Vacance de vacances

Demandez aux experts comptables ce que pensent les patrons de TPE ou de PME : ils vous diront que pour beaucoup, le stade de l’inquiétude est dépassé… le mot juste est désormais angoisse…

Rien sur ce blog depuis le début de ce mois d’août. Les vacances, me dites-vous ! Oui, les vacances. Enfin pas vraiment. Les vacances des autres, si vous voulez. Et donc aussi celles de nos collaborateurs. Et donc la nécessité, « la vie continuant », de remplacer les absents.

Voilà donc mon mois d’août : je remplace les absents ; y compris ceux qui effectuent un travail physique : en effet, qui, dans une petite entreprise est le mieux à même de tenir correctement n’importe lequel des postes de travail de cette entreprise, sinon son patron lui-même ? Un principe élémentaire dans cet univers tellement ignoré (méprisé ?) tant du monde politique que de celui de la grande entreprise.

A ce sujet, selon moi, la plus formidable erreur de Marx (pourtant jamais signalée) : celui-ci défendait que le « patron », ne faisant rien, serait toujours plus incapable, tandis que l’ouvrier, faisant tout, ne cesserait de voir se développer ses compétences. C’est bien le contraire qu’on observe aujourd’hui : l’employé à trente cinq heures, toujours plus protégé, et plus ou moins irresponsable, y compris de sa propre « employabilité » (une responsabilité patronale selon notre code du travail), n’a plus beaucoup à remontrer à son « patron » qui a pris l’habitude de « faire face à tout » dans son entreprise, les travaux les plus manuels y compris, dans de très nombreuses PME et toutes les TPE. 

Le problème est qu’on ne fait plus (aussi facilement) à (presque) 70 ans, ce que l’on faisait à trente, quarante, ou même cinquante. Enfin si. Enfin presque. Avec, c’est vrai, une différence de taille : on peut toujours faire (mais si, je le confirme), mais on récupère moins vite, moins bien. Et le soir, on rentre chez soi, vidé, rincé ; donc : pas de temps pour le blog. Ni pour quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

Manque d’organisation, me direz-vous. Bien sûr. Mais non. Organiser les périodes de vacances, après plus de trente ans d’existence, on s’en doute, n’importe quelle entreprise sait le faire.

Alors quoi ? C’est que cette année, les perspectives ont changé. Radicalement. Ce que les politiques commencent de reconnaître à demi-mot, tous les petits patrons le vivent : la réalité de la France, c’est qu’elle est en déflation. 

Moins de clients, des clients de moins en moins riches, avec toujours moins de disponibilités économiques, il faut pour vendre encore contenir les prix : ce sont alors des chiffres d’affaires qui rabougrissent comme peau de chagrin. En semblables circonstances, la seule manière de ne pas couler, c’est de réduire la voilure, c’est-à-dire les emplois. Mais moins d’emplois, c’est moins de bras pour la manœuvre et ceux du capitaine (re)deviennent nécessaires. (Entre parenthèses, moins d’emplois, c’est aussi moins de clients, moins de chiffre d’affaires, de nouvelles nécessités de réduire une voilure déjà réduite… la spirale…)

Bien entendu, si mon mois d’août, ou quoi que ce soit d’autre au sujet de mon entreprise ne me plaît pas, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : personne ne m’a obligé à faire le désespoir de mes parents, choisissant, malgré les excellentes études qu’ils m’avaient infligées, de créer une entreprise, au lieu de poursuivre avec assiduité une carrière toute tracée au service de l’État. Et personne non plus ne m’a interdit de vendre, l’âge venu. Ce n’est donc pas là le problème.

Le problème, ce n’est pas moi, ce sont les autres. Tous les autres. Tous ces petits, et même moyens patrons, si nombreux à dire, au moins sous le manteau (qu’on ne quitte gère cette année), voir venir, comme moi, septembre avec une sérieuse inquiétude, sinon avec angoisse. Tous ces petits et même moyens patrons, qui ont donc choisi de « rester sur le pont », pendant le mois d’août, beaucoup plus nombreux que vous ne l’imaginez.

Une réalité que vous n’avez aucune chance de voir relater nulle part, dans quelque presse que ce soit. D’ailleurs, les intéressés se plaignent-ils ? À la barre douze mois sur douze et soixante-dix heures par semaine, c’est une réalité qu’ils ont tous connue ; de toute façon, au début de l’histoire ; et souvent, plusieurs fois en cours de route. Une forme de routine. Alors une fois de plus…

Sur le pont, c’est normal, quand la route n’est ni claire, ni dégagée.

Vous ferai-je part d’un sujet qui m’a toujours interpellé : le fait que nos dirigeants politiques, président et ministres, qui ont tant fait pour le devenir, éprouvent eux aussi, le besoin de « vacances ». Cinq ans, dix ans au plus pour un président : quand on a tant voulu de ce poste, ne peut-on réellement se passer des plaisirs estivaux du commun des électeurs, le temps de ses mandats ?

Bon, passe encore quand tout va bien. Mais cette année, alors que tous les mois du quinquennat n’ont connu jusqu’à ce jour qu’augmentation du nombre des chômeurs et de défaillances d’entreprises, et tous les clignotants économiques au rouge vif ! Avec en outre une situation internationale qui voit des chrétiens sacrifiés tous les jours, la vie de centaine de milliers d’entre eux plus que menacée[1] ! Voilà ce qu’un (petit) patron (moi par exemple) ne peut ni comprendre ni… pardonner !

On nous dit que notre « Président est à la Lanterne » ! Une sorte de subliminale provocation ?

Paris, le 14 août 2014

[1] Le plus insupportable à ce sujet : cette annonce du président américain, relayée par le président français, qu’il n’y aura pas « d’intervention au sol » ; un véritable permis de tuer garanti aux assassins. Ces dirigeants tiennent donc pour rien notre écrasante responsabilité dans le désordre actuel ! Ou entendent-ils ne rien réparer ? Pour ma part, je ne sais comment je pourrais faire plus que de m’indigner, mais bien que sans doute inapte à quelque sentiment religieux que ce soit, je suis fortement tenté de suivre le conseil donné par l’Abbé Alain René (http://www.dreuz.info/2014/08/appel-urgent-aux-croyants-et-sympathisants-de-la-foi-judeo-chretienne-2/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+drzz%2FPxvu+%28Dreuz%29) et pour compenser l’oppression grandissante des mosquées, revenir à la messe.  

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