À propos du « suicide français »

J’ai lu et je recommande le livre d’Eric Zemmour. Pour ce qu’il démontre. Mais plus encore pour ce dont il est la preuve ! Et qui, tout compte fait, n’est pas plus réjouissant que cela…

Est-ce qu’on peut encore l’avouer ? Non, je n’ai pas lu le livre de Valérie. À dire vrai, tout ce que l’actualité nous avait imposé des étalages de la dame ne pouvait laisser à personne la moindre illusion sur le contenu du panier de la mégère, tant pour la forme que pour le fond, touché, s’est-on empressé de nous l’expliquer, dès le titre. (« Il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre », disait Napoléon, et quand on exhibe les secrets de ses boudoirs et l’intimité de ses alcôves, on renonce définitivement à être pour qui que ce soit quelque grande dame que ce soit !)

Par contre, j’ai lu, et de plus avec beaucoup d’attention, c’est-à-dire le crayon à la main, le pavé d’Éric Zemmour : « le suicide français ». Et quoiqu’on puisse en penser par ailleurs, j’en recommande à chacun la lecture, car avant d’être quoi que ce soit d’autre, l’ouvrage est une fabuleuse anthologie de l’histoire de France contemporaine, un incroyable travail d’historien, une excellente révision de notre plus récent passé ! Tant et tant de noms cités, d’évènements rapportés, de dossiers désossés, d’évènements décortiqués jusqu’à leurs racines les plus profondes, tant de faits replacés dans leur perspective historique… La preuve en tout cas d’une prodigieuse machine intellectuelle : si Zemmour ne dispose pas d’une équipe d’au moins quinze nègres (oui, je sais que je prends un risque), on se demande : mais comment a-t-il pu rassembler autant d’informations ! Il me semble l’avoir entendu dire qu’il lui avait fallu cinq ans pour en venir à bout, mais même en cinq ans ! Et nous savons bien qu’il n’a pas fait que cela, commettant dans le même intervalle, au moins un autre livre, je ne sais combien d’articles, d’émissions, d’interviews… une bonne leçon de modestie pour tant de nous autres, qui jugeons déjà bien difficile de venir à bout de nos courriels quotidiens…

Bien sûr, ici ou là, on jugera l’épingle mince pour le manteau qu’elle prétend soutenir : par exemple, cela me paraît un peu fort tirer sur le maillot que vouloir conclure autre chose que des histoires de maillots, des succès ou des échecs de footballeurs, fussent-ils réputés nationaux, mais bon ! Un mien grand-père au demeurant philosophe n’avait pas laissé de m’étonner, quand il utilisait la vie de… Brigitte Bardot pour en conclure de perspicaces enseignements sur le destin même de notre espèce (les quatre âges de l’humanité, par Gaston Georgel)…

En vérité, j’aime bien Éric Zemmour : son allure d’éternel étudiant en littérature, son adresse dans l’exercice écrit ou oral de notre langue, ses qualités de débatteur, la vivacité et la pertinence de ses argumentations, et par-dessus tout son courageux non-conformisme.

Bien sûr, et comme il devait s’y attendre, un ouvrage à rameuter les aboiements de la horde des serviteurs achetés (niches fiscales pour les journalistes, exorbitant train de vie pour les politiques), qui vont s’accrocher à ses mollets comme roquets déchaînés…

J’aime bien Éric Zemmour, et comme au moins quatre-vingt-dix pour cent de la France silencieuse (celle qui, malheureusement, marche pour ne rien dire), je partage quatre-vingt-dix pour cent de ses analyses.

Les derniers dix pour cent ? Disons-le tout clair, ils ne me peinent pas, ils sont presque à me désespérer.

Que notre pays marche sur la tête et que nos dirigeants gavés nous conduisent à la ruine, il ne reste plus que ces derniers et leurs laquais pour soutenir le contraire. Que cette ruine ne soit que le triste produit de leur appétit d’ogre jamais rassasié et du pouvoir totalitaire que leur caste totalitaire a su peu à peu s’arroger, en France comme en Europe, tout cela va de soi. Le peuple qui souffre, veilleurs, marcheurs, mais aussi petits entrepreneurs, salariés modestes, chômeurs et futurs chômeurs, familles toujours plus asphyxiées, et tous ceux qui entendent chaque jour qu’on fait tout pour leur bonheur, mais qui voient année après année exploser les montants de leurs multiples impôts, ceux-là n’ont pas de doute à ce sujet, ils savent trop bien quelles têtes il faudrait faire tomber pour que leur martyre s’allégeât.

Mais pas Éric. Pour Éric, leur malheur, en particulier, et le malheur du monde en général, ce ne sont pas nos princes bourreaux, tout juste taxés tantôt de lâcheté, tantôt d’incapacité ; non, c’est un ennemi autrement fourbe, autrement dangereux, le monstre, le mal absolu, j’ai nommé le « libéralisme ».

Pas tout à fait le libéralisme. Le libéralisme, on l’oublie bien sûr, mais pas Éric, le libéralisme est d’abord une idée française, avec des penseurs français, et comme Éric aime la France, il ne va pas s’en prendre, directement, à ces derniers. Donc Éric ne critique pas (nettement) le libéralisme, mais le « néo-libéralisme » ! Ne laissant aucun doute à son lecteur sur le fait que son préfixe n’ajoute rien au mot, c’est tout le contraire ! Pour Éric, comme pour tant de cerveaux français, néo devant libéral est un raccourci subliminal de néant, ou encore nauséeux, nauséabond, à tout dire, une réminiscence d’innommable…

Un innommable qui ne sort ni du néant, ni du hasard, mais nous vient tout droit, on ne s’en serait pas douté, d’outre-Manche ou mieux, d’outre-Atlantique, où d’obscurs milliardaires, toujours moins nombreux, mais toujours plus riches organisent sans vergogne, mais dans le plus grand mystère, le pillage diabolique de nos villes et campagnes françaises. Un propos que ne renierait aucun de ses détracteurs !

Le libéralisme anglo-saxon : mais quel libéralisme ? Celui d’Obama ? Voyons, quel intellectuel honnête soutiendra qu’Obama ait quoi que ce soit de libéral ? Alors, des noms, des noms ! Mais on nous en donne : Ronald Reagan, Margaret Thatcher. Reagan, treize fois cité, pas moins que cela ! Et si vous nourrissez quelque doute sur la perception que l’auteur a de l’ancien président, il me suffira de noter qu’on nous rappelle, au moins deux fois, qu’il ne s’agit que d’un « acteur de série B », et dont l’ensemble des présentations donne à penser qu’il s’agit au mieux d’un pauvre cuistre ayant « pour seul mérite de clamer d’une voix de velours : America is back », au pire, d’un sinistre voyou, coupable maléfique des pires dérégulations « où les monnaies comme les matières premières ou les actions seraient soumises à la loi du marché ». L’horrible, le détestable marché.

Désolation ! L’image d’un Éric Zemmour, esprit libre et détaché du prêt à penser « made in France » s’en trouve soudain sérieusement écornée.

Alors, il faut se rendre à la réalité. Pour sympathique et brillant qu’il soit, Zemmour est un intellectuel franco-français : et il partage, sans peut-être même s’en rendre compte, le même mépris des intellectuels franco-français pour qui n’est pas reconnu comme un intellectuel franco-français : c’est ainsi qu’un « ancien acteur de série B », ne saurait avoir écrit « la petite poule rousse[1] », ou gagné, sans faire ni morts ni blessés, la guerre froide, provoquant l’effondrement de l’Union Soviétique ; pas de morts, pas de blessés, et la plus fantastique partie de désinformation réussie de l’histoire du monde (avoir persuadé les Russes que le projet américain de guerre des étoiles était beaucoup plus avancé qu’il ne l’était réellement). Un acteur de série B est par avance disqualifié pour tout débat intellectuel.

Et quand le poids intellectuel de l’adversaire rend tout de même aléatoire cette disqualification de principe, on cherche autre chose : les chemins suivis par Ronald Reagan ou Margaret Thatcher leur ont été inspirés par l’économiste libéral Milton Friedman. Difficile de s’en prendre au potentiel intellectuel d’un prix Nobel d’économie ? Alors on se souvient que les conseils de l’économiste ont encore inspiré… Augusto Pinochet ! Mais la voilà la preuve par neuf ! Disqualification définitive pour Friedman, inutile d’en discuter plus !

Oui, Éric Zemmour est bien un intellectuel français : en réalité, ce qu’il aime, mais, sincèrement, viscéralement, des tripes et du cœur, c’est l’état ! Et les « hommes d’État » : une admiration non déguisée par exemple, pour notre Napoléon national ou encore notre De Gaulle, non moins national (faisant tout de même bon marché des quelques trois millions de morts occasionnés par le premier, et du martyre pied-noir ou harki pour le second).

Et pour lui, notre seul et vrai problème est qu’après De Gaulle, il n’y a plus rien : le suicide français, c’est l’incapacité ou la médiocrité des dirigeants, tous les dirigeants qui ont succédé à De Gaulle. Qui n’ont su résister ni à l’Europe, ni surtout à la « mondialisation », nécessairement libérale, idéologique, la véritable plaie du monde !

La mondialisation ! Pas moins de quarante-sept occurrences dans l’ouvrage ! Des occurrences dont les citations en diront plus que tout vain discours : « les contempteurs de la mondialisation qui haïssent les frontières », « la mondialisation des échanges et la pression à la baisse qu’elle entraîne sur les salaires », « l’idéologie de la mondialisation » et ceci, qui mérite le détour : « la privatisation à la française, tel le Titanic, rencontre bientôt un iceberg qui n’était pas sur les cartes de navigation : la mondialisation »…

Mais Monsieur Zemmour, le problème est que la mondialisation n’est pas une idéologie, mais un fait, une réalité. La question qui se pose n’est donc pas de condamner la réalité, mais d’inventer les moyens de nous y adapter, le mieux ou le moins mal possible. Toute autre attitude est en effet un suicide. Et l’un des moyens les plus efficaces pour s’y adapter est peut-être le libéralisme ; ce que croient en tout cas, comme vous le reconnaissez d’ailleurs, même les communistes chinois. Le moins que l’on puisse en dire est que le sujet mérite au moins réflexion.

Une réflexion qu’apparemment personne, absolument personne parmi le paysage politique ou intellectuel français ne semble vouloir mener. Ce que, je le reconnais, je trouve pour le moins inquiétant, sinon désespérant (suicidaire ?).

Paris, le 20 octobre 2014

Reproduction autorisée avec la mention : © Michel Georgel

 

[1] http://numa.vial.perso.sfr.fr/GENEAsite/BILLETS/petitepoulerousse.htm

Pourquoi avoir marché ?

Je marche, je marche, je marche.

Fichue arthrose. Marcher vite, ou même courir, ça va ; ou du moins ça va encore. Mais piétiner, misère !

Mais aussi, que suis-je venu faire dans cette galère ? Personne ne m’y a obligé ; personne ne m’a rien demandé ; personne ne m’en remerciera ! Je ne me suis pas contenté d’y aller, j’ai laissé ma femme m’accompagner ! C’est vrai qu’elle a l’air de beaucoup moins peiner que moi…

On s’arrête, on repart, non, finalement, on s’arrête. Pourquoi ? On ne sait pas.

Une borne entre le trottoir et la rue. Je m’y hisse. Aussi loin que l’on peut voir devant soi, la foule, serrée, compacte. Et derrière ? Derrière, c’est pareil. Demain, ce soir, c’est sûr, ils diront que nous n’étions qu’une poignée. Je me demande lesquels parmi nous n’existent pas.

Ah, on repart ; la foule, un monde en soi. Uniquement des gens bien élevés ; qui s’excusent quand par maladresse vous venez à les bousculer. Des vieilles personnes, incroyablement distinguées, que des petites filles modèles appellent « Bonne maman » ou « Bon papa ». Des couples pétillent d’enthousiasme et de dynamisme. Des familles avec enfants disciplinés, qui marchent bravement, sans faillir, les aînés veillant sur les plus jeunes. Là, des jeunes gens, nuques nettes sinon rasées respirent la joie de vivre et la camaraderie virile. Ailleurs, un groupe de jeunes filles, riantes de santé et de fraîcheur enthousiaste, font mine de vouloir dépasser les garçons. Parfois même un prêtre, qui semble encore croire en Dieu.

Avenues et trottoirs paraissent désemparés : mais qui sont ces intrus, semblent-ils interroger ? Où sont passés voiles noirs, clochards vautrés, forces de l’ordre et bobos négligés, mais gonflés de suffisance ? Que sont donc devenus les Parisiens ordinaires ? Et qui sont ceux-là qui les remplacent en si grande foule ? D’où peuvent-ils s’être échappés ? Certaines pancartes le suggèrent : quelques noms de banlieue, beaucoup de villes plus lointaines, des noms ou des drapeaux de régions ; aucun doute, c’est la province à Paris. Ou diront certains chagrins, une certaine province à Paris, c’est vrai, plutôt bon chic et plutôt bon genre, avec des enfants dans de bonnes écoles en semaine, et chez les scouts le dimanche, et des parents plutôt sages, avec métiers, situations, loisirs, appartements ou mieux maisons avec jardin, raisonnables et bien dans l’ordre…

Tout le monde a ses pancartes et ses drapeaux. Certains courageux portent de véritables étendards. Je leur vote une secrète admiration teintée d’un peu d’envie ; moi qui par raison me contente de supporter mon parapluie. Au fait, pleuvra-t-il ? Pour l’instant, le ciel se retient. Que se passera-t-il s’il pleut ? On le devine, nos marcheurs ne sont pas du genre à se laisser intimider par de la pluie.

Des micros font du bruit, et crachouillent des discours, que personne ne comprend. Parfois, on devine cependant des slogans ; alors la foule les reprend, sagement, en chœur, avec conviction certes, mais sans se départir d’un humour de bon aloi.

On s’arrête encore. J’aurais pu profiter de mon dimanche pour… mais non, je suis là, sans être sûr de bien savoir pourquoi. Par devoir ? Mais quel devoir ? Par instinct. C’est cela, je suis là d’instinct. D’instinct plus que de raison.

« François, ta loi, on n’en veut pas ! », scande la foule. Mais moi, qui ne rêve que bateau et tropiques, et me trouve par hasard ou par misère pris au piège du bitume parisien, qu’ai-je à faire de cette loi, de celle-là et de toutes les autres en général ? Quoiqu’on puisse en penser par ailleurs, à quoi peut-il servir d’interdire en France ce qui est permis ailleurs ? La France, risée économique de l’Europe, sinon du monde, a-t-elle des leçons à donner à qui que ce soit ?

On marche à nouveau ; on discute entre voisins. Le premier ministre a dit qu’il n’y aurait pas de GPA. Promesse typiquement socialiste ! Ce que le ministre ne fera pas lui-même, il le fera faire par ses juges, et les marcheurs iront se rouler dans la farine. Mais il va demander aux pays qui acceptent la GPA de faire une exception en la refusant pour les Français ! Un tel projet n’ayant aucune chance de prospérer, encore et encore de la farine !

Toujours marchant, je m’interroge : combien d’homosexuels en France ? A priori, la même proportion que partout dans le monde. C’est-à-dire extrêmement peu. Ne discutons pas les chiffres, ils sont en réalité si faibles que cela n’en vaut même pas la peine. Et parmi ceux-ci, combien vivent réellement en couples ? Et parmi ceux qui vivent en couple, combien souhaitent réellement s’embarrasser de l’éducation d’enfants, qui vont de toute façon commencer par leur coûter très cher. Mais comment une aussi petite minorité de la minorité d’une petite minorité peut-elle réussir à imposer dans tellement d’endroits du monde, des lois dont une immense majorité ne veut pas ?

Un mauvais berger l’a dit sans ambages : il faut la GPA pour tous, sinon, celle-ci ne sera accessible qu’aux riches. Quel hypocrite, avec au pouvoir les amis du berger, ce sont les enfants qui ne seront bientôt plus possibles que pour les plus riches !

Une intuition : la plupart des personnes qui marchent autour de moi se soucient des lois à peu près autant que moi. GPA, PMA, pour, contre, on peut argumenter à l’infini. Pour, contre, les réponses et les choix ne peuvent être qu’individuels ; si l’on voulait se persuader que les pires des solutions seront toujours celles des états, il suffit d’observer combien diverses sont ces dernières !

Faudrait-il « revenir » sur le « mariage gay » ? Vous ferez comme vous vous voudrez, mais personnellement, je m’en fiche à peu près complètement. Bien sûr, vous ne m’empêcherez jamais de penser qu’un mariage gay est toujours une pitrerie. Mais pas beaucoup plus à vrai dire que n’importe quel autre mariage d’état. En France, les mariages d’état ont été inventés, après la révolution, pour supplanter les mariages religieux. Et les mariages d’état n’ont perduré que parce qu’ils ont été rendus obligatoires pour procéder aux mariages religieux (ce qui, à bien réfléchir, est en fait proprement incroyable), et pour des raisons fiscales. Je juge pour ma part qu’il faut rendre aux mariages gay cette justice : en tant que « cérémonies », ils remettent les mariages d’état à leur juste place, la singerie somme toute assez peu convaincante de ce qui est sacré dans un mariage religieux.

Laissons à l’état ce qui lui revient, c’est-à-dire la création d’une unité fiscale entre deux contribuables dont il n’a pas à se soucier du sexe ; mais ce qui est sacré dans un mariage, y compris entre personnes athées, ne peut concerner que ces personnes elles-mêmes, et ce à quoi elles croient (ou ne croient pas). Le lobby gay sera-t-il assez puissant pour convaincre Dieu ? Pour Allah, en tous cas, cela paraît bien peu probable…

Et l’on continue de marcher, de s’arrêter, de repartir.

À force de piétiner, il nous semble au loin deviner la ligne d’arrivée. Sur une vaste estrade de foire, les discours se succèdent. Pourquoi ce côté barnum me met-il un peu mal à l’aise ?

Mais c’est décidé, nous irons quand même jusqu’au bout… Pourquoi ? Encore une fois, d’instinct ! Soudain, je comprends pourquoi j’ai traîné ma carcasse jusqu’ici. Contre, pour une loi ? Sans moi ! Mais encore une fois d’instinct. Le peuple qui marche autour de nous, un peuple d’ordre, de mesure, de valeurs simples et anciennes, de valeurs sûres. Un peuple avec lequel il est encore possible d’espérer, de construire, de défendre. Un peuple dont on devine qu’il est comme nous, excédé de cette chienlit qui veut nous étouffer tous, l’école à la dérive, la justice du mur, l’économie épuisée d’entretenir nos princes et leurs alliés, lesquels n’ont pas commencé de seulement envisager de rien réduire de leur insolente opulence ; et le mépris fonctionnaire, et l’envahissement (nié) de notre territoire, et les zones de non-droit, l’insécurité des « zones de droit », insécurité dont on nous serine qu’elle est seulement virtuelle ; et les syndicats protégés qui ne représentent qu’eux-mêmes, mais qui jour après jour, inexorables, continuent de ruiner et de décourager nos entrepreneurs ; et les bavardeux des médias, goinfrés d’avantages fiscaux, déversant en continu leurs insanités courtisanes ; et le hold-up fiscal organisé contre les automobilistes ; et l’enfer réglementaire de notre quotidien, augmenté chaque jour, chaque heure, de sa ration de nouveaux règlements, décrets, ordonnances ; et les conditions toujours plus misérables faites à nos chômeurs, nos jeunes, nos retraités, nos familles ; … soudain, la ligne est franchie : je fais désormais partie des 430 000[1] marcheurs zombies que les compteurs officiels de l’état n’ont pas vus ce dimanche 5 octobre 2014 à Paris.

Paris, le 8 octobre 2014

[1] 500 000 marcheurs, mais seulement 70 000 « selon la police »