La loi du Talion

La Cour suprême israélienne a autorisé cinq malades de la bande de Gaza à venir se faire soigner en Israël. Qui l’a dit ? Qui le sait ? Qui le croit ?

Est-ce que de tels gestes sont l’exception ? Non, ils ne sont pas l’exception. Les exemples d’humanité envers même les pires de terroristes ennemis sont au contraire une sorte d’habitude des autorités israéliennes. Qui le dit ? Qui le sait ? Qui le croit ?

Dans un texte essentiel, Pierre Itshak Lurçat (avocat et auteur de plusieurs livres, dont deux essais sur l’islam radical, Le Sabre et le Coran et Pour Allah jusqu’à la mort) rappelle cette vérité énoncée par les Sages du Talmud : « Celui qui a pitié des méchants finit par se montrer cruel envers les justes ». Pour des raison de conformisme, poursuit-il, les Israéliens croient aujourd’hui nécessaire de pratiquer le pardon des pires offenses, la main tendue même aux plus venimeux des ennemis… Mais cette attitude s’inscrit-elle dans le respect de la tradition juive ? N’est-elle pas une trahison de cette tradition ? Poser la question, c’est sous-entendre la réponse. Or, une telle attitude produit-elle un quelconque effet positif ? Les ennemis d’Israël (terroristes palestiniens et tous leurs soutiens dans le monde entier) lui en ont-ils le moindre sentiment de reconnaissance ?

Une question qui doit nous conduire à nous interroger à notre tour : nous autres occidentaux ne sommes-nous pas tout à notre tour rendus impuissants par les mêmes bons sentiments à contretemps ? Sans sommation, on tue les nôtres avec la dernière férocité. Notre réponse ? Chœur de bêlements « je suis Charlie », et autres « vous n’aurez pas ma haine », honte des « marches blanches », sordide catharsis de ce qui devrait être juste fureur et sainte vengeance.

Et le pardon des offenses, me dites-vous ? Le Christ n’a-t-il pas dit qu’il fallait tendre l’autre joue ? Oui, Il a dit cela, mais Il a dit aussi : « Mon royaume n’est pas de ce monde ! », et dans ce monde, qui n’est donc pas son royaume, II n’a pas hésité à prendre le fouet contre les marchands ! Cessons de nous prendre pour Dieu lui-même, et commençons par rendre à César ce qui est à César, et à César renvient de défendre le faible et protéger la femme et l’enfant, et cela, quel qu’en soit le prix !

Paraphrasant Poutine, disons comme il l’a dit à peu près : pardonner à l’assassin, c’est le rôle de Dieu. Mais dans notre monde, notre travail à nous est d’envoyer le plus vite possible l’assassin s’expliquer avec Dieu !

A propos, si vous ne l’avez pas déjà fait, ne lisez surtout pas le dernier livre d’Eric Zemour (Destin français) ! Oui, ce n’est absolument pas un livre à lire, mais un livre à méditer, à réfléchir page par page, en profondeur !

Pourquoi ce détour par Zemmour ? Parce qu’entre mille autres sujets, il aborde le chemin de mensonge qui a conduit de Victor Hugo à Badinter. Depuis Hugo, le condamné aux galères n’est bien sûr qu’un brave homme affamé injustement condamné par une société toute faite de sordides Thenardier (assoifés de la misère de toutes les Cosettes de la terre), ou autres détestables Javert.

Un chemin de mensonge, avec pour point d’orgue d’avoir fait croire qu’on allait supprimer la peine de mort ! La gauche socialiste n’a pas supprimé la peine de mort, elle a supprimé la peine de mort pour les criminels et les assassins, remplaçant celle-ci par la peine de mort pour les honnêtes gens !

La faute contre l’esprit, c’est d’agir à contretemps. Bien sûr, tous les hommes de bonne volonté tendent vers l’avènement d’un monde messianique au sein duquel le loup pactisera avec l’agneau. Mais se comporter comme si nous étions dans un tel monde, quand nous n’y sommes pas du tout, c’est non seulement se suicider, mais vouer à la mort ou à l’esclavage les personnes que nous aimons, ce qui est proprement criminel. Si ton voisin est un loup sauvage, ton devoir est clair : tu ne dois pas être comme lui, tu dois être pire que lui. Pire que lui ? Notablement insuffisant ! Effroyablement pire que lui ! Le terroriste doit savoir avec certitude que non seulement ce qu’il fait ne sera jamais pardonné, mais sera payé au talion le plus lourd, par lui ou à défaut, par ses proches.

Car il est temps de le rappeler avec force : il est en vérité bien plus difficile de faire payer l’offense que de pardonner. Et la preuve, c’est que personne ne veut plus le faire !

Conclusion : ayons la modestie de laisser à Dieu ce qui revient à Dieu. Pardonner, c’est le rôle de Dieu, et peut-être aussi celui des femmes. Permettre à Dieu de pardonner plus vite reste le rôle des hommes, même si ces derniers n’ont plus tellement bonne presse dans notre société dangereusement efféminée. Mais dans le monde au sein duquel nous avons devoir de vivre avant d’en rejoindre un autre meilleur, la punition sans mollesse reste un indispensable rempart. 

Ce n’est pas l’Evangile contre la Torah. C’est l’Evangile dans la continuité de la Torah.

13 novembre 2018