Les louves de la haine

Donc, c’est avéré, voilà désormais Donald Trump président des États-Unis.

Personnellement, je le dirais tout net, au risque de fâcher beaucoup de monde (famille, amis, lecteurs…) je l’avais souhaité, et donc, je m’en réjouis. Et j’entends ici m’en expliquer.

En effet, ceux qui me connaissent (un peu), et ceux qui me font l’amitié de me lire (un peu) s’en doutent bien : je n’éprouve a priori aucune sympathie particulière pour un milliardaire, lui-même fils de milliardaire, élevé depuis toujours dans un cocon milliardaire ; de plus, voilà que ce milliardaire devient en outre un homme politique, ce qui n’a rien pour améliorer mon opinion, car pour le dire simplement, je n’éprouve aucune sympathie pour aucun homme politique, quel qu’il soit. Mon opinion, vous la connaissez : la part la plus importante des malheurs du monde sont le fait d’un peu plus de deux cents organisations criminelles, qui se sont partagées la planète, au point qu’il n’est plus d’endroit pour leur échapper, et que pas raccourci sans doute, on appelle des états. Quand les peuples auront fini par le comprendre, ils tenteront, s’ils le peuvent, de faire des états ce qu’ils eussent dû être, c’est à dire des syndics de copropriétés, révocables à tout moment, et rien de plus. Bon, mais pour défendre un tel point de vue, il faudrait nettement plus que trois lignes, et j’y renonce pour le moment, ne retenant que ma conclusion : le Président Trump n’a rien de plus pour me séduire que le milliardaire Trump.

Ceci dit, première remarque : c’est peu de dire que Donald Trump concentre sur sa personne un niveau de détestation rarement égalé. Or, incontestablement, un individu détesté par autant de personnes dont nombre d’entre elles sont elles-mêmes hautement détestables ne peut être… complètement mauvais !

Par exemple, c’est vrai qu’entre l’étatiste, elle aussi milliardaire, archétype de cette nomenclatura mondialiste, Hilary Clinton, et un Donald Trump, qui a promis de s’en prendre à l’exécrable système dont est issue la première, et de faire vaciller son odieuse toute-puissance, j’ai préféré le second.

Est-ce que pour autant je crois qu’il fera ce qu’il a promis ? Qu’il en ait envie, c’est presque certain. Mais qu’il pourra le faire ? Voilà qui est beaucoup moins sûr. Et ce que nous observons qui se met en place chaque jour fait en effet craindre le pire !

Après tout, par principe, dans une démocratie, celui qui remporte une élection a forcément des opposants. Et la règle du jeu est que ces opposants auront à subir ce vainqueur le temps prévu par l’élection.

Mais là, nous constatons, une fois encore, une différence fondamentale entre un électeur de droite et un électeur de gauche.

Quand les élections sont remportées par des électeurs de gauche, l’électeur de droite se désole peut-être, mais il s’incline, rentre dans sa coquille, et attend patiemment ou même impatiemment, mais toujours sagement, les temps nouveaux de futures élections.

Parfois, on peut même considérer que ce comportement est poussé jusqu’à l’absurde : c’est par exemple le cas aujourd’hui dans notre pays, où un président qui n’a plus ni parti, ni soutien, ni quelque crédit que ce soit, n’est empêché par personne de poursuivre jusqu’à son terme son mandat.

Comportement qui tranche de manière définitive avec celui d’un nombre significatif des électeurs de gauche. Pour un électeur de gauche, en effet, le suffrage universel n’est acceptable que dans un seul cas : qu’il aille clairement dans le sens voulu par cet électeur de gauche. Et donc, si ce n’est pas le cas, tous les moyens sont considérés comme légitimes pour annuler les résultats du suffrage.

Le moyen le plus régulièrement utilisé pour annuler les effets d’un vote non souhaité est ce que l’on appelle le terrorisme intellectuel. C’est une méthode qui fonctionne parfaitement bien depuis presque un demi-siècle : les vainqueurs d’une élection, quand ils sont de droite, se trouvent tellement terrorisés par les électeurs de gauche, qu’ils se trouvent incapables d’appliquer quoi que ce soit de leur programme de droite. C’est bien ce que l’on observe : quel que soit le résultat de l’élection, c’est toujours un programme de gauche qui s’applique.

Mais désormais, il est acquis que les forces de gauche veulent aller beaucoup plus loin : l’objectif affiché est d’empêcher, par tous les moyens, y compris les plus dégradants, l’application du vote majoritaire. Il ne s’agit plus seulement d’empêcher le gagnant d’appliquer son programme, il s’agit de manière beaucoup plus radicale de l’éliminer, par exemple en le contraignant à la démission.

On m’objectera que le vote pour Trump n’a précisément pas été majoritaire. C’est un argument qui ne tient pas. La réalité est que pour gagner l’élection, Trump a utilisé son argent personnel, et non pas celui des autres. Et lorsqu’on utilise son argent personnel, et non celui des autres, on est fortement poussé à ne dépenser que le minimum ! Trump et son équipe ont travaillé « à l’économie », n’investissant réellement que pour les états prêts à basculer d’un côté ou de l’autre, et négligeant par conséquent ceux des états jugés perdus par avance. Il a donc négligé les états des milliardaires, perdus de toute manière (New York, Californie).

En réalité, pour le citoyen ordinaire, cette volonté de balayer les votes des citoyens ordinaires à quelque chose de désespérant.

C’est que les hommes de gauche ne sont pas seulement très nombreux, ils jouissent de moyens financiers ahurissants, sans commune mesure avec les moyens financiers des hommes de l’autre bord. Qui sont les hommes du système ? Des chefs d’entreprise, non pas champions de la concurrence, mais de la connivence, avec précisément cette autre famille, celles des politiques et hauts fonctionnaires.

De fait, l’immense majorité des milliardaires s’affiche de gauche. Cela s’explique : ces milliardaires auraient beaucoup à perdre avec ce qui serait un vrai gouvernement de droite, un gouvernement de droite qui appliquerait une politique de droite, et qui remettrait par conséquent l’individu au cœur de l’action, et ferait de la compétition loyale entre ces individus le moteur du progrès collectif.

C’en serait par exemple fini avec les tricheries de la société de connivence, connivence qui explique la fortune d’une majorité d’entrepreneurs aujourd’hui, et cela bien plus que leurs éventuelles compétences d’entrepreneurs.

De même en irait-il beaucoup moins bien pour les hauts fonctionnaires et les politiques : d’ailleurs, inutile d’épiloguer, ce sont les mêmes. Avec une constatation d’évidence : que feraient ces gens, dans un système privé, libre, et réellement concurrentiel ?

Autre catégorie de milliardaires, et loin d’être les plus pauvres, les acteurs de cinéma. Tellement milliardaires, qu’en ce qui me concerne, je ne suis jamais parvenu, je l’avoue, à réellement apprécier aucun d’entre eux, et que je les trouve tous plus ou moins insupportables. Vous me direz qu’ils sont les vainqueurs d’un système concurrentiel, et si tel était le cas, je changerais d’avis. Mais, pour une majorité d’entre eux, la réalité est bien différente : leur réalité, c’est celle d’une concurrence profondément faussée, une petite caste qui verrouille les bonnes places, et se les transmet de manière héréditaire. C’est vrai un peu partout dans le monde, mais c’est surtout vrai en France, où le système se trouve verrouillé de fait par les subventions administratives.

En vraie situation de concurrence, ces gens-là gagneraient ce qu’ils méritent, c’est-à-dire beaucoup moins. Ils le savent, ou tout au moins, ils s’en doutent, ce qui explique leurs vertueuses indignations…

Viennent ensuite ce qu’on pourrait appeler les profiteurs secondaires : pas nécessairement riches, mais tous abonnés à la « gamelle ». Il s’agit par exemple de la presque totalité des médias, tenus en laisse comme des caniches de foire, par la connivence de l’argent.

Cela fait bien du monde, beaucoup d’argent, beaucoup de moyens.

Il y a plus : aujourd’hui, nous découvrons que le terrorisme de gauche est aussi un terrorisme féministe. C’est un fait.

Un terrorisme honteux : par exemple, ce qui est reproché à Trump, ce sont des indiscrétions de vestiaires ! Quand on écoute aux portes des toilettes, la courtoisie et le respect humain dictent d’oublier aussitôt ce que l’on n’aurait pas dû entendre, et surtout de se garder de le répéter. Il faut d’ailleurs une fameuse dose d’ignoble impudeur pour agir d’une autre manière.

Mais ces dames, sans honte, montent au créneau, comme un seul homme… on voudrait toucher à « leurs droits » ! Quels droits ? Au hasard, l’avortement ! La vérité est pourtant que l’on peut en même temps reconnaître que sur ce sujet chaque femme a le droit de décider, et en même temps souhaiter que tout dans la société soit mis en œuvre pour qu’il puisse y avoir pour chacune un réel choix, y compris en faveur de ne pas avorter. Défendre un tel point de vue ne porte en rien atteinte aux « droits » de qui que ce soit.

Les défilés de la haine auxquels nous avons assisté, abondamment et complaisamment relayés par toutes les forces de presse, n’honorent guère les participantes, surtout si l’on se souvient, que dans le même temps, l’ignoble, le monstrueux, l’indicible martyre de milliers et de dizaines de milliers de femmes chrétiennes, yézidis, et de tant d’autres minorités, réduites en esclavage, torturées, violées, sacrifiées n’ont pas arraché à ces manifestantes une larme, ni même un soupir, ou le moindre reproche. Mieux, ou plutôt pire, ces mêmes femmes n’hésitent pas à afficher une solidarité de fait avec les bourreaux musulmans qu’elles osent prétendre : « minorités menacées » et qu’il faudrait défendre ! Quoi qu’on en pense par ailleurs, les musulmans, plus de 110 pays totalitaires dans le monde, dont certains parmi les plus riches de la planète, réellement menacés ? Par qui ? Besoin qu’on les défende ? Farce hideuse !

Certaines égéries plus furieuses que les autres, qui se coiffent de bonnets, au message, nous l’avons vu, issus de secrets de toilettes, gagneraient du temps et de l’objectivité à se voiler sans attendre que leurs protégés théoriques et leurs alliés objectifs ne finissent par le leur imposer… Et c’est d’ailleurs ce que certaines n’ont pas hésité à faire ! Le port choisi du voile islamique fait ainsi tomber les masques !

Et tous ces gens-là (femelles et mâles), dont je viens de réciter le chapelet, détestent Donald Trump ? Voilà qui n’est certes pas suffisant pour m’en faire un « inconditionnel », mais de nature tout de même à me donner, je le confesse, un a priori quelque peu favorable ! Affaire à suivre, comme on dit quand on ne veut pas réellement conclure…

Puerto Lindo, 25 janvier 2017