Quand l’observation du monde animal conduit à l’optimisme…

Dans plusieurs billets précédents[1], j’ai essayé de montrer que le monde animal, dans son immense majorité, se montrait naturellement xénophobe (ce qui est au fond assez prévisible, un groupe animal non xénophobe serait en fait voué à une rapide disparition) et que l’animal humain n’avait aucune raison d’échapper à cette règle commune. La xénophobie chez l’humain se déclinant facilement en ce que l’on désigne par le terme racisme. J’ai montré aussi que la xénophobie (et donc le racisme) est un concept plus compliqué qu’il ne paraît : si la méfiance envers « l’étranger » paraît innée, la définition même de cet étranger est au contraire « acquise », et cela pour toutes les espèces.

Par exemple, chez la plupart des oiseaux nidifuges, c’est très simple, le premier être vivant observé après l’éclosion de l’œuf sert de modèle définitif au référentiel « mon espèce à moi », et cela y compris s’il s’agit d’un oiseau, ou même d’un animal d’une autre espèce, la nôtre y compris : un oison qui juste après sa naissance découvre Konrad Lorenz auprès, sinon de son berceau, du moins de sa couveuse, croira toute sa vie faire partie de la même espèce que Konrad[2], au point de se montrer plus tard incapable de s’accoupler, les partenaires sexuels de l’espèce oie n’étant même pas envisagés, et Konrad (ou n’importe quel autre individu de la même espèce que lui) pouvant jouer plus ou moins le rôle de mère, mais dépourvu de toute capacité pour celui d’amant ou d’amante…

Un parcours un peu plus compliqué chez les mammifères, mais avec des résultats finalement assez proches. Si bien que l’on peut en conclure au « racisme » naturel de tous les mammifères, humains y compris, à condition de bien comprendre que ce racisme ne s’exerce pas nécessairement en faveur d’individus effectivement de la race de l’individu concerné (et en défaveur de tous les autres), mais en faveur d’individus ressentis ou pour mieux dire encore, « appris » comme tels.

Voilà qui explique, mieux que tous longs discours, bien des comportements, et notamment celui d’une classe oligarque occidentale, politiques, hauts fonctionnaires, et leurs féaux commensaux, réputés artistes ou journaleux : contrairement à ce qu’ils prétendent ou croient eux-mêmes, ces gens sont exactement aussi instinctivement racistes que tous les autres humains, mais, par suite d’apprentissages sans doute commencés dès leurs berceaux toujours luxueux, continués au sein d’écoles élitistes et protégées et de carrières à fort potentiel économique, ils détestent de fait tout ce qui devrait constituer leurs racines naturelles, et sont, véritablement instinctivement, en complète harmonie avec tout ce qui va dans le sens de la destruction de ces mêmes racines. Bien plus racistes, de fait, que les pires racistes qu’ils dénoncent.

C’est que, si « supérieurs » soient-ils ou se croient-ils, ils n’en sont pas moins des oies, comme tous les autres humains, des oies prisonnières de leurs apprentissages initiaux, comme tous les autres êtres humains (vous et moi y compris). Mais la différence est que leurs apprentissages les ont toujours soigneusement écartés de tout contact avec la réalité partagée par le « commun », leurs camarades « sans dents » et tous autres manants.

Commun, camarades sans dents et manants dès lors ressentis comme espèces étrangères, rendant non seulement toute espèce d’accouplement futur inenvisageable, mais même toute forme de dialogue, d’empathie, de compréhension, ou même de pitié. Au contraire, réflexe instinctif de révulsion poussant rapidement à des comportements haineux.

Haine qui s’étend à l’environnement et aux sources de ce commun honni : ses racines chrétiennes, son sens de la famille, élargi à celui de patrie, ses valeurs de travail, son goût pour l’individu et la liberté individuelle, et que sais-je encore…

Mais au contraire, passion instinctive pour tout ce qui menace ces racines : les étrangers en général et les islamistes et autres musulmans en particulier, mais aussi les pires tyrans psychopathes de la planète, sous réserve que ces derniers aient eux aussi exprimé les mêmes haines qu’eux.

Voilà expliqués nombre de comportements qui peuvent surprendre l’observateur : François Hollande, Ségolène Royal et autres Mélenchon, par exemple, n’ont pas besoin de réfléchir pour exprimer leur amour et leur admiration pour Fidel Castro : comme ses oies courraient derrière Konrad, ils suivent leur instinct. (Comme c’est la période de Noël, et que je ne veux faire de peine à personne, j’ai retiré le Pape de ma liste précédente…) Les mêmes, ou tant d’autres, tels Angela, de ce côté-ci de l’Atlantique, ou Barak de l’autre, n’ont pas besoin de puissants raisonnements, pour se montrer incapables de dénoncer l’Islamisme des bourreaux de l’Occident (et donc incapables d’envisager de nous protéger d’eux), ils réagissent d’instinct.

Question : existerait-il un traitement qui pourrait guérir les oies Konradisées, et les reconditionner, pour leur permettre, même après traitement long et difficile, de finir par comprendre qu’on leur a menti, qu’elles sont finalement des oies, et que leur bonheur passe par une acceptation de leur condition d’oie, et un accouplement avec un partenaire, certes d’un sexe opposé, mais d’une espèce identique ? Il semble bien que la réponse soit négative.

Et, de toute évidence, ce qui vaut pour les oies n’a aucune raison de ne pas valoir tout autant pour les humains. Et c’est en effet ce que nous montre la simple observation de la classe oligarque décrite ci-dessus.

C’est donc tout simplement folie d’attendre quoi que ce soit de bon de ces gens-là. Mais la formidable bonne nouvelle, ainsi que nous l’explique toujours à sa manière excellente l’excellent Charles Gave[3], c’est qu’a priori, et cela de chaque côté de l’Atlantique, les peuples (la populace, comme ils disent), sont en train de le comprendre. Élection de Donald aux États-Unis, élimination d’Alain en France, sérieuses fessées données à l’eurocratie, en Angleterre d’abord, puis en Italie… En Allemagne, Angela qui se met à tousser : il y aurait des réfugiés qui ne seraient pas gentils… Les oligarques découvriraient-ils que les sans dents et tous les autres ne sont pas complètement sans voix ? Prêts à donner les leurs à de misérables « populistes » ?

Dites-moi, c’est quoi un populiste ? Je vous propose cette définition : toute personne qui obtient un minimum de succès électoral, sans pourtant appartenir à la « caste ». Une personne que le réflexe de caste conduit à haïr, dénigrer, insulter, mépriser…

Bien entendu, rien ne prouve de manière certaine que les populistes feront mieux que les oligarques. Mais pour les oligarques, nous savons parfaitement à quoi nous attendre : non seulement confiscations de nos biens et de nos richesses, mais plus sûrement encore, abandon de nos patries aux pires des envahisseurs. Et force est de reconnaître que pour les populistes, on peut au minimum leur laisser le bénéfice du doute.

Le bénéfice du doute ? Des deux côtés de l’Atlantique, la caste oligarque tremble ! La populace pourrait-elle leur échapper ? Et si un tel accident se produisait, cela pourrait-il aller jusqu’à une remise en cause de tant de situations pourtant si confortables, de passe-droits jamais dénoncés, d’avantages si habilement déguisés… La caste tremble, et franchement, je me répète, voilà qui me fait envisager l’année 2017 avec beaucoup d’optimisme !

Paris, 22 décembre 2016

[1]« Je suis xénophobe… » :  http://michel-georgel.com/cestadire/2016/09/14/je-suis-xenophobe-moi-non-plus/

« Ce que nous disent les animaux » : http://michel-georgel.com/cestadire/2016/11/25/ce-que-nous-disent-les-animaux/

[2] Pour une information sur Konrad Lorenz et ses oies : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oies_de_Lorenz

[3] Voir « la fin d’une année épique » : http://institutdeslibertes.org/la-fin-dune-annee-epique