2 petits billets comme ça…

Et le bon sens !
Voilà, une fois de plus, toute la meute médiatique se déchaîne ! Un boxeur a été filmé, boxant un policier (ou un CRS, je ne sais plus).
Concert d’indignations ! Dénonciation d’une honteuse violence ! Tentative de destruction des remparts même de la République ! Prison, prison ferme réclament à l’unisson des hommes du Pouvoir ! Prison, prison ferme récitent fidèlement l’écho des médias !
Pourtant, la scène a été filmée ! Tout le monde a pu le voir.
D’un côté, un homme seul, seulement armés d’une paire de gants des plus ordinaires, et qui semblaient ne guère tenir.
De l’autre, des policiers casqués, protégés par des combinaisons de cosmonautes et des boucliers de gladiateurs… Quiconque a eu l’occasion de donner ne serait-ce qu’un seul coup de poing dans sa vie le sait avec certitude : le boxeur est le seul à avoir souffert, et ses poings doivent lui brûler aujourd’hui !
La vérité : une attaque d’opérette ! A comparer aux attaques de voyous de banlieue, avec pavés ou même des armes, attaques qui manifestement indignent beaucoup moins les bien-pensants…
7 Janvier 2019

 

Les gilets jaunes ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Que vous soyez pour ou contre les gilets jaunes, vous vous posez presque certainement la même question que moi ? Et maintenant ?
Ce n’est un secret pour personne. Une poignée d’individus vont très bien. Peut-être cinq à dix pour cent. Une minorité, de l’ordre de 20 % va plutôt bien.
Sur le dos d’une vaste majorité, 80 %, dont le pouvoir d’achat, mais aussi l’espace de liberté vont s’amenuisant année après année, mois après mois, mesure après mesure, « réforme » après « réforme », taxe après taxe, augmentation après augmentation, nouvelle réglementation après nouvelle réglementation, nouvelle limitation après nouvelle limitation.
Les 80 %, c’est vrai, ne défilent pas tous. Tous le voudraient peut-être, mais tous ne le peuvent pas. Les uns, parce qu’ils sont trop vieux, les autres parce que déjà écrasés par la vie qu’on leur fait, ils n’en ont pas seulement le temps, mais même plus l’énergie. Ils n’espèrent qu’une seule chose, que ceux qui en ont encore la force, continuent de se dévouer. Mais tous, ils ont en commun le même désespoir.
Si vous faites partie des 20 %, pas de doute, vous n’avez qu’une hâte, que les gilets, retournent à leur place dans le coffre des voitures, que les ronds-points si nombreux dans notre pays, et qui ont tellement enrichis de pouvoirs publics, retournent à leur vocation naturelle, qui est de vous faire tourner en rond.
Pourquoi s’inquiéter ? C’est le bon sens, le Pouvoir a sorti les matraques, les grenades et même les chars, déchaîné ses juges rouges… on blesse, on mutile, parfois même on tue, et en tous cas, on emprisonne à qui mieux mieux… ce que les malheureux Vénézuéliens ne parviennent pas à faire, alors même que l’essentiel des politiques est du côté des opposants, comment nos gilets, qui ont contre eux, non seulement le Pouvoir, mais aussi la totalité des médias, des puissances de l’argent, comment nos gilets arriveraient-ils à quoi que ce soit ? Le destin des gilets, bien sûr, les coffres des voitures.
Le Pouvoir, vainqueur, s’en félicitera. Et ses amis aussi.
Ils auront pourtant peut-être tort.
Le désespoir populaire est un iceberg. Ce que l’on en voit, sa partie émergée, n’en représente que 10 %. Spectaculaire, mais tout compte fait relativement inoffensive.
Le Pouvoir et ses partisans ne le comprennent pas : les gilets ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
Mais le vrai danger, ce qui coule irrémédiablement les bateaux et les pouvoirs, c’est ce qu’on ne voit pas ; la partie immergée. 90 % du total.
5 janvier 2019

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