdissement ? Sans doute le produit d’obscures tractations, mais aussi l’espoir d’en tirer quelques bénéfices : le projet était clairement de contraindre les entreprises à ne souscrire des contrats qu’auprès de « mutuelles de branche », qui sont des organismes paritaires… Ne cherchez pas l’erreur, vous l’avez trouvée : lire à ce sujet l’excellent article d’Éric Verhaeghe, « le patronat français meilleur ennemi de l’économie de marché » (http://www.eric-verhaeghe.fr/le-patronat-francais-meilleur-ennemi-de-leconomie-de-marche/). Pour l’instant, un restant de morale du Conseil d’État a mis la rapine en sursis…

Et pendant ce temps, pour la nième fois, le chômage augmente. Pour la nième fois, nos dirigeants, avec des airs de professeurs Nimbus nous expliquent que les chiffres sont mauvais, mais que c’est normal. Les chiffres sont mauvais, mais ce n’est bien sûr pas de la faute de leur politique, qui ne saurait être mauvaise, puisque précisément, c’est leur politique. La faute à personne alors ? Si, la faute à la croissance. Ou plutôt à l’absence de croissance. Et, sous-entendu, l’absence de croissance ne saurait leur être imputée, tout de même !

La croissance donc. Mais la croissance de quoi ? La croissance, c’est quoi ?

On le devine, ce à quoi pensent nos dirigeants en priorité, c’est à une croissance monétaire, solution keynésienne par excellence, dont on peut discuter les effets aussi longtemps qu’on voudra, mais qu’on ne peut imposer à une réticente Madame Merkel, qui estime que les pas dans ce sens sont déjà trop nombreux.

Ce qui vient ensuite à l’esprit, c’est qu’il s’agirait de quelque chose en référence avec le Produit Intérieur Brut. Supposons, pour l’exercice, que ce soit en effet de cela qu’il s’agit.

Ce qui ne va pas sans poser immédiatement un certain nombre de problèmes. Oublions les discussions sur la définition ou la pertinence de cet outil de mesure ; rappelons seulement pour mémoire que Frédéric Bastiat faisait déjà remarquer en souriant que l’homme qui épousait sa cuisinière (et donc cessait de lui verser une rémunération) devenait la cause d’une diminution du produit intérieur brut ; mais ce qu’il est piquant de noter, c’est que l’idée qu’un bonheur de l’humanité (ici la diminution du chômage) soit lié de quelque façon que ce soit à la croissance d’un produit intérieur brut n’a rien d’une idée de gauche ! Ce serait même, chacun en conviendra, plutôt le contraire ! Les dirigeants du moment se servent d’un argument en réalité bien étonnant venant d’eux !

D’ailleurs, est-il à ce point certain, comme d’aucuns semblent le croire, qu’il y ait nécessairement et mathématiquement corrélation entre croissance du produit intérieur et croissance de l’emploi ? Il n’y a en réalité que les politiques pour le croire ; mais n’importe quel entrepreneur sait bien que le progrès technologique et les gains de productivité n’ont d’autre finalité que de produire plus avec moins de masse salariale.

Cela peut plaire ou choquer, on peut s’en féliciter ou s’en indigner, mais la vérité sans angélisme est celle-ci : le but de l’entrepreneur, ce n’est pas l’emploi ! C’est le profit ! Et il est salutaire qu’il en soit ainsi : car c’est le profit, et lui seul, qui assure la vie et la survie de l’entreprise.

Si le profit passe par l’emploi, ou plus d’emploi, l’employeur embauche. Si l’emploi devient trop cher (salaires trop élevés, salaires minima) et s’il est trop imposé (charges sociales et autres taxes liées aux salaires), l’employeur se retient d’embaucher, et s’il le peut, dès qu’il le peut, il licencie. Enfin, si le risque lié à l’emploi (coût d’un éventuel licenciement devenu nécessaire) est trop important, il se retient d’embaucher, dût-il pour cela renoncer à entreprendre. Et c’est exactement ce qui se produit en ce moment, pour un très grand nombre d’entrepreneurs. Et qu’on le veuille ou non, une croissance, même à deux chiffres, pour l’ensemble du pays ou seulement pour leur secteur professionnel n’y changerait strictement rien. Pour une fois, me voilà d’accord avec nombre d’économistes de gauche : l’évolution du chômage n’a pas grand-chose à voir avec celle de la croissance. La croissance (ou son absence) n’est qu’un leurre pour ne pas aborder les vrais problèmes.

Les entrepreneurs (les vrais, ceux qui se dispensent des inutiles grand-messes syndicales ou gouvernementales) agissent en entrepreneurs. Ils ne se plaignent pas, ils ne produisent pas de « jérémiades ». Ils cherchent, souvent jusqu’au désespoir, tous les moyens pour équilibrer leurs comptes d’exploitation. Et aujourd’hui (faites parler les experts-comptables et d’autres hommes de terrain), ils sont, tous, profondément angoissés ! Des « jérémiades » répondent les politiques.

Quel autisme !

Imaginez ce que ressent un entrepreneur qui voit son chiffre d’affaires se réduire de 5 %, 10 %, parfois jusqu’à 60 %, quand il s’entend traiter de pleurnichard par des « Messieurs » qui continuent, impavides, de rouler carrosse, de fournir à leurs maîtresses ou leurs amants les sinécures les plus inutiles, et n’ont pas commencé de réduire d’un centime une arrogante opulence !

Paris, le 2 juillet 2014

La proie pour l’ombre

Les Français, toujours plus nombreux, se défient totalement de leurs représentations (politique, syndicale…), mais aussi de l’essentiel du monde des médias. Leur sentiment profond : que les uns et les autres produisent autant de bruit qu’ils peuvent sur l’écume des faits, pour mieux occulter leurs fondements, et soigneusement éviter ainsi remises en cause douloureuses.

Sont-ils injustes ? Essayons d’y penser un instant. Au hasard :

  • Les statistiques nous apprennent qu’environ 80 % des accidents ont lieu dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour du domicile des accidentés : « 74 % des accidents mortels ont lieu lors des trajets quotidiens ou de courte durée (http://www.agpm.fr/conseils/prevention/conseils-prevention-routiere-le-trajet-quotidien.php) ». Qui voudrait réellement réduire le nombre de morts sur la route se pencherait donc en priorité sur la dangerosité de tant de routes secondaires que les usagers empruntent quotidiennement, au péril de leur vie, autour de chez eux. Mais non ! Ce serait en fait à la fois difficile, peu spectaculaire, et surtout peu rémunérateur, tant en termes de rançons fiscales que de bénéfice d’image pour nos (ir)responsables. On s’intéresse donc en priorité, pour ne pas dire uniquement, aux segments de route les moins dangereux et les plus sécurisés (et en priorité, nos autoroutes, pourtant parmi les plus sûres du monde), mais sur lesquels on a le plus de chance de piéger le plus de conducteurs. Avec en habillage – camouflage le petit couplet classique chanté avec une belle hypocrisie sur les « vies humaines épargnées », que précisément on n’épargne pas !
  • L’essentiel du potentiel d’emploi, qui ne le sait pas, ce sont les petites entreprises et tout particulièrement, les petites entreprises de service. La différence entre le nombre d’emplois en France dans le seul secteur des services et celui que le secteur compterait, si le taux d’emploi par habitant y était comparable à celui des États-Unis n’est pas loin de correspondre… au nombre total de nos chômeurs. Qui voudrait résoudre le problème de l’emploi essayerait d’abord de réapprivoiser à l’emploi nos petites entreprises, qui considèrent aujourd’hui, dans une immense proportion, qu’employer est le pire des risques et que c’est donc sagesse de ne s’y résoudre qu’avec la plus grande parcimonie. Mais non ! Tous les efforts, bizarrement qualifiés pactes, portent en réalité, uniquement en direction des grandes entreprises, qui ne représentent plus qu’une partie de l’emploi salarié, et dont le développement ne passe plus par l’emploi, mais par la robotisation.
  • Plus une journée, malheureusement, où nous n’apprenions qu’un acte antisémite grave, avec violence physique, vient de se commettre quelque part dans notre pays. Pas de doute non plus, ces actes répugnants sont toujours et systématiquement le fait de musulmans qualifiés d’islamistes. Qui voudrait réellement assurer aux juifs de France une légitime sécurité reconnaîtrait cette situation de fait, et en tirerait toutes les conséquences. Mais non ! Les seuls antisémites qu’il soit permis de dénoncer sont d’obscurs et introuvables nostalgiques dont l’analyse du niveau cérébral hésite entre diagnostic de débilité ou de sénilité (quand ce n’est pas des deux qu’il s’agit en même temps), nostalgiques uniformément qualifiés « d’extrême droite »… avec les thèmes trémolos récités en rengaine, « les heures sombres de notre histoire », « les dangers de la peste brune ». Mais savez-vous de combien d’attentats antisémites les personnes dites de droite ou d’extrême droite, toutes confondues, se sont rendues coupables depuis… 1945 ? Aucun ! Zéro ! Nada ! (« Il faut aussi noter que depuis la Seconde Guerre mondiale, tous les attentats antisémites en Europe ont été le fait du camp islamo-arabe, à l’exception d’attentats commis par Action directe et Carlos, qui sont d’extrême gauche. Jamais l’extrême droite n’a commis d’acte sanglant depuis 1945. » http://philosemitismeblog.blogspot.fr/2014/05/la-belgique-est-une-terre-de-violence.html)
  • Un jeune voleur « multirécidiviste » se trouve rattrapé par des « amis » de l’une de ses victimes, qui lui règlent son compte avec une férocité effectivement barbare ; on pourrait regretter le délabrement de notre système judiciaire, dont nos citoyens savent pertinemment qu’ils peuvent compter autant sur lui pour les défendre que sur les phases de la lune, les invitant, quoi qu’on dise, à la tentation de « régler leurs comptes » eux-mêmes. Mais non ! On nous dénonce au contraire un acte raciste, imputable à notre société française. Ah bon ? Mais oui, bien sûr, puisque le voleur, parfaitement sédentaire pourtant, faisait partie de la « communauté des gens du voyage », que notre méchante société ne « veut pas intégrer ». Concerto des médias écrits et oraux en « Rom » majeur. Mais pas un d’entre eux pour signaler que ce lynchage, totalement improbable dans notre société, qui n’en pas du tout la culture, a été le fait d’une « bande » qui « règne » sur une banlieue de non-droit, où l’imprudent voleur a commis l’erreur de commettre son forfait. Et pour regretter, ne serait-ce qu’en bémol mineur, la réalité d’un multiculturalisme de fait et de zones territoriales où non seulement notre culture nationale n’a plus court, mais où notre droit n’a plus pratiquement « droit de cité » !
  • Dans beaucoup d’endroits parfaitement identifiés dans le monde, le sort réservé aux femmes ne peut que soulever l’indignation de tout esprit construit en culture judéo-chrétienne. Des mineures y sont contraintes d’épouser, parfois pour des périodes n’excédant pas ce que l’on appelle une « passe » chez nous, des maris, en fait des clients de leur parentèle. On pourrait imaginer que nos bons esprits s’indignassent de tant d’injustices, surtout lorsque tout indique que subrepticement, elles viennent à se produire, non pas derrière d’autres frontières, mais peut-être à l’intérieur des nôtres. Non, jamais. En revanche, la litanie bien rodée de l’inégalité uniquement chez nous entre hommes toujours machos et femmes toujours exploitées… avec la dénonciation répétée d’inégalités de salaires, qui restent pour moi un absolu mystère : trente-cinq ans d’expérience d’employeur ne m’ont toujours pas permis de comprendre comme nombre de mes collègues se débrouilleraient pour payer, à compétences et activités égales, les femmes moins cher que les hommes…
  • Et il y a mieux encore ! Un film récent, qui circule un peu partout sur le web, dénonce en effet ces mariages odieux entre mineures ignorantes et vieillards libidineux. Mais, acteurs, décors, accessoires ne laissent aucun doute : on est en occident bourgeois, dans une église chrétienne, autant dire dans un univers où une telle éventualité n’a tout simplement aucune chance de se produire ! Cas extrême : la « courageuse » dénonciation d’une situation qui ne pourrait matériellement avoir d’autre existence réelle que celle de phantasmes de cerveaux gravement perturbés.

Comment comprendre cette rage commune à ignorer les proies pour ne s’en prendre qu’à leurs ombres ? Je laisse aux psychologues, aux sociologues, aux experts le soin de discourir ; mais je me contente de noter qu’il est beaucoup plus raisonnable de hurler son rejet antinazi quand il n’y a précisément plus aucun nazi pour risquer de vous contredire, que de dénoncer les crimes communistes, quand il y a encore des communistes (et pourtant, 6 millions de morts par les nazis, mais… plus de soixante millions, par les seuls communistes chinois !), ou, plus dangereux encore, de s’indigner des crimes et attentats islamistes, quand précisément les islamistes sont désormais présents partout dans nos pays occidentaux : six ou huit cents combattants armés et dangereux, de l’aveu même de notre Président, qui nous signale cette situation presque comme une banalité !

Et puis, cette autre remarque. Les hommes qui précipitent notre pays vers sa ruine n’ont guère été élus que par une minorité de citoyens, et ne sont plus soutenus que par une minorité encore plus réduite aujourd’hui : il n’est donc pas si étonnant que cela que l’immense majorité des autres, qui se constatent complètement ignorés ou mieux, méprisés, par cette minorité, n’y trouvent pas leur compte.

Et pourtant, dans ce pays, le citoyen est beaucoup moins maltraité que ne l’est le travailleur, employeur ou employé ! Ce dernier (employeur, employé, ou seulement candidat à l’une de ces deux situations) a le sentiment de n’être pris en compte par personne. Il a raison : moins de 10 % des individus d’une population (« représentants » patronaux et salariés syndicalistes confondus) y imposent leur totalitarisme évolutionnaire (arbitrairement dénommé « code du travail ») à 90 % des autres, soigneusement muselés.

Les Français, toujours plus nombreux, se défient totalement de leurs représentations (politique, syndicale…), mais aussi de l’essentiel du monde des médias : ils ont raison.

Paris, lundi 30 juin 2014

Amateur ou… amateur ?

Le sait-on encore ? C’était pourtant hier que le principal argument commercial de la plupart des éleveurs de chiens ou de chats était la revendication d’être un élevage « amateur », ou « familial » ?

C’en était au point que même des élevages tout ce qu’il y a de plus professionnels n’hésitaient pas à tenter de maquiller ce professionnalisme autant qu’ils le pouvaient…

L’éleveur « professionnel », dans l’esprit du public, était celui qui gagnait de l’argent en élevant et en vendant les animaux, et cela n’avait pas si bonne presse que cela…

Au contraire, « l’amateur », était considéré à la fois comme un « connaisseur » et un « véritable amoureux » des animaux qu’il élevait.

Et puis peu à peu, les connotations de ces deux mots se sont transformées… « Professionnel » a gagné de la noblesse : on a occulté l’aspect « activité rémunératrice » pour exagérer le sous-entendu compétence et savoir-faire désormais liés à ce vocable. Dans le même temps, on a dévalorisé l’amateur, pour en faire un dilettante incompétent, et pourquoi pas plus ou moins malhonnête…

Cette double évolution sémantique a ceci de remarquable qu’elle ne doit en réalité rien au hasard, puisqu’elle est au contraire le résultat objectif d’une manipulation des organisations précisément « professionnelles » auprès de l’opinion publique, manipulation relayée pour diverses raisons par les pouvoirs publics : il s’agit même d’une illustration, véritable cas d’école, de ce qu’une minorité organisée et agissante parvient à confisquer à son seul profit un vaste espace de liberté…

Le but des organisations professionnelles en général, et ici, des organisations professionnelles d’éleveurs, étant de se créer des espaces monopolistiques de production, supprimant de fait tout risque de concurrence : en clair, les éleveurs professionnels veulent être les seuls à produire des chiens ou des chats !

Mais pour arriver à cette fin, on ne se contente pas de manipuler le vocabulaire ! Il y a une façon beaucoup plus radicale de créer des situations de monopole : l’invention continue et permanente de réglementations !

Sous couvert des meilleures intentions du monde, les pouvoirs publics (pour avoir ou donner l’illusion d’une quelconque utilité) et les organisations professionnelles réglementent donc à tour de bras… Obligation de certificats, de diplômes, d’installations, de contrôles, de suivi administratif, comptable, fiscal, taxations… Et bien sûr, j’en oublie, tout est bon pour décourager toute ambition, toute velléité de concurrence.

C’est la lutte des artisans contre les autos entrepreneurs, et dans le domaine qui nous occupe, des éleveurs professionnels contre les amateurs.

Que là ne soit pas l’intérêt des amateurs, c’est l’évidence ! Mais est-ce pour autant celui des consommateurs (ici, les candidats – acheteurs de chats ou de chiens) ? Est-ce même, réellement, celui des professionnels ? Nous allons voir que c’est exactement le contraire…

Mais remarque préalable, il faut savoir que cette tentation monopolistique n’a rien de spécifique à notre société française. C’est au contraire la règle générale : on peut démontrer que presque partout dans le monde, les entrepreneurs se montrent souvent les premiers ennemis de la liberté d’entreprendre, les éleveurs de chiens et de chats comme les autres…

Dans certains pays, ces derniers se montrent encore plus efficaces que chez nous. Il n’y a pas d’ailleurs à chercher loin : en moins de quelques années, les éleveurs professionnels belges se sont débrouillés pour rendre impossible toute forme d’élevage amateur. Aux États-Unis, les professionnels vont plus loin encore : pour supprimer toute forme de concurrence potentielle, ils ont inventé tout simplement de « stériliser », au sens propre, cette dernière. Comment ? Ils ne vendent plus, précisément, que des animaux stérilisés !

Et cela va beaucoup plus loin que vous ne le pensez ! La stérilisation ayant lieu très tôt, avant même la mise en place des organes génitaux, les animaux destinés à la vente n’ont plus d’appareil génital réellement fini, et ils vivront définitivement privés de toutes les fonctions hormonales normalement destinées à leur sexe. Il s’agit au sens propre d’animaux profondément diminués, privés de manière définitive de la part essentielle de leur nature. Les mâles, par exemple, n’ont tout simplement pas de testicules… (C’est la raison pour laquelle il faut lire avec beaucoup de circonspection les ouvrages très nombreux traitant d’éducation d’origine anglo-saxonne : de quel genre d’animaux parle-t-on ?)

Il ne s’agit donc même plus « d’animaux castrés », vous l’aurez compris, c’est bien pire…

Le problème, c’est que de tels animaux n’intéressent… que les ignorants ! Informés, les candidats – acheteurs prennent la fuite, on les comprend !

Ouf ! Nous n’en sommes pas (encore) là chez nous ! Il n’empêche, et même si personne n’ose le reconnaître, et qu’il s’agit véritablement d’un sujet tabou : on observe depuis plus de 10 ans une chute quasi vertigineuse du nombre de chiens dans notre pays, avec pour corollaire la quasi-disparition de certaines races !

Et pour un observateur libéral, il n’y a rien là qui ne soit très normal : une activité, quelle qu’elle soit, ne peut exister et se développer que si elle peut s’exprimer dans toutes ses composantes.

Une majorité de propriétaires de chats ou de chiens ou de candidats – propriétaires n’envisagent pas du tout de s’imposer les charges et les soucis d’une reproduction. Mais une petite minorité, plus passionnée, plus motivée, veut aller plus loin, et cela peut parfaitement se comprendre.

Sans l’existence de cette minorité, c’est l’ensemble du secteur qui se réduit comme peau de chagrin. Contrairement à ce qu’ils pensent, les éleveurs professionnels ne devraient pas considérer les éleveurs amateurs comme des concurrents, mais comme des partenaires !

L’élevage amateur ou familial est toujours possible dans notre pays : il ne doit pas être découragé, mais au contraire soutenu. À condition bien sûr qu’il s’agisse réellement d’un élevage « amateur » : des connaisseurs avertis et cultivés, passionnés, dont l’objectif n’est pas le rendement économique, mais la production d’animaux de qualité, équilibrés et « bien élevés ».

Et bien sûr, cet exemple spécifique pourrait être étendu sans difficulté : limiter la concurrence, c’est à dire la liberté, ne fait à terme le bonheur de personne, pas même celui des responsables de cette limitation.

Paris, le jeudi 12 juin 2014

Tiens, comme c’est bizarre, la courbe du chômage n’obéit pas au président !

Avril : les chiffres du chômage sont mauvais. Tout le monde fait semblant de s’étonner : tout cela, malgré l’action si volontaire de notre gouvernement ?

L’action, quelle action ? En tout cas, le « petit patron » qui signe cet article, d’action, il n’a rien vu venir. C.I.C.E. et tout ce qu’on voudra comme barbarismes en plus, jusqu’à ce jour, les relevés mensuels de mon cabinet comptable ne laissent aucune illusion : les charges sociales dans mon entreprise, comme les autres taxes, continuent, inexorablement, leur désespérante croissance.

Et sauf à subir une injustice scandaleuse à laquelle je ne crois guère, il y a fort à parier que ce qui est vrai chez moi doit l’être aussi chez les autres…

Normal me direz-vous : toutes les mesures si généreusement claironnées ne seront mises en application que d’ici 2017. Dans trois ans ? Combien d’entre nous seront morts dans trois ans ? Combien, plus pessimistes, se seront réfugiés sous des cieux moins cruels ? (Souvenez-vous de cette plaisanterie de Woody Allen : les Juifs pessimistes en 1939 ont fui l’Allemagne et sont devenus milliardaires à New York… ; les optimistes…)

Autre question : si une mesure doit avoir un aspect positif, pourquoi donc attendre si longtemps ? Pourquoi ne pas la prendre maintenant ?

Mais il paraît que notre président et son soudain bien silencieux premier ministre dialoguent avec les « entrepreneurs » ! Ah bon ! Quels entrepreneurs ? Le président du Medef. Le président du Medef ? Mais pour quoi faire ?

Mais parce que c’est très clair : on baisse les charges pesant sur les entreprises, ces dernières font exploser les embauches !

Exploser les embauches ? Qui cela ? Les entreprises du Medef ? Ce syndicat des salariés dirigeants de (très) grandes entreprises ? Et quelqu’un a fait semblant de croire une pareille billevesée ?

Car il n’y a que deux hypothèses : ou bien les grandes entreprises font ce que font toutes les grandes entreprises dans le monde, c’est-à-dire qu’elles continuent de réduire l’emploi salarié, ou bien elles ne le font pas, et elles seront rapidement laminées par celles qui le font.

Mais vous dites n’importe quoi ! Aux États-Unis, beaucoup d’entreprises rapatrient les usines qu’elles avaient délocalisées hier !

C’est vrai. Pour deux raisons. La première est que l’énergie américaine est devenue en quelques mois la moins chère du monde : merci les gaz de schistes américains. Mais de ce côté-là, et sans doute pour longtemps encore, rien à espérer des schistes français. Et la seconde, ce sont… les robots ! Les usines reviennent, mais ce sont des usines vides ! Mille salariés y sont remplacés par cent robots et… une petite poignée de surveillants et de « techniciens de surface ». Des « créations d’emplois » ? À oublier !

Et quoi qu’elles puissent promettre par ailleurs, nos grandes entreprises, à leur tour, n’auront pas d’autre choix, les dirigeants du Medef, comme les dirigeants du pays, le savent parfaitement : les investissements les plus rationnels créeront des robots, pas des emplois !

Les grandes entreprises : moins de 30 % de l’emploi, un pourcentage destiné à se réduire inexorablement. Mais tout l’effort de notre gouvernement porté uniquement sur cet étroit secteur ! Pour le reste ? Pour le reste, rien.

70 % du potentiel d’emplois totalement occulté par tous.

70 % du potentiel d’emplois, pour lesquels le coût réel de l’emploi (salaires et charges) n’est qu’un paravent ! Le vrai problème, répétons-le, redisons-le, rappelons-le, ce n’est pas le coût de l’emploi, mais le coût de sa rupture, en réalité insupportable, hors de portée des chiffres d’affaires et des marges des entreprises moyennes et petites.

C’est une question évidente de bonne gestion : si je ne peux pas licencier, je ne dois pas embaucher.

Bien entendu, j’entends, vous entendez, le corps des pleureuses indignées : précarisation des travailleurs, à la merci de la cupidité cruelle de « petits chefs » en mal de pouvoir… Bon, bon… comme tous les autres patrons, je vais continuer de me taire… Mais vos belles promesses, Messieurs les politiques, les tiendriez-vous, ce dont je doute fortement, que je ne suis pas prêt de les prendre en compte.

C’est que l’on peut contraindre les patrons à n’embaucher que dans le cadre de votre « code du travail ».

Mais on ne peut pas (pas encore ?) les contraindre à embaucher.

Paris, le 9 juin 2014

Jupe sexyste…

Un taux de chômage des jeunes qui dépasse 22 %, taux qui n’avait encore jamais été atteint en France, et cela malgré tous les maquillages d’emplois imaginables, contrats aidés, financés, subventionnés, trichés, pipeaux… Aucun espoir d’aucune amélioration pour le court ou le moyen terme… on penserait naïvement qu’il y a là matière à préoccuper nos jeunes lycéens et leurs studieux professeurs ! Hé bien non, pas du tout ! Voilà qui laisse manifestement de marbre et les uns et les autres !

Une dette extérieure de 1 950 milliards, soit 30 000 euros par Français, un taux d’endettement qui dépassera 95 % du produit intérieur brut à la fin 2014… une crise économique qui menace de nous éclater à la figure, quand tous nos voisins voient leur horizon s’éclaircir ? Ah non, pas plus, pas de problème, pas de souci de ce côté-là !

La France engagée militairement et conjointement au Liban, au Tchad, dans le Golfe de Guinée, au Kosovo, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, dans le Golfe d’Aden ? Même pas peur ! Le bourbier malien, celui de Centrafrique ? Même pas grave !

L’Ukraine qui pourrait jouer Sarajevo bis, la Syrie, où un monstre est combattu par encore plus monstrueux que lui, l’Iran, qui marche allégrement vers la bombe, en déclarant le plus tranquillement que le destin naturel d’Israël est de disparaître, et tant d’autres ombres mortellement menaçantes sur le théâtre du monde… mais de quoi parlez-vous ?

C’est que, nous apprend-on, le seul, le vrai souci de nos lycéens et de leurs professeurs, c’est pour un danger autrement grave, autrement menaçant que toutes les peccadilles que je viens d’évoquer ! Oui, ce qui menace réellement la France aujourd’hui, l’ennemi à combattre, l’hydre à abattre de toute urgence, en mobilisant toutes les énergies nécessaires, c’est le… sexisme ! Le sexisme, pas moins que cela !

Au fait, le sexisme, c’est quoi ? C’est avoir une attitude discriminatoire envers les personnes du sexe que l’on n’a pas. Ne cherchez pas : les méchants hommes contre les pauvres femmes !

Et que faire pour lutter contre ce terrible danger qui menace à nos portes ? Se M O B I L I S E R ! C’est du côté de Nantes que vient la solution : les filles de cette bonne ville n’y sauvent plus les prisonniers, mais les garçons de là-bas sauvent les filles ! Comment ? En portant, courageusement, leur jupe ! Ah bon ! Mais où ? Dans leurs lycées ! Et les professeurs laissent faire ? Au contraire, ils encouragent ! Ils donnent des bons points aux garçons enjupés ? Non, mais ils distribuent des tracts avec en-tête de l’académie, tracts dont leur ministre, avec un aplomb typiquement socialiste, s’empresse de nier l’existence ! Pourquoi ? On ne sait pas. Et les parents dans tout cela ? Les parents aussi sont d’accord, ils trouvent cela très bien ! Décidément, le prisonnier de Nantes n’y retrouverait pas son monde !

Bon, il y a tout de même des gagnants : ce sont les marchands de jupes ! Les filles n’en portent pratiquement plus, mais si les garçons s’y mettent, le métier n’est pas fichu ! De « sexy », la jupe devient « sexyste »…

Mais, petite question, si tout le monde est d’accord, à quoi cela peut-il servir ? Quand on applique les consignes relayées par son académie, encouragées par ses professeurs, et avec la bénédiction de Papa et Maman, on n’est plus dans la provocation, mais dans le plus banal conformisme. Le coup de la jupe, à mon humble avis, dans les lycées de Nantes, c’est brûlé ! Pour que cela ait encore un sens, il faut essayer cela ailleurs. Par exemple dans un pays réellement sexiste ! Un pays où les femmes n’ont effectivement pas les mêmes droits que les hommes, où il leur est par exemple interdit de conduire une voiture, où elles sont lapidées au moindre soubresaut de liberté sexuelle, où les maris peuvent les battre, ou divorcer, sans leur consentement, et sans leur devoir quelque indemnité que ce soit, où les jeunes filles sont mariées consentantes ou non… une liste discriminante qui prendrait des pages !

Si l’on craint la longueur d’un voyage, point n’est besoin d’ailleurs de courir au loin : il doit bien y avoir quelques cités de « non-droit » à Nantes, ou dans les environs, où il serait très intéressant de constater l’effet qu’y produiraient nos lycéens… à prévoir un fameux moment de rigolade !

Si nos héros veulent pourtant ménager leurs minois, voire leurs postérieurs scolaires, on ne peut cependant que leur recommander un sérieux allongement de la jupe révolutionnaire, vers le bas comme vers le haut, genre un peu soutane, mais sans les boutons, et avec des coloris tirant vers le crème ou le marron… Parce que, dans de tels endroits, les hommes ont intérêt à s’afficher en hommes et parce que la tolérance pour les comportements qui s’en écartent est voisine du zéro absolu… certains devraient y réfléchir.

C’est que, s’il s’agit de combattre le sexisme ailleurs en France, chers lycéens, laissez tomber, et retournez à vos études, ce sera plus utile pour tout le monde ! Et faites des recherches personnelles, sans nécessairement tenir pour certaines toutes les assertions de vos professeurs. Bien entendu, les sexistes sont des imbéciles, mais ceux qui prônent l’indifférenciation sexuelle le sont plus encore : malgré l’intolérance et la véhémence de ces derniers, un certain chromosome Y continue de leur résister, avec une admirable détermination, chromosome commun à la plupart des mammifères mâles, mais aussi à beaucoup d’autres êtres vivants, et que l’on rencontre… jusque chez certaines plantes ! N’en déplaise à beaucoup, on ne devient pas mâle ou femelle, on naît, ou plus exactement, on est mâle ou femelle, non pas dès la naissance, mais… dès la conception ! Les femelles de toutes ces espèces présentent des paires de chromosomes, représentées XX, alors que les mâles présentent une paire dissymétrique XY. Les femelles transmettent l’un de leurs chromosomes, mais c’est donc toujours un X. Les mâles transmettent un X ou un Y, avec la probabilité d’une chance sur deux. La descendance sera un mâle si le chromosome Y a été transmis.

Mais pour autant, les mâles auraient tort de pavoiser : la biologie nous apprend que le vivant a commencé par des paires de chromosomes XX, et que le chromosome Y apparaît comme une sorte d’accident qui a trouvé le moyen de survivre ! D’ailleurs ce chromosome est si petit, si diminué qu’on a commencé par… ne pas le voir ! On a d’abord cru que les mâles se distinguaient par la présence d’un chromosome unique ! Par la suite, on s’est rendu compte qu’un aléa sur l’un des chromosomes d’une paire XX, a souvent  pour conséquence de produire un individu non viable, ou développant des tares plus ou moins significatives, mais de toute façon de sexe masculin… de près ou de loin, on peut biologiquement soutenir qu’un mâle est toujours une femelle qui a mal tourné… Voilà de quoi sérieusement relativiser toute velléité de machisme, n’est-ce pas ?

Soutenir que c’est l’environnement qui détermine le sexe est vrai, mais seulement pour un nombre limité de reptiles, exclusivement ovipares : chez ces animaux, dont toutes les paires, pour les mâles comme pour les femelles, sont XX, la différenciation se fait par la température d’incubation des œufs pendant la période embryonnaire. (Dans de nombreux cas, les températures basses ou élevées produisent des femelles, les températures intermédiaires, des mâles.)

Reconnaître de réelles et profondes différences entre mâles et femelles, et plus particulièrement entre hommes et femmes, ce n’est pas du sexisme, c’est du bon sens. Et c’est soutenir le contraire qui est faire preuve d’aveuglement comme de sectarisme, au contraire de ce que veulent faire croire nos professeurs gauchistes, et les prosélytes du mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels). Quant au sexisme, s’il est effectivement à combattre, il faut le combattre là où il s’exprime, c’est à dire en clair, dans la plupart des pays musulmans, ce que se gardent d’ailleurs bien de faire tant les uns que les autres. Parce que nos sociétés occidentales sont tout, sauf sexistes, tout comme elles font montre d’une grande tolérance envers tous les comportements autres qu’hétérosexuels. Il est temps de le dire et de le dire avec force : cela est si vrai qu’il n’est nul besoin de lobbies pour défendre des « droits » que personne ne conteste, et encore moins d’encombrer les cerveaux de nos adolescents avec des problèmes qui ne se posent pas.

Mais la vérité, c’est que notre tolérance, ou notre indifférence, ne suffisent pas du tout à ces lobbies. Ils veulent beaucoup, beaucoup plus ! Ce qu’ils réclament pour eux, la tolérance, ils n’en veulent à aucun prix pour les autres ! Sectaires et totalitaires, il ne leur suffit pas de pouvoir vivre leur vie à leur guise ! Leurs modes de vie, leurs idées, leurs concepts, ils veulent en faire la norme, la référence, jusque, ou en priorité dans les écoles !

Je vous entends d’ici : « bien sûr, c’est comme toujours, c’est Georgel, il exagère, il dramatise… » !

Mais allez donc vous promener sur les sites de ces obédiences ! Vous y découvrirez, par exemple, comment ils lorgnent, sans la moindre honte, du côté de nos enfants !

Mais savez-vous quel pourcentage de la population représentent, dans les pays occidentaux, les personnes que par simplification je continuerai d’appeler « autres qu’hétérosexuelles » ? Bien sûr, le secret nécessaire des alcôves ne permet pas de statistiques précises, mais sur leurs sites, les intéressés eux-mêmes ne s’annoncent pas plus nombreux que… 4 à 6 %.

Maintenant, savez-vous quel est le pourcentage des députés européens à faire partie de l’intergroupe LGBT ? 25 % ! Vous avez bien lu ? Un député sur quatre ! 25 % de la force politique pour représenter 4 % d’une population ! Il y a là, n’est-ce pas, comme un problème ! Nombreux sont les auteurs à dénoncer ou au moins reconnaître le divorce économique entre les peuples européens et leurs représentants. Mais sur le plan « sociétal » (pour parler comme ces gens-là), il ne s’agit plus de divorce, mais bien d’un abîme ! Étonnez-vous, après cela, que les honnêtes gens n’aillent plus voter !

Voter ou ne pas voter, je ne sais pas ce qu’il faut faire. Mais ce dont je suis sûr, c’est que les hétérosexuels (l’immense majorité) doivent cesser de se laisser mener par le bout du nez de faux bons sentiments ! Oui, hommes et femmes hétéros, mariés, parents, nous sommes fiers de ce que nous sommes, de ce que nous avons reçu et de ce que nous entendons transmettre, et nous entendons bien conserver le droit d’éduquer nos enfants (nos petits enfants) comme nous pensons qu’ils doivent l’être. Notre message aux professeurs gauchistes et aux députés LGBT doit être clair : la tolérance, oui, mais pas touche à nos enfants, parce que là, nous pourrions devenir féroces !

Lycéens de Nantes, la jupe, ce n’était peut-être pas vraiment une bonne idée…

Paris, 25 Mai 2014

Mon légionnaire

Il n’a pas fallu attendre longtemps !

Dans un précédent billet, je m’indignais de ce que les médias s’indignassent d’un soi-disant comportement méprisable de témoins qui avaient assisté sans réagir à l’agression à caractère sexuel d’une jeune femme dans le métro lillois. Pour vous le résumer au plus court je disais : « Réagir, soit ! Mais quelles en seront les conséquences, en cas d’incident, ou d’accident, dans le pays de la justice de Madame Taubira ? »

Quelques jours plus tard, la Gare du Nord apportait une réponse sans appel à mon interrogation : un légionnaire (circonstance de toute façon aggravante), avait retourné l’arme d’un agresseur contre celui-ci, provoquant la mort non pas de l’agressé, comme le déroulement de l’histoire l’eût normalement exigé, mais celle de l’agresseur !

Réaction immédiate de la société française : mise en prison de l’agressé !

Imaginez cela ! Un légionnaire ! A priori, donc, un individu bien peu recommandable ! En face de lui, un pauvre dealer, seulement équipé d’un misérable couteau ! Le vilain légionnaire refuse d’acheter de la drogue au  pauvre dealer ! Peut-on être plus méchant ! Le dealer s’énerve, attaque avec son arme. Scandale ! Le légionnaire à l’outrecuidance de se défendre ! Bagarre, incertitude de tout affrontement physique extrême. C’est le dealer qui meurt. Insupportable. Ce soir-là, malgré son courage, et sans aucune considération pour l’état émotionnel d’un homme qui vient d’affronter pareille épreuve, le légionnaire dormira en prison.

Mis « en examen », cela va de soi, c’est tout de même un minimum !

Qu’il se rassure cependant ! Il peut bien sûr compter sur l’extrême mansuétude et la profonde compréhension de son juge d’instruction. Un juge qui n’aura pas renié un certain mur… car aucun ne l’a fait !

Qu’il se rassure cependant ! En France, nous avons une ministre de la justice, une vraie ministre pour une vraie justice ! Légionnaire contre dealer ! Aucun doute, chacun devine de quel côté la ministre va pencher…

À mon avis, un légionnaire qui eût mieux fait de ne pas se trouver un certain soir dans une certaine gare de l’est d’un certain pays…

Mais il y a tout de même quelque chose de bizarre : le silence soudain de ces mêmes journaleux qui s’étaient pourtant montrés si vifs et unanimes à jeter l’opprobre sur « les témoins de Lille » !

Paris, mercredi 16 mai 2014

Je me répète – un peu ? Oui, mais c’est exprès !

Le bruit médiatique n’a peut-être pas encore effacé cela complètement de votre mémoire : récemment, Monsieur Gattaz, le président de notre Medef national a eu l’outrecuidance de susurrer le début d’une proposition visant à permettre aux jeunes gens d’intégrer plus facilement (moins difficilement ?) le monde du travail : l’instauration, pour une période limitée, d’un SMIC atténué, moins dissuasif pour les entreprises.

Ce disant, le patron des patrons était certainement sans illusion quant à l’écho que produirait sa proposition sur une partie de l’opinion. Il n’empêche ! Il aura sans doute été surpris, au moins autant que la plupart d’entre nous, de l’origine de l’une des réactions parmi les plus virulentes, puisqu’il ne s’agit pas moins… d’un autre patron, à vrai dire une patronne, et non des moindres : l’ex-présidente du même Medef, Dame Parisot, en personne ! Allée jusqu’à déclarer son prédécesseur dans le fauteuil qu’elle avant tant fait pour ne pas quitter, d’esclavagiste ! Esclavagiste, pas moins que cela !

Dans un précédent billet dont le titre, j’en conviens, pourrait me valoir tout à fait injustement les pires accusations de phallocratie : « Remettre les dames leur place ! », auquel je renvoie (modestement) mon lecteur, je démontrais en effet toute l’importance qu’il convenait d’apporter au point de vue d’une personne destinée à avoir sur le destin de l’emploi un rôle au moins aussi important, sinon plus encore, que celui d’une autre, souvent nommé la « dame des 35 heures ». Je ne reviens donc pas sur ce point, mais sur les réflexions qu’inspirent à un « petit patron » les explications complémentaires apportées par la virulente accusatrice, manifestement ravie de se trouver plusieurs fois interviewée. À se demander si tel n’était pas là son objectif premier ?

Passons d’abord sur une certaine confusion dans le discours de la dame, qui semblerait parfois dire que l’actuel SMIC aurait été porté au-delà du souhaitable ; mais comme l’instant d’après, elle soutient, la voix vibrante de douloureuse indignation, qu’on ne peut pas « vivre avec le SMIC »…

Ou encore sur certaines affirmations facilement péremptoires, comme celle-ci : le SMIC serait une invention des libéraux… Raccourci très osé ! Qui occulte que si, de fait, le SMIG, ancêtre du SMIC est une création d’Antoine Pinay, ce modèle originel se distingue à ce point de son successeur qu’il n’est pas certain que son inventeur continuerait d’en revendiquer aujourd’hui la paternité. Mais qui ignore surtout que dans leur grande majorité, les libéraux sont au contraire totalement et PAR PRINCIPE, opposés à toute notion de salaire minimum.

Ce qui nous conduit à l’argument central défendu par l’ex-présidente : une dévalorisation même limitée dans le temps et dans le public du salaire minimum reviendrait à une « dévalorisation de la valeur travail ». Pas moins que cela !

On pourrait être tenté de discuter ce point de vue, en montrant par exemple que la « valeur travail » d’un primo employé pourrait être inférieure à celle d’une personne plus expérimentée, et qu’il ne serait donc pas si anormal qu’elle fut payée moins cher. Ce serait là, à mon avis, une erreur grave, car elle nous ferait entrer dans le système de pensée qui conduit à la déroute actuelle ! C’est que l’idée même d’une « valeur du travail » est en réalité un concept marxiste : un échange entre un acheteur et un vendeur du travail, avec nécessairement un gagnant et un perdant, ce qui justifie l’intervention de l’État ou des partenaires sociaux étrangers à l’entreprise pour réguler le partage de la richesse.

À l’opposé d’un tel point de vue se situent les horribles libéraux, qui ont l’outrecuidance de défendre que dans un marché libre du travail, sans contrainte de prix par conséquent, on n’a plus un entrepreneur riche, paresseux et assoiffé de sueur ouvrière, qui entend payer celle-ci le moins cher qu’il pourra, rien du tout s’il le pouvait, mais la conjugaison d’un créatif porteur de projet et d’une équipe adhérente à ce projet, projet créateur de sa propre richesse ; échange productif de bénéfice pour chacune des parties : sinon, il n’aurait tout simplement pas lieu !

Dans le cadre d’une pensée libérale, à laquelle semble se référer (mais faussement) l’ex-présidente, il ne saurait y avoir atteinte à une quelconque valeur travail, tout simplement parce que, pour cette pensée, le travail n’a pas de valeur en soi (école autrichienne, Milton Friedman…) : même en étant aussi méchants que sont réputés l’être les employeurs, on ne saurait nuire à quelque chose qui n’existe pas. La valeur d’un bien ou d’un service n’est pas la quantité de travail et de capital technique nécessaires à la production du bien ou du service (conception marxiste). Mais pour un libéral, seule compte la hauteur d’un éventuel « désir » d’au moins un individu pour ce bien ou pour ce service.

En l’absence de désir, il n’y a tout simplement pas de valeur.

Il serait tout aussi faux de croire que ce désir pourrait être mesuré par un prix : il y a le prix, c’est vrai, mais aussi toutes sortes d’autres considérations objectives ou non, conscientes ou non, qui entourent l’idée que l’on se fait de l’objet éventuellement désiré.

Dans le cas du travail, le prix n’est que l’un des éléments constitutifs de l’éventuel désir d’un entrepreneur de s’associer le partenariat de salariés ; les innombrables risques liés au statut d’employeur pèsent bien souvent beaucoup plus lourdement que le montant du salaire.

Et parmi ces risques, le coût d’une éventuelle débauche devenue nécessaire. Coût que l’ex-présidente a précisément lourdement (et quasi clandestinement) alourdi, comme je m’en explique dans mon billet cité plus haut, et comme vont peu à peu le découvrir les employeurs, les dissuadant toujours plus d’avoir recours à l’emploi salarié. Et à cela, c’est vrai, la proposition de Monsieur Gattaz n’apporte aucun remède.

Madame Parisot pourra s’enorgueillir d’avoir œuvré de la manière la plus efficace pour la conservation de la valeur travail ! Suscitant plus de répulsion que de désir, ladite valeur ne craint désormais plus l’usure de trop excessives utilisations…

L’ennuyeux, me direz-vous, c’est que des porteurs de projets (les entrepreneurs), dissuadés de partager leurs projets, font des embauches toujours plus rares.

C’est que l’on peut contraindre les porteurs de projet à n’embaucher que dans le cadre d’un salaire minimum.

Mais on ne peut pas (pas encore ?) les contraindre à embaucher.

Paris, 15 mai 2014

Indignation trop facile ?

On en a tant parlé que personne ne peut plus l’ignorer : une jeune femme a été agressée dans le métro lillois, en présence de témoins qui sont restés passifs.

Indignation nationale ! La gent journalistique, aux abois ! La gent politique, aux menaces ! Non-assistance à personne en danger ! Amende, prison, les mots sont doctement prononcés…

Bien entendu, rien de tel ne serait advenu si un seul de tant de beaux parleurs se fut compté parmi les lâches témoins, qui ne l’eussent donc pas été. Nul doute que tous ces héroïques eussent immédiatement trouvé le moyen de faire cesser les choses, et protégeant la victime, de mettre le voyou hors de nuire. Ben voyons !

Comment eussent-ils fait ? Auraient-ils demandé, poliment, bien sûr, au méchant agresseur de bien vouloir cesser d’agresser ? Bon. Mais si l’agresseur avait continué d’agresser ? Ou pire, menacer de changer de victime ?

Et vous, me demandez-vous, qu’auriez-vous fait ?

Puis-je vous le dire franchement ? Cela dépend. Cela dépend de quoi ? Cela dépend du lieu où se produit l’agression. Le lieu ? Non, à vrai dire pas tant le lieu, que le… pays !

Le pays ? Oui, le pays. Expliquez-vous !

Soit. Je puis vous en parler, parce que précisément, il s’agit d’une situation que j’ai connue. Ailleurs qu’en France, je fonce. Et je n’y ai pas tellement de mérite, parce que je ne suis pas le seul ! C’est même le contraire ! Tout le monde fonce ! Et c’est tant pis pour le délinquant, qui a bien des chances de s’en trouver plus ou moins mal !

Est-il blessé ? Oui, cela peut se produire. Que se passe-t-il ensuite ? Un ou plusieurs représentants de l’ordre finissent par apparaître, ils se chargent de la suite. Non sans nous avoir tous félicités pour notre détermination. Au plus, on note nos noms et nos adresses. Pour être les témoins du futur procès du délinquant. Et puis, nous rentrons chacun chez soi.

Et que faites-vous en France ? Oh ! Là, je serai beaucoup plus circonspect ! Supposez par exemple, qu’au cours de l’échauffourée à prévoir, moi, et ceux qui agiraient avec moi, en viennent à blesser, par maladresse, par hasard, le vilain agresseur ? La suite, chacun la connaît ! L’agresseur ne l’est plus, c’est une victime ! Quant à nous, nous sommes tous mûrs pour, au minimum, une garde à vue garantie ! Voire des poursuites, des années de procès et soucis… Une telle perspective, voilà qui donne à réfléchir… C’est que dans le pays de Madame Taubira, le délinquant à bientôt fait de n’être pas celui qu’on croit !

Mais qui vous demande d’intervenir ? Il vous suffit de téléphoner, de solliciter les forces de l’ordre, de tirer la sonnette d’alarme… On croit rêver ! Candeur ! Naïveté ! Ou pure hypocrisie ? À supposer que l’appel rencontre quelque écho, ce qui est loin d’être certain, qui peut croire qu’il serait suivi d’un effet assez rapide pour sauver l’agressée ? Qu’il se rassure, l’agresseur dispose de tout le temps nécessaire à son forfait ! Et même celui de le renouveler, si l’envie lui en reste.

Téléphoner ? Allons, disons-le, autant avoir la franchise de ne rien faire.

Tiens, c’est exactement ce qu’ont choisi les témoins de Lille…

À ce sujet, au hasard d’une vie quelque peu voyageuse, deux épisodes.

En France. Plus précisément, à Paris. Rue de Tolbiac. Je « fais la queue » devant un distributeur automatique. Devant moi, une jeune femme semble avoir des difficultés avec le distributeur. Un passant, surgi par hasard, se propose de l’aider. J’attends mon tour, en pensant à autre chose. Soudain, la jeune femme crie. Le passant court. « Il a pris mon argent et ma carte bleue », crie la jeune femme. Je peine à revenir à la réalité, à prendre conscience du réel. Ce n’est pas le cas de deux noirs athlétiques qui faisaient la queue derrière moi. La jeune femme n’a pas crié qu’ils se sont élancés. Le plus rapide a tôt fait de rattraper le voleur, qu’il projette au sol. Clé de bras. Le voleur braille, on lui reprend son butin. Mais voilà que la jeune femme… prenant le parti du voleur, insulte les courageux intervenants, leur reproche leur brutalité, demande qu’ils relâchent leur prisonnier… rapidement, on s’attroupe, on menace… non pas le voleur, mais les héros… qui rapidement dégoûtés, haussant les épaules, laissent s’enfuir le voyou et délaissent la scène. Seul, j’irai les féliciter, ils ne me cachent pas leur dégoût… et m’assurent qu’on ne les y reprendra plus, mais plus jamais…

Australie, Sydney. La baie de Sydney est systématiquement parcourue d’un véritable réseau de bateaux bus qui relient ses différents sites. Venant de Manly en direction de Sydney, nous sommes, ma femme et moi, dans l’un de ces bateaux bus. Accostage, on annonce que nous allons pouvoir débarquer. À ce moment, deux individus arrachent le sac d’une dame assise devant nous, et partent en courant. Ma femme crie, indignée. Les voyous n’ont pas couru vingt mètres que vingt bras de dix gaillards, aussi solides que déterminés, les ont rattrapés, aussitôt maîtrisés. La foule applaudit. Deux policiers interviennent, les voyous sont menottés. Bizarrement, on les devine plutôt soulagés. C’est que le comportement de la foule ne leur laisse pas de doute, en l’absence des forces de l’ordre, un certain parfum de lynchage…

Les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent, dit l’adage. On pourrait dire aussi : les peuples ont les citoyens qu’ils méritent.

De vous à moi, que serait-il advenu au courageux intervenant qui aurait blessé (ou plus), l’agresseur du métro ? Au très humble avis de votre serviteur, c’est peut-être un peu hâtivement que l’on a blâmé les « témoins de Lille ».

Nota : pour compléter (et conforter ?) cette analyse, je renvoie mon lecteur à ce très intéressant article qui, je le reconnais, va beaucoup plus loin que moi, publié sur le site « Hashtable » : http://h16free.com/2014/04/29/30738-agression-lilloise-doit-on-vraiment-compter-sur-la-collectivite ! 

Paris, le 1 Mai 2014

Les mouches du coche

Du temps de Jean de la Fontaine, il y en avait qu’une, en tout cas une seule par coche.

Quel progrès depuis ces temps reculés ! La mouche du coche est devenue nuées… Avec cette interrogation : les mouches sont-elles plus utiles quand elles sont plus nombreuses ?

« L’emploi, l’emploi, tout pour l’emploi, nous faisons tout, tout, tout pour l’emploi », bruissent les mouches autour du carrosse que ses chevaux poussifs ne font plus avancer.

C’est que ces pauvres rosses ne sont pas seulement épuisées, elles sont en plus profondément démoralisées ! Les mouches peuvent tenir tous les discours du monde, cela ne change rien au fait que le carrosse est toujours plus lourd, et qu’aucun espoir d’allégement ne se distingue à l’horizon !

« Mensonges, buzzent les mouches, nous, les gentilles mouches, nous soulageons le carrosse, nous allégeons les charges que nous faisons peser sur les entreprises !

– Mais c’est très bien, mais c’est très mal ! » Chez le bon peuple, les avis diffèrent, sauf sur le préalable, celui de la baisse des charges : chez le bon peuple, chacun se croit fondé à croire ce que buzzent les mouches.

Mais rosses dans les brancards sont comme patrons dans leurs boutiques : ils savent trop bien que si nombreuses et si buzzantes qu’elles puissent être, les mouches n’ont ni le pouvoir, ni même la volonté, de faire avancer quelque charrette que ce soit : le seul pouvoir efficace de ces dernières étant celui de les enquiquiner un peu, beaucoup, énormément. Énormément les plus souvent.

Il faut en effet être nul en mathématiques, ou encore énarque, pour ne pas voir cette évidence que si je retire X euros de charges aux producteurs, pour accabler de ce même montant leurs clients, la quantité d’argent Q susceptible de transiter des seconds vers les premiers est égale à : Q + X – X = Q, c’est-à-dire qu’elle ne change pas d’un centime, il s’agit par conséquent d’une mesure bruyante et inutile, un buzz de… mouches, au résultat parfaitement connu d’avance.

Je vous entends d’ici : « l’export, l’export ! Si les salaires baissent en France, nos entreprises pourront exporter plus, et donc, employer plus ! Cela tombe sous le sens ! »

Un sens qui sonne comme un écho, l’écho d’autres mouches, moins nombreuses certes, mais pas moins mouches cependant, puisqu’il s’agit des mouches d’organisations qui pour être (soi-disant) patronales, n’en sont pas moins financées par les premières… cela les fait-elles réellement plus crédibles ?

À supposer, ce qui reste à démontrer, que le fait d’appauvrir l’ensemble de nos concitoyens soit de nature à enrichir nos entreprises exportatrices, qui peut croire, sérieusement, que cela diminuera significativement le nombre de nos chômeurs ? Et que celles-ci ne choisiront pas, sans doute avec bon sens, d’investir ces marges nouvelles en équipements, en robots, de nature à augmenter leur productivité ? Ce qui pourrait se traduire, non par une augmentation, mais par une diminution du nombre de leurs salariés !

Mais qui donc a un besoin, aujourd’hui, tout de suite, et sans réels investissements préalables, d’une main-d’œuvre plus nombreuse, qualifiée ou non ? Les grandes entreprises ? De qui se moque-t-on ? Les entreprises exportatrices, grandes ou petites ? Bien sûr que non ! Leurs exportations leur garantissent déjà les marges nécessaires à leurs besoins d’embauches ! Mais qui alors ? Tous les Français le savent, si les mouches politiques continuent de l’ignorer : tous les artisans, tous les commerçants, tous les patrons de petites ou moyennes entreprises, qui travaillent pour le marché national, et qui tous, sont débordés, exténués, épuisés de travail, qui tous, se trouveraient tellement soulagés de pouvoir se faire aider !

Pourquoi ne le font-ils pas ? Pourquoi n’embauchent-ils pas ? Cela aussi, tous les Français le savent ! Il suffit de le demander aux syndicats, aux conseils des prud’hommes, aux juges du « droit (!) » du travail ! Ils ne le font pas, répétons-le, répétons-le encore, même si les chances d’être entendu sont bien faibles, parce qu’ils jugent qu’aujourd’hui, les risques liés à l’embauche sont devenus excessifs, insupportables. La preuve de ce que j’avance ? Ces quelque quatre millions de petits entrepreneurs qui se retiennent d’embaucher ! Tenez : supposons seulement qu’un nouvel environnement conduise, ne serait-ce que la moitié d’entre eux à n’embaucher ne serait-ce qu’un seul collaborateur ?

 « Un nouvel environnement, que voulez-vous dire ? » Le buzz ! Les mouches, soudain surexcitées, buzzent à qui mieux mieux… Buzzent tant et si bien qu’on entend plus ni mules, ni patrons !

Mais pendant ce temps, le chariot continue de rester enlisé.

Paris, le 30 avril 2014

Beaucoup de bruit pour rien ?

J’ai expliqué, dans un précédent article, pourquoi il faudrait rendre un jour justice à l’ex-présidente de notre Medef national, et reconnaître à celle-ci, du point de vue de l’emploi dans notre pays, un rôle non pas aussi déterminant que celui joué par « la dame des 35 heures », mais nettement plus définitif !

J’y rappelais précisément la réaction sans ambiguïté de ladite présidente à la proposition de son successeur, la création d’un « SMIC jeune », qu’elle a dénoncée, avec la fougue que nous lui connaissons, comme une démarche esclavagiste.

Mais voilà que je me sens dans l’obligation de revenir sur ce sujet, car je ne voudrais pas donner à penser, que finalement, ironisant sur les propos de l’ex, je partagerais le point de vue du nouveau (président).

Un SMIC jeune, utile, pas utile ? Souhaitable, pas souhaitable ? Est-ce que j’ai un avis sur cet intéressant sujet ? Oui, et c’est celui-ci : peu importe, car là n’est pas le problème de fond !

En effet, et contrairement à tout ce qu’essayent de nous faire croire ensemble les syndicats, tant patronaux et que salariés, les politiques et les médias qui les servent, tous parfaitement complices sur ce sujet, si des jeunes et d’autres ne sont pas employés, ce n’est pas d’abord un problème de salaire, tant s’en faut !

En tout cas pas dans les petites entreprises, et c’est sans doute vrai aussi pour les moyennes. Si vous en doutez, faites parler votre coiffeur, votre plombier, votre électricien… Vous n’aurez guère besoin de beaucoup les torturer pour qu’ils finissent par l’avouer : leur principal problème : ce n’est pas le salaire du salarié que l’on n’embauche pas, mais le statut même de salarié.

Cela les syndicats (patronaux, répétons-le, tout autant que salariés), le savent parfaitement, puisque ce problème, c’est eux qu’ils l’ont créé, et qu’il constitue leur justification existentielle.

Car les (petits) employeurs, appliquent, consciemment ou inconsciemment le « théorème de l’embauche » : « le frein à l’embauche est égal ou supérieur au coût appréhendé au moment de cette embauche, d’une éventuelle future débauche ».

Coût d’une débauche que les agissements récents du syndicat patronal, largement ovationnés par les pouvoirs publics, sont venus encore alourdir, comme je le signalais dans l’article auquel je fais référence ci-dessus.

Quand le coût de la débauche devient excessif, celle-ci devient, de fait, impossible. L’employeur conscient de cette réalité… n’embauche plus, ou le moins possible, et surtout pas les publics pour lesquelles l’anticipation d’un futur comportement professionnel est la plus incertaine… les jeunes, par exemple.

À quel moment peut-on considérer que ce stade est atteint ou dépassé ? L’outil de mesure est on ne peut plus simple : il est dépassé quand les taux de chômage sont jugés insupportables par la société. Le remède est alors la simplicité même : il suffit de se référer au théorème ci-avant ! Réduisez le coût réel des licenciements (indemnités, risques juridiques, lourdeur des procédures… ), vous réduisez d’autant le frein à l’embauche : qui voudrait réellement résoudre le problème de l’emploi ferait en sorte de faire tendre ce coût vers un montant aussi proche que possible de zéro.

– Voilà que vous proposez d’attenter au Code du travail ! De rendre les licenciements plus faciles ! D’aggraver la précarité !

Ah bon ? Il faut donc comprendre que nous n’en sommes pas (encore) au stade critique ? En ce cas, les jeunes (et beaucoup d’autres) continueront de (beaucoup) peiner à trouver un emploi.

Et peu importe donc le coût de l’emploi. Voilà pourquoi la proposition du président patronal, acceptée ou rejetée, sera de toute façon… beaucoup de bruit pour rien ! Et voilà pourquoi, petit entrepreneur, je ne m’en soucie pas.

Paris, le 21 avril 2014

C’est encore mieux quand les autres le disent…

Nous avions retenu pour sous-titre d’une brochure que nous venons de publier récemment (Métiers de Services auprès des animaux, http://entreprendre-animaux.audreco.com/metiers-de-services-aupres-des-animaux-de-compagnie/, version gratuite sur Internet) la provocation suivante : « Crise et opportunités : et si c’était le moment d’investir ! »

« Ma recommandation à chacun de mes lecteurs est claire : agissez comme si vous n’attendiez plus rien du politique. Et, en particulier, comme si vous n’attendiez que le pire du nouveau gouvernement. Et pire encore des suivants, quelle qu’en soit la couleur politique. Car, plus on tardera à réformer le pays, plus il sera difficile de le faire. Et les majorités à venir disposeront d’encore moins de moyens que l’actuelle, handicapée par l’inaction de ses prédécesseurs.

Concrètement, cela signifie qu’il convient de ne plus attendre la moindre amélioration des prestations sociales, la moindre baisse des impôts, la moindre création d’emploi public, ou la moindre décision positive d’aucune sorte.

Débrouillez-vous, tel est mon conseil. Cela veut dire : au lieu de rester chômeur et d’attendre une offre d’emploi, formez-vous, créez votre entreprise et votre emploi, avec les crédits encore disponibles ; si vous avez un emploi ennuyeux, inventez vous-même une nouvelle façon de faire votre métier, quel qu’il soit, plus amusante et plus créative. Si votre chef vous ennuie, inventez une façon (il y en a mille) de le contourner, de le neutraliser. Si vous êtes chef d’entreprise, n’attendez pas de baisse d’impôt pour investir ou embaucher ; choisissez votre stratégie au regard du monde comme il est.

Et si cela passe par votre départ à l’étranger, faites-le, sans remords, pour un temps, sans pour autant céder à l’illusion d’exotiques miroirs aux alouettes.

Le monde appartiendra demain à ceux qui, aujourd’hui, auront su renoncer à attendre quoi que ce soit de qui ce soit. De leurs parents. De leurs patrons. De leurs maires. De leurs gouvernants. »

Non ! Cette longue citation, vous l’aurez reconnue, n’est pas extraite de notre livret, mais d’un article publié sur le site « Slate.fr » (http://www.slate.fr/story/85455/debrouillez-vous-attali), et signé d’un certain… Jacques Attali.

Oui, oui, vous avez bien lu, il s’agit bien de ce Jacques Attali, l’ancien conseiller de François Mitterrand, l’ex-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, un homme à ce point persuadé du rôle prédominant des états pour le bonheur des peuples, que ce qu’il préconise ce n’est pas moins qu’une sorte de « gouvernement mondial » à glacer dans une commune horreur tous les libertariens de la planète (terre).

Voilà qui donne un poids et un éclairage singuliers au texte ci-dessus, ne trouvez-vous pas ?

Et produit un écho singulier et bien inattendu à notre modeste brochure !

Paris, le 19 avril 2014

Remettre les dames à leur place !

Le téméraire révolutionnaire patron de la subversive organisation dite Medef vient de faire la plus alarmante des propositions : puisque l’évidence des chiffres démontre que le niveau du SMIC écarte sans appel un nombre d’ailleurs pas aussi déterminé que cela de jeunes à entrer sur le marché du travail, abaissons, pour cette seule population, ce niveau rédhibitoire.

Mais, ouf, nous sommes en France, pays de la justice sociale, et la proposition n’était pas susurrée, qu’un concert de protestations indignées, s’élevait de tous côtés pour une unanime indignation !

Protestations admirables, donc, mais la plus admirable d’entre elles provient d’une source que d’aucuns naïfs pourraient juger à ce point inattendue, qu’elle mérite qu’on la souligne : c’est qu’il ne s’agit pas moins que… du prédécesseur lui-même du président terroriste (et, il faut l’espérer, désormais terrorisé par l’effet de son discours), à vrai dire, pour parler le jean-foutre vocabulaire paritaire à la mode, sa « prédécesseure », aïe, voilà que mon ordinateur, décidément réactionnaire, vient de souligner en rouge vif ce mot qui sonne en effet si mal, mais peu importe, continuons malgré tout : c’est bien de l’ex-présidente du ci-dessus syndicat patronal qu’il s’agit !

Et la regrettée présidente (comprenez : non pas tant présidente regrettée par beaucoup, mais plutôt, qui regrette à l’évidence un poste qu’elle avait tant fait pour ne pas perdre) n’y est pas allé de main morte ou plutôt de tweet de dentelle ! Jugez vous-même ! L’odieuse idée de son (odieux ?) successeur, c’est tout simplement… un appel à l’esclavage, pas moins que cela !

Évidemment, certains esprits chagrins (dont le mien ?) relèveront que l’esclave est contraint au travail par la force, un travail non ou à peine rémunéré, tandis qu’un « jeune », même sous-smicardisé, garderait toujours la possibilité de refuser un travail proposé à un prix qu’il jugerait indigne de l’opinion qu’il se fait de ses capacités productives, il n’empêche, ce que je crains, c’est que le propos de l’ex-présidente n’obtienne pas tout l’écho que cependant il mérite.

Injustice qui n’est que la conséquence d’une injustice plus vaste, que je veux ici dénoncer, avec la plus grande fermeté.

En effet, qui ne connaît la « dame des trente-cinq heures » ? Et le rôle si fondamental (en bien ou en mal, la question n’est pas là) joué par ladite dame dans le développement de l’emploi dans notre pays ?

Eh, bien c’est là toute l’injustice ! C’est que, pour l’emploi, et personne ne le sait ou ne le dit, la « prédécesseure » a sans doute fait au moins autant, et sans doute beaucoup plus, que la célébrissime dame ! Alors, pourquoi cette absence de reconnaissance ?

Oui, l’ex-présidente, à l’issue d’une héroïque négociation, a signé avec les syndicats salariés l’accord national interprofessionnel du 19 juin 2013, précipitamment avalisé par l’article D1235-21 du Code du travail.

Un article, qui sans avoir fait grand bruit, change beaucoup cependant !

Voyons cela ! Tous les employeurs, s’ils ne sont pas de la toute dernière rosée, savent ce qu’est une « audience de conciliation devant le conseil des prud’hommes » ! L’ultime chance avant la roulette russe inversée que constitue pour eux le tribunal des prud’hommes (roulette inversée : le barillet est chargé de toutes ses balles, moins une seule…). Dans de très nombreux cas, l’occasion à ne pas manquer d’un accord parfois mauvais, mais qui vaudra souvent bien mieux, selon l’expression consacrée, qu’un bon procès. Pour les deux parties d’ailleurs, le procès ne se révélant dans la majorité des cas une bonne affaire que pour… les avocats de ces parties…

Sauf que… sauf que désormais, il faut compter avec… précisément l’article cité ci-dessus ! Qu’il est plus simple de citer :

« Lorsqu’un litige portant sur un licenciement est réglé devant le bureau de conciliation du conseil des prud’hommes saisi, une indemnité forfaitaire de rupture peut s’appliquer en fonction de l’ancienneté du salarié.

L’indemnité forfaitaire de conciliation ne peut être inférieure à un certain montant, fixé selon le barème suivant :

pour une ancienneté inférieure à 2 ans : 2 mois de salaire,

entre 2 ans et moins de 8 ans d’ancienneté : 4 mois de salaire,

entre 8 ans et moins de 15 ans d’ancienneté : 8 mois de salaire,

entre 15 ans et 25 ans d’ancienneté : 10 mois de salaire,

pour une ancienneté supérieure à 25 ans : 14 mois de salaire.

Par ailleurs, les parties peuvent se mettre d’accord sur des montants d’indemnisation plus élevés. »

Ce dernier (surprenant) paragraphe achevant de mettre les humeurs (des employeurs) au beau fixe, on s’en doute !

Et pour ceux dont l’optimisme reste décidément chevillé à l’âme, précisons qu’il ne s’agit pas d’une indemnité forfaitaire, mais que celle-ci vient, bien au contraire, s’ajouter à toutes les autres, qui restent intégralement dues

8 mois, 10 mois, 14 mois ! Augmentés des autres indemnités…

Des sommes, qui n’avaient rien d’inhabituel dans les grandes entreprises, c’est vrai. Ce qui explique bien sûr la complaisance de l’ex-présidente.

Mais des sommes à faire exploser les trésoreries déjà souvent exsangues de combien de petites entreprises ?

Bien sûr, l’employeur peut décider de ne pas concilier… qu’il prenne garde cependant ! Ce qui est à prévoir, c’est qu’une rapide et prochaine jurisprudence ne fasse des montants ci-dessus la « norme », ou mieux, le « minimum » de sa future condamnation. Bien sûr, il pourra toujours « faire appel » de la décision des prud’hommes ! Ce qui le précipitera droit dans… un mur, qu’il n’est plus nécessaire de qualifier, tant il est devenu à tout jamais officiel… Bon vent !

En même temps, quel salarié licencié ne trouvera pas désormais opportun conseiller pour lui inspirer la sage décision de poursuivre son (méchant) employeur ? Qui voudrait renoncer à de telles indemnités, non pas potentielles, mais quasi certaines ?

Le cas le plus extraordinaire, mais prévisible, sera celui d’un litige portant sur des sommes d’un montant inférieur ou très inférieur à celui de l’indemnité ! Impossible désormais pour les parties de s’entendre en conciliation !

Aujourd’hui, nombre de plombiers, d’électriciens et autres artisans, dont les téléphones et les boîtes mail sont saturés d’appels au secours, qui leur permettraient d’assurer deux, trois, dix, vingt emplois, préfèrent travailler seuls ou à la rigueur en famille ; jugeant plus sage de faire attendre leur clientèle, que d’attendre les soucis sociaux. Mais qu’en sera-t-il quand ces acteurs auront intégré le magnifique cadeau laissé à la postérité entrepreneuriale par l’ex-présidente du syndicat des (très) grandes entreprises ?

Point n’est besoin d’être devin pour anticiper que les embauches pourraient encore se raréfier et que les anciennetés de plus de huit ans se révéler demain l’exception !

Quant aux tribunaux, je suggérerais de supprimer désormais l’étape de la conciliation, qui n’aura plus aucune raison d’être, et de multiplier par quatre les effectifs desdits tribunaux, pour éviter à ces derniers un engorgement définitif.

Quand je vous disais que la dame du Medef méritait de l’emporter en réputation comme en admiration sur celle des 35 heures ? Voilà qui donne tout son éclairage à sa vertueuse indignation !

Paris, le 15 avril 2014