Et patatras !

Trouverons-nous un jour le moyen de nous faire comprendre ?

Et patatras ! Dans mon précédent billet (http://michel-georgel.com/cestadire/2015/03/08/la-fin-du-chomage/), je défendais que l’emploi salarié pût ne pas être adapté à nombre de situations, et que la seule manière de venir un jour à bout du drame du chômage serait d’élargir les possibilités des donneurs et des vendeurs de travail de contracter en dehors du cadre rigide du seul contrat de travail salarié, et je disais par exemple tout le bien que je pensais du statut de l’autoentrepreneur, qu’il suffirait d’élargir, en en supprimant, ou au moins les augmentant, les absurdes limites actuelles de chiffre d’affaires !

Mais patatras ! Les désillusions électorales de nos princes socialistes font frétiller d’enthousiasme tout le gotha politique de ceux qui prétendent l’être moins (socialistes), c’est-à-dire tous ceux qui voient venir avec gourmandise la promesse de lendemains électoraux qui chanteront pour eux, et comme il faut tout de même donner quelques habits à la chasse aux sinécures, les projets, ou les projets de projets se dessinent ici et là, certains plus élaborés que d’autres.

Pas facile, cette question des projets : comme la preuve aura été administrée une fois de plus (mais après tant de catastrophes répétées, était-ce encore réellement nécessaire ?) que le socialisme, ça ne marche pas, il faut, si l’on veut se montrer au moins un peu crédible, paraître donc un peu moins socialiste, mais tout en évitant le risque mortel de se faire taxer de libéral, ce qui entraînerait une mise à mort médiatique quasi instantanée. Mais laissons ces dames et messieurs politiques à leurs petits travaux de rédaction, pour ne garder que ce qu’ils semblent vouloir faire sur le sujet qui nous occupe, l’emploi !

Et a priori, sur ce sujet, rien de bien rassurant !

Commençons par Monsieur Sarkozy : quand il sera revenu aux affaires, ce qui pour lui n’est plus qu’une question de calendrier, le premier compte qu’il réglera, ce ne sera ni celui de ses juges ou de ceux qui l’ont battu hier, mais précisément celui… des autoentrepreneurs ! Ce que les socialistes n’ont pas osé faire, malgré les mauvaises pensées d’une certaine dame Pinel, lui, sitôt élu, il le fera ! Vous comprenez, nous explique-t-on doctement, ces vilains autoentrepreneurs font une concurrence insupportable aux artisans ! Seulement le quart de leur sueur à redonner à l’état, des tracasseries administratives réduites au plus simple, c’est tout bonnement insupportable ! On pourrait penser que le plus raisonnable serait d’aligner les conditions des artisans sur celles des autoentrepreneurs, la question de la concurrence en serait réglée, avec du même coup un formidable souffle d’air donné à notre économie, mais non, plutôt que supprimer les causes d’une concurrence éventuellement inéquitable, supprimons les concurrents, ce sera tellement plus radical !

Bon, vous essayerez de me consoler en me disant qu’en deux ans, Monsieur Sarkozy peut encore changer d’avis (il paraît que cela s’est déjà vu de sa part, mais sur des espaces de temps beaucoup plus courts), et qu’il n’est pas tout seul à s’agiter dans les startingblocks. Consolation moyenne, car pour le moment je n’entends rien de vraiment rassurant sur le sujet qui nous occupe. Prenons Monsieur Fillon, par exemple, qui présente un très bon catalogue, avec beaucoup à prendre. Mais que nous promet-il pour l’emploi : le « contrat de travail unique » ! Le même, dans tous les cas, pour tout le monde ! Avec des droits du salarié qui augmenteront avec son ancienneté ! La garantie absolue pour les entreprises de ne plus jamais pouvoir s’adapter aux circonstances ! Et moi, si je ne peux plus embaucher que des collaborateurs dont il me sera toujours plus difficile de me séparer le cas échéant, je fais tout, je dis bien tout, pour ne pas tomber dans ce piège, ou pour y tomber le moins possible !

C’est d’ailleurs une simple question d’honnêteté : est-ce qu’une entreprise plus ancienne gagne des « droits » sur ses clients ? Est-ce qu’elle se trouve plus assurée de développer ou même seulement de conserver ses marchés ? Garantir à ses salariés toujours plus de droits est une hypocrisie : quand l’entreprise ne peut plus faire face aux obligations générées par ces « droits », que deviennent ces derniers ?

19 avril 2015

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