Un dernier verre de gilet jaune ?

Les gilets jaunes… à quoi bon en dire plus : pour l’instant, on peut conjuguer « avoir un avis » à toutes les personnes de l’indicatif, même du futur. Et puis bientôt, peu à peu, on passera à l’imparfait, au passé (dé)composé, au plus qu’imparfait. Les tempêtes ne durent que le temps des dépressions, lesquelles finissent poussées par les vents…

Moi, au moins sur ce site, je ne donnerai pas mon avis, mais je vous pose une question.

Les hommes du système (politiques, hauts-fonctionnaires, ainsi que l’ensemble médiatique) sont unanimes : quoiqu’il arrive, Monsieur Macron reste « légitime ». J’écoutais l’autre soir cette légende (mort) vivante, ex-maire de Belfort, bégayer avec cette admirable suffisance qui force l’admiration sur « la force de nos institutions » et l’intouchabilité présidentielle.

En somme, si je comprends bien, être président de la République, c’est tout simplement un CDD (contrat de travail à durée déterminée, pratiquement à peu près impossible à rompre avant terme). Tu fais ce que tu veux, rien ou mille sottises, peu importe, tu as ton CDD, tu n’es pas licenciable, emploi protégé. C’est, paraît-il, de Gaulle qui l’a dit. Bon.

Bon, mais premièrement, de Gaulle n’a pas du tout fait ça. Chaque fois qu’il a pensé ne pas avoir derrière lui une large majorité, il a organisé une consultation populaire. Il perdait ? Il partait.

Bon, mais deuxièmement, un président en CDD, ça pose tout de même un fâcheux problème. Pour te faire élire, tu peux mentir autant que tu veux, et surtout plus que les autres. D’ailleurs, pour être élu, il faut bien mentir plus que les autres. Si quelqu’un ment plus que toi, c’est lui qui est élu.

– Bon, je mens tout ce que je peux, je suis donc élu, mais après ?

– Après, rien.

– Comment cela rien ? Si je ne tiens pas mes promesses ?

– Personne ne peut te demander de tenir tes promesses ! Tu as ton CDD ! Pendant quatre ans, invirable ! Et donc en rien lié par tes promesses ! Évidemment, les quatre années passées, il pourrait se trouver un nombre suffisant de petits rancuniers qui ne voteront plus pour toi… Même pas grave, il suffit de rouvrir en grand la boîte à mensonges…

Ma question ? Une lecture que l’on pourra qualifier de Gaullienne de nos institutions pourrait à peu près se transcrire ainsi : un président est légitime aussi longtemps qu’il est présumé avoir une majorité de citoyens pour l’approuver. S’il y a doute, on vote immédiatement et de toute façon, on vote au bout de quatre ans.

Mais avec un président – CDD, elle est où, la démocratie ?

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