Comme ça en passant

Article publié sur Témoignage Fiscal : ICI

En une des infos, un Président, en bras de chemise, le micro à la main, ici ou là, fait son show. Un show largement retransmis par des médias au bord de la pâmoison. Comme il beau, comme il est jeune, et surtout, comme il joue bien ! Réponse à tout, la professeure du petit devenu grand et président peut se vanter d’avoir été un excellent professeur. Le comédien joue, nous dit-on, à perfection, sa comédie.

Moi, je veux bien. À mon avis, le plus bel objet de notre monde moderne est la télécommande de ma télévision. Dès que ça me contrarie, clic, je zappe. « Dès que l’enfant paraît », clic, je zappe. Je zappe, donc je ne suis pas.

Non sans me poser tout de même une question : moi je veux bien que le comédien comédie le mieux du monde, et que son parterre l’applaudisse, mais j’ai tout de même une question ; un rôle, mais quel rôle ? Animateur d’un C dans l’air en direct ? Amuseur public ? Maître d’école dans une maternelle ?

Ne me dites pas que le petit monsieur prétend jouer le Président de la République ! Car si tel était le cas, je dirais qu’on ne peut plus mal jouer ! Avec des excuses, c’est vrai, pour le comédien, à l’évidence pas du tout taillé pour le rôle. Vous n’êtes pas de mon avis ? Pas grave, parlons d’autre chose.

« Homme libre, toujours tu chériras la mer. » Suis-je vraiment un homme libre ? Ce qui est sûr, c’est que je le voudrais. Ma femme aussi. Si bien que nous nous retrouvons sur la mer aussi souvent mes activités professionnelles et ses activités affectives (enfants, famille, amis) nous le permettent. Toujours trop selon elle, toujours trop peu selon moi. Ces contraintes ont pour résultat que d’un commun accord, nous ayons choisi de limiter notre bassin de croisière aux Caraïbes, le monde entier dépassant nos capacités de retour en arrière. Peu vous importe, me direz-vous, à juste titre, hâtons-nous vers mon propos : il y a seulement vingt ans, vingt ans, ce n’est rien, n’est-ce pas, pour tous les marins caribéens, les côtés du Vénézuéla étaient une sorte de Paradis. Moins de quelques années de socialisme plus tard, les mêmes côtes étaient celles de tous les dangers, passez au large, très au large, danger mortel de pirates affamés. Aujourd’hui, à peine plus de vingt années de socialisme, et trois millions de Vénézuéliens ont pris la fuite, ceux qui n’ont pas fui ne pensent qu’à cela. Chavez est mort et s’est réincarné en Maduro, qui a tout son peuple contre lui, à l’exception de son armée qu’il gâte et qu’il corrompt et qui donc le soutient inconditionnellement. Le Vénézuéla nous montre comme il est facile d’entrer en socialisme, et comme il est en fait à peu près impossible d’en sortir. Ce que démontrent aussi Cuba, la Corée du Nord, la Chine, la Russie. Français, méfions-nous des copains de Maduro, et donc chez nous de Mélenchon.

Impossible d’en sortir, mais pourquoi ? Dans un pays socialiste, d’une façon ou d’une autre, la presse est aux ordres. Pour ce qui concerne la France, case cochée. Opposition muselée. Encore coché pour la France. Cadres des forces de l’ordre (armée, police) extraordinairement gâtés par le pouvoir. Monsieur Macron vient décider de primes extraordinaires à partager entre nos plus hauts cadres militaires. Coché ? Certains silences ne sont-ils pas une forme d’aveu ? Vous n’êtes pas d’accord ? Parlons d’autre chose.

Vous conviendrez avec moi que les gilets jaunes ne sont que l’écume d’un profond sentiment populaire. D’une façon ou d’une autre, il faudra bien trouver une issue. Mais laquelle ? Et pour le Pouvoir, comment faire ?

Longtemps, les chevaux et la haute école ont occupé une large partie de mes journées. (De mes nuits, en réalité, car je montais mes chevaux avant et après ma journée de travail.)

Cavalier plus ou moins autodidacte, nourri de plus de lectures que de leçons, (oui, oui, je revendique d’avoir appris l’essentiel de l’équitation par « correspondance »), j’ai tout de même eu l’honneur de suivre quelques leçons de grands maîtres écuyers, dont celles de Michel Henriquet.

Un jour, je me trouvais assis auprès du Maître, et nous observions dans son manège un jeune cavalier, en plus en moins grande difficulté, aux prises avec un jeune poulain, en plus ou moins grande révolte, le spectacle produit s’apparentant plus à une partie de rodéo qu’à de la haute école.

Je demandais alors au Maître comment il s’y prendrait, lui, en telle circonstance. La réponse a fusé :

– Comme lui ! Je me cramponnerais du moins mal que je pourrais ! Mais à la vérité, aucune chance que vous ne puissiez jamais observer cela !

– ???

– Tout simplement parce que moi, je ne me serais jamais mis dans une telle situation.

Et de préciser :

– Maintenant, c’est trop tard, il n’y a plus de bonne solution.

Maintenant, c’est trop tard, il n’y a plus de bonne solution.

Vous n’aimez pas ? Tant pis pour vous.

Connaissez-vous cette organisation de marins, les Frères de la côte ? Je vous rassure tout de suite, je n’en suis pas, je ne suis d’ailleurs d’aucune organisation. Mais il y a une chose que j’aime bien chez les Frères. Quand l’un d’entre eux n’est plus d’accord avec les siens, il ne crie ni ne gesticule. Il annonce seulement qu’il « se retire dans la brume ». Pour un temps incertain.

Je me retire dans la brume.

27 janvier 2018

Article publié sur Témoignage Fiscal : ICI !

2 petits billets comme ça…

Et le bon sens !
Voilà, une fois de plus, toute la meute médiatique se déchaîne ! Un boxeur a été filmé, boxant un policier (ou un CRS, je ne sais plus).
Concert d’indignations ! Dénonciation d’une honteuse violence ! Tentative de destruction des remparts même de la République ! Prison, prison ferme réclament à l’unisson des hommes du Pouvoir ! Prison, prison ferme récitent fidèlement l’écho des médias !
Pourtant, la scène a été filmée ! Tout le monde a pu le voir.
D’un côté, un homme seul, seulement armés d’une paire de gants des plus ordinaires, et qui semblaient ne guère tenir.
De l’autre, des policiers casqués, protégés par des combinaisons de cosmonautes et des boucliers de gladiateurs… Quiconque a eu l’occasion de donner ne serait-ce qu’un seul coup de poing dans sa vie le sait avec certitude : le boxeur est le seul à avoir souffert, et ses poings doivent lui brûler aujourd’hui !
La vérité : une attaque d’opérette ! A comparer aux attaques de voyous de banlieue, avec pavés ou même des armes, attaques qui manifestement indignent beaucoup moins les bien-pensants…
7 Janvier 2019

 

Les gilets jaunes ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Que vous soyez pour ou contre les gilets jaunes, vous vous posez presque certainement la même question que moi ? Et maintenant ?
Ce n’est un secret pour personne. Une poignée d’individus vont très bien. Peut-être cinq à dix pour cent. Une minorité, de l’ordre de 20 % va plutôt bien.
Sur le dos d’une vaste majorité, 80 %, dont le pouvoir d’achat, mais aussi l’espace de liberté vont s’amenuisant année après année, mois après mois, mesure après mesure, « réforme » après « réforme », taxe après taxe, augmentation après augmentation, nouvelle réglementation après nouvelle réglementation, nouvelle limitation après nouvelle limitation.
Les 80 %, c’est vrai, ne défilent pas tous. Tous le voudraient peut-être, mais tous ne le peuvent pas. Les uns, parce qu’ils sont trop vieux, les autres parce que déjà écrasés par la vie qu’on leur fait, ils n’en ont pas seulement le temps, mais même plus l’énergie. Ils n’espèrent qu’une seule chose, que ceux qui en ont encore la force, continuent de se dévouer. Mais tous, ils ont en commun le même désespoir.
Si vous faites partie des 20 %, pas de doute, vous n’avez qu’une hâte, que les gilets, retournent à leur place dans le coffre des voitures, que les ronds-points si nombreux dans notre pays, et qui ont tellement enrichis de pouvoirs publics, retournent à leur vocation naturelle, qui est de vous faire tourner en rond.
Pourquoi s’inquiéter ? C’est le bon sens, le Pouvoir a sorti les matraques, les grenades et même les chars, déchaîné ses juges rouges… on blesse, on mutile, parfois même on tue, et en tous cas, on emprisonne à qui mieux mieux… ce que les malheureux Vénézuéliens ne parviennent pas à faire, alors même que l’essentiel des politiques est du côté des opposants, comment nos gilets, qui ont contre eux, non seulement le Pouvoir, mais aussi la totalité des médias, des puissances de l’argent, comment nos gilets arriveraient-ils à quoi que ce soit ? Le destin des gilets, bien sûr, les coffres des voitures.
Le Pouvoir, vainqueur, s’en félicitera. Et ses amis aussi.
Ils auront pourtant peut-être tort.
Le désespoir populaire est un iceberg. Ce que l’on en voit, sa partie émergée, n’en représente que 10 %. Spectaculaire, mais tout compte fait relativement inoffensive.
Le Pouvoir et ses partisans ne le comprennent pas : les gilets ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Mais le vrai danger, ce qui coule irrémédiablement les bateaux et les pouvoirs, c’est ce qu’on ne voit pas ; la partie immergée. 90 % du total.
5 janvier 2019