Il nous reste au moins une liberté : celle de ne pas être « dupes » !

Si vous êtes comme moi, vous vous êtes sans doute déjà posé telles de ces questions : par exemple, pourquoi la France de François Hollande épouse-t-elle à ce point la politique américaine, y compris au détriment de ses intérêts propres, comme c’est le cas des mesures prises contre la Russie ? Pourquoi et par quel mystère, un si vaste éventail du personnel politique français tient-il un discours à ce point identique (copié – collé comme ont dit aujourd’hui) ? Pourquoi sur des sujets comme l’islamisme ou le climat, le « politiquement correct » l’emporte-t-il sur toute forme de raisonnement objectif ?

« Nudge », ce drôle de mot vous dit-il quelque chose ?

Si ce n’est pas le cas, gageons que vous me remercierez des quelques lignes à venir…

Mais pour commencer, qu’est-ce qu’un « Nudge », me dites-vous ?

Il me faut malheureusement, mais pour bien vous répondre, commencer par quelques petits détours, et d’abord rappeler l’existence d’une race particulière d’êtres humains : les comportementalistes (ou behavioristes, si l’on veut se rapprocher de la terminologie anglo-saxonne), apparus au début du siècle dernier.

Les comportementalistes ont démontré que les comportements des êtres vivants ne sont pas innés, mais acquis ; la découverte initiale de ces théoriciens a de quoi laisser sans souffle : figurez-vous que les êtres vivants auraient tendance à recommencer ce qui leur apporte un bienfait, et à éviter ce qui s’est conclu par un inconvénient. À partir de là, et à condition d’y mettre les bonnes techniques, on peut donc influencer les comportements de n’importe quel être vivant, à commencer par les humains.

Ce que certains comportementalistes ont fait endurer à de pauvres animaux pour prétendre donner une assise scientifique à leurs élucubrations aurait dû les conduire tout droit en prison ou à l’asile, dans n’importe quelle société humaine normale, c’est-à-dire une société qui ne se laisserait pas impressionner par le snobisme intellectuel même partagé par une majorité, ce qui n’est donc manifestement plus le cas de nos sociétés occidentales intellectuellement moribondes. De l’horrible Pavlov, qui infligea de véritables supplices à des chiens innocents, tout cela pour démontrer, quelle découverte ! que l’envie de manger fait… saliver, en passant par sans doute le plus méchant de tous, un nommé Skinner, qui n’hésitait pas à littéralement torturer de pauvres petits singes orphelins, afin de démontrer par défaut les avantages de l’amour maternel…

Tous les comportementalistes ne sont pas allés aussi loin, mais tous sont persuadés que l’on peut apprendre n’importe quoi à n’importe quel être vivant, et donc manipuler à volonté (si l’on ose dire) les comportements.

Un premier coup terrible fut porté à ce courant de pensée (un courant de pensée ? Il serait plus exact de parler de religion, car c’est plutôt de cela qu’il s’agit), quand le prix Nobel fut attribué en 1970 à l’éthologiste Konrad Lorenz (conjointement avec Karl von Frisch et Niko Tinbergen), pour ses travaux « sur les causes et l’organisation des schèmes comportementaux », qui montraient ou démontraient que dans beaucoup de cas, les comportements sont innés, qu’ils ne sont manifestement pas réductibles à la recherche d’un avantage (ou à l’évitement d’un inconvénient), mais que surtout, ils sont spécifiques aux espèces, dont ils sont un élément clé du processus de sélection darwinienne.

En réalité, d’autres courants scientifiques sont allés encore beaucoup plus loin : ne citons que les sociobiologistes, qui pensent que les comportements individuels sont surtout déterminés par l’intérêt du groupe, ou à l’extrême, par le seul intérêt des « gènes égoïstes » (Richard Dawkins) ! Dans cette optique, les êtres vivants ne sont plus que « vaisseaux pour gènes », sans réelle volonté individuelle.

À vrai dire, je n’ai guère plus de sympathie pour les « animaux mécaniques » de ces théories, que pour les « animaux conditionnés » des behavioristes (et je m’en suis longuement expliqué dans un cours et un ouvrage sur ce sujet), mais là n’est pas mon propos de ce jour, mais sur le fait, somme toute extraordinaire que tant de « contestations » n’aient produit aucun effet, ni sur les convictions des croyants behavioristes, ni sur l’admiration béate que ces convictions suscitent auprès du grand public, notamment pour les questions qui relèvent peu ou prou d’éducation.

C’est que tout processus d’éducation ou d’enseignement demande en principe un effort, ou même précisément deux efforts, ou un « effort double », si vous préférez : l’effort de celui qui enseigne devant s’associer à celui qui apprend, rien de particulièrement réjouissant, vous en conviendrez, dans tout cela.

Mais avec le « comportementaliste », sorte de magicien pour temps modernes, plus de problème, plus d’effort ! Une petite modification de l’environnement, une sollicitation bien choisie au bon moment (le snobisme parle alors de « stimulus »), et le tour est joué : l’éduqué, cette fois sans effort, se trouve « avoir envie » d’agir comme souhaité.

Avec un nouvel avantage auquel vous n’auriez pas pensé : puisque l’on peut influencer les comportements dans le sens que l’on souhaite, il devient inutile d’envisager de combattre d’éventuels comportements non souhaités, puisque dans ce nouveau système, ces derniers n’existent tout simplement plus ! Et c’est la grande découverte de « l’éducation positive » ! Les punitions, les réprimandes, les reproches, au feu, terminé ! Il faut encourager, récompenser, « positiver »…

« L’éducation positive » est devenue la norme, pour les enfants, les adolescents, les étudiants… un mien neveu m’a même rapporté que ces principes sont désormais recommandés pour la formation… des pilotes de chasse ! On ne parle pas alors d’éducation positive, mais de… « formation par la réussite » ! Autrefois, les pilotes passaient par une succession d’épreuves de sélection, que tous ne réussissaient pas, ou pas du premier coup. Il fallait donc vivre avec la crainte de l’échec ! Le parcours visait, aussi, à forger les caractères ! Mais terminé tout cela ! Désormais, la consigne est devenue : « réussite pour tous » ! On ne critique plus les imperfections d’un vol, on n’en retient plus que les éléments positifs…

Bien sûr, quelques esprits chagrins ont bien écrit ici ou là que des esprits formés de la sorte ne sont en aucune manière préparés à certaines réalités, comme la frustration par exemple. Et que les cabinets des psychiatres sont de plus en plus encombrés de ces « éduqués positifs » que personne n’a jamais préparés à affronter les « réalités négatives » de l’existence… mais ceci est une autre histoire…

Cependant, dans le domaine de l’éducation des chiens, la victoire de « l’éducation positive » est totale, définitive ! C’est l’unanimité ! Le consensus sans appel ! C’en est au point qu’il est aujourd’hui devenu encore plus dangereux de paraître douter de la sainteté absolue de l’éducation positive que de se déclarer climato-sceptique ! C’est vous dire ! Douter du réchauffement fait de vous un imbécile professionnel. Mais doutez de l’éducation positive, vous n’êtes plus fréquentable ! La meute hurlante des éducateurs de tout poil déchaînée à vos trousses…

Ce succès du behaviorisme religieux est d’autant plus remarquable, que les exemples de ses mises en échec rempliraient des bibliothèques.

Prenons par exemple les récompenses. Si les comportements étaient seulement dictés par la recherche d’un profit, l’espérance d’une récompense suffirait à les contrôler tous. Problème : c’est que le phénomène « espérance d’une récompense » est l’un de ceux qui s’émousse le plus vite ! Par exemple, qui peut vraiment croire que l’attente d’un salaire soit suffisante pour motiver le salarié ?

Vous n’imaginez pas les tonnes de papier que les behavioristes ont gaspillé sur la question des récompenses. Ils ont tout inventé, tout imaginé ! Les effets de la récompense systématique s’émoussent ? On vous propose la « récompense aléatoire », la récompense de type « jackpot » (la loterie), et mille et une autres solutions, dont je vous épargne les détails. Les directions des services du personnel des grandes entreprises et des administrations sont toutes imprégnées de ces élucubrations, avec les résultats que l’on connaît.

Et c’est là, seulement là, qu’apparaît tout le génie des psychologues comportementalistes ! L’inefficacité de « l’effet récompense » ne démontre pas, nous expliquent-ils doctement, doctement, cela va de soi, qu’il n’existe pas, mais… mais seulement que les êtres vivants ne font pas des choix rationnels. Avec immédiatement cette proposition complémentaire (visant à tuer dans l’œuf l’opinion que si les choix sont irrationnels, les « comportementalistes » sont en réalité impuissants, au pire des menteurs, au mieux des charlatans), les êtres vivants font des choix irrationnels et… PRÉVISIBLES ! Prévisibles par qui ? Par des cerveaux rationnels et supérieurs, les comportementalistes précisément ! Et voilà comment on peut sauver toute une profession, normalement promise aux néants des productions inutiles, en la rendant désormais tout à fait indispensable.

Indispensable, et pratiquement élevée désormais, et c’est là que je voulais vous conduire, au rang d’institutions d’État ! Bien entendu, vous pensez que j’exagère. Et vous avez raison, parce que moi aussi, je serais tenté de penser que j’exagère. Donc, voyons des faits.

Les « fils » des behavioristes du siècle dernier se sont reconvertis, et se veulent aujourd’hui des « révolutionnaires de la Behavioral Economics », qui tous affichent la volonté de « travailler pour un monde meilleur ». Aux frais des autres habitants de ce monde meilleur, comme nous allons le découvrir.

Résumons les trois postulats de cette nouvelle « école ».

  • Les décisions qui prennent les êtres vivants en général, et les humains en particulier, sont irrationnelles, en cela qu’elles n’apparaissent pas réellement dictées par la poursuite d’un intérêt (une récompense).
  • Pour autant, ces décisions sont prévisibles (prévisibles pour les seuls spécialistes), parce qu’elles obéissent à des motivations inconscientes facilement décodables.
  • À partir de là, et à très peu de frais, on peut habilement et facilement agir sur ces motivations inconscientes, et orienter les comportements dans le sens souhaitable !

Souhaitable pour qui ? Nous allons en reparler.

Mais auparavant, savez-vous comment on appelle un acte permettant de modifier, à très peu de frais, les comportements dans le sens souhaitable (c’est à dire souhaité par une marque qui veut écouler ses produits, un dirigeant qui veut entraîner ses équipes, ou un politique qui veut se faire élire, ou mettre en place une décision a priori impopulaire) ? Vous l’avez deviné : cela s’appelle un « Nudge » !

Et qui sait produire des « Nudges » ? Bien entendu, les hommes de la Behavioral Economics.

Au début, ces « chercheurs » se sont occupés d’aider à la meilleure diffusion des couches Pampers ou de Coca-Cola, mais le marketing commercial vous garde toujours son petit côté mercantile, pas réellement à la hauteur des brillants cerveaux chercheurs de la Behavioral Economics : il était temps de viser plus haut !

Dans un premier temps, nombre d’entre eux ont agi en conseillers indépendants, en « free-lance », si vous préférez. Ils ont ainsi joué un rôle tout à fait essentiel dans les élections d’Obama et de Cameron, par exemple. Obama a bénéficié de ce que les initiés appellent une « behavorial dream team », avec des spécialistes tels que Thaler, Sunstein, Dan Ariely ou Daniel Kaheman (prix Nobel en 2002, tout de même).

Des politiques qui ont d’ailleurs su montrer leur reconnaissance. C’est que le statut de « free-lance » est toujours plus ou moins inconfortable, rien de mieux, surtout quand il s’agit d’œuvrer pour le bonheur de l’humanité, qu’un statut « plus officiel ». Le premier, Cameron, a donc créé la « Behavorial Insights Team », organisme d’état chargé d’appliquer les « découvertes » de la Behavioral Economics aux politiques publiques. À son tour, en 2013, Obama renvoie l’ascenseur aux acteurs de son élection en créant une Behavioral Insights Team du même genre, dirigée par une certaine Maya Shankar.

La brillante situation des finances publiques de la France n’a pas encore permis la création d’une « Nudge Unit » à la française, mais soyons rassurés, d’illustres esprits y travaillent avec ardeur, dont Éric Singler, auteur d’un ouvrage sur le sujet, « Nudge Marketing ». Mais dans l’attente, les équipes sont à l’œuvre, jouant un rôle discret, mais non moins coûteux sur des sujets aussi pertinents que notre consommation de cinq fruits et légumes chaque jour, ou nos façons de ne pas utiliser le téléphone quand nous conduisons.

Figurez-vous qu’une toute première victime de la Behavioral Ecomomics, que pour des raisons pratiques, je vous proposerais de traduire par « Économie comportementale », sans être sûr cependant que cette traduction soit appropriée, c’est… le libéralisme soi-même.

C’est que les tenants de l’Économie comportementale vous l’expliquent : le libéralisme repose sur l’idée que l’individu est le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour lui, avec pour corollaire, le principe que les décisions prises individuellement par une collection d’individus finissent par produire une sorte de « décision collective » toujours supérieure à une décision qui aurait été prise pour ces mêmes individus par une personne unique.

Insupportable pour un étatiste. Mais, ouf pour les étatistes, l’Économie comportementale vient juste à point démontrer toute l’inanité du libéralisme. C’est que, nous disent ces messieurs, le libéralisme repose sur le concept d’un « Homo economicus », apte à décider de manière rationnelle ! Mais voilà, les décisions humaines étant certes prévisibles, mais non rationnelles, Homo economicus n’existe tout simplement pas, et le libéralisme est une absurdité intrinsèque.

Les individus, incapables de savoir réellement ce qui est le mieux pour eux, doivent être guidés par des gens raisonnables (les hommes de l’État) ; mais les hommes de l’État n’imposeront plus rien, ils se contenteront de mettre en place, à moindre coût, les bons Nudges au bon moment (ce qui, dans leur esprit, est en fait un pléonasme), et les peuples, sagement manipulés, n’opposeront plus de résistance inutile à l’avènement de leur plus grand bonheur. Un monde (presque) parfait.

Vous pourriez soutenir que, certes, les libéraux ont développé une théorie des « choix rationnels », mais sans s’étendre autrement sur la nature profonde de ces choix rationnels, qui n’entrait pas dans leur champ de réflexion. Rien ne prouve, par exemple, qu’une motivation irrationnelle ne puisse conduire à un choix rationnel.

Une approche, disons « biologique » de cette réflexion conduit d’ailleurs à penser que la sélection a favorisé dans de nombreux cas les conduites « instinctives » au détriment des conduites « raisonnées », et qu’une telle économie du processus décisionnel n’a rien de particulièrement inquiétant.

Les libéraux n’ont pas défendu la rationalité des décisions individuelles, ils ont seulement prétendu que les décisions individuelles (prises de manière rationnelle ou non) étaient plus à même d’apporter à tous le bonheur qu’une décision prise à leur place par un décideur unique, dont on ne voit d’ailleurs pas pourquoi il échapperait plus que quiconque à la loi commune de l’irrationalité. Les brillants effets de la plupart des décisions prises par les hommes de l’État conduisent d’ailleurs à réellement s’interroger sur une telle éventualité.

Revenons-en maintenant à notre point de départ. Par quel mystère les hommes des états des pays occidentaux partagent-ils sur un très grand nombre de questions, les mêmes discours ? Avec les mêmes arguments, quelquefois, les mêmes mots ? Mieux, comment expliquer ce mystère que sur la plupart des sujets, les hommes de partis politiques en principe opposés tiennent-ils, à la virgule près, des discours à ce point identiques ?

Faudrait-il voir là l’œuvre particulièrement efficace des « chercheurs » de l’économie comportementale ?

Ce n’est en réalité pas aussi simple que cela.

Savez-vous ce que des politiques tels que par exemple Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez (et tant d’autres) d’une part, et François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morell (et tant d’autres) d’autre part ont en commun ?

Ils sont tous des « Young Leaders ».

C’est à dire ? Le programme Young Leaders est le programme phare de la « French-American Foundation », dont l’objet est « l’approfondissement des relations » entre la France et les États-Unis.

Des programmes similaires sont développés dans tous les pays occidentaux.

Les « Young Leaders », environ 400, sélectionnés dans le monde de la grande entreprise, mais plus encore dans le monde politique, ont suivi dix jours de « séminaire », puis ils participent, régulièrement à diverses manifestations, divers travaux.

Leur formation comporte, entre autres, une initiation à l’économie comportementale, qui est d’ailleurs, désormais, également au programme de l’Ena.

Et quand vous trouvez les mêmes phrases, les mêmes mots, dans la bouche d’un Obama, et de l’autre côté de l’Atlantique, dans celle de François Hollande, vous devez savoir qu’il ne s’agit absolument pas d’un hasard.

Ces fondations ne sont pas les seules à agir dans le sens des seuls intérêts américains : un très grand nombre d’organisations dites « non gouvernementales » sont en réalité financées par les États-Unis, avec des objectifs secondaires (ou principaux ?) en réalité identiques.

La prise en compte de ces faits ne conduit-elle pas à reconsidérer de manière particulière certains évènements récents, admirablement orchestrés ?

Les États-Unis n’ont, objectivement, aucun intérêt à une Europe forte qui pourrait devenir une concurrente. Une Europe affaiblie par une immigration qui l’éreinte, ayant à surmonter l’impossible assimilation d’une religion qui lui est parfaitement étrangère, peut certes désespérer un Européen. Pas un Américain.

Sachez-le : que cela plaise ou non, « je suis Charlie » était un Nudge. La photo retouchée et tronquée de l’enfant noyé sur une plage turque est aussi un « Nudge ».

Dans quel but, pour quels objectifs ? J’ai bien sûr mes idées sur la question, mais les exposer me ferait sortir du domaine de compétence du présent billet.  Car, au cas où vous ne l’auriez pas deviné, je préfère l’avouer franchement, je suis libéral, libertarien diraient certains… : les réponses individuelles et sans doute parfois non rationnelles de chacun valent, à mon sincère avis, autant que les miennes. Mon propos n’a pas plus d’ambition que de partager (peut-être) quelques informations issues de mes lectures insomniaques.

Nous n’avons certainement pas les moyens de nous opposer de manière efficace aux manipulations dont nous sommes l’objet ; mais celui de ne pas être dupes, oui, nous l’avons !

Paris, le 9 septembre 2015

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