Réchauffement et terrorisme

Il l’a dit. On ne peut pas prétendre lutter contre le terrorisme, si on ne commence pas par lutter contre le réchauffement climatique. Beaucoup de commentaires. En général pour se gausser. Mais les thuriféraires expliquent tout, même l’inexplicable. Ils ont donc expliqué.

Des explications incompréhensibles. En tout cas pour moi, qui m’étais endormi avant d’avoir fini de lire.

Pourtant, tellement simple à expliquer, et tellement vrai, tellement évident ! Et par ailleurs, ridicule de se gausser de ce qui n’est, encore une fois qu’une évidence. Bien sûr qu’on ne peut pas lutter contre le terrorisme, si on ne lutte pas contre le réchauffement. Voici pourquoi !

On peut aimer ou détester Monsieur Macron, ou éprouver à son égard, comme c’est mon cas, la plus complète indifférence, mais on ne peut nier, ni qu’il ne soit parfaitement intelligent, ni qu’il ne soit parfaitement informé. Par conséquent, Monsieur Macron sait très bien ce qu’il en est réellement du réchauffement climatique, et surtout des capacités humaines à avoir dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, une quelconque influence ; mais il sait aussi que de tous les sujets qu’on puisse imaginer, il n’en est pas de meilleur pour effrayer l’immensité des bonnes gens, crédules comme des enfants de chœur, du temps qu’il y avait des enfants de chœur, et conduire ces mêmes âmes naïves où l’on veut les conduire, et par exemple aujourd’hui, à l’idée pourtant farfelue de combattre un terrorisme présenté comme en dehors de toute matérialité, une sorte de terrorisme irréel, abstrait, hors de l’espace et du temps, un terrorisme sans rapport avec le terrorisme réel, c’est-à-dire islamiste, c’est à dire musulman. Si l’on se départ de l’arme du réchauffement, comme prétend le faire Monsieur Trump, c’est vrai, on n’a plus rien contre le terrorisme immatériel que combat Monsieur Macron. Si l’on s’obstine à ne pas appeler un chat un chat, et un terroriste islamiste un terroriste islamiste, il ne reste, il faut en convenir, que le réchauffement pour réchauffer d’incertaines convictions.

Maintenant, beaucoup de gens honnêtes se posent cette question : comment comprendre cette connivence factuelle entre les « mondialistes » (comme Monsieur Macron), et les islamistes ?

Nombreux sont ceux qui se sont essayé à des explications, souvent fort brillantes, mais bien qu’il ne traite pas explicitement de cela, un ouvrage récent apporte à cette question des éléments de réponse que je juge extrêmement pertinents : je veux parler de « L’état islamique pris aux mots », de Myriam Benraad (éditions Armand Collin).

Une croyance occidentale fréquemment partagée est que pour un musulman, il ne saurait y avoir séparation de la Religion et de l’État. Or cette croyance est fausse. La réalité est que pour un musulman, islamiste en tout cas, l’État, tout État est en soi le mal absolu et ne devrait pas exister. Seul doit exister le religieux. C’est ainsi que pour un islamiste, la démocratie est une perversion, occidentale de surcroît. Le pouvoir ne peut venir que de Dieu, et donc certainement pas du peuple, qui doit rester soumis à Dieu. Et il en est de même du concept de nation. « L’islam étant un système spirituel et sociopolitique, il est considéré comme incompatible et même en guerre avec l’idéologie nationaliste… » notre l’auteur, qui continue plus loin : « L’État islamique affirme que le Coran rejette explicitement le nationalisme et ses attributs (langue, culture). »

Soudain, tout devient plus clair : mondialistes et islamistes partagent de fait les mêmes mépris, les mêmes haines : la démocratie, c’est-à-dire le vote populaire, rebaptisé populiste par les premiers ; nations, patries, cultures locales… à éliminer, pour les uns sur l’autel d’un commerce sans freins ni frontières, pour les autres, au sein d’un califat mondial ayant aboli toutes les frontières.

Bien entendu, à terme, quand tout le reste sera éliminé et que mondialistes et islamistes se retrouveront entre eux, il leur faudra bien finir par s’expliquer. Mais en attendant, les uns et les autres ayant les mêmes ennemis, poursuivant les mêmes haines et les mêmes objectifs, se comportent pour ce qu’ils sont en effet : des alliés de fait. Voilà pourquoi vous n’avez jamais entendu ni François Hollande, ni Barak Obama et consorts prononcer, même une seule fois l’expression « terrorisme islamique ». Voilà pourquoi leur digne successeur aujourd’hui ne le fera pas plus qu’eux.

Une explication finale à venir, quand nous autres serons tous morts ? Même cela ne se produira pas. Les islamistes comptent sur la violence des armes pour une ultime victoire, les mondialistes sur la violence de l’argent. En réalité, les uns et les autres se pollueront réciproquement dans un monde en profonde régression. Mais une fois encore, que nous importe ? Je l’ai dit, nous serons morts.

À moins que…

19 juillet 2017

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